Month: octobre 2015

Ça aussi, ça passera de Milena Busquets

« Peut-être partons-nous tous avec un voyage en suspens, envisageons-nous des voyages lorsqu’ils sont déjà impossibles, comme si nous essayions d’acheter du temps, même si nous savons que le nôtre s’est épuisé et que personne ne peut nous faire cadeau d’une seule minute de plus. Ce qui doit être intolérable: avoir les yeux encore ouverts et penser qu’il y a des lieux que vous ne reverrez plus jamais, que les possibilités se ferment avant vos yeux. » – Ça aussi, ça passera – Milena Busquets  Ce paragraphe vous touche ou vous parle directement? Alors c’est que vous devez lire le roman dont je vais vous parler. Dernièrement, j’ai lu le livre de Milena Busquets, Ça aussi, ça passera. Une phrase que moi-même j’utilise souvent dans différentes situations de ma vie et que j’ai même déjà vue tatouée sur quelqu’un tellement c’est une phrase porteuse de sens. Ça aussi, ça passera est un livre sur le deuil de la perte d’un parent et dans ce cas-ci, celui de perdre sa mère. Pour être honnête avec vous, j’ai trouvé …

Le nouveau Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie

Le livre que j’attendais de la rentrée littéraire, c’était lui. D’après une histoire vraie, ce nouveau titre de l’auteure française Delphine de Vigan, est sortie le 2 septembre dernier et je me suis fait le plaisir de le lire un weekend, emmitouflée dans une confortable couverture. Je suis sortie du lit en fermant le livre, c’est pour dire à quel point l’histoire m’a obnubilée.  J’aime Delphine de Vigan d’amour, honnêtement. Rien ne s’oppose à la nuit a été une lecture charnière pour moi, je l’ai relue à trois reprises et j’ai même choisi de faire mon travail de fin de session sur lui, la session dernière. Je trouve que Delphine de Vigan a une écriture simplement vraie, elle nomme sans chichi les émotions et surtout, j’adore la réflexion qu’elle apporte sur l’autofiction, l’autobiographie et sur le processus créatif qui vient avec l’écriture. Dans D’après une histoire vraie, j’avoue que de Vigan a réussi à me surprendre, mais de manière positive. Elle joue entièrement avec la mise en abîme tout au long du roman, on se demande …

Je ne suis pas une littéraire

Ça m’aura bien prise un baccalauréat en littérature dans ma poche pour m’en rendre compte; je ne suis pas une littéraire. Du moins, pas au sens « universitaire » du terme. J’ai vaguement pensé à faire une maîtrise, très vaguement puisque mes notes ne me le permettaient pas de toute façon. Pas que j’étais une mauvaise étudiante, mais je n’avais pas l’intérêt ni le goût d’aller plus loin. En plus, j’ai lu Twilight quatre fois entre l’âge de 14 et 18 ans. J’ai arrêté de lire Harry Potter au quatrième tome et, en réessayant, je n’ai pas passé à travers le premier tome. J’ai trop de livres de psycho pop et pas assez de « vrais/bons » romans. Je n’ai pas de genre favori, j’essaie encore de découvrir ce qui me plaît vraiment, même après avoir exploré plusieurs genres. Je n’ai pas d’auteur(e) favori non plus. Je commence tout juste à être à l’aise avec l’idée de faire des critiques littéraires et pourtant, j’ai quand même co-fondé ce blogue. Je ne suis donc pas une littéraire, mais selon qui? Est-ce qu’on …

Autour des livres : Rencontre avec Marjorie Belisle, rédactrice professionnelle

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires. C’est donc avec plaisir qu’on vous présente dans cette première édition les réponses de Marjorie Belisle, rédactrice professionnelle. Nous avons découvert Marjorie à coup de like sur Instagram. Le style de ses photos et surtout, ses choix littéraires nous ont amenées à se suivre mutuellement et à découvrir par le biais de ses …

L’éléphante, la poésie et des paillettes

Je me suis glissée à l’intérieur des pages du Document 6, publié chez Nouveau projet, La vie habitable de Véronique Côté, comme je l’ai fait à quelques reprises dans la mer durant l’été. Bien qu’un article ait déjà été consacré à cet essai https://chezlefilrouge.co/2015/01/11/rechercher-la-poesie-dans-le-quotidien/, j’ai besoin d’y répondre moi aussi et de vous partager la place importante que tient la poésie dans ma vie. La poésie comme une façon de voir, de respirer, d’être et d’aimer. Je savais, depuis sa sortie en librairie (2014), que ce livre allait me parler à moi, directement. J’ai tout de même attendu avant de l’inviter chez moi. Jusqu’au moment où j’avais à nouveau besoin de sentir que j’appartenais à un tout et que cette petite voix qui me guide, mon instinct, ne s’est pas encore totalement évaporée dans un vent brumeux. Les mots de Véronique Côté (et des auteurs invités) ont filé en moi comme une écharpe vaporeuse, réconfortante et pleine de voies possibles par où tricoter, par où m’exprimer. * Nous avons tous une façon unique de parler …

L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner

Depuis que je vis seule, j’essaie tant bien que mal de mieux gérer mon épicerie. C’est vraiment facile d’acheter en trop grosse quantité et de faire du gaspillage sans s’en rendre compte. En plus, je finis toujours avec des restants à ne plus finir et après avoir mangé la même chose trois soirs de file, ça devient redondant. C’est pourquoi j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai entendu parler du livre L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner. Hybride entre livre de recettes et guide culinaire, il est le compagnon parfait pour faire de bonnes recettes sans gaspiller ce qui se trouve déjà dans notre réfrigérateur. Ce guide est divisé en 8 chapitres, débutant par des trucs pour économiser et planifier son épicerie, suivi de trucs et astuces pour utiliser les bases (farines, beurre… et ce qui se trouve sous notre main).  Ensuite, chaque page est dédiée à un « comment cuisiner » tel ou tel aliment, avec trucs, astuces et recettes. On passe par les légumes, les fruits, les viandes, les grains, plus moyen de faire du gaspille, tout …

Paul à Québec, de la BD au grand écran

J’aime d’amour la série Paul de Michel Rabagliati. Ce serait vous mentir que de dire que je l’ai toute lue, mais chacune de mes lectures a été un réel coup de coeur, un petit moment de pause et de bonheur dans mon quotidien. Parce que c’est ça, Paul, une immersion des plus simples dans un monde des plus communs, mais qui fait tant de bien. Quel talent de Rabagliati, de nous présenter un monde ordinaire où le quotidien côtoie la simplicité et de nous donner envie toujours et encore de se plonger dans les aventures de Paul. Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce du film Paul à Québec, j’avais déjà les larmes aux yeux, c’est vous dire! Au cours des mois qui ont précédé sa sortie au cinéma, j’allais la réécouter simplement parce qu’elle me donnait tellement envie d’aller voir le film et qu’elle me faisait sentir bien, tout simplement. Émotive vous direz? Et bien oui. C’est donc la semaine dernière que je me suis rendue au cinéma avec mon amoureux, peut-être un …

Tout est possible

Je me rappelle lorsque j’étais en secondaire 5 et que je constatais la panique chez tou-te-s mes ami-e-s lorsqu’il était question de se choisir un métier pour plus tard. Les questions comme qu’est-ce que j’aime?, qu’est-ce qui va me plaire toute ma vie? Je me rappelle que la panique était au rendez-vous, comme si changer de programme à cette époque était impossible. De mon côté, j’ai eu beaucoup de chance, parce que la vie a toujours su m’emmener dans des métiers et/ou études que j’ai aimés. Le hasard a toujours fait en sorte que je me retrouve avec les enfants, malgré que j’ai tenté de les fuir. Aujourd’hui, j’adore mon travail, qui m’apporte beaucoup de bonheur. Cependant, ce n’est pas toujours le cas pour tout le monde. Nos choix de vie ou d’études peuvent nous faire beaucoup réfléchir. Surtout lorsque nous sommes dans le milieu artistique. C’est ce qui arrive au personnage de Vetille dans la bande dessinée de Lucile Gomez «Tout est possible, mais rien n’est sûr». L’histoire est inspirée du vécu de l’auteure …

Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté : Lecture d’octobre du défi littéraire

C’est le temps des potages, des chocolats chauds et des bas de laine! Honnêtement, plus je vieillis, plus j’apprécie l’automne et le fait de me blottir au chaud, spécialement pour lire. C’est donc avec joie que le mois d’octobre se présente à nous, une raison de plus pour découvrir un roman québécois. Suite au sondage sur la page Facebook du groupe, Un livre québécois par mois, nous lirons Ma vie ne tient qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté. Le vote a toutefois été ultra serré, la deuxième option étant L’année la plus longue de Daniel Grenier. Bonne lecture, on se retrouve vers la fin du mois pour la critique commune de ce roman.  Petit descriptif du roman Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu’à aujourd’hui, alors qu’elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l’identité, du bonheur, de l’amour, et de toutes ces …

Critique commune de « Veiller la braise » de Sara Lazzaroni

Ma critique La description m’avait, déjà en lisant les premiers mots, charmée. J’avais envie de me laisser entraîner dans une histoire d’amour comme on n’en écrit plus. Et puis, il y avait le titre aussi, Veiller la braise. La braise de l’amour, y porter de l’attention, la couvrir, la protéger, la veiller. La beauté du titre m’indiquait a priori un roman poétiquement éblouissant et ce fût le cas. La jeune auteure, Sara Lazarroni, a une maturité et une vision si pure des relations amoureuses, j’en étais chavirée. Rares sont les romans d’amour si près du vrai, si près de mon quotidien en tant qu’amoureuse. Je me retrouvais dans cette histoire emplie de tendresse, de douceur, d’amour vrai et de complicité. J’ai été émue à plusieurs reprises lors de ma lecture, j’ai même versé quelques larmes à quelques moments en réalisant la justesse des émotions décrites et surtout, en espérant que ma relation amoureuse sera par moment en connivence avec celle des deux personnages. Point intéressant, nous ne savons jamais le noms des amoureux. Le récit …