Month: avril 2015

Deux auteures, deux visages de la Gaspésie – Partie II

Entre réalité et rêve, la vie À travers deux entrevues réalisées via la magie de l’Internet, je vous propose deux portraits d’écrivaines d’origine gaspésienne, Marie-Ève Trudel Vibert, auteure du roman La fille de Coin-du-banc et Joanie Lemieux, qui se cache derrière le recueil de nouvelles Les trains sous l’eau prennent-ils encore des passagers? (retrouvez la critique du livre dans un article paru précédemment). J’ai donc posé une série de dix questions aux deux jeunes femmes dans le but mieux les connaître, mais aussi d’en apprendre davantage sur le métier d’écrivain et sur leur vision du métier. 1-D’abord, qui êtes-vous ? Et quel est votre cheminement en quelques mots? Je suis née et j’ai grandi à Gaspé, en Gaspésie. J’ai d’abord fait mon cégep en sciences de la nature, avant de bifurquer et de choisir les lettres à l’université. J’ai ensuite poursuivi à la maîtrise, orientant alors mon parcours vers la création littéraire. Au cours de mes études universitaires, j’ai suivi plusieurs ateliers d’écriture avec des écrivains, et j’ai reçu pour la première fois des retours …

Combattre l’inertie

Avec le printemps qui se pointe timidement le bout du nez et le beau temps qui devrait (théoriquement) revenir, les projets ont tendance à bourgeonner comme les arbres! Évidemment, il n’y a pas un moment de l’année plus propice qu’un autre pour se lancer dans une nouvelle aventure, mais je trouvais que la venue du printemps se prêtait bien à mes propos. « Ah, quand j’aurai du temps, je commencerai à écrire mon roman! » « À un moment donné, quand j’aurai un peu plus d’argent, je vais partir en voyage. » « J’aimerais vraiment me lancer en affaires, mais… c’est trop dur. Peut-être l’an prochain? » « J’ai toujours voulu jouer de la guitare… sauf que pour l’instant, j’ai l’impression que c’est pas le bon moment. Dans quelques années, je vais m’inscrire à des cours! » Ça vous dit quelque chose? Non? Je ne vous crois pas. Tout le monde a déjà, un jour ou l’autre, énoncé un souhait du genre. Bon, durant l’enfance, on le faisait souvent, avec la fameuse mention « quand je serai grand(e), je… » C’était normal, de dire ça. …

Mon guide de Game of thrones

Mon amour pour Game of Thrones de George R.R. Martin, c’est vraiment une histoire déraisonnable dans les circonstances de ma découverte, il y a de cela à peine deux mois. Déraisonnable parce que j’ai succombé à une tentation trop forte alors que mon horaire ne me le permettait pas… mais aucun regret. On  m’en avait tellement parlé par le passé qu’à se faire dire par ses amies de son groupe de costume:  »Tu vas voir, les costumes sont écœurants »(voir ici notre argument premier lorsqu’on parle cinéma), elles m’ont eue! Par après c’était: Mauvaise idée! On a deux remises dans moins d’un mois. Si tu commences tout de suite tu ne pourras plus t’arrêter et ça va être la mort. Alors j’ai mis le feu à l’enfer et j’ai clanché les quatre saisons en trois semaines. Je n’ai pas beaucoup dormi et c’était merveilleux. Je peux donc dire de mes compatriotes du local 4310 qu’elles ont eu raison comme Game of Thrones a eu raison de moi et pour la peine, les costumes étaient tout à fait magnifiques. J’ai donc belle motivation à pouvoir dépeindre la série sous plusieurs aspects. Il y a …

Chroniques d’une anxieuse : une p’tite pilule, une p’tite granule pis un Rivotril

C’était tentant, toujours tentant, cette p’tite pilule magique qui m’interpellait en disant «viens, avec moi, il n’y aura plus jamais aucun problème». Elle était là. Elle m’attendait. Elle me promettait une vie meilleure, de me rendre normale ou presque, de me débarrasser de toute trace d’anxiété pendant quelques heures. La fiole était sur la table de la cuisine. Elle était remplie de minuscules ronds orangés. Remplie de Rivotril qui n’attendait que le jour où je l’engloutirais au fin fond de ma gorge. Et je la dévisageais déjà depuis des heures en ne sachant pas trop si je pouvais lui faire confiance. J’en avais seulement quinze à ma disposition. Quinze pour l’année. Pas plus. Pas moins. Quinze. Et j’avais décidé, durant une de mes fameuses nuits d’insomnie, d’en sacrifier une pour essayer. Pour voir, comprendre, expérimenter. Pour apercevoir ce que j’allais devenir. Parce que, oui, j’ignorais ce que j’allais être avec cette p’tite pilule dans mon corps. J’avais comme l’impression que j’allais me transformer en une nouvelle Alex. Plus relaxe, plus calme, moins stressée. Mais peut-être …

La nouvelle revue vegane Versus

Le végétalisme (sans produit d’origine animale) et le véganisme (refus de l’exploitation animale) prennent beaucoup d’ampleur à Montréal ces derniers mois. Plus qu’un simple régime alimentaire, il s’agit d’un véritable mode de vie. J’ai eu l’occasion d’aller récemment à une conférence chez Crudessence (gratuite une fois par mois, je vous la conseille) où un membre de cette belle équipe nous a invité à répondre à la question: Pourquoi mange-t-on? Une question bien simple, qu’on oublie trop souvent de se poser. Après avoir entendu dans le public la réponse « pour avoir de l’énergie », on nous apprend que certains aliments nous demandent plus d’énergie pour les digérer qu’ils ne nous en apporte en bout de ligne… résultat, on se retrouve plus fatigué après avoir mangé (!?!). Il est donc important de revenir à l’essentiel. Le plaisir, le goût, la transformation des aliments dans la cuisine, OUI! mais pas au détriment des réels apports et bienfaits des aliments. Ce que j’ai aimé dans cette conférence, c’est qu’ils ne sont pas là pour révolutionner l’alimentation de quiconque. Ils nous conseillent d’ajouter …

Musique d’ici : Coco Méliès

Je suis amoureuse de la littérature, mais aussi de la musique. Surtout quand elle vient d’Québec. La relève musicale de notre belle province est une vraie p’tite mine d’or. Malheureusement, j’trouve qu’on l’oublie de plus en plus, notre talent d’ici. On l’a laissé un peu d’côté, on dirait. J’aimerais y remédier, c’est pourquoi je m’engage solennellement à vous faire découvrir un nouvel artiste ou groupe québécois chaque mois. En Avril, on écoute Coco Méliès, duo que j’ai découvert récemment et qui ne quitte plus mes oreilles depuis ce jour. Formé de David Méliès et Francesca Como, Coco Méliès est un groupe établi à Montréal qui a déjà commencé à faire son chemin à travers le Québec, la France et les États-Unis. Ils ont sorti leur EP, The Walking Birds, en 2014 et ont lancé seulement quelques mois plus tard leur premier album: Lighthouse. Certains les ont découvert grâce à l’émission OuiSurf, diffusée sur la chaîne Évasion, dans laquelle on a pu entendre quelques unes de leurs chansons. Personnellement, j’ai entendu leurs compositions par hasard sur …

«J’vais cacher le banal et montrer le sublime.» – Javotte

La lecture du mois de février du défi littéraire proposé par le blogue En 2015, je lis un livre Québécois par mois m’a permis de faire une vraie découverte. Grâce à ce défi, j’ai découvert une facette différente d’un personnage mal aimé de mes Disney préférés : Javotte. Je tombai également en amour avec la plume de l’auteur, Simon Boulerice. Lorsque j’appris l’existence de l’adaptation en pièce de théâtre du roman de Boulerice, je sautai sur l’occasion. Je cours ! Je cours ! Et merde ! Ça m’apprendra à avoir un cardio aussi terrible ! Je cours, parce que je vais être en retard pour la représentation de la pièce de Javotte ! Moi qui attendais ce moment avec impatience ! Ouff ! J’arrive pile à l’heure. Enfin je vais pouvoir rencontrer Javotte. Le cœur qui bat la chamade suite à ma course contre la montre, j’ai tout de même la chance d’être face à la scène. La salle est petite et intime, ce qui m’a permis de bien voir les acteurs et les actrices …

« Blues nègres dans une chambre rose » de Jennifer Tremblay, lecture d’avril du défi littéraire

Mars étant terminé, nous avons toutes été un peu déçues de notre lecture de La tempête de Gabriel Anctil, mais on ne se décourage pas, il y a tant de livres québécois à découvrir (ou pas) ! D’ailleurs, on est toujours touchées et heureuses de voir que plusieurs participants au groupe Facebook de l’événement En 2015, je lis un livre québécois par mois, lisent souvent plus d’un livre par mois et ce, souvent en s’inspirant de nos propositions! Suite au sondage où on vous proposait des oeuvres écrites par des femmes : Blues nègres dans une chambre rose de Jennifer Tremblay, Histoire d’un bonheur de Geneviève Damas et Moitié vrai d’Ariane Cordeau, vous avez décidé! Nous lirons Blues nègre dans une chambre rose de Jennifer Tremblay. Voici un petit résumé de l’oeuvre : « Pour se défaire de son amour pour lui, Fanny écrit à Bobo dans des cahiers qu’elle ne lui fera jamais lire. Sa plume, mimant le désir, s’emballe et s’interrompt comme une musique insensée. Alors que Fanny croyait lui avoir échappé, son amant, …

Les fausses couches

Le quatrième de couverture de ce roman m’a intriguée au moment même où j’en ai pris conscience.  Récit d’enfance, autofiction et épisode particulièrement intense de La famille Addams, « count me in ».  Les fausses couches se lit rapidement, mais il faut le lire en prenant son temps. Prendre son temps non pas pour essayer de décortiquer l’histoire, mais plutôt pour en savourer les mots. Will vit dans une famille de cinglés, c’est le moins qu’on puisse dire. Les fausses couches est une porte d’entrée dans cette dite famille chez qui rien ne tourne rond. Avec son premier roman, Steph Rivard nous transporte dans un monde où le langage est le plus important des personnages, où rien ne fait sens, où la folie règne en tant que matrice sur les oncles, tantes, cousines, frères et parents . Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, je ne suis même pas sûre d’avoir compris une seule chose si ce n’est que ce n’est pas important à l’appréciation de ce roman. L’important, c’est de se perdre et de s’immerger dans …

Coup de coeur : «La nageuse au milieu du lac» de Patrick Nicol

Depuis quelques semaines, j’ai en tête une nageuse, essoufflée au milieu d’un lac, une dame perdue qui cherche un rivage qui n’est au loin plus qu’un simple souvenir. C’est l’image que donne Patrick Nicol de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer dans son dernier roman La nageuse au milieu du lac, publié début mars chez Le Quartanier. On explore le quotidien d’un homme, un professeur de cégep, qui pose un regard lucide, mais d’une extrême poésie sur sa vie de tous les jours. Une vie ponctuée d’allers-retours entre les hôpitaux et la maison de sa mère, une vie ponctuée de questionnements face à la mort, à la dégradation du corps, à une vision de la vieillesse réaliste. Une vie teintée, surtout ces mois-là, par la maladie souvent insaisissable de sa mère. Nicol apporte par contre un point de vue particulier sur l’expérience de son narrateur, on ne le sent pas amer, triste c’est sûr, mais c’est un regard empreint de tendresse et de bonté que l’on ressent chez lui. À mi-chemin entre le roman …