Year: 2016

Orgueil et préjugés et zombies

Ceux et celles qui me connaissent savent très bien que je suis une très grande fan de l’écrivaine anglaise Jane Austen. Vous pouvez le constater dans cet article : Austenienne. J’ai dans ma bibliothèque tous ses romans et je les ai également tous lus. Et ça, c’est sans compter quelques adaptations de ses romans ou encore des livres (biographies) qui la concernent. Jane Austen a une grande importance dans ma vie et cela depuis la fin de mon secondaire. Il y a de cela plusieurs années, l’adaptation d’un des célèbres romans de Jane Austen fit son apparition : Pride and Prejudice and zombies. J’adore le monde fantastique de l’horreur, mais je n’ai jamais été une adepte des zombies, ils sont les seuls monstres que je n’apprécie pas. Cependant, je me devais de lire l’adaptation, parce que si je voulais parler en mal de celle-ci, il fallait l’avoir lue. Je l’ai lue. Et, j’ai quand même apprécié. Je veux dire par là qu’il est clair que ma pauvre Jane Austen s’est retournée dans sa tombe lorsque l’adaptation de …

Sérafim, Claire et un voyage dans le temps

À prime abord, c’est la magnifique couverture de l’édition francophone du troisième roman de Mark Lavorato qui m’a tout de suite charmée. C’est tout qu’un charme qui a dû s’effectuer pour que je décide de lire ce livre, n’étant pas très fan des fictions historiques qui s’étalent en détails et en descriptions. Par contre, le quatrième de couverture et ses promesses d’un Montréal des années 20 partagé entre l’essor du jazz et l’émergence du mouvement des suffragettes m’a convaincue de me plonger dans ce roman. Sérafim et Claire, c’est deux récits qui se donnent la parole par chapitres, entrecoupés de lettres et de descriptions de photographies qui ajoutent à la construction de la trame de fond et au contexte historique. C’est une histoire de passion, mais qui n’a rien d’amoureuse. Lavorato dresse plutôt le portrait de deux passionnés de leur art, respectivement la photographie et la danse. Ce n’est pas tant le récit en tant que tel qui m’a plu, mais plutôt la façon dont la soif de gloire, la force et la passion guident …

De la grande littérature pour les petits

Ce n’est plus un secret pour personne : j’adore les albums pour la jeunesse. Et depuis quelque temps, je me passionne pour les livres qui sont issus d’un processus de réécriture, surtout les contes, dont les nouvelles versions réinventées abondent en ce moment en littérature jeunesse. Je suis curieuse de voir comment sont racontées les histoires qu’on connaît, ce que les auteurs contemporains en ont fait. Au fur et à mesure de mes fouilles en bibliothèques, je me suis rendu compte que les adaptations ne se limitaient pas qu’aux contes, mais bien à de nombreux « classiques » ou œuvres majeures de la littérature française et étrangère, qui prennent d’assaut le jeune public en proposant des versions simplifiées, souvent magnifiées par de splendides illustrations, parfois humoristiques, de ces grandes œuvres littéraires. L’album jeunesse permet, en mon sens, ce que d’autres genres littéraires ne permettent pas, et je parle du merveilleux mélange entre deux langages, celui de l’écriture et celui de l’illustration, qui jouent et se répondent l’un et l’autre. Cet amalgame crée une œuvre unique où l’imagination apparaît à …

5 romans pour découvrir la littérature américaine

La littérature américaine fait partie de mes chouchous. Je ne sais pas s’il s’agit des thèmes ou si je suis simplement tombée en amour avec des auteur.e.s en particulier, mais plusieurs romans de ce pays sont pour moi devenus des classiques, voire font partie de mes romans favoris. Voici une liste (non-exhaustive!) des livres que je vous conseille vivement pour découvrir cette littérature, riche en thématique et surtout, remplie de figures d’écrivain.e.s fascinant.e.s! L’Attrape-coeurs de Jerome David Salinger  Désigné comme classique de la littérature américaine, ce roman porte bien son titre: il a carrément attrapé mon cœur (mouhahaha)! Si cette histoire peut paraître assez banale – on suit Holden, un jeune homme de 16 ans qui déambule pendant trois jours dans la ville, après s’être fait renvoyé de l’école -, la forme est toute autre : raconté à la première personne, le roman de Saligner emploie un langage familier et le lecteur a véritablement l’impression de suivre le jeune homme dans la ville, de connaître tout de ses états d’âme et de ses réflexions. Bien qu’il …

Dans nos coffrets littéraires : des produits locaux qui enrichissent l’expérience de lecture!

Encore un mardi révélation 🙂 Et oui, le 1er mars dernier, on vous annonçait que Le fil rouge allait lancer des coffrets littéraires et, la semaine dernière, que cela se présenterait sous trois formes. Aujourd’hui, on vous en dit un peu plus sur ce qui va se trouver dans nos coffrets. Bien entendu, on y trouvera des livres! Mais aussi des produits locaux qui viendront enrichir le beau moment de lecture qu’on veut créer avec nos coffrets. Pour Le fil rouge, c’est SI important de valoriser et encourager les entreprises locales. Étant nous-même de jeunes entrepreneures, on se fait un devoir de vous faire découvrir des accessoires, entreprises locales et bien entendu, des artistes merveilleux. Ainsi, dans chacun des coffrets, un produit (ou plus!) viendra compléter l’expérience de lecture. On pense instinctivement à du thé, des signets, des accessoires de bain, des zines, de la papeterie, ETC. Alors, on aimerait savoir ce que vous aimez faire en lisant. Boire un thé sous la couette? Dites-nous ce qui rend une période de lecture parfaite, selon vous? Pensez-vous …

Portrait d’un être fictif: Le cas de Prétextat Tach

Il m’est arrivé de tomber amoureuse de pervers fictifs. Bien entendu, il s’agissait d’amour né dans la haine. Or, l’amour et, surtout, la fascination étaient au rendez-vous. D’ailleurs, je vous ai déjà avoué mon penchant pour les méchants (juste ici), mais avec Prétextat Tach, c’est une autre paire de manches. Il n’y a pas de pitié, de victimisation ou de remord. Il n’y a que perversité, vulgarité, et ce, parmi une intelligence inouïe, une répartie grandiose et une désinvolture admirable. Apparemment, j’aime aussi la complexité et la dualité qui habitent certains des êtres que nous sommes. Pour ceux qui n’auraient jamais eu la chance de faire la connaissance de Prétextat Tach (honte à vous!), il s’agit de l’un des deux protagonistes principaux du tout premier roman d’Amélie Nothomb, Hygiène de l’assassin. Dès mon premier regard sur la chose, celle-ci m’a complètement séduite: «Quatre mentons, des yeux de cochon, un nez comme une patate, pas plus de poil sur le crâne que sur les joues, la nuque plissée de bourrelets, les joues qui pendent – et, par égard …

« Lazare mon amour » : petite incursion dans l’œuvre de Sylvia Plath

Héliotrope a décidé cet hiver de publier une courte plaquette écrite par Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour avec Sylvia Plath. C’est dans ces 75 pages qu’on découvre ou redécouvre une figure marquante de la littérature américaine et féministe, une icône fragile : Sylvia Plath. Il s’agit réellement d’un hommage qu’offre Aubry à Plath dans ce texte. On sent la fascination et la passion qui gagne l’auteure lorsqu’elle parle de Plath, cette femme qu’elle tente de comprendre encore et encore : Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche …

Secrets de famille : La Noirceur de François Lévesque

Jeter des coups d’œil insistants aux pochettes des VHS de Chucky, au club vidéo du coin. Regarder Fais-moi peur! le samedi matin. Lire toute la collection Chair de poule, en quête de frissons. Visiter les lieux abandonnés les plus délabrés, entre Saint-Chrys et Franklin. Écouter sans m’en lasser les cris macabres d’une musique death metal, le son de mon disque man au plafond. Regarder la petite fille du film The Ring qui sort de la télé, sur repeat, jusqu’à une complète désensibilisation. On peut dire que mon amour du sombre et de l’horreur dure depuis longtemps. Bien que mon désir de noirceur se fasse de plus en plus discret en vieillissant, l’envie d’un roman d’horreur me prend encore de temps en temps. Dernièrement, j’ai lu l’excellent roman jeunesse Les Chiens de Allan Stratton. C’est ainsi que j’ai ressenti le besoin pressant de lire une autre histoire de maison hantée, cette fois-ci destinée à un lectorat adulte. Puisque je juge beaucoup trop souvent un livre par sa couverture, j’ai choisi La Noirceur de François Lévesque, qui me semblait plein de promesses. LA NOIRCEUR, François Lévesque …

Russie — Introduction à Tolstoï

Ce que j’aime de la littérature étrangère, c’est qu’elle permet de voyager à travers ses mots. De « voir » et de découvrir un bout de pays autre que notre Québec éternellement froid. La littérature étrangère offre un registre ahurissant de différents livres de différents pays; il est donc permis de se sentir confus dans cet amas de bouquins et de se demander : « Je commence par quoi? » J’ai donc décidé de me concentrer sur la Russie pour cet article, en me consacrant à l’auteur célèbre Léon Tolstoï. Ce romancier du XIXe siècle dépeint la vie du peuple russe à l’époque tsarique à travers ses créations, parfois en la critiquant et en exposant les enjeux de la civilisation. Je vous offre donc un petit guide pour vous introduire à sa littérature en vous présentant quelques romans populaires pour plonger dans ses créations. Anna Karénine (1877) Probablement son livre le plus connu. Pour moi, un livre peut nous séduire dès les premières lignes, avec Anna Karénine : « Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune …

Les sanguines, du dessin au décès

Il m’a bien pris la moitié du roman avant de réaliser qu’une sanguine n’est pas qu’histoire de sang, mais bien un outil à dessin. Le sourire en coin, c’est un peu comme si je découvrais une tout autre facette à ce roman qui, déjà dès les premières pages, m’a éblouie de par sa beauté. Les sanguines raconte l’histoire de Sarah et Avril Becker, deux sœurs aux antipodes l’une de l’autre, vivant chacune sur leur propre planète, jusqu’à ce qu’Avril, sœur étoile, cesse de briller à petit feu, atteinte d’un type de leucémie dite orpheline. À ce récit s’ajoute celui de plusieurs histoires du sang, écrites par Victor, mourant, qui cherche à laisser sa marque en relatant l’histoire de ceux qui ont laissé la leur dans l’avancement des sciences de l’hématologie. On s’habitue vite à cet équilibre entre les deux récits, équilibre nécessaire pour alléger quelque peu l’histoire des sœurs Becker et donner le temps au lecteur de savourer et de digérer chacun des chapitres, tout en sortant du récit lui-même, en construisant quelque chose de plus …