Year: 2017

Autour des livres : rencontre avec Mireille Bertrand, attachée de presse

Mireille Bertrand oeuvre comme attachée de presse dans le domaine du livre depuis près de 30 ans. Débutant sa carrière aux éditions françaises, c’est auprès des plus grands éditeurs qu’elle apprend le métier ;  Larousse, PUF, Actes Sud, L’École des loisirs, Armand Colin, Québec Amérique, etc. Grande passionnée, elle décide ensuite de voler de ses propres ailes en fondant sa propre entreprise dans le milieu du livre. Nous lui avons donc soumis notre fameux questionnaire Le Fil Rouge, afin de mieux connaître ses goûts et ses habitudes en ce qui concerne la lecture et l’écriture. 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? En 4e année du primaire, j’avais gagné un prix et mon professeur avait ouvert sa belle grande armoire en bois gardée sous clé dans laquelle se trouvaient plusieurs items tous intéressants pour des jeunes de mon âge. Je me souviens avoir choisi un très bel album (il était très grand), et il s’intitulait: Une poule, un oeuf et un bâton. Je me rappelle de l’avoir lu des dizaines et des dizaines …

Ce qu’on a lu comme album ou roman jeunesse en février #Jelisunlivrequébécoisparmois

La lecture de roman ou d’album jeunesse est toujours un plaisir. Souvent, ça me permet de retourner en enfance et j’adore vivre ce sentiment de nostalgie. J’aime aussi retrouver ces auteur-e-s ou personnages qui ont été mes premiers amours. Cela me permet de prendre des petites pauses de mes lectures un peu plus sérieuses, quoique certains sujets abordés dans ces romans peuvent parfois créer plus d’émotions, que ce soit par nostalgie ou par l’ouverture d’anciennes blessures. Ma lecture du mois de février n’était pas très légère. Effectivement, j’ai enfin pris le temps de lire «L’enfant mascara» du talentueux Simon Boulerice (j’ai pu remarquer sur le groupe Facebook «Un livre québécois par mois» que ce roman semblait très populaire). Je ne vous cacherai pas que j’adore le travail de cet auteur. Je suis tombée sous le charme de tous ses romans ou albums jeunesse. Boulerice a une plume franche, qui par ses propos, nous fait réfléchir. Les sujets qu’il aborde dans ses histoires nous remettent souvent en question. Dans «L’enfant mascara», Boulerice nous raconte l’histoire de Larry …

Pourquoi l’amour fait mal?

Il n’est pas toujours facile de justifier mon choix d’aller faire un doctorat en sociologie. Certains pensent que ce n’est pas une «vraie science», d’autres ajoutent que les sociologues sont juste des «pelleteux de nuage», plusieurs croient que je n’arriverai pas à trouver un bon emploi stable dans mon domaine. Bref, toutes les raisons sont bonnes pour me décourager, pourtant quand je lis un livre comme celui d’Eva Illouz, je sais que j’ai pris la bonne décision en choisissant la sociologie. Avoir un regard sociologique, c’est se montrer curieux face à une situation, c’est une volonté de mieux comprendre les mécanismes et les constructions sociales, une meilleure compréhension de la société dans laquelle on évolue permet d’agir sur celle-ci. Une meilleure compréhension de l’amour à l’époque contemporaine dans le monde occidental, voilà donc l’ambition de l’autrice. Si vous pensiez avoir affaire à un livre de «psycho-pop» pour vous aidez à gérer votre vie amoureuse, vous serez déçu. Par contre, si vous souhaitez mieux comprendre comment l’amour est socialement codifié aujourd’hui, vous serez renversé! «L’ambition de …

Quand les hivers deviennent éternels

Je vous présente une lecture parfaite pour les amoureux-ses de l’hiver, ainsi que ceux-celles qui aiment un univers fantastique. C’est grâce à la bédéiste D. Mathieu Cassendo (La petite suceuse) que j’ai découvert CAB. C’est l’année dernière, lors du Festival Montréal en BD qu’elle m’a présenté l’artiste et sa BD. Je trouvais déjà le titre attirant. J’étais prête à découvrir l’univers de cette nouvelle bédéiste. On se retrouve dans un Montréal futuriste, mais tout de même pas si lointain. Dès le début de notre lecture, j’apprends qu’une usine nucléaire a explosé à Montréal, ce qui crée un hiver éternel. Les radiations n’ont pas seulement plongé Montréal dans un hiver constant, elles ont également transformé quelques-uns de ses habitant-e-s en « mutants ». On retrouve alors des personnages à la peau verte, d’autres avec seulement un œil ou encore une force incroyable, ce qui fait en sorte de mettre encore plus d’intrigues à l’histoire. Et c’est ce qui est intéressant avec cette BD, Montréal prend beaucoup de place. CAB fait en sorte de mettre quelques petits …

Littéraires, Les Simone ?

C’est avec impatience que j’ai attendu l’arrivée sur les ondes de la série Les Simone. J’ai toujours aimé les univers féminins pluriels. Voir les différents personnages de femmes emmêler leurs vies : je ne m’en lasse pas. En plus, une série avec un titre qui évoque Simone de Beauvoir : j’avais des attentes. Et puisque je cherche la littérature un peu partout, je l’ai cherchée dans la série. Bien que je n’aie pas l’impression que l’aspect littéraire structure l’émission, il alimente certainement ces quatre Simone qui se remettent en question et se réinventent constamment. Maxim En lisant le livre autobiographique Mémoire d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir et en regardant Les Simone, une réflexion commune s’impose: quels choix s’offrent à une femme qui désire faire autrement ?  La jeune Simone, tout comme Maxim, aspire à autre chose qu’une vie rangée avec un mari et une maison. Pour de Beauvoir, c’est une vie riche du point de vue intellectuel qui prime, elle veut se dédier entièrement à écrire. Du côté de Maxim, c’est la curiosité qui la pousse …

Passer du livre à l’écran, une bonne idée ?

Avec la sortie du dernier livre de la saga Harry Potter, plusieurs fans se sont lancés dans un marathon télévisé de l’intégralité des films et d’autres se sont plutôt tournés vers une relecture de la version originale romancée. Cette fureur médiatique m’a permis de réfléchir sur les fameuses adaptations cinématographiques. Dans certains cas, elles sont plus que réussies et fidèles à la réalité et dans d’autres, elles sèment l’émoi et sortent les lecteurs de leurs gonds. Mais pourquoi exigeons-nous, en tant que lecteurs, une si grande précision de la part du réalisateur ? Des interprétations divergentes  Le livre est un objet complexe. L’action de lire nécessite une importante activité cérébrale. Des pages et des mots sont sous nos yeux, il en revient à nous seul d’en déchiffrer le sens. Les images, les sensations et les personnages, nous les créons, nous les imaginons. L’auteur nous offre une description, certes, mais le résultat final en revient toujours au lecteur et varie considérablement selon un amalgame de facteurs : la compréhension du lecteur, ses origines, ses croyances, son bagage …

Les choses immuables : ces relations qui sont faites pour durer

J’ai commencé à lire Les choses immuables d’Éléonore Létourneau durant une période charnière de ma petite existence. Le genre de période où plus rien n’a vraiment de sens, où tout semble s’éclipser dans le néant des questionnements, dans le je-sais-pus-où-ma-vie-s’en-va. Le poids des choix que je devais prendre – que je m’efforçais de prendre – me semblait trop lourd à porter, pour l’instant. Il fallait choisir, mais je trouvais difficile de laisser tomber des rêves pour d’autres, de favoriser une voie plus qu’une autre. Trop difficile. Je n’y arrivais pas. Je voulais tout. Et ne rien concéder. C’est à ce moment que les mots d’Éléonore Létourneau sont arrivés dans ma vie. Juste à point. À cet instant précis où tout s’effondrait, où j’en avais le plus besoin. Je me suis retrouvée, avec justesse, à travers chacune des remises en question des personnages de Louis, Hélène, Virginie et Mathieu, qui à l’orée de la quarantaine ne savent plus s’ils ont bien fait de s’enfoncer dans la banalité de la routine. Les jours se ressemblent sans aucune surprise. Les …

Les classiques? Oui, mais non

Depuis quelques semaines, je suis un cours sur l’enseignement de la littérature au collégial. Ce séminaire nous invite à réfléchir sur le choix des corpus et sur ce qu’est la littérature marquante pour nous, futurs et futures enseignants et enseignantes au cégep (du moins, on l’espère tous). Cette réflexion n’est pas banale et de multiples questions me trottent dans la tête depuis que je me suis penchée sur le sujet. Je tenais donc à vous faire part de mes impressions dans cet article. Les devis du ministère De prime abord, les devis du ministère demandent aux enseignants du collégial de faire lire des oeuvres qui « ont marqué l’histoire de la littérature d’expression française. » Ce genre d’affirmation suscite de nombreuses interrogations selon moi. D’emblée, marquantes selon qui? Au moment même où vous lisez ces lignes, chacun n’a pas en tête les mêmes titres. D’une part, parce que la lecture a quelque chose de très personnel. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes auteurs, les mêmes livres, les mêmes courants et les mêmes …

Autour des livres : rencontre avec Ariane Gagnon, collaboratrice chez Le Fil rouge

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Je crois que c’est celui, à 7 ans, de lire Anne, la maison aux pignons verts lors de mon premier voyage à l’Île-du-Prince-Édouard. 2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture? Enfant, j’ai eu la chance immense d’avoir une maman qui me lisait des livres à l’heure du coucher et qui en faisait un art! Elle avait des voix pour chaque personnage et elle faisait même des bruitages! Avec elle, j’ai appris beaucoup de livres pour enfants par coeur. Maintenant, pour être honnête, je n’ai aucun rituel. Je peux lire n’importe où, n’importe quand, et peu importe le bruit ambiant. 3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire? J’écris beaucoup mieux et de manière plus prolifique le matin, au réveil, quand tout est tranquille… et avec une (ou trois) bonne(s) tasse(s) de café noir dans le corps! 4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire? Honnêtement, …

Étudiants, cégep, David Turgeon, Discussions, Le continent de plastique, lecture, littérature. le fil rouge, Prix littéraire des collégiens, livres, roman, le Quartanier

Prix littéraire des collégiens 2017 : Ce que des étudiants ont pensé du Continent de plastique de David Turgeon

Enseignante de littérature dans un cégep, j’ai motivé un groupe de douze étudiants à participer au Prix littéraire des collégiens 2017 au cours de la session d’hiver. Toutes les deux semaines, nous nous rencontrons pour discuter des œuvres sélectionnées, pour les décortiquer et les critiquer et ainsi en déclarer une gagnante du Prix littéraire des collégiens 2017. Le continent de plastique de David Turgeon était la lecture de la seconde rencontre du Prix. Les étudiants ont remarqué le style d’écriture recherché, le vocabulaire soutenu et la finesse de la langue. Un très grand travail sur la forme a été effectué par David Turgeon. La quatrième de couverture vendait une oeuvre très alléchante (vocabulaire employé par les étudiants) et intrigante : un homme de lettres qui aspire à une carrière d’auteur et qui se retrouve l’assistant d’un écrivain. Les personnages Le personnage du maître, grand écrivain de son époque, prolifique et intéressant, et celui de Denise Bruck ont trouvé grâce aux yeux des lecteurs. Le maître puise l’étincelle de départ pour ses romans dans la vie quotidienne, dans les petits …