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Milk and Honey : juste du beau

C’est Véronique Grenier (auteure d’Hiroshimoi, notamment!) qui m’a fait découvrir le recueil de poésie Milk and Honey, écrit par la Torontoise Rupi Kaur, lors du lancement Le Fil rouge X Arsenal. Elle en parlait comme étant une œuvre sensible, féministe et qui fait du bien. Il ne m’en fallait pas plus pour me le procurer, et en écrire une impression que je vous partage à l’instant! À droite, des mots magnifiques, à gauche, de fortes illustrations qui font écho au texte de l’autre côté. Bien plus qu’un simple recueil de poésie, Rupi Kaur nous offre une profonde réflexion sur le féminisme, la diversité corporelle, l’amour, la sexualité et la rupture. C’est vraiment facile de s’identifier à ses textes, puisqu’ils sont à la fois simples, directs et épurés. Ne pas oublier que simplicité n’égale pas toujours facilité (et ceux qui écrivent savent que c’est tout le contraire!) : il y a des jeux d’images très intéressants qui imprègnent rapidement notre imaginaire. Voici un bon exemple de toute la force des écrits de l’auteure : Vous l’avez remarqué, le …

Harry Potter et le féminisme

Je suis sans contestation une grande fan d’Harry Potter. Je les ai relus (vraiment) plus que nécessaire au fil des années et les connais presque par cœur. Récemment, à la recherche de nouvelles pages à me mettre sous la dent, je me suis mise à dévorer les études critiques qui ont été faites sur Harry Potter, faisant de la populaire saga un objet d’analyse littéraire s’ouvrant sur d’autres domaines. Résultat? Harry Potter, la série jeunesse mondialement connue, se retrouve au cœur d’une réflexion complexe qui dépasse l’œuvre en tant que telle. On assiste donc, en quelque sorte, à une ouverture des appareils critiques à des objets « populaires » et nous savons, en tant que littéraires, comment c’est un débat qui a encore lieu dans les milieux universitaires. Il m’a été permis de voir avec grande surprise qu’un très grand nombre de lectures d’Harry Potter ont été produites. Après les analyses littéraires formelles ou les réflexions sur l’imaginaire, le champ d’études s’ouvre à d’autres disciplines : on retrouve des lectures sociales et politiques (Pierre Bruno), des lectures psychologiques et psychanalytiques …

L’intersectionnalité, qu’est-ce que ça mange en hiver?

Un débat a récemment secoué le petit milieu féministe au Québec : le mot « féministe » est-il trop connoté? Est-il dépassé? Vaudrait-il mieux se dire « égalitaire » ou encore « humaniste »? Pourquoi ne pas aborder le féminisme selon le concept de l’intersectionnalité? Ce mot n’étant pas encore accepté dans les dictionnaires, je vous offre la définition qu’en fait Wikipédia : « L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres. L’intersectionnalité entreprend donc d’étudier les intersections entre ces différents phénomènes. » Pourquoi séparer le féminisme du racisme, de l’homophobie, de la xénophobie, des luttes de classe? Pourquoi ne pas voir dans le féminisme un outil au changement social global? Heureusement, la littérature a encore la bonne réponse. Les auteures canado-asiatiques Kim Thúy et Ying Chen mélangent savamment, subtilement, intelligemment, les thèmes de la condition des femmes, de l’immigration, de la …

« Lazare mon amour » : petite incursion dans l’œuvre de Sylvia Plath

Héliotrope a décidé cet hiver de publier une courte plaquette écrite par Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour avec Sylvia Plath. C’est dans ces 75 pages qu’on découvre ou redécouvre une figure marquante de la littérature américaine et féministe, une icône fragile : Sylvia Plath. Il s’agit réellement d’un hommage qu’offre Aubry à Plath dans ce texte. On sent la fascination et la passion qui gagne l’auteure lorsqu’elle parle de Plath, cette femme qu’elle tente de comprendre encore et encore : Un jour on me demande d’écrire sur une autre, poète ou romancière, qu’importe, vivante ou morte (plutôt). Et tout de suite ce nom s’impose : Sylvia Plath. Je relis ses textes hypertendus, électrifiés, je regarde ses photos-caméléons. Je fais défiler ses masques, je bats les cartes de son tarot : le rameau de peur et le Roi des abeilles, l’amante éblouie et la mère-épouse prisonnière de l’Amérique des années cinquante, les vierges folles, le vieux démon mélancolique, l’Oiseau de panique. À travers cette fragile image, cette icône suicidée, je cherche le point d’ajustement de l’écriture à la vie. Je cherche …

Pour une sexualité des femmes saine et assumée

Ayant eu l’audace de publier, en 2014, leur propre parcours sexuel dans le fanzine Caresses Magiques, l’origine, Sophie Bédard, Sara Hébert et Sarah Gagnon-Piché ont pu encourager d’autres femmes à prendre part, elles aussi, à une lutte affirmée contre les tabous entourant leur sexualité, de sa genèse à aujourd’hui. Par appel de textes du trio féminin, un recueil s’est doucement mis en branle et a pu voir le jour en novembre 2015. Riche de 41 parcours sexuels différents décrits avec des mots justes, des illustrations cocasses ou des bandes dessinées brillantes, Caresses Magiques réussit, une page à la fois, à faire avancer la cause d’une sexualité féminine plus saine et assumée, dans un combat loin d’être terminé. Ce n’est pas encore gagné, non, parce qu’à travers la lecture des différents témoignages, on réalise assez vite que la culpabilité du plaisir sexuel chez la femme domine encore. Et souvent, cela remonte à notre plus tendre enfance. Grandir en se faisant dire que c’est honteux de se procurer du plaisir LÀ ou graviter dans un monde qui …

Rencontre avec Camille et Sandrine de L’Euguélionne

Au début de ma maîtrise en littérature à l’UQÀM, j’ai rencontré deux femmes extraordinaires, avec qui je partage toujours un amour de la littérature des femmes. Eh bien, deux ans plus tard, mes deux amies se sont lancées dans le projet de créer une librairie féministe à Montréal. Je suis très fière de vous présenter Sandrine Bourget-Lapointe et Camille Toffoli, qui font toutes deux partie du collectif de la future librairie féministe L’Euguélionne. Elles travaillent très très très fort pour un projet qui nous sera, à toutes et à tous, essentiel! Pour les aider à démarrer la librairie, L’Euguélionne a lancé unecampagne de socio-financement. Pour les aider, c’est ici! Plein de belles choses vous sont offertes en échange! En attendant l’ouverture de ce magnifique lieu, on a jasé de la genèse du projet et de comment tout se déroule jusqu’à maintenant. Je sais que vous portez ce projet en tant que collectif, mais on veut savoir qui est derrière L’Euguélionne? Moi, je vous connais, mais quelles libraires êtes-vous, Sandrine et Camille?  Sandrine : Évidemment, j’ai hâte de faire découvrir le corpus …

Une histoire de féminisme, d’égalitarisme et de Pokémons

Avec tout ce qui s’est passé la semaine dernière dans les médias québécois autour du terme féministe, je dois dire que je suis un peu fâchée, un peu comme dans beaucoup, mais il faudrait pas que je m’emballe trop, question de ne pas me faire traiter de féministe frustrée, tsé. Reste que j’ai envie d’ajouter mon petit grain de sel. Pour ce faire, laissez-moi vous raconter une histoire, celle d’une redondante conversation avec un ancien partenaire qui se disait égalitariste, humaniste, mais pas du tout féministe, parce qu’y a-t-il d’égalitaire dans un terme aussi axé sur les femmes que le féminisme? Il n’était pas question pour cette dite personne d’essayer de comprendre que le féminisme est ainsi nommé parce que, historiquement, c’est le sexe féminin qui fut (et est encore, de bien des manières) opprimé, oppressé. S’il est question d’égalité des sexes, on parle d’égalitarisme, il n’y a pas place à discussion. Le fait même de croire que c’est aussi simple semble mettre complètement de côté toute la question d’oppression, toute l’historicité qui se trouve derrière …

Manuel de résistance féministe, à mettre entre les mains de toutes les femmes

Au salon du livre de Montréal en novembre dernier, je me suis laissé tenter par beaucoup de livres, et le petit dernier qu’il me restait à lire est le suivant : Manuel de résistance féministe de Marie-Eve Surprenant publié chez les Éditions du remue-ménage. Honnêtement, j’avais quelques a priori dans le sens où j’avais un peu l’impression que le manuel serait un guide pour les jeunes féministes. Bien que oui, l’ouvrage soit parfait pour les nouvelles féministes, il reste une source non négligeable de références et de faits qui concernent le féminisme. En bref, il s’adresse à toutes les féministes. Et bien honnêtement, à toutes celles qui ne le sont pas aussi, parce que j’aimerais bien voir le visage de lectrices à la suite de cette lecture et qu’elles osent dire qu’elles ne se considèrent pas comme féministes. On dirait que dans ma tête, c’est presque impossible. Le petit livre fuchsia regorge de données chiffrées ou pas qui démontrent la nécessité du féminisme dans notre société québécoise. Bien difficile de renier l’importance du mouvement féministe en …

Les héroïnes littéraires qui nous inspirent

Quand je lis un livre, j’aime être transportée dans un univers qui me fascine. Un univers qui refuse de me laisser décrocher tant que je n’ai pas terminé la dernière ligne de la page finale. C’est uniquement possible si l’auteur a créé un personnage tout à fait attachant, mais plein de surprises. Un personnage qui te donne le goût de te lever et de faire une différence dans ta vie et auprès des autres qui t’entourent. Sans plus tarder, voici quelques-unes des héroïnes qui nous inspirent le plus : Hermione Granger Comment aurait été notre enfance sans le charme de Mlle Granger? On doit avouer qu’à ses débuts, Hermione nous fatiguait un peu avec sa manie de tout connaître et son attitude d’être mieux que les autres. Par contre, au fil des romans, on a appris à aimer Hermione et même à vouloir être comme elle. On peut dire qu’avec cette jeune sorcière brillante, on a compris qu’être studieuse et travaillante n’est pas un défaut, mais une habileté dont on doit être fière. Puis, son désir de …

Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir : lecture obligatoire (malgré tout)

Dans le cadre des études universitaires, il faut faire beaucoup de recherche. Encore plus aux deuxième et troisième cycles. On a tendance à privilégier des textes écrits récemment : les données sont plus neuves, les constats plus contemporains, les avancées plus technologiques. Pourtant, je me suis donné le défi (le devoir?) de lire le fameux Deuxième Sexe de la non moins fameuse Simone de Beauvoir, écrit en 1949 à la jonction des première et deuxième vagues de féminisme. Verdict? Ce devrait être une lecture obligatoire pour tous les étudiants en sciences humaines et en arts, hommes comme femmes. Rien de moins. Oui, parfois c’est aride, parfois c’est daté. Par exemple, je suppose qu’au Québec, la majorité des jeunes filles ont les conseils de leur mère lorsque viennent les premières menstruations. Je suppose aussi que les jeunes femmes sont encouragées à poursuivre leurs études au-delà de la puberté ou de l’âge adulte. Ce ne sont là que quelques exemples, car autrement, l’essai de Simone de Beauvoir est patent d’actualité. Tout ce qui a trait aux relations filiales et …