Year: 2016

Caféine pour les yeux

Tasses, cartes-cadeaux Starbucks, mousseur à lait, sacs de café… Décidément, à voir les cadeaux de Noël que j’ai reçus cette année, mon entourage est bien au courant de ma dépendance à la caféine. Pour ajouter à la liste, ma mère (merci maman) m’a offert un livre de voyage qui indique où trouver les meilleurs cafés autour du monde avec de magnifiques images à l’intérieur. Voyage + café + photographie, plusieurs de mes passions combinées ensemble = j’étais contente. Cafés, par Jean-Michel Dufaux, comédien et animateur québécois, fait rêver. J’aurais voulu avoir l’idée de ce projet avant lui, je suis même un peu jalouse. C’est mon genre d’aventure. Mais, même si je n’ai pas vécu son expérience, je peux au moins profiter du résultat! Et qui sait, peut-être que je visiterai à mon tour les endroits qu’il a parcourus à la recherche du meilleur latté… Bref, Cafés, c’est deux-cent-cinquante-six pages de plaisir pour les yeux. Chacune d’entre elles est tapissée de latté art; les photographies sont magnifiques (et donnent envie de mettre en marche sa cafetière). J’ai des croûtes à …

Baise-moi

J’ai découvert Virginie Despentes dans un de mes cours à l’université. Je termine présentement un certificat en études féministes et j’ai eu la chance de le terminer avec un cours de littérature. J’ai rapidement constaté que Despentes est tout un personnage ! Dans King Kong theory, elle nous raconte son histoire. Nous faisons ainsi face à son statut de femme violée, de prostituée et de punk. Virginie Despentes semble avoir tout un caractère et elle ne s’en cache pas. Elle discute de sujets actuels, dont la condition des femmes dans la société et particulièrement sur les stéréotypes et les conditionnements genrés que peuvent vivre les femmes (bonjour Butler!). Despentes a également un point de vue très clair sur les féministes qui sont contre (abolition de) la prostitution. Elle est devenue prostituée aux suites de son viol et elle ne culpabilise pas face à celui-ci et elle ne semble pas en colère contre les hommes, mais plutôt contre la société. Cette société qui crée la culture du viol, qui apprend aux hommes à ne pouvoir contrer …

Quelques coups de coeur de littérature jeunesse à l’usage des adultes

Quand j’étais jeune, je dévorais les livres. Littéralement, je lisais un livre après l’autre avec une faim dévorante de toujours en avoir plus. Je terminais même mes devoirs le plus vite possible afin de pouvoir aller lire, c’est dire! Et cette envie de lire ne s’est jamais vraiment calmée, c’est elle qui a fait la lectrice passionnée que je suis. Cela dit, avec le recul, je peux dire que j’ai lu une masse assez impressionnante de livres entre mes 6 et 12 ans, livres qui m’ont accompagnée dans mon cheminement personnel, scolaire, et qui font partie intégrante de ce que je suis aujourd’hui. Les romans jeunesses que j’ai lus quand j’étais enfant sont pour moi des petits bijoux d’imagination, des livres touchants, et certains d’entre eux continuent de rester des coups de cœur littéraires malgré mon intérêt pour la littérature générale, québécoise et étrangère. En fouillant dans ma bibliothèque, j’ai sélectionné sept livres coups de cœur de ma propre jeunesse qui m’ont marquée et surtout qui se prêtent bien, en mon sens, à la relecture, même si nous …

L’histoire de ma vie: les chats

Du plus loin que je me souvienne, les chats et les livres ont toujours fait partie de ma vie. Peu importe où je me trouvais, je pouvais percevoir de petits yeux jaunes qui m’observaient dans un coin de la pièce. Je trouvais cela réconfortant. Je le pense encore. Les félins et la littérature me procurent le même sentiment de sécurité et de confort. J’adore lorsque le chat se blottit contre mon flanc pour y faire son nid. Dans le cas du livre, c’est plutôt lui qui me permet de me faire une petite place entre ses pages. J’oublie mon monde pour un instant et je me loge ailleurs. J’aime sentir mes doigts traverser les longs poils roux de mon majestueux Shelby. Tout comme j’aime caresser les pages d’un livre vieilli sous le poids des années comme si nous étions de bons amis depuis belle lurette. J’adore faire la lecture à voix haute le soir et les voir se poster juste à côté de moi en plongeant leur regard dans le mien, un peu comme s’ils …

Le phénomène des PAL et la culpabilité de l’achat

Tout le monde que je connais, et qui aime lire, possède une PAL. La fameuse Pile à Lire qui n’en fini plus de grandir. Peut-être est-ce lui donner trop d’importance que de dire que c’est à la fois une malédiction et une bénédiction d’utiliser ce fameux système de pile à lire. Je m’explique; Il y a un certain réconfort à savoir qu’il y a des livres qui nous attendent, un plaisir à savoir quel sera le prochain livre entre nos mains. En écrivant majoritairement des critiques sur le blogue, avoir une pile à lire est indispensable et devient un outil grandement utile pour planifier des articles et des lectures. En ce sens, une p.a.l n’est rien de plus qu’une simple pile de livres à lire; c’est savoir quel livre prendra prochainement place sur notre table de chevet sans se casser la tête, c’est ne pas se demander ce qu’on lira ensuite, c’est avoir hâte en sachant ce qui s’en vient. Par contre, j’ai l’impression qu’il existe un espèce de coté malsain à la PAL, soit l’accumulation. …

Autour des livres : Rencontre avec Caroline Scott, libraire et poète

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisation et au niveau de ses préférences littéraires. Pour cette édition d’Autour des livres, on vous présente Caroline Scott, libraire qui boit beaucoup et café et qui adore la poésie. Elle vient de publier son premier recueil de poésie en mai dernier, Sang d’encre – le cabaret des ombres et elle n’en revient toujours pas encore. Rencontre avec une femme de lettre passionnée …

Le Christ obèse de Larry Tremblay

Afin de souligner leurs 10 ans d’existence, les Éditions Alto ont eu la généreuse idée d’offrir aux lecteurs une invitante sélection de 10 livres à 10$ chacun; Le Christ obèse, du célèbre dramaturge et écrivain québécois Larry Tremblay, en fait partie. La première couverture – représentant nul autre que le Christ crucifié sur des tranches de bacon – avait su attirer mon attention. Additionné à la réputation de l’auteur, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de me plonger dans les pages de ce court roman. Le Christ obèse nous absorbe au coeur du monologue intérieur d’Edgar, un être solitaire, asocial et perturbé. Un soir, dans un cimetière, alors qu’il rend visite à sa défunte mère, Edgar est témoin d’une violente agression envers une femme par des hommes qu’il associe aux 4 chevaliers de l’Apocalypse. Il décide d’enfermer la victime inconsciente dans le coffre de sa voiture, de la ramener à la maison et de devenir son sauveur. La lecture de ce livre fait immanquablement penser à l’univers sombre d’Edgar – Ô coincidence ?- Allan Poe, …

Corps conducteurs, le nouveau roman de Sean Michaels

Sean Michaels a décidé, à sa manière, de nous raconter l’histoire du Docteur Lev Sergueïevitch Termen. Je dis à sa manière, car même si le roman a une grande part de vérité, l’auteur s’est amusé à rendre la vie de son personnage encore plus rocambolesque avec du kung-fu et un meurtre (ces deux situations ne sembleraient pas être véridiques). Mais ce qui semble être la raison première de l’écriture de ce roman est l’histoire d’amour entre Léon (Lev) et sa belle Clara. Cependant, avant de commencer à raconter son histoire, il faut savoir qui est le Docteur Termen. Cet homme est un scientifique, originaire de la Russie. Il est né le 27 août 1896 et est décédé le 3 novembre 1993. Il est surtout reconnu pour être l’homme qui a inventé le premier instrument de musique électronique, le thérémine. Si vous ne savez pas ce qu’est le thérémine, voici un extrait où nous découvrons le grand amour de Léon jouer une chanson qu’il semblait particulièrement apprécier (l’auteur nomme souvent ce titre dans le roman) : Swan …

La nuit de feu d’Eric-Emmanuel Schmitt – Un nouveau classique –

Il y a des livres qui changent notre vision de la vie. Il y a des livres qu’on ne peut juste pas oublier. Il y a des livres qui sont tout simplement magiques et le petit dernier d’Eric-Emmanuel Schmitt fait partie de cette liste pour moi. Ce livre à contenu religieux, philosophique et scientifique (oui, je sais ce n’est pas toujours les 3 catégories qui nous intéressent le plus) est si surprenant que même plusieurs heures, voire plusieurs jours après votre lecture, vous vous surprendrez à toujours y penser. Pour ma part, je suis une grande fan de Schmitt depuis qu’un ami me l’a fait découvrir lors d’un voyage à Paris (merci Manu!) et depuis mon amour pour lui n’a fait qu’accroître au fil du temps, alors il va sans dire que j’étais un peu (beaucoup!) conquise d’avance. Vous aurez compris également que, malgré le fait que cette lecture me soit restée bien marquée dans l’esprit, c’est en moins d’une semaine que je l’ai dévorée; l’idée aussi de n’avoir que 183 pages! Un livre si …

Nirliit : Grand Nord, humanité et résilience

Ce premier roman de Juliana Léveillé-Trudel, Nirliit, qui signifie oies, en inuktitut, se passe dans le Grand Nord,  à Salluit, un village du Nunavik. C’est par un drôle de hasard que je viens tout juste de lire Soeurs volées d’Emmanuelle Walter dont Gabrielle a parlé dernièrement lorsque je me suis décidé à lire Nirliit. Je dois dire qu’on ne peut simplement pas terminer cet essai en l’oubliant sur sa table de chevet, ça nous hante. Et nous hantera probablement toujours. En me plongeant dans Nirliit, j’avais la version fictive de l’enquête menée dans Soeurs volées, mais voilà que je savais très bien qu’il n’y avait rien de fictif dans les mots de Juliana Léveillé-Trudel. La narratrice, une blanche, vient passer ses étés à Salluit, non dans le but du travail ou de l’argent comme le font tant de blancs, mais parce qu’elle s’y sent bien et qu’elle aime la langue. Ainsi, elle y rencontre des êtres merveilleux, résilients et brisés. Le récit tourne surtout autour de la mort d’Eva. La narratrice tente de s’adresser à cette femme qui a …