Month: février 2018

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Matricide de Katherine Raymond : la relation mère-fille au-delà du deuil

Les relations mère-fille représentent un sujet foisonnant dans la littérature, qu’on pense à Borderline de Marie-Sissi Labrèche, à Une femme d’Annie Ernaux, ou à des pièces de théâtre comme Tout comme elle de Louise Dupré.  Avec Matricide, Katherine Raymond s’inscrit dans la lignée de ces autrices qui ont abordé ce sujet avec brio.

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Fête de l’amour : quels livres offrir aux êtres aimés?

Ceux et celles qui me connaissent bien le savent : je n’aime pas trop donner ou recevoir des biens matériels en cadeau, exception faite des besoins essentiels. Je préfère offrir des expériences… ou des livres. Parce que non, pour moi, les livres ne comptent pas comme des objets comme les autres. La St-Valentin est une fête qui divise beaucoup les gens : certains l’adorent et d’autres la détestent, c’est comme si il n’y avait pas de juste milieu. Mais vous savez ce qui rassemble les gens (oui oui, plus que le chocolat, le champagne ou les fleurs)?… Vous l’aurez deviné ; les livres! On les lit, on les partage, on en parle, on les échange. Et y-a-t-il un plus bel acte d’amour que d’offrir un moment de détente, de voyage et de découverte… Sans que la personne aie besoin de bouger du confort de sa demeure? Voici donc quelques suggestions de livres à offrir aux êtres que vous aimez. Pour votre meilleur(e) ami(e) : I think I am in friend-love with you, de Yumi Sakugawa …

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Mes découvertes théâtrales à l’université (partie 3)

Comme je me sentais inspirée et que mon amour pour le théâtre – surtout le théâtre québécois – croît de jour en jour, j’ai décidé de faire une troisième partie à ma suite d’articles portant sur mes découvertes théâtrales. Ces découvertes se sont produites dans le cadre de mes cours universitaires, qui à mon plus grand bonheur m’ont permis de développer une véritable passion. Vous pouvez lire la partie 1 ici et la partie 2 ici. Laissez-moi tout d’abord vous expliquer que le théâtre québécois est en pleine effervescence en ce moment. Les scènes sont remplies d’inspirantes créations. Parmi celles-ci, on retrouve des créations des « Trentenaires », une catégorie regroupant les jeunes dramaturges québécois.e.s dans la trentaine ou qui en sont près. Le travail des auteur.e.s est de plus-en-plus reconnu; il n’est désormais plus seulement question des metteur.e.s en scène. Ces artistes sont très d’actualité et s’inspirent de la société dans laquelle ils grandissent pour créer leurs œuvres dramaturgiques. Marianne Dansereau, Sarah Berthiaume et Olivier Choinière sont des auteur.e.s que je connais depuis peu, mais dont …

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Voyage hivernal dans deux romans jeunesse

Nous sommes ensevelis sous la neige. Je pourrais rêver de soleil et d’exotisme et pourtant j’ai envie de me faire bercer par l’hiver. Je veux me plonger dans des récits où il fait froid. Mais l’imaginaire autour de l’hiver est souvent inquiétant et engendre des personnages effrayants. Pensons à La Reine des Neiges d’Andersen. Loin de la version rose bonbon de Disney, la Reine des Neiges est un personnage terrifiant, dont le baiser glace le cœur et fait sombrer sa victime dans l’oubli. Pensons aussi au premier tome de la série des Chroniques de Narnia, Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique, dans lequel la méchante Sorcière Blanche inflige un hiver éternel au royaume de Narnia. L’hiver crée une frontière plus nette entre l’intérieur – chaud, réconfortant, douillet – et l’extérieur – glacial et parfois hostile. Mais l’hiver, loin de n’être que du froid, comporte différentes facettes. Les Royaumes du Nord, premier tome de la série À la croisée des mondes de Philip Pullman, et Le chagrin du roi mort, de Jean-Claude Mourlevat, nous transportent …

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Ici, ailleurs : Fuir pour oublier

J’ai découvert Matthieu Simard un peu par hasard, sur les tablettes de ma librairie de quartier de l’époque. J’ai commencé avec La tendresse attendra et je n’ai pu m’empêcher de lire sans attendre tous les autres livres de sa bibliographie, les uns après les autres, en un court laps de temps, dans mon petit appartement de Verdun. J’attendais Ici, ailleurs comme j’ai pu attendre mes Moon Shoes, bien entourés au stylo dans le catalogue Sears, en ’94. Résumé Marie et Simon ont fui la ville en espérant renaître à la campagne. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont destinés à une fin tragique; ils seront le couple du « meurtre suivi d’un suicide ». Fisher dira qu’il ne l’avait pas vu venir, les Lavoie diront que nous étions pourtant « du ben bon monde », Alice ne dira rien et nos sangs se mélangeront dans les craques du plancher de la maison centenaire que nous venons d’acheter. Nous sommes invités à les suivre dans leur quête d’oublier le drame qui les a poussés …

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Ce qui nous tue dans Le bleu de la nuit

Petite femme, mais on le lui a déjà trop dit, Joan Didion possède une prose incontournable pour tous les fervents de littérature. Pour ma part, Le bleu de la nuit fut mon initiation à l’auteure. J’ai aimé d’amour son premier chapitre, un genre d’introduction au roman. Il s’agit de définir ce qu’est « le bleu de la nuit ». Un moment particulier : l’approche de la nuit, qui n’est pas tout à fait la fin de la clarté… il s’agit plutôt de son annonce. La Femme Cassée Je dirais que, curieusement et bien que ce soit loin d’être un roman de suspense, j’étais maintenue en haleine tout au long de ma lecture. Le bleu de la nuit et son histoire m’intriguaient inexplicablement. En terminant la dernière page, j’ai réalisé qu’en fait, j’attendais des réponses. Joan Didion pose tellement de questions dans son livre, qu’on a l’espoir qu’elle y réponde jusqu’à la toute fin du roman. Cependant, elle n’en fait rien. Mais en fait, qui peut répondre à ces questions? Qu’est-ce que la perte? Comment y …

Club de lecture : Les désordres amoureux

Mardi, 12 décembre, café Zoha Ce mardi en est un de tempête. Une douce tempête qui couvre tout sur son passage, les arbres deviennent lourds, tout comme nos pieds qui essaient tant bien que mal de se frayer un chemin sur les trottoirs qui n’ont toujours pas été déneigés. C’est donc avec nos tuques enneigées et de la brume dans nos lunettes qu’on entre dans le café Zoha. Tout est calme, l’ambiance des fêtes est bien installée dans la place. Ce sera parfait pour notre rencontre. Finalement, la tempête aura eu raison de quelques participantes, c’est donc à cinq qu’on débute notre discussion sur le dernier livre du mois; Les désordres amoureux de Marie Demers. Alors que certaines ont passé un bon moment de lecture parsemé de rires à voix hautes, d’autres sont loin d’être friandes du style de l’auteure. Le rythme et l’écriture  » le rythme est intéressant » mentionne l’une des participantes. Par contre, on se tanne vite des anglicismes, je ne pense pas vraiment être le public cible pour ce type d’ouvrage. On …

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Faire partie du monde… et le transformer pour mieux l’habiter

«Les théories écoféministes sont empreintes d’éléments philosophiques stimulants, offrant des lectures nouvelles de situations actuelles et historiques. L’expérience des premières lectures est à la fois rassurante et déstabilisante. […] Tant de complexité et d’échos forts à la fois. […] Comprendre. Comprendre au point de le sentir dans son corps. Douter, mais douter avec la ferme impression que ce doute même est un processus de solidarisation.» Ces mots de Maude Prud’homme décrivent assez justement mon expérience de lecture de l’ouvrage collectif Faire partie du monde, réflexions écoféministes, paru aux Éditions du remue-ménage. Dans le texte «Notes sur la négociation du réel», la militante réfléchit, à partir d’expériences personnelles, à la manière dont se manifestent les théories écoféministes dans le concret des luttes environnementales et les obstacles rencontrés par les militantes féministes dans les groupes écologistes. À la lecture de ce texte et de ceux qui l’accompagnent, j’ai oscillé entre une sorte d’exaltation face à la découverte d’analyses et de luttes qui m’étaient auparavant inconnues et la sensation d’avoir maintenant dans les bras un poids lourd à …

De là où nous venons

Je sais qui je suis. Mais je sais aussi que cette affirmation est bien peu suffisante pour répondre à tous nos questionnements. Bien que j’aie la certitude d’être née un premier juin 1992 à l’hôpital Saint-François-d’Assise de parents heureux et aimants, je n’en demeure pas moins curieuse de mes origines et de tout ce qui a pu façonner la personne que je suis devenue. Certaines qualités me proviennent directement de mes géniteurs d’amour, mais aussi (malgré le déni), plusieurs défauts. Nous sommes toujours fiers d’étaler nos talents et nos connaissances, mais toujours peureux à l’idée d’avouer aux autres ce que nous savons trop peu. Je crois que la plus grande question de tous les temps est sûrement celle qui nous angoisse tous le plus : qui sommes-nous? Même si nous connaissons notre parcours sur le bout de nos doigts et que nous prenons rapidement conscience de ce qui nous fait vibrer et de ce qui nous envenime, il n’en demeure pas moins que la conscience de soi est une quête infinie. Comment savoir si nous sommes à …

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Pétillante en toutes circonstances : Albertine ou la férocité des orchidées

Le fuchsia saisissant de l’endos du livre, les lèvres roses qui titillent les fraises de la couverture : qu’Albertine ou la férocité des orchidées soit un roman d’une exubérance toute féminine, aussi malcommode qu’impudique, ne surprend pas. C’est plutôt le caractère explicite du livre qui étonne, explosant sur la page avant même qu’on ait le temps de comprendre dans quoi on s’est embarquée. Une fois remise de l’émoi causé par les premiers passages croustillants, on se rend vite compte qu’Albertine revisite habilement les codes de la chicklit, arrivant tout autant à en rire qu’à leur rendre hommage. Au début du livre, notre héroïne titulaire est une trentenaire à la carrière incertaine, écrivaine mais aussi assistante d’une polémiste réputée ; elle habite Hochelaga-Maisonneuve avec ses trois chats et ses bibliothèques pleines de livres. Un peu misanthrope, elle n’est pas moins curieuse de tout : de la littérature, de la culture populaire, des personnes qu’elle fréquente et de celles qu’elle reluque. Délurée et libertine, Albertine veut tout vivre et tout toucher ; sa sexualité, et le plaisir …