All posts filed under: Littérature québécoise

Un été avec Jacques Poulin

J’avais entendu le nom de l’auteur dans un cours de littérature québécoise. Nous étions sur le retour d’une grève, celle de 2012. Dans ce genre de circonstances, le cerveau n’est pas toujours apte à assimiler toutes les informations qui devraient lui parvenir. J’ai tout de même retenu le titre, je l’ai trouvé beau: Les yeux bleus de Mistassini. Il faisait partie du corpus. Il s’avère que Dany Laferrière y était également. Ceux qui me connaissent comprendront. Le choix fut aisé. Quelques années plus tard, je suis retombée sur le nom de Jacques Poulin, mais sous son fameux titre de Volkswagen Blues. J’aime les «road movies». Je les apprécie autant cinématographiquement que sous forme de littérature. Je suis folle de Kerouac. J’envie la nature sauvage des poèmes de Whitman. L’histoire de Alexander Supertramp (Christopher McCandless) m’a percutée de plein fouet. Nous étions au début du mois de juin. J’avais congé tous les jeudis. Mon copain travaillait. Je profitais en avant-midi du gymnase de l’université et l’après-midi, j’allais m’étendre sur le gazon vert d’un parc du centre-ville coincé entre deux blocs. …

Depuis les cendres : voyage dans le deuil

Le deuil d’un proche ne sera jamais une épreuve facile. Chacun le vit à sa manière et la durée varie toujours. Pour affronter la peur et la peine, chaque personne trouvera son échappatoire personnel. Certains devront poser des questions, partager des souvenirs, écrire ses émotions. D’autres auront besoin de l’alcool ou de la drogue, et d’autres encore rencontreront un psychologue. Certains ont besoin de rester seuls, d’autres veulent être continuellement entourés pour oublier. Pour Hubert, le narrateur et personnage principal de Depuis les cendres, c’est le voyage qui l’aidera à comprendre et se souvenir de son père. Publié aux éditions Hamac (que j’aime beaucoup), Depuis les cendres d’Emmanuel Bouchard est un livre tout en douceur. C’est le premier roman que je lis de cet auteur, et sa prose m’a enchantée. Sa manière d’écrire les sentiments et les sensations m’a donné des frissons à plusieurs reprises. Il s’agit bien sûr d’un roman un peu lourd de par son sujet, le deuil d’un parent, mais c’est également une aventure dans laquelle on plonge allègrement. Après la mort …

Avoir un trou dans son C.V.

Plusieurs de mes amis sont en voyage présentement. J’vais vous faire une confession: j’suis jalouse. Voir toutes leurs belles photos de paysages du bout du monde inonder mon newsfeed Facebook m’a donné envie de me replonger dans un livre que j’avais déjà lu (et beaucoup aimé): « Le trou dans mon C.V. », par Nadège Brunelle et William Verge. Adepte de voyages comme je le suis, je me dirige toujours dans cette section en premier quand je vais à la librairie. Évidemment, je peux y passer d’innombrables minutes à rêver les deux yeux grands ouverts en feuilletant les ouvrages portant sur les plus beaux recoins qui habillent notre planète. L’an dernier, quand j’ai aperçu « Le trou dans mon C.V. » sur les tablettes, je me suis précipitée à la caisse et me suis plongée dans sa lecture en arrivant à la maison (je l’ai même un peu commencé dans l’autobus). J’avais déjà entendu parlé de ce recueil de chroniques par le biais d’une amie. « Le trou dans mon C.V. » est né en tant que blogue sur lequel Nadège et William documentaient leur tour …

Spisak : Un cadeau ne se refuse pas

Il y a de cela quelques jours que j’ai terminé ma lecture du premier roman de Maryse Charbonneau et j’ai le sentiment de quitter (pour un moment) des ami-e-s. Lorsque j’ai lu les dernières lignes, je savais qu’une suite nous attendait (l’auteure me l’a confirmé elle-même, à suivre dans mon prochain article). Après quelques pages du roman, je me savais dans une histoire où la famille allait être très importante. Nous faisons la connaissance d’un jeune père de trois enfant, musicien et ayant beaucoup de cœur. C’est alors que son destin changera. Il fera la rencontre d’êtres Immortels. Ces Immortels ont des clans, des codes et un mode de vie différent. Ils tentent de se faire discrets face aux mortels. Graigor, tente de faire le deuil de son ancienne vie pour sa nouvelle Existence. Son rôle dans le clan bleu est d’être le précepteur du fils du maître Vlad et de la maîtresse Lydia. Cet enfant sera un être exceptionnel, puisque les immortels sont habituellement stériles. Peter, le fils, grandira lentement. C’est pourquoi qu’après 25 ans de vie il …

« Poisson volants » de François Rioux : entre ivresse et désenchantement du quotidien

François Rioux est un poète que je ne connaissais aucunement avant de tomber dernièrement sur son dernier opus, intitulé Poisson Volant, recueil de poèmes paru en 2014 aux Éditions le Quartanier et lauréat du premier prix des Libraires 2015 en catégorie Poésie Québécoise. Ce québécois, aussi auteur du recueil Soleil suspendu paru en 2010, m’a charmée par ses vers mêlant agilement rire satirique, culture populaire et virtuosité langagière. Un poisson qui n’est certainement pas d’avril mais qui déride fort bien le quotidien. Prêt à vous envoler? L’ouvrage est composé de cinq chapitres, sorte de regroupements autour de mouvements ou d’atmosphères différentes. Mention toute spéciale aux titres de ses chapitres, que j’ai trouvés simplement magnifiques: « Des acouphènes », « La marche le hoquet », « La vie c’est toujours les mêmes chansons », « Hiver », et mon préféré « Fouiller l’écume ». De vers en vers, on survole la poésie de la vie, mais aussi la poésie dans la vie; dans le monde que bâtit Rioux, l’élan poétique naît dans la vie de tous …

Amblystome tome 1 – La Terre agonisante

J’ai déjà mentionné dans un article précédent que je ne jugerais plus un livre d’après sa couverture ; bien que ce soit vrai, je dois avouer que, malgré tout, je ne suis pas insensible au charme que dégage une couverture attrayante… et que cela peut encore me donner le petit coup de pouce nécessaire pour que je veuille en savoir plus sur le contenu d’une œuvre. J’avais remarqué le tome 1 de cette série dès sa parution : l’esthétisme de l’illustration de couverture, peinture entremêlant futurisme et canons de beauté présents dans l’art classique, m’avait beaucoup plu. Le titre Amblystome, inscrit en grosses lettres blanches au milieu de l’image, avait piqué ma curiosité et je m’étais dit que je finirais bien par le lire, ce récit de science-fiction écrit par M.V Fontaine, pseudonyme d’un mystérieux auteur québécois. J’ai fini par le faire… et je ne le regrette pas! La première scène de cette série se déroule en 2053, où un groupe de scientifiques se rend au cœur des Rocheuses afin d’analyser le contenu d’une étrange …

Un chat parmi les autres

J’ai découvert le slameur David Goudreault du temps où je vivais à Sherbrooke et je découvre aujourd’hui le romancier David Goudreault, avec son premier roman coup de poing La bête à sa mère. Déjà dans le temps, les images fortes et sans censure qu’évoquaient David durant les soirées de littérature me restaient accrochées dans l’esprit des jours durant. J’ai encore en tête quelques scènes de ses slams d’ailleurs. La bête à sa mère, dont l’histoire se situe en plein centre-ville de Sherbrooke, risque de me suivre longtemps. C’est que je suis très visuelle ! Titre évocateur et accrocheur: La bête à sa mère. Poignant résumé en quatrième de couverture : «Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatries et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics.»  J’ai attendu avec impatience de tenir le petit livre gris entre mes mains et je manque de mots (une fois de plus) pour dire ce …

À la recherche de New Babylon

Je n’ai jamais été une fan du western, des cow-boys et des récits se déroulant au Far West ; je suis plutôt du genre fantasy, magiciens et Moyen-Âge. Par contre, je suis une fan de tous les récits présentant une originalité bien à eux, que ce soit au niveau de la structure, de l’écriture ou du contenu. Ce sont ces petits détails qui m’ont attirée vers À la recherche de New Babylon, de Dominique Scali. Pour la petite histoire, l’auteure devait participer à une séance de signatures à la librairie où je travaillais et j’avais envie de me renseigner sur son livre avant de la rencontrer. En examinant ledit bouquin, je tombe sur un résumé évoquant une ville qui n’existe pas, où la seule loi serait l’absence de lois, et où « on aurait constamment le souffle coupé, à cause des paysages, et ultimement parce qu’on y finirait la gorge tranchée ». Génial, je sais. C’est ce que je me suis dit en feuilletant les premières pages, jusqu’à ce que je lise une citation en exergue. « Je …

Les enfants terribles

Je voulais vraiment lire Gabriel est perdu de Julien Roy. Lors du sondage pour choisir la lecture du mois de mai du défi En 2015, je lis un livre québécois par mois, j’avais proposé ce choix. J’ai été déçue quand j’ai su qu’il n’avait pas été choisi, mais ça ne ma pas arrêtée. Je lis le blogue de l’auteur, In the 10’s, depuis quelques années déjà, alors quand j’ai appris l’année dernière qu’il faisait une campagne de socio-financement pour écrire son premier roman, j’étais curieuse. Je pense que c’est cette attente et cette curiosité vis-a-vis l’oeuvre qui ont fait que je suis un peu restée sur ma faim suite à la lecture de Gabriel est perdu. J’ai reconnu ses thèmes de prédilection, les relations hommes-femmes, le sexe, le désir et la passion. C’est l’histoire de Gabriel, un gars perdu (!) qui collectionne les soirées avec son meilleur ami Alex à boire de la bière et fumer des joints (ou plus si affinités!), un éternel cynique face à l’amour qui voit sa vie entière changer suite à sa …

Six romans pour (re)découvrir Montréal

Montréalaise depuis toujours, je me plais à retrouver ma ville en littérature. Parfois, elle ne sert que de décor dans une oeuvre littéraire, d’autres fois elle est un personnage, mais toujours elle rend compte de ses habitants. La diversité, l’histoire, la richesse, la lourdeur, les paradoxes, les beautés de notre métropole y passent. La littérature québécoise a cette qualité, elle ne fait aucune discrimination. Les régions comme la métropole y sont représentées et ce, dans leur plus grande beauté comme dans leur plus grande dureté. Voici donc quelques titres où Montréal est représentée. JE SAIS qu’il en existe des centaines d’autres, mais ce sont pour moi, ceux qui représentent le mieux Montréal. Dites-moi dans les commentaires quel livre met le mieux en scène Montréal (ou votre propre ville) selon vous ? Côte-des-Neiges  Côte-des-nègres, Mauricio Segura Ce roman de Mauricio Segura fait partie de cette littérature migrante du Québec. Entouré de grands nom comme Kim Thuy, Dany Laferrière, Ying Chen et bien d’autres, Mauricio Segura nous offre une nouvelle version de son Montréal. Ce roman qui se …