Derniers Articles

La Princesse des glaces

«La Princesse des glaces» se trouve à être l’un de ces nombreux polars suédois. Ma première expérience fut avec la trilogie «Millenium» de Stieg Larsson. Une lecture que j’avais beaucoup appréciée pour ses personnages. J’étais curieuse de retrouver l’univers des romans policier suédois, surtout que ce n’est pas mon genre de lecture préféré.

Erica Falck, trente-cinq ans, auteure de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. À la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets⌈…⌋ Babelio

GE DIGITAL CAMERAComment vous décrire ma lecture? Lorsque j’y pense, un seul mot me vient en tête: superficialité. Puisque l’histoire est superficielle et sans profondeur. C’est également le cas pour les personnages. Je ne peux que vous confirmer que je fus bien déçue de ma lecture.

L’histoire est assez simple. Nous retrouvons le scénario classique, des vieux secrets enfouis, des mensonges, de l’amour, des familles dysfonctionnelles, les riches, les pauvres, un petit village et tous ses ragots, etc. Les personnages sont stéréotypés. Nous retrouvons une célèbre écrivaine (biographe), Erica, qui retourne dans son village natal suite à la mort de ses parents. Une longue histoire de vente de maison sera présente tout au long de l’histoire et n’apportera rien. Erica retrouve sa meilleure amie d’enfance, celle qui l’avait quittée sans un au revoir. Cependant, elle la retrouve morte dans sa baignoire. Suite à cet événement les squelettes commencent à sortir du placard. Et c’est alors que vient en scène le beau, parfait, talentueux policier Patrik, qui bizarrement est un ancien ami de Erica.

Dans l’ensemble, l’histoire n’est pas mauvaise. Elle est simple, facile à lire et nous restons tout de même intrigués à savoir le pourquoi et qui est le ou la meurtrier-meurtrière. Le problème vient de l’écriture. Je ne sais pas si je peux accuser la traduction ou la plume de l’auteure. J’ai trouvé l’écriture trop légère et sans contenu et ça a pour conséquence que les personnages sont superficiels et semblent faux. Ce qui m’a le plus dérangée est comment l’auteure fait vivre ses personnages. Elle rend les personnage masculins comme des être puérils et les femmes comme étant faibles, soumises, etc. Bref, les personnages sont surfaits et sans personnalités.

Je sais que les autres romans de l’auteure, Camilla Lackberg, sont avec les mêmes personnages. Alors, comme je ne suis pas tombée en amour avec ce premier tome, je ne crois pas me lancer dans sa suite.

GE DIGITAL CAMERACEPENDANT, la première fois que j’ai lu «La Princesse des glaces», c’était sous forme de bande dessinée et j’avais beaucoup apprécié ma lecture. Elle est écrite et dessinée par Léonie Bischoff et Olivier Bocquet. Suite à ma lecture du roman de Camilla Lackberg, j’ai relu la bande dessinée. Je peux vous confirmer qu’elle reste meilleure au roman. Parce qu’elle permet d’éliminer tous les défauts de celui-ci (personnages superficiels, parties du roman inintéressantes, etc.). Puis, sous cette forme, je considère qu’il est plus acceptable à ce que l’enquête avance rapidement. De plus, l’illustratrice est excellente, les dessins sont magnifiques. C’est ce que j’aime le plus de la bande dessinée. La couleur bleu est très présente, ce qui donne un ton plutôt froid. Ils sont également très révélateurs de l’histoire, mais juste assez. Bref, je vous conseille la BD avant le roman!


GE DIGITAL CAMERA

GE DIGITAL CAMERA

Je collectionne, tu collectionnes, nous collections

Le phénomène des collections a toujours été pour moi un concept plutôt étrange. Je n’ai jamais réellement compris pourquoi les gens collectionnaient des timbres (surtout depuis l’arrivée des e-mails), des macarons, des cartes de sport ou de Pokémon; je n’y trouvais simplement aucun intérêt. Pourquoi, diantre, garder des objets sans valeur (ou presque) dans un cartable laid ou dans une vieille boîte à souliers? Je vivais ma vie librement, sans me préoccuper de ces gens qui mettaient du temps et de l’argent dans une activité aussi insipide. Puis, bien malgré moi, je suis devenue l’une de ces personnes…

Tout a débuté lorsque je travaillais pour une petite boutique de la région de Centre-du-Québec (c’est chez moi ça!) dans le cadre du Salon des Métiers d’art, à Québec. Lorsque j’avais une petite pause, au lieu de me reposer de mes très longues journées, j’allais voir les autres kiosques d’artisans de partout à travers la province. J’ai découvert de magnifiques choses, en plus de gens merveilleux, et pour être certaine de n’oublier aucune nouvelle découverte, je prenais la carte d’affaire de l’artiste ou de la boutique. Puis, comme j’étais dans la capitale de notre belle province, ville que j’adore mais que je ne connais pas tant que cela, chaque fois que j’allais dans un nouveau café, resto ou galerie d’art, et bien je prenais aussi la carte d’affaire de l’endroit! Vous l’aurez deviné, mon portefeuille s’est très vite rempli de ces petites cartes en papier glacé.

De retour chez moi, je me suis calmée un peu, surtout que je connaissais déjà pas mal les endroits où j’allais. Puis, l’année suivante, je suis déménagée à Montréal. Allô, tous les nouveaux endroits à visiter! Toutefois, avec le temps, mes techniques de tri se sont un peu affinées. Je ne prends plus n’importe quelle carte, non monsieur! Mes critières de sélection sont principalement centrés sur la qualité du design: les couleurs, la police d’écriture, la forme (si une carte est de grosseur ou de géométrie différente, elle est certaine d’attirer mon attention), le matériau (Shout out au rassemblement d’artistes C’est beau qui a une carte en bois), bref, la diversité graphique. Mes goûts personnels se dirigent également très souvent vers les cartes d’affaire à caractère minimaliste. Évidemment, je garde aussi les cartes qui me sont vraiment utiles, peu importe la qualité de leur design (toujours selon mes propres choix), c’est-à-dire des services que je vais utiliser dans l’avenir ou encore des entreprises de gens que je connais personnellement.

Ce qui est vraiment bien avec ma maladie (lololol), c’est que mon oeil est d’abord attiré par les petites cartes laissées au bord du comptoir d’un café ou d’une boutique, et par la suite je m’intéresse à ce qu’elles présentent. Ça me permet donc de découvrir toutes sortes de nouveaux services et de nouveaux endroits à visiter/essayer.

Voilà, vous connaissez maintenant mon secret! Je suis l’une de ces personnes bizarroïdes qui (oserai-je le dire?) collectionnent. Et non, je ne garde pas mes cartes d’affaire dans un cartable pour cartes de hockey, mais bien dans une vieille boite de Band-Aids. Plate de même! Je vous laisse sur quelques exemples de mes carte les plus pref’, au cas où vous auriez l’intention de me donner la vôtre et espérez vraiment être dans mon Top 10.
image Les funky

image Les minimalistes
image

Les vintages

*qualité cellulaire*

Et vous, que collectionnez-vous? Avez-vous, comme moi, été d’abord complexé quand vous avez réalisé que vous aviez créé une collection?

Voyagez vers Mars

Andy Weir est l’auteur du roman The Martian (fr – Seul sur Mars) et il s’agit de sa première oeuvre littéraire à date. Toutefois, Andy Weir est également ce qu’on peut appeler un génie. Il est programmeur et fut engagé par un laboratoire national à l’âge de quinze ans. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la physique et aux voyages dans l’espace (http://www.andyweirauthor.com/).

Dès les premières pages du roman, je savais que j’allais aimer. Si je suis honnête, je savais que j’allais aimer ce livre même avant de l’acheter. J’en avais entendu parler à maintes reprises par l’entremise de certains podcasts que j’écoute régulièrement et la prémisse m’avait fascinée. Je n’aime pas beaucoup la science-fiction et je n’aime pas la fantaisie, toutefois avec The Martian (Seul sur Mars) vous retrouvez un contexte très réaliste pour une situation très extraordinaire. L’histoire me rappelait un peu l’histoire du film Gravity (Alfonso Cuaron), mais plus détaillée et avec un personnage plus intéressant. No offense. Bien entendu, la situation est tout de même très différente.

IMG_20140629_223159

Le livre raconte l’histoire de Mark Watney qui pense mourrir sur Mars. Mark, dû à une tempête, a été sequestré sur la planète qu’il explorait avec l’équipage d’Ares 3. Seul sur Mars, il sait que l’équipage d’Ares 4 doit arriver sur Mars, mais il sait aussi que ce sera dans environ 4 ans. Il prend donc la décision de survivre jusque là. Botaniste et ingénieur, il trouve des moyens impressionnants pour augmenter ses chances de survie comme créer une réserve de nourriture en faisant pousser des patates sur Mars. Il arrive même à se créer de l’eau en brûlant de l’hydrazine. Après un moment, la NASA découvre que Mark est toujours vivant sur Mars et ils tentent tout ce qu’ils peuvent pour faire en sorte qu’il rentre sur terre sain et sauf.

Ce que j’ai aimé particulièrement de cette lecture est la dualité de narration. D’abord, nous avons les log de Mark Watney, un genre de journal de bord qu’il rempli tous les jours (ou sols), puis il y a le côté des gens sur terre, à la NASA ou à JPL à Pasadena qui ne veulent que ramener Mark sur terre. Aussi, le réalisme de l’histoire est fascinant. Comme mentionné plus tôt, je ne suis pas fan de science-fiction, particulièrement en forme littéraire (je ne sais pas pourquoi, c’est juste pas mon truc), mais cette histoire m’a vraiment intéressée et je pense avoir parlé de ce livre plus souvent qu’à mon tour tellement j’ai aimé.

Finalement, si je ne vous ai pas encore convaincu de lire le roman, mais je vous jure que dès les premières pages vous serez sous le charme de la plume d’Andy Weir. Mark Watney est un personnage comme peu d’autres et il est sincèrement drôle, malgré sa situatin précaire.

IMG_20150413_115641

Un film sur l’histoire est à venir et sera réalisé par Ridley Scott. OMG!

Allez-vous lire le livre avant de voir le film?

Crédit photo: Moi-même.

Au menu ce soir: festins littéraires et autres gloutonneries romanesques

J’aime la bouffe. Je l’aime d’amour. Si je n’étais pas en couple (Salut Guigui!), je serais sûrement en relation avec elle (j’exagère à peine).

Maintenant que c’est dit et que vous êtes au courant de ma relation particulière avec cette ô combien magnifique chose, je peux entrer dans le vif du sujet.

Avez-vous déjà interrompu votre lecture pour vous concocter une petite collation parce qu’un livre vous avait donné trop faim avec ses descriptions culinaires? Eh bien, moi oui. Et plusieurs fois, ohhh oui.

En plus de nous faire saliver, la présence de la cuisine en littérature parle beaucoup. Elle nous renseigne sur les mœurs de certaines cultures, donne une autre dimension aux personnages, rajoute une palette de goûts et d’odeurs pour étoffer notre imaginaire.

J’ai donc fouillé ma bibliothèque à la recherche d’œuvres où les repas n’étaient pas qu’accessoires, ils étaient au centre de la construction littéraire. C’est à partir des romans de Kim Thúy, Franz-Olivier Giesbert et Dany Laferrière que j’ai créé un menu entièrement littéraire qui donne envie de passer du livre à la cuisine.

♦ Au menu ce soir: Le 28 avril 2015 ♦

Entrée

Mãn, Kim Thúy. 

Pays culinaire par excellence, le Vietnam a en partie forgé son identité à partir de ses traditions en matière de cuisine. C’est un des aspects qui m’a fortement encouragée à me prendre un billet d’avion direction Hô-Chi-Minh-Ville. Les descriptions faites par Kim Thúy dans son plus récent livre intitulé Mãn m’ont donné envie de tout goûter de ce pays, du nord au sud.

Dans ce roman, l’auteure souligne l’importance de l’héritage culinaire dans ce pays d’Asie du Sud-est. Ainsi, chaque chapitre est rehaussé d’un verre de limonade, d’une noix de coco ou d’un beignet de porc: l’œuvre insiste sur la saveur des événements. Dans l’imaginaire de Thúy, les recettes se transmettent à mi-voix, elles contiennent en elles les secrets familiaux et ce qui distingue une filiation d’une autre.

La cuisine est également ce qui permet aux personnages de Mãn de construire leur légende personnelle. Ils s’expliquent et se racontent à l’aide d’éléments culinaires. Un des passages marquants à ce sujet est celui où la narratrice se souvient que sa mère disait aux autres que sa fille avait un teint «diaphane» car elle l’enroulait chaque soir dans une crêpe de farine. Cette petite fable culinaire faisait ainsi taire les ragots qui disaient que le père de la narratrice aurait été un colonisateur, la couleur de sa peau en étant la preuve.

Mais la beauté de la nourriture dans ce livre de Thúy réside également dans son lien intrinsèque avec le territoire. Au fil des pages, on apprend qu’Hanoi possède des rues spécialisées pour chaque type d’aliment. Il existe donc une rue du poulet, une rue des épices, une rue des nouilles et ainsi de suite. La narratrice réussira d’ailleurs à amener le Vietnam à Montréal, en y recréant les plats de son pays dans son restaurant. En goûtant à une soupe, un homme dira que c’est à sa terre qu’il a pu goûter à nouveau. Dans le roman Mãn, les saveurs voyagent au même titre que la mémoire.

La vallée de Sapa, Vietnam.  Crédit photo: Wendy Tran

La vallée de Sapa, Vietnam.
Crédit photo: Wendy Tran

Plat principal

La cuisinière d’Himmler, Franz-Olivier Giesbert.

Tout ce que le XXe siècle avait à offrir de plus laid, mais aussi de plus beau, Rose l’a vécu. Elle est passée au travers du génocide arménien, de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que du grand bond en avant de Mao. Elle a eu des enfants et plusieurs amours, en plus d’avoir longuement discuté avec Sartre et Beauvoir. Personnage aussi drôle qu’improbable, ce sont les mémoires de cette centenaire aux allures de Robin des bois qui nous sont données à lire.

Le lien que la narratrice entretient avec l’humanité est presque entièrement soutenu par la cuisine. Ainsi, elle apprendra sa fameuse recette de plaki par l’entremise de sa grand-mère arménienne. Sa mère adoptive provençale, Emma Lempereur, finira d’achever son éducation culinaire en lui transmettant le secret de son flan au caramel et de sa parmesane. Dans ce roman, la cuisine est une histoire d’amour et de sacrifice, c’est à la fois l’arme et le point sensible de Rose.

Son restaurant La petite Provence deviendra son livre d’histoire: pour chaque met, une tranche de son vécu y est liée. C’est ainsi qu’elle habitera le XXe siècle, à travers ses plats. Rose mange, discute et flirt avec les plus grands noms du siècle: leurs estomacs n’a plus de secret pour elle. Les recettes qui défilent au cours du roman se trouvent d’ailleurs à la fin, il est donc possible de poursuivre l’expérience de lecture en cuisinant les plats de la narratrice.

La cuisinière d’Himmler a évoqué chez moi le concept de devoir de mémoire envers les vaincus de l’histoire dont traite le philosophe Walter Benjamin (I). Celui-ci souhaitait qu’on offre un récit alternatif à l’histoire traditionnelle, qui est celle où le progrès occulte souvent ceux qu’il a piétiniés dans son cheminement. À sa façon, Rose incarne ceux dont la voix ne peut plus être entendue dans une Europe où l’on a tant voulu décimer les habitants. À travers ses recettes, ce sont tous ceux qui sont morts qui revivent. Elle devient ainsi l’historienne dont Benjamin parle, celle qui prend soin que subsiste une trace des vaincus.

La carte des vins

Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer, Dany Laferrière

J’ai presque tout lu ce que Dany Laferrière a écrit et j’en ai savouré chaque page. Cet auteur est si important pour moi que j’ai les jambes qui tremblent lorsque je l’aperçois au Salon du livre. Je suis d’ailleurs incapable d’aller lui faire signer une de ses œuvres, je sais très bien que toutes les belles choses que je voudrais lui dire se transformeraient en un affreux rictus lorsque ce serait mon tour.

Si je suis amoureuse de ses mots, je le suis également de sa façon de parler de la littérature. J’aime comment il assigne un auteur à un moment, à un climat et à un endroit, un peu comme une directive de lecture: «Faut lire Hemingway debout, Basho en marchant, Proust dans un bain, Cervantès à l’hôpital, Simenon dans le train (Canadian Pacific), Dante au paradis, Dosto en enfer, Miller dans un bar enfumé avec hot dogs, frites et coke… Je lisais Mishima avec une bouteille de vin bon marché au pied du lit, complètement épuisé, et une fille à côté, sous la douche (2)

Dans l’univers de Laferrière, le mauvais vin est rehaussé par la littérature. Le protagoniste n’a besoin que d’une bouteille de dépanneur pour apprécier ses auteurs favoris qui vivent tous autour de lui comme des fantômes dans son logement exigu du carré Saint-Louis. En parcourant l’œuvre de cet auteur, je me suis finalement laissée tenter par les écrivains dont il meuble ses livres. Armée d’une bouteille de Wallaroo Trail, je me suis lancée dans les imaginaires de Faulkner, de Bukowski, de Miller et de bien d’autres. Une combinaison gagnante.

drink-food-preparation-2761

Sur le même thème:

J’ai un immense coup de cœur pour le blogue littéraire Brain Pickings. Maria Popova, la femme derrière ce projet, nous fait découvrir chaque semaine des ouvrages avec lesquels je rêve de garnir ma bibliothèque. Les livres qu’elle présente touchent des sujets comme la psychologie, l’anthropologie, la philosophie, l’histoire et bien sûr, la littérature. Elle a d’ailleurs fait un article sur l’artiste Dinah Fried qui reproduit les repas de certaines œuvres marquantes telles que Sur la route, Alice au pays des merveilles et Moby-Dick. Les photographies sont merveilleuses, allez vous mettre l’eau à la bouche par ici.


Notes

(I) Merci à mon frère Alexis Morin-Martel pour les précisions philosophiques qu’il m’a apportées.

(2) Dany Laferrière, Comment faire l’amour à un Nègre sans se fatiguer, Montréal, Typo, 2010, p. 21.

Franz-Olivier Giesbert, La cuisinière d’Himmler, Paris, Gallimard, « Folio », 2013.

Kim Thúy, Mãn, Montréal, Libre Expression, 2013.

Laissez courir les éléphants – Critique en duo du livre de David Usher

Pour écrire la critique du livre « Let the elephants run » ou « Laissez courir les éléphants » en version française de David Usher, j’ai choisi de faire appel à un précieux collaborateur. Mon complice et amoureux Patrice, qui en plus d’être merveilleux se trouve à être un excellent directeur artistique dans la vie. Comme il s’agit d’un livre sur la créativité et comment l’exploiter au quotidien, je me suis dit que la personne idéale pour en faire la critique avec moi, c’était bien lui. Défi accepté, alors voici ce que nous en avons pensé.

IMG_5114

Ma première réaction en voyant la couverture du livre; « Intéressant, un livre qui m’invite à repousser les limites de ma créativité et par le fait même travailler sur moi, ça tombe totalement dans mes cordes ça! ».

Première réaction de l’homme en voyant la couverture du livre; « Hein? David Usher, le gars de Moist, a écrit un livre sur la créativité, ça l’air cool! ». Ma réaction suivant la première réaction de l’homme; « Hein? C’est qui ça Moist? « . Attention, je connaissais David en tant qu’artiste solo, mais bonjour la découverte de Moist (petit extrait ici), un groupe selon moi qui s’ajoutera vite à vos listes de lecture.

D’abord, qui est David Usher ? C’est un musicien, un entrepreneur, un humaniste et un conférencier reconnu à travers le monde. Il s’agit également d’un créateur multidisciplinaire. Il possède sa propre compagnie de création,  CloudID Creativity Labs, avec laquelle il a déjà réalisé la conception de nombreuses plateformes web et autres projets pour plusieurs grandes entreprises.

Au-delà de qui est l’auteur de ce livre, ce n’est pas ce qui m’a attiré l’œil en premier, bien honnêtement.  C’est plus le titre du livre que j’ai trouvé accrocheur, « Laissez courir les éléphants » mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire et c’est quoi le lien avec la créativité ?

Voici ma vision du livre, de la part d’une fille usant peu de sa créativité au-delà de ses tableaux Pinterest :

Caroline pense que : Tout d’abord, le livre est franchement magnifique dans son ensemble. Le design de celui-ci est définitivement un élément qui rend sa lectFullSizeRenderure davantage attrayante et intéressante. Il y a plein d’illustrations, de photos, d’anecdotes, de citations, de mots-clés bien placés et d’exercices amusants et faciles à réaliser pour mettre en pratique son contenu.  Le livre explique de manière accessible comment le processus créatif fonctionne et comment reconnecter avec notre créativité intérieure. Divisé en 2 sections, la liberté et la structure, le livre nous amène à comprendre la création et la complexité de celle-ci en passant par diverses étapes et en nous donnant des exemples concrets. Selon David, la créativité fait partie de notre ADN, d’ailleurs quand on y pense c’est vrai que tout petits nous aimions tous avoir les mains pleines de peinture et des dessins on en a tous offert un gros paquet à nos parents, non? Alors pourquoi en vieillissant cessons-nous d’être créatifs ? Et bien c’est justement ce que tente de nous expliquer David tout au long de ce livre et il le fait avec succès. Maintenant, les éléphants, ça vient d’où cette idée ? Dans les bureaux de CloudID creativity labs, l’entreprise d’Usher, se trouve un panneau qui dit ceci : « Dream big, let the elephants run ! » ou en français, « Rêvez grand, laissez courir les éléphants!« . En gros, les éléphants représentent nos idées. D’ailleurs, préparez-vous à intégrer les idées de type éléphant rose dans votre vocabulaire quotidien. Les éléphants roses sont les idées folles et saugrenues, celles qu’on se dit toujours « Ça ne marchera jamais ça! » ou « C’est n’importe quoi, on l’oublie celle-là ! ».  Alors là, bien au contraire, Usher nous invite à les noter car celles-ci pourraient bien être celles qui plus tard nous mèneront à réaliser de grands projets. D’ailleurs, il nous donnera un exemple concret d’une idée du type éléphant rose qui s’est avérée un grand succès pour lui, je ne vous en dis pas plus. Bref, je peux dire sans contredit que ce livre a bien fonctionné sur mon cerveau qui s’est mis à bouillonné dès les premières pages. Ça m’a définitivement donné envie de créer et de réfléchir aux nombreux éléphants que j’ai abandonné au fil du temps. Je peux donc dire mission accomplie monsieur Usher! J’ai déjà hâte à mon prochain brainstorm au bureau pour laisser courir mes éléphants en toute liberté !

La vision du pro de l’industrie maintenant, alias mon amoureux qui utilise la créativité et la création au quotidien dans son travail;

Patrice pense que: Premièrement, il faut que vous sachiez que je ne suis pas un adepte de ce genre de livre à la base. J’aime lire et j’ai une bibliothèque remplie d’ouvrages sur les images, de livres sur comment développer certaines habiletés techniques créatives, d’ouvrages de références ou d’inspirations et de biographies de designers reconnus, mais sur la créativité pure et simple, c’est une première. Dans l’ensemble, je dois vous avouer que rien ne me surprend dans ce livre. En tant que créatif, tout ce qui y est écrit, on le fait de façon instinctive, surtout quand ça fait de nombreuses années que l’on fait de lFullSizeRender[2]a création. Par contre, ce que réussi à faire Usher et ce avec talent, c’est de mettre en mot et de manière structurée ce que l’on fait naturellement après un certain temps. Ce que j’ai trouvé vraiment spécial dans ce livre, ce sont les pages d’exercices dites d’action, qui nous obligent à mettre en pratique le chapitre que l’on vient de terminer. C’est franchement super qu’on retrouve des pages réservées à ces petits moments tout au long du livre et non seulement quelques pages blanches à la fin. Ce n’est pas un ouvrage dense ou compliqué, ça s’adresse vraiment à tous. C’est un livre précis, concis et représentatif de ce qui se passe réellement dans nos têtes quand l’on crée. Je dois vous avouer que j’ai été agréablement surpris par le livre d’Usher, je connaissais le gars en tant que chanteur et je découvre totalement une nouvelle facette de lui et je dois même dire que je suis assez impressionné. Ce que je retiens vraiment de son livre, mais que je savais déjà (un peu, beaucoup!) c’est que la création c’est vraiment un travail intense et qu’il ne faut jamais cesser d’en faire! D’un œil extérieur, ça semble souvent très facile et Usher en donne un parfait exemple dans le livre en nous expliquant tout son processus pour créer une chanson et le travail que ça représente pour arriver à quelque chose de bon à la fin. Personnellement, je dirais que ce livre s’adresse plus aux gens qui ne sont pas ou peu créatifs, car hélas beaucoup de gens ont mis cette partie de leur cerveau à « off  » il y a fort longtemps! C’est totalement vrai que si on garde cette partie à « on », tout le monde peut être créatif, ça je vous le garantis! Ce livre vous permettra certainement de dresser les points principaux pour repartir votre machine créatrice petit à petit. Peu importe ce que vous voulez faire comme création, vous n’avez qu’à vous y mettre sérieusement et être assidu! Travailler, travailler et travailler ! Mettez-y du temps, ça prend une discipline de fer et une rigueur extrême pour arriver à un résultat exceptionnel, mais ça en vaudra le coup! Une fois que l’on a compris ça, c’est assez simple, il suffit maintenant d’être à l’écoute de son cœur, de sa voix intérieure et de suivre son instinct et c’est exactement ce qu’Usher nous apprend en nous invitant à laisser courir nos éléphants.

En conclusion, on s’entend tous les deux pour vous dire que ça vous prend le livre de David dans votre bibliothèque dès maintenant! Profitez-en pour faire l’achat d’un petit cahier pour noter vos idées et d’un nouveau crayon ou stylo en même temps pour effectuer les exercices. D’un coup que ça vous rendrait encore plus créatif lors de ces précieuses pages!

Avez-vous lu le livre de David Usher? Qu’en avez-vous pensé? Nous sommes curieux de lire vos commentaires et de savoir si les éléphants roses font désormais partie de votre vocabulaire à vous aussi. 🙂

Les (je)ux de Cindy Sherman

Femme aux milles visages, Cindy Sherman est en ce moment l’une des artistes visuelles les plus connues et vendues à travers le monde, et son œuvre a été largement exposé, critiqué, étudié et théorisé durant les dernières décennies. Elle est considérée comme une figure de proue de l’art post-moderne, de la photographie conceptuelle et, selon les points de vue, de l’art féministe, malgré le fait que Sherman elle-même ne considère pas nécessairement son œuvre comme féministe. Je propose le portrait d’une artiste mythique qui a définitivement marqué mon imaginaire et influencé ma vision de la création.

Featured image

Untitled 352

Featured image

Untitled 397

Cindy Sherman naît en 1954 à Glenn Ridge dans le New Jersey, aux États-Unis. Elle étudie les arts plastiques au State University College de Buffalo où, dédaignant la peinture qu’elle considère élitiste, elle s’investit plus particulièrement dans la photographie, médium qu’elle considère plus proche du public, plus désacralisé et démocratique: « One reason I was interested in photography was to get away with the preciousness of the art object. » Par ailleurs, Sherman se considère moins comme une photographe que comme une plasticienne usant du médium photographique pour immortaliser ses œuvres, pour leur donner un cadre et un support, œuvres qui sont de l’ordre de la performance, de la mascarade, et même de la sculpture – d’abord sur soi, puis sur des mannequins, sur des poupées.

Featured image

Untitled 305

En effet, depuis son plus jeune âge, Sherman se plaît à se costumer, à se maquiller, à transformer son apparence en créant différents personnages, jeu enfantin classique qu’elle conservera tout de même adolescente, puis jeune adulte et qui, finalement, traversera sa carrière artistique – ce qui deviendra le fil conducteur de son œuvre autrement assez polymorphique: “(…) I was using myself in the work, becoming characters (…) It was like sketching, I’d play with makeup for a while just to see where it took me.” Ce jeu de rôles est peut-être ce qui m’interpelle le plus profondément dans son œuvre, car moi-même étant enfant, mon activité de prédilection était de me déguiser (il n’existe aucune photo de moi enfant où je ne suis pas costumée ou maquillée). Ce jeu relève de quelque chose d’archaïque, ancré en nous, qui rejoint l’universel, teste les limites de soi, comme de rejouer le stade du miroir en sens inverse. Parce que cet amour pur du travestissement que vit Sherman s’inscrit dans l’univers du jeu de connaissance de soi; se délimiter en devenant autre, chercher à voir quand est-ce que l’affirmation «c’est moi» s’arrête ou devient hésitante, ambiguë.

Sherman a toujours travaillé en solo. À la fois metteure en scène, maquilleuse, costumière, modèle et photographe, elle est l’unique sujet vivant de ses photos (lorsqu’il ne s’agit pas d’objets inanimés), mais elle démentit le qualificatif d’«autoportrait» que l’on attribue couramment à ses images, ou du moins s’éloigne du sens classique du terme pour le faire dévier vers celui d’autofiction: « I don’t do self-portrait. (…) I always try to get as far away from myself as possible in the photographs. It could be, though, that it’s precisely by doing so that I create a self-portrait, doing these totally crazy things with these characters. »

Featured image

Untitled 463

Si Sherman préfère travailler seule, c’est d’abord pour des raisons pratiques et techniques: « I quickly realize I hated collaborating – I wanted to work alone, because otherwise I acquiesce too easily. » Aussi, elle raconte qu’elle préfère poser pour elle-même car elle serait fort embêtée de donner des directives à un modèle alors qu’elle-même ne sait pas précisément ce qu’elle désire comme résultat. Cet aveu signifie que son élan créatif est de l’ordre de l’improvisation, de l’imprévu, mais avant tout de l’instinct, de pulsions inconscientes qui la guident. Parallèlement, si Sherman situe sa création hors théorie, elle la considère également en dehors des revendications politiques, dans ce que l’on pourrait appeler la sphère du “fun” pur et sans scrupules, comme une sorte d’enfance prolongée: “I didn’t think of what I was doing as political: to me it was a way to make the best out of what I liked to do privately, which was dress up. (…) It had nothing to do with dissatisfaction or fantasizing about being another person; it was instinctive.”

Featured image

Untitled Film Still 10

Toutefois, si Sherman ne définit pas sa démarche féministe pour son travail, elle n’en évacue pas la possibilité d’en avoir suivi les traces de manière plus ou moins volontaire: « Even though I’ve never actively thought of my work as feminist or as a political statement, certainly everything in it was drawn from my observations as a woman in this culture. [. . .] That’s certainly something I don’t think men would relate to ». Immergée dans un univers télévisuel, publicitaire et cinématographique nord-américain, Sherman régurgite instinctivement (excusez mon image) cet amalgame d’images du féminin dont elle (et chacune de nous) est gavée depuis sa naissance, créant ainsi des œuvres loufoques, caricaturales, voire carnavalesques.

Featured image

Untitled 183

Dans cet esprit, ses œuvres sollicitent et rejouent en majeure partie des stéréotypes féminins; ceux des années 50 et 60, ceux du cinéma européen, ceux de l’histoire de l’art, ceux du star system hollywoodien, ceux des années 90 et 2000, tantôt se vieillissant ou se rajeunissant, mais avec beaucoup d’ironie et de traces de ses interventions. Ainsi, elle laisse volontairement apparentes prothèses et délimitations de maquillage, perruques et potiches, marques tangibles– et risibles- du travail sur son apparence. À travers ce travail sur le stéréotype, Sherman insiste sur la surface et semble souligner l’apport de l’apparence dans la construction identitaire: le fait qu’elle utilise les cosmétiques (artifices utilisés quotidiennement par les femmes) comme masque souligne la notion de féminin en tant que mascarade. Pour Sherman, le féminin est un jeu de rôles comme un autre, un rôle que l’on endosse et que l’on performe, au même titre que les clowns qu’elle incarne dans l’une de ses dernières séries. De cette façon, on peut considérer son art féministe, se frayant un chemin aux côtés des théories de Judith Butler.

D’ailleurs, une reprise intéressante du travail de Sherman a été réalisée par la compagnie de cosmétiques MAC pour la présentation de ses trois nouvelles collections de maquillage d’automne, maquillage qui est aussi l’outil de travail de l’artiste new yorkaise; cela peut sembler incongru de voir cette affiliation de marketing, mais à mon œil, c’est encore une fois Sherman qui nous invite à jouer, à participer; l’apparence non pas comme norme, mais comme jeu, comme un art dont nous sommes le canevas aux milles possibles.

Featured image

MAC, collection Automne 2011

Sherman m’a légué plusieurs enseignements; le premier serait que l’art est d’abord un jeu du «je», qui parle de notre intuition, de notre inconscient, pour rejoindre l’énigme qui nous hante tous: «Qui suis-je?» Aussi, que la création constitue une manière de faire vivre et de laisser s’amuser la part d’enfant en nous. Et finalement, peut-être surtout, qu’il ne sert à rien de se prendre au sérieux.

Pour découvrir son œuvre, je vous invite à aller voir l’exposition virtuelle interactive de Cindy Sherman sur le site du MoMA

Source des images : MoMA

Le bestiaire des fruits et le rire de la lectrice

11100004_10152676549132413_1511401129_n

Martine Latendresse Charron

Je me souviens vous avoir dit un jour que je n’étais pas le genre de lectrice qui s’exclame de rire en lisant, je suis plus du genre petit sourire. Mais Bestiaire des fruits m’a fait rire à haute voix! Zviane raconte, dans ce roman graphique, la meilleure chose qui lui est arrivée sur le plan gustatif: déménager à Saint-Laurent en 2001. Pourquoi ?

Parce que dans son supermarché, il y avait des tonnes de fruits exotiques et qu’elle s’est donnée le mandat, en bonne samouraï des fruits, de les goûter, les déguster, les découvrir et les noter. Et oui, Zviane note chacun des fruits auxquels elle goûte selon différents critères: le goût, l’aspect, la propreté et la commodité. Un beau total sur 40 qui viendra nommer le meilleur fruit exotique !

C’est absurde, mais ô combien drôle. Il suffit de la voir goûter à La nègle avec son amie Iris ou de la voir essayer d’ouvrir une noix de coco pour rire, simplement .

On en apprend des choses tout de même dans ce livre. Personnellement, je ne connaissais pas le kaki, ni la pitaya et encore moins le durian!

Les dessins de Zviane ne sont pas parfaits, mais c’est ce qui ajoute au charme de l’oeuvre et puis, elle arrive amplement à nous faire comprendre l’originalité des fruits.

Au départ, Le bestiaire des fruits était une série de planche de bande dessinée parue sur le blogue de Zviane, mais au fil du temps et de ses découvertes, c’est devenu un Fanzine pour finalement se transformer sous forme papier chez les éditions La Pastèque! Cette première parution de Zviane chez ces éditions me fait bien rire, car Le bestiaire des fruits fait partie de la collection Pomelo: Une collection d’ouvrages faussement pratiques! 

Bref, c’est ce que j’ai aimé; simple, hilarant, original et absurde! Le genre de lecture qui fait entièrement décrocher de tout et qui nous ramène à la plus simple des banalités: les fruits! Et oui, il y a manière à s’amuser avec tout et Zviane le prouve en voyageant dans sa propre ville!

 

Top 5 des meilleurs livres de cuisine

Parce que c’est le printemps, on a envie de se renouveler: faire du sport,  faire du ménage, name it, mais c’est ZE saison pour se créer un nouveau soi-même. Ça doit être le soleil qui fait son apparition qui nous donne de l’énergie comme ça! Bref, dans ce beau cocktail, on cherche aussi à bien manger et ça, ça veut notamment dire cuisiner. Avant l’arrivée des terrasses (qui nous feront prendre notre petite bédeine de bière), il faut d’abord se «détoxifier» un peu et cesser de bouffer du Thaï Express (je sais, on abuse vraiment en fin de session). Voici donc un top 5 de livres de recettes qui vous donneront un bon coup de pouce pour vous lancer dans votre renaissance printanière!

Le duo La Croûte cassée et Beau, Bon, pas cher, Marieve Desjardins et Marie-Michelle Garon

Ma vie alimentaire est dans ces deux livres. J’ai littéralement appris à cuisiner avec La Croûte cassée, et je n’ai pas pu faire autrement que de sauter au plafond quand j’ai su qu’il y aurait un autre volume des mêmes auteures. Vous en avez pour tous les goûts, mais pour un budget: celui de l’étudiante qui veut bien manger sans se ruiner. Les recettes sont faciles à réaliser, donnent d’excellents conseils et offrent des options «de luxe» et «végé». En plus, les livres sont esthétiquement très jolis et on y a ajouté d’excellentes blagues!

2015-03-26 13.09.58La mijoteuse, Ricardo

Qui saurait vivre sans Ricardo? En tout cas, pas moi. C’est mon boy. Là, vous allez me dire : «Mais Gabrielle, la mijoteuse, on utilise ça à l’hiver et au printemps! Ce sont des recettes réconfortantes quand il fait froid!» Mais c’est que vous ne connaissez pas Ricardo. Saviez-vous qu’on pouvait faire un couscous de légumes et pois chiches et des quesadillas de haricots noirs dans ces machines-là? C’est printanier, ça, non? Sinon, reste le classique: le pulled pork! Ne me dites pas que des burgers de porc effiloché ce n’est pas festif! Et un autre argument: il commencera à faire chaud et vous ne voudrez plus allumer votre four… C’est là que la mijoteuse vient à la rescousse!

Salades : chic-faciles-de saison, Marabout

Bon, vous ne voulez pas manger de repas chauds ou vous n’avez pas de mijoteuse? Je vous propose donc ma bible des salades: un tout petit guide fait par Marabout (qu’on aime d’amour!) et qui vous propose plus de 200 variétés de salades. Ce sont des recettes super simples, mais auxquelles on ne pense pas toujours, ou encore on ne pense pas à mettre ces types d’ingrédients ensemble. Je ne les ai pas toutes essayées, mais toutes celles testées sont originales, goûteuses et, surtout, belles. Leurs couleurs vous rappelleront le printemps! Mes préférées: salade de légumes grillés et vinaigrette balsamique, salade de figues, framboises et prosciutto et salade de crevettes, mangue et avocat. Ce qui est génial, c’est qu’une fois qu’on sait comment les faire, plus besoin du livre. (Et psssst, il est super abordable!)

The Oh she glows cookbook, Angela Liddon

Véritable gourou du végétalisme, Angela Liddon propose ici une panoplie de recettes végétaliennes pour vous faire rayonner! Vous comprendrez donc que même s’il n’est pas encore traduit en français, j’étais presqu’obligée de le mettre dans le classement, car c’est un peu comme une bible. C’est ma coloc Lily qui m’a fait découvrir ce livre grâce à des boules de biscuits végétaliennes véritablement addictives! Tsé, la recette s’appelle «Peanut butter cookie dough bites»… Est-ce que j’ai besoin d’ajouter quelque chose? D’ailleurs, toutes les recettes de cette section, « Power snacks», proposent des idées de collations très nutritives et «alternatives», au sens où elles feront changement de vos traditionnelles barres tendres. En plus, même si on a toutes notre recette de smoothie préf’, elle en propose d’autres qui vont changer votre vie (oui, oui). Il y a aussi des recettes de repas, bien sûr. Alors, sortez votre côté végé et rayonnez en même temps que le printemps!

15 femmes chef du Québec, Collectif

C’est la féministe en moi qui doit vous parler de ce livre. Bon, ce n’est peut-être pas celui qui révolutionnera votre cuisine printanière, mais l’idée est tellement awesome que vous devez connaître son existence. Comme l’indique le titre, on a demandé à 15 femmes chef québécoises de parler de leurs produits chouchous et de proposer des recettes (évidemment). De plus, on présente une biographie de ces quinze femmes exceptionnelles qui ont su faire leur place dans un milieu où les hommes sont souvent les préférés. Donc, tout en cuisinant, vous pourrez admirer leur parcours grandiose et goûter à leurs délicieux menus et observer les bourgeons!

Mention spéciale : Dans la cuisine de Danny St-Pierre, Danny St-Pierre

Parce qu’on aime Danny! Il est si cute, on a envie d’être son amie! Son livre est original, mais aussi très utile: Danny propose plusieurs trucs pour recevoir ou pour faire son épicerie efficacement. Un must!

L’affaire Keurig

Quand j’étais en colocation, on avait une cafetière Keurig. Une de mes colocataires l’avait rapportée de chez ses parents et je suis vite tombée sous le charme. Du café vite fait, en portion simple; l’idée du siècle. J’avais ma presse française pour les jours normaux et la keurig pour me gâter, parce que laissez-moi vous dire que mon budget d’étudiante était loin de subvenir à un achat régulier de boites de k-cup. Jamais je ne me suis posée de questions d’ordre environnemental face à ce produit. Je jetais le petit pot de plastique à la poubelle dans un automatisme qui, maintenant, me semble alarmant. Quand  je suis déménagée, mon copain m’a offert une petite cafetière italienne et je n’ai plus vraiment repensé à la Keurig.

Ce n’est que cette année que j’ai commencé à me poser des questions sur le fameux système à utilisation unique  de cette cafetière. Au nombre de gens qui l’utilisent, au nombre de cups qui se vendent, ça ne peut faire autrement que de polluer, non? Pour en savoir plus, je me suis mise à jeter un coup d’oeil sur les interwebs pour y trouver un peu plus d’informations et m’en faire un opinion.

Premièrement, il faut savoir que les fameux cups ne sont pas recyclables. L’alliage des plastiques utilisés pour faire le produit, en plus du filtre et du couvert en aluminium, rendent le recyclage impossible. Bien sur, il y a toujours moyen de s’attarder à démanteler l’ensemble du produit pour composter les grains de café, mais reste que la partie plastique se retrouvera aux poubelles.

Pourquoi est-ce que le plastique de ce produit n’est pas recyclable? Parce que c’est un plastique de catégorie 7, c’est-à-dire un plastique dont les composantes ne peuvent être entièrement déterminées.

Selon les statistiques, c’est une famille américaine sur trois qui utilise ce type de machine à utilisation unique. La popularité du produit est tellement grande que le nombre de pods vendus équivaut à un montant de 9 milliards de dollars. De plus, la quantité totale de k-cup utilisée depuis 2013 ferait, si on les raboutait tous l’un à l’autre, environ 10.5 fois le tour du globe. Disons que vu ainsi, c’est assez exubérant.

L’impact des k-cup sur l’environnement est grand et plus j’en apprends, plus je me tiens loin de ce produit.  Dans les dernières années, plusieurs compagnies se sont lancées dans la production d’options réutilisables pour cette fameuse machine, un pas dans la bonne direction. Il faut cependant savoir que ces alternatives réutilisables fonctionnent seulement avec les premiers modèles.

Quand même le fondateur de la keurig dit qu’il regrette son produit dû à l’impact environnemental de celui-ci, c’est peut-être qu’il y a un véritable problème quelque part.

Il y a tellement d’alternatives simples et plus écologiques pour faire son café de façon rapide le matin. Que ce soit la presse française, la cafetière italienne ou la machine à espresso, je crois qu’il est important que le rituel matinal de plusieurs ne signe pas l’arrêt de mort de notre planète en même temps . Ok, ok…je beurre un peu épais, mais tout de même. C’est souvent les petits gestes qui font toute la différence.

Voici deux articles (en anglais) très intéressants sur le sujet.

A Brewing Problem

Your Coffee Pods’ Dirty Secret