All posts tagged: Littérature québécoise

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Les marées d’un continent à l’autre

Capucine se sent tellement différente de sa famille. Entre sa mère esthéticienne qui ne cesse jamais de parler et son père toujours parti en voyage d’affaires, elle a beaucoup de difficulté à trouver sa place. Puis un jour, sa mère cesse de jacasser. En menant ses recherches et en posant des questions auxquelles ses parents n’osent pas répondre, Capucine découvre qu’elle a une soeur aînée, que sa mère avait mise en adoption en Angleterre. C’est ainsi que débute le grand voyage de Capucine. Elle part seule à la rencontre de cette sœur inconnue, pour qui elle a pourtant déjà un attachement puissant. C’est sur l’île de Jersey, entre les journées à la plage et les soirées sur la terrasse, qu’elles se découvriront. Un vent marin Le roman Les marées de Brigitte Vaillancourt est une véritable vague qui nous enveloppe et nous rafraichit. Ce court récit de la littérature jeune adulte réussit à ne pas tomber dans les clichés et le déjà-vu. La rencontre des deux personnages principaux se fait sans artifices, comme dans la vraie …

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Avant, après : La Scouine

Il y a quelques temps, une réécriture de La Scouine a été proposée par la maison d’éditions La Peuplade. Récit marquant, qui a dépassé les époques, je n’avais pourtant jamais mis la main sur une copie de cet ouvrage. Avant de me lancer dans ma lecture du roman de Gabriel Marcoux-Chabot, j’ai tenté l’exercice intrigant de faire une double lecture de La Scouine, celle d’avant et celle du moment. Je me suis donné deux jours (et il faut dire qu’ils étaient amplement suffisants pour traverser ces deux minces ouvrages) pour parcourir les récits. Le premier jour, je me suis attaquée au texte de Laberge. Puis, dès le lendemain, c’est sa réécriture qui m’a tenu compagnie. Un exercice fascinant pour comprendre le cheminement de l’auteur dans son écriture. Roman paru en 1918 mais longtemps oublié, La Scouine, d’Albert Laberge, fait état d’une période sombre, mais également lucide de l’histoire, d’un passage où la vie des habitants, des agriculteurs, était dure et impitoyable. Au lieu de glorifier, comme le faisait bien des ouvrages de l’époque, la vie …

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5 bonnes raisons de participer à un de nos clubs de lecture

Une des plus belles choses qui est arrivée avec Le fil rouge, c’est d’avoir mis sur pied nos clubs de lecture. Nous étions bien loin d’imaginer toute la beauté, la profondeur et la magie qui viendraient s’y créer en discutant une fois par mois de livres avec des humains. Depuis les balbutiements du Fil rouge, on croit profondément que les livres ne sont pas seulement des histoires, mais qu’ils peuvent réellement avoir des effets bénéfiques sur la vie. La bibliothérapie, c’est tout ça et encore plus : partir des livres pour se faire du bien. Si vous êtes une grande lectrice ou un grand lecteur, vous savez totalement que la lecture est une activité plus solitaire, calme, une activité qui permet de créer un petit cocon entre nous et les mots. C’est probablement un des aspects les plus précieux de la lecture, principalement à une époque comme la nôtre. Or… il y a réellement quelque chose de mirifique de sortir de son cocon pour partager cet amour des livres avec d’autres. Nous avons eu le …

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Mathieu Villeneuve et sa folie du Nord

Dans Borealium tremens, histoires de fond de rang, alcoolisme et prophétie se mélangent pour créer une épopée plus grande que nature… Le premier roman de Matthieu Villeneuve nous transporte dans un Saguenay-Lac-Saint-Jean démesuré, un royaume à cheval entre le réel et l’imaginaire. J’ai plongé la tête première dans cet univers, emportée par la beauté des mots. Il en ressort une sorte de poésie douce-amère. L’histoire est celle de David qui, après une errance de plusieurs années dans l’Ouest, décide de s’installer dans un rang perdu du Lac-Saint-Jean pour retourner aux sources et écrire un roman. Ayant reçu une maison abandonnée en héritage, il se met en tête de la rénover et cultiver ses terres. Or peu à peu, l’alcoolisme et les fantômes ont raison de lui et on assiste à sa lente descente vers la folie. Les lieux « Dans le lac ancien, souvenance du glacier qui recouvrait tout le continent, même le vent restait inaudible. La tourbière est une bête préhistorique endormie qui agonise depuis des millénaires. » — Borealium tremens, p.138 Les lieux parfois fabuleux jouent un …

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Le lactume, cadeau d’adieu involontaire de Réjean Ducharme

L’été dernier, les Éditions du passage ont fait au Québec un grand cadeau avec la sortie du Lactume de Réjean Ducharme. Cette publication fut posthume, puisque l’auteur nous a quitté quelques jours à peine avant sa parution. Album graphique, littéraire et mystérieux, Le lactume se superpose avec justesse dans la brillante toile que forme l’œuvre de notre regretté géant littéraire. L’ouvrage nous est présenté par Rolf Puls,  qui nous raconte en introduction l’histoire rocambolesque de ce recueil. En effet, c’est en 1966 que Réjean Ducharme envoie le manuscrit du Lactume aux éditions Gallimard, auquel il joint une petite note qui dévoile bien son éternel sens de l’humour : «Monsieur l’éditeur, Veuillez ne pas trouver insolent que je vous soumette ces dessins. Je ne sais pas plus dessiner qu’écrire. Seulement, est-ce qu’il ne suffit pas d’être de la race humaine pour prétendre parler aux êtres humains? J’ai mis toute ma liberté et tout mon amour dans ces dessins. Si vous les jugez sans intérêt, ne me les retournez pas. Offrez-les à une jolie femme de ma part. Vous …

Journal d’une insomniaque

Que la personne qui n’a jamais fait d’insomnie lève la main! Pour ma part, comme j’ai déjà dit souvent ici, je suis une grande insomniaque, depuis le plus loin que je me souvienne. Évidemment qu’un livre nommé Journal d’une insomniaque allait me taper dans l’œil. Catherine Fouron signe ici son premier roman, compilation de son blogue Journal d’une insomniaque – conversation avec mon hamster qu’elle a alimenté pendant 8 ans. 8 ans à raconter ses nuits blanches passées avec Guy, son drôle de hamster, qui lui parle sans arrêt pendant la nuit. Ce fameux hamster Guy joue dans ce roman le rôle de psychologue, de parent, de fidèle ami et peut parfois être franchement bien emmerdant avec elle. Le roman de Catherine Fouron fait sourire souvent et vous amènera surtout à vous questionner à outrance sur divers sujets de votre vie. Les discussions avec Guy sont souvent loin d’être banales, et il en va de questions existentielles fort importantes qu’on se pose tous un jour ou l’autre dans nos vies. Les sujets de Guy sont variés mais il pose des questions et parle surtout avec notre insomniaque de relations homme-femme, de rencontres, …

Reste encore un peu : se reconstruire malgré la douleur

Quand j’ai reçu le roman, j’étais curieuse de découvrir l’écriture de Perrine Madern. Après la lecture de la quatrième de couverture, j’ai commencé à douter à savoir si cette lecture était vraiment faite pour moi, à cet instant de ma vie. J’ai lu beaucoup de romans d’amour mélancolique dans ma vie. Je m’y reconnaissais et leur contenu était quasiment thérapeutique. En vieillissant, je me suis graduellement éloignée de cela. Malgré mes appréhensions, l’histoire a réussi à me captiver. Je n’ai pas moins aimé le roman parce que je ne m’y reconnaissais pas en ce moment. Je crois que j’ai plutôt lu le tout d’un autre œil, avec de l’empathie et une sagesse nouvelle, et je me suis sentie fière de mon cheminement et reconnaissante de ma vie d’aujourd’hui. L’histoire de Loue À la suite d’une rupture douloureuse, Loue s’éteint peu à peu, jusqu’au jour où elle se réveille dans une ambulance. À l’hôpital, le médecin constate que son IMC est très inquiétant et craint pour la vie de la jeune femme. Loue est transférée en psychiatrie …

Les récits de correspondances : entre indiscrétion et fascination

Quand j’étais adolescente, ma meilleure amie avait un chalet à la campagne, où nous passions nos étés. La maison avait appartenu à son arrière-grand-père. Je me souviens clairement d’une photo de son aïeul, accrochée au mur du salon : il posait devant le chalet, assis sur sa vieille chaise berçante, avec sa moustache et son chapeau, le regard au loin. Son regard était énigmatique : on n’aurait su dire s’il était triste, confiant ou serein, mais sa photo avait toujours fait partie du décor alors on ne se posait pas trop de questions… Jusqu’au jour où, par une journée pluvieuse, la mère de mon amie sortit une vieille valise du grenier. En l’ouvrant, nous découvrîmes un trésor : de vieilles lettres, des journaux intimes, des morceaux de correspondance… Le tout soigneusement conservé, nous révéla-t-on, par la deuxième femme de son grand-père. Nous venions de percer une partie du mystère qui se cachait derrière le regard de l’homme sur la photo. Une phrase parmi toutes celles que nous avons lues ce jour-là me revient en mémoire  : Je suis …

Les mots seront toujours amplement suffisants

Je suis de celles qui préfèrent les mots. Malgré l’émergence des médiums promouvant l’image, je suis de celles qui croient en l’invisibilité, en la puissance de ce qui est seulement écrit, dit et parfois, tu. À mes yeux, les mots seront toujours amplement suffisants et le visuel, jamais à la hauteur. Le livre ne mourra pas tant que moi je vivrai. Vous ne pouvez pas rivaliser avec le pouvoir de mon imagination et la justesse d’une plume. C’est la première raison pour laquelle j’ai eu peur lorsqu’il a été annoncé qu’un film serait fait sur l’écrivaine Nelly Arcan. Rappelez-vous, je vous avais fait part de mes impressions sur le Fil Rouge il y a quelques mois juste ici. En cet après-midi, plongée dans l’obscurité presque totale d’une salle de cinéma, mes doutes et mes inquiétudes se sont confirmés. Le long métrage Nelly n’avait pas raison d’être. Les meilleures séquences de l’oeuvre cinématographique demeurent les moments où Mylène Mackay lit des passages des écrits de la défunte auteure. Car les mots seront toujours amplement suffisants. Je …