All posts filed under: Bande dessinée et roman graphique

La vie et son lot de awkwardness : la thérapie de Sarah Andersen

J’ai ri, beaucoup, à chaudes larmes. Devant chaque trait naïf, spontané, presque maladroit, mais tellement expressif. Devant chaque épisode d’images porteur d’une lucidité franche. Devant un quotidien, des pensées, des gestes qui semblaient être les miens; j’étais là, d’une case à l’autre, comme si l’illustratrice et cartooniste de 23 ans, Sarah Andersen, avait épié ma vie pour élaborer Adulthood is a myth, bande dessinée exquise. Cette drôle d’impression, je ne suis sûrement pas la seule à l’avoir ressentie. Et c’est là toute la beauté du travail d’Andersen. Ce tout premier livre de cette artiste établie à Brooklyn est un véritable diachylon pour les esprits anxieux qui tentent de se tracer un chemin dans les méandres de la vie adulte. Une thérapie en soi. Parce qu’on s’y voit, on s’y reconnait. On s’identifie à cette jeune étudiante échevelée aux yeux exorbitants, une introvertie féministe à la maladresse facile, au awkward fréquent, qui s’adonne à la procrastination et à la panique, quotidiennement. Son meilleur ami est un lapin. Son chat est une plaie qui s’amuse à la réveiller …

Le Petit Goldstyn

J’ai eu la chance de rencontrer Jacques Goldstyn au Salon du livre de Montréal en 2015 pour son livre «L’arbragan». Alors que j’attendais dans la file (qui consistait en mon ami et deux jeunes garçons), j’observais justement ce que les deux garçons allaient faire dédicacer. Parce qu’ils ne tenaient pas les romans graphiques de Goldstyn, non ils avaient en leur procession des revues des «Débrouillards»! Je ne savais même pas que ça existait encore, et quel est le lien entre Goldstyn et les «Débrouillards»? Et bien, c’est que la petite BD qui se trouve à l’intérieur est faite par celui-ci. Une fois mon tour, j’ai constaté très rapidement quel personnage sympathique est Jacques Goldstyn. Ensemble, nous avons parlé des jeunes du primaire (moi travaillant dans ce domaine et lui cherchant des gants/mitaines pour son projet dont je vous parlerai plus bas). Cette conversation nous a emmené sur notre amour pour l’arrondissement de Verdun (et de sa librairie). À savoir que Jacques Goldstyn a vécu une partie de sa vie à Verdun, il m’a d’ailleurs appris …

Petites histoires à emporter partout, partout

Je suis tombée par hasard sur le bouquin Histoires à emporter de l’illustrateur belge José Parrondo à la bibliothèque de mon école. Je l’ai pris sans trop savoir à quoi m’attendre et j’ai tout à fait été charmée. De très courtes histoires nous sont racontées et imagées. En fait, elles sont plus que racontées, les histoires sont les personnages principaux. Le ton ludique, presque enfantin, utilisé rend ces personnifications attachantes en si peu de mots. Histoires à emporter est un roman graphique qui fait du bien, qui rend le cœur plus léger et la tête plus joyeuse. Il s’agit d’un livre qui se lit très vite, mais qu’il faut absolument prendre le temps de savourer. Parfait pour les dimanches matin sous la couette ou pour les mardis soir, un thé à la main. Les illustrations sont comiques, rafraichissantes. Une petite merveille à partager avec les tout-petits ou avec les trop-grands qui ont tendance à oublier de profiter du simple et du beau. J’aurais envie de vous partager toutes les histoires, je n’arrive pas à choisir ma …

Ma vie est tout à fait intéressante, ses BDs aussi

Connaissez-vous Pénélope Bagieu? Si oui, vous comprenez mon amour pour cette artiste. Si non, laissez-moi le plaisir de vous la présenter. Pénélope Bagieu est une bédéiste française habitant New York depuis peu, aimant la course et fan de pizza (comme tout le monde, on va se le dire). Elle est chroniqueuse pour la chaîne MadmoiZelle sur Youtube où chaque chronique porte sur la lecture d’une bande dessinée particulière et où Pénélope partage ses coups de cœurs littéraires en termes de b.d. Les capsules sont captivantes par l’attachante personnalité de Pénélope Bagieu. J’ai découvert cette auteure par un heureux hasard. Je cherchais une b.d. à lire pour le temps des fêtes et la couverture de La page blanche m’a tout de suite charmée, de son vivifiant rose flash. Ce fut le coup de foudre automatique pour cette bédéiste, j’ai donc décidé de découvrir davantage son œuvre graphique. Je vous présente deux de mes coups de cœur, soient La page blanche et Ma vie est tout à fait fascinante. La page blanche C’est l’histoire d’Éloïse, assise sur …

Piraterie et « French Kiss »

Cette BD fut un achat coup de cœur lorsque je l’ai vue en librairie. Je m’amusais à tourner les pages et à admirer les dessins. J’aimais beaucoup le style, mais c’est lorsque j’ai vu le mot pirate sur la quatrième de couverture que j’ai décidé de me la procurer. « French Kiss 1986 » est l’histoire d’un père qui raconte à ses deux jeunes enfants comment s’est passé son premier baiser. C’est alors qu’on fait un voyage dans le temps et qu’on se retrouve en 1986. Nous retrouvons Étienne (le père) à l’âge de 11 ans. C’est les vacances d’été et il est fou amoureux de la belle Marie. Sauf, qu’il y a la grande rousse. Tous les deux ne s’aiment pas. En fait, la grande rousse est plus grande qu’Étienne, donc plus impressionnante et sa mère serait une sorcière. Il existe entre ces deux personnages une « guéguerre », mais ils ont un point commun : ils sont tous les deux fans de piraterie! C’est alors qu’une guerre éclate! Tout comme dans le film « La guerre des tuques », l’objectif …

Zviane en trois temps

Bien souvent, nous associons – à tort – la bande dessinée à un public adolescent. Que ce soit en raison des superhéros aux pouvoirs fantastiques, des personnages de jeunes voyous farceurs (Titeuf for the win) ou encore d’animaux anthropomorphisés (Krazy Kat, Garfield, Snoopy et cie), la bande dessinée semble d’emblée destinée à un public précis et, disons-le, assez restreint. Or, l’éclatement des genres, la multiplicité des styles et l’élaboration de récits bien plus matures qu’autrefois viennent contrecarrer cette tendance à catégoriser ce que certains et certaines nomment le 9e art : il n’est plus simplement question de divertissement juvénile. Le Québec grouille d’artistes hyper talentueux et l’univers de la bande dessinée n’est pas en reste de cet essor culturel. Pour vous donner un petit goût de ce qui se retrouve dans nos librairies préférées, je vais vous parler d’une bédéiste que j’adore x 1000000000 : Zviane. Née à Longueuil, elle a un baccalauréat en musique de l’Université de Montréal et se dirigeait sagement vers la maîtrise, mais elle a plutôt préféré se concentrer sur ce qui la …

C’est pas facile d’être une fille !

Aujourd’hui je me fais plaisir, une fois de plus, en vous parlant d’Estelle Bachelard, alias Bach, bédéiste et illustratrice et surtout de ses bandes dessinées : C’est pas facile d’être une fille & C’est pas facile d’être une fille 2. Tout va bien aller. J’ai commencé à lire de la bande dessinée il y a quelques années déjà. M’en offrir une, l’ouvrir, la lire, la rire, la pleurer, la partager et la relire souvent, c’est du bonbon, c’est un cadeau, c’est une brèche qui goûte le bonheur dans le quotidien souvent banal. La semaine dernière, je suis allée à la Librairie Liber située à New-Richmond, un endroit que j’adore. Je savais que le tome II de C’est pas facile d’être une fille, Tout va bien aller venait de sortir. J’étais impatiente de le lire. Dans un café, tout près de la librairie, j’ai ouvert la bande-dessinée et je suis immédiatement plongée dans l’histoire avec une joie immense. Dès les premières lignes je riais aux éclats. Je me souvenais de cette journée, c’était le jour de …

Mangamania

Depuis quelques semaines j’ai l’impression de retomber en enfance. Je me suis remise aux mangas. Lorsque j’avais neuf ou dix ans, mon frère et mon cousin m’ont introduite à l’univers de la bande dessinée japonaise avec les tomes de Dragon Ball. Certains pourraient dire qu’il ne s’agit pas d’une lecture pour enfant, mais bon. Je ne comprenais pas tout et je passais outre sur plusieurs aspects qui apparaissaient comme banaux pour une jeune fille d’à peine quatrième année du primaire. J’aimais l’humour des personnages. J’adorais Sangoku, être naïf et ô combien attachant. J’ai donc farfouillé à travers les quarante-deux tomes de Akira Toriyama. Ayant apprécié mon expérience, j’ai vagabondé de Yu Gi Oh à Naruto, sans jamais vraiment accrocher. Il aura fallu que j’aie vingt-quatre ans et toutes mes dents pour replonger dans le monde des mangas. C’est sous la forme de Death Note qu’est apparu mon nouvel amour de la bande dessinée japonaise. Netflix avait été un préambule à ma découverte puisque j’y avais écouté quelques émissions de la série adaptée. Il aura suffi …

Paul dans le Nord : moto, hormones et jeux olympiques

Il y a déjà quelques semaines, je vous parlais de mon amour pour la série Paul. Je ne vous explique pas le bonheur quand j’ai tenu le colis contenant la nouvelle BD Paul dans le nord et ce, avant sa sortie en librairie, j’étais folle de joie! Paul dans le Nord nous amène dans l’adolescence de ce dernier, à l’aube des jeux olympiques de Montréal. Pour les habitués de Paul, vous serez surpris! Mais agréablement, bien entendu. Le personnage de Paul est tellement aimé, considéré comme le bon gars, que c’est étonnant et rassurant de reconnaître que Paul, il n’est pas parfait. Le récit est basé sur les premières expériences de Paul : le première fois qu’il fera du stop, qu’il fumera, qu’il tombera amoureux, qu’il vivra une peine d’amour et j’en passe. Les hormones de Paul sont dans le tapis, il parle des filles constamment avec ses amis et ça nous laisse percevoir que Paul était comme tous les adolescents au fond, plein de maladresses. Il change d’école secondaire et est complexé par ses boutons, ses cheveux, son …

Paul à Québec, de la BD au grand écran

J’aime d’amour la série Paul de Michel Rabagliati. Ce serait vous mentir que de dire que je l’ai toute lue, mais chacune de mes lectures a été un réel coup de coeur, un petit moment de pause et de bonheur dans mon quotidien. Parce que c’est ça, Paul, une immersion des plus simples dans un monde des plus communs, mais qui fait tant de bien. Quel talent de Rabagliati, de nous présenter un monde ordinaire où le quotidien côtoie la simplicité et de nous donner envie toujours et encore de se plonger dans les aventures de Paul. Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce du film Paul à Québec, j’avais déjà les larmes aux yeux, c’est vous dire! Au cours des mois qui ont précédé sa sortie au cinéma, j’allais la réécouter simplement parce qu’elle me donnait tellement envie d’aller voir le film et qu’elle me faisait sentir bien, tout simplement. Émotive vous direz? Et bien oui. C’est donc la semaine dernière que je me suis rendue au cinéma avec mon amoureux, peut-être un …