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5 livres à offrir à votre maman pour la Fête des Mères

On peut dire ce qu’on veut sur la Fête des Mères, que c’est quétaine, que ça devrait être toute l’année, que c’est la plus belle journée de l’univers, pour moi, on ne peut la passer sous silence. J’imagine que vous commencez à me connaître: j’aime (« Je ne vis que pour ça ») lire et je pense que d’offrir un bouquin est une super belle manière de dire à votre maman de prendre du temps pour elle (parce qu’elles le méritent!). Voici mes suggestions, selon la personnalité de votre chère mère.

La maman qui aime lire longtemps : Le Chardonneret de Donna Tartt (2013)

Je sais que la mienne (et ma grand-mère aussi) a adoré! Si cette brique paraît un peu impressionnante (près de 800 pages!), elle sait nous captiver de la première à la dernière page. On suit l’histoire de Théo, orphelin, et de la mystérieuse toile qui lui fera vivre toutes sortes d’aventures… Je n’en dis pas plus, courrez vous le procurer et empruntez-le à votre mère!

La maman qui aime lire juste un peu : Prenez soin de vous de Sophie Calle (2007)
Juste un peu, parce que ce livre de Sophie Calle n’en est pas vraiment un: il contient des lettres, des photos, des analyses… Martine nous en a déjà parlé ici, et je la seconde entièrement! Je trouve, par ailleurs, que c’est un super beau cadeau à offrir. Par contre, si vous avez des frères et sœurs, demandez-leur de cotiser… C’est un super bel objet littéraire, mais pas à n’importe quel prix!

La maman qui aime avoir des frissons : La Princesse des glaces de Camilla Läckberg (2003)

Alors là, vous vous adressez à la bonne personne: je bouffe des romans policiers! Bon, ça fait peut-être de moi une mauvaise conseillère, parce que je ne sais pas lequel choisir… J’ai quand même arrêté mon choix sur La Princesse des glaces de la suédoise Camille Läckberg. D’abord, si votre mère aime ce tome, elle pourra lire les autres de cette auteure, sa série qui met en vedette l’enquêteur Patrick Hedström et sa compagne Erica. Ensuite, parce que j’adore ces romans qui se déroulent en Suède; ils font voyager un peu et feront certainement rêver votre mère… pour l’empêcher de faire des cauchemars.

(Apparemment, nous n’avons pas toutes les mêmes goûts, sur le blogue. Lisez la critique de Karina ici, et faites votre opinion!)

SplitShire-6139La mère littéraire: Léonore, toujours de Christine Angot (1993)

Journal de la maternité de Christine Angot, ce roman n’est pas pour toutes, en ce sens où l’écriture en est une particulière, dense, difficile. Angot peut être crue (je vous en ai parlé ici), comme elle peut être touchante. Léonore, elle existe pour de vrai: c’est la fille d’Angot, à qui elle dédicace tous ses écrits. C’est un peu l’histoire d’amour d’une mère pour sa fille (mais oui, il fallait bien que je sois un peu thématique), mais la fin laisse de glace… À vous de juger si votre maman sait encaisser les coups de Christine Angot!

Et celle qui aime les histoires cutes : La vie devant soi de Romain Gary (1975)

Encore une fois très thématique, mais surtout parce que c’est une relation mère-fils très spéciale, le roman La vie devant soi de Roman Gary est une belle pensée pour la fête des mamans. Devenu un véritable classique, le roman saura toucher le cœur maternel grâce au petit Mohamed et sa mère adoptive, Madame Rosa, à qui il donne tout l’amour que peut avoir un garçon de 10 ans. C’est aussi une belle leçon sur l’histoire: Mohamed est d’origine et Madame Rosa est une vieille dame juive, qui a connu Aushwitz. Ah, assurément mon roman préféré du monde ❤

 

Marc Levy, je t’aime !

Ok, je m’assume haut et fort aujourd’hui, Marc Levy,  je l’aime d’amour!

Dans la vie, je vais être honnête avec vous, je suis une fille assez quétaine et un peu romantique sur les bords, je l’avoue. J’aime (vraiment) écouter des films d’amour (dont on connait la fin exactement 4 min après le début avec des «Happy ends»), mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est lire des romans d’amour de temps en temps! Particulièrement ceux de Marc Levy! Et ça tombe bien, parce que c’est ce que Levy fait de mieux.

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On va se le dire, Marc réussit parfaitement à venir chercher notre petite corde sensible à tous (toutes, particulièrement!) et nous permet de rêver que l’homme idéal existe et que la relation parfaite aussi. Tous ses romans parlent d’amour, que ce soit dans un couple, entre amis, en famille ou même d’un lieu. À travers ses romans, j’ai voyagé, j’ai ri, j’ai pleuré, mais j’ai surtout rêvé.  Oui, rêvé que ce que Levy nous raconte soit vrai et que la vie c’était comme ça que ça se passait. Que le hasard faisait toujours bien les choses et qu’on devait tout simplement faire confiance à la vie pour que tout arrive comme l’on voudrait.

Notre histoire d’amour a commencé dès le début, en 2000, quand le livre «Et si c’était vrai…» est paru et depuis, ça n’a jamais cessé. « Et si c’était vrai…», c’est un roman qui, je me souviens, m’avait fait pleurer à chaudes larmes, un peu comme le film La cité des anges qui a toujours ce pouvoir sur moi à ce jour.  «Vous revoir», la suite de «Et si c’était vrai..», m’avait évidemment plu alors quelle fût ma joie d’apprendre que dans le dernier Marc Levy «Elle & lui» on pouvait retrouver Paul, un personnage secondaire qui prendrait enfin toute sa place.

J’ai reçu «Elle & lui» d’une très bonne amie (Merci Pam!) pour mon anniversaire en mars dernier. Premièrement, «Elle & lui» ressemble beaucoup à d’autres romans de Levy par son style, mais aussi par le genre d’histoire qu’il raconte. On sait toujours un peu à quoi s’attendre avec Marc. En voici un court résumé: Paul, le personnage principal (qu’on retrouve), a maintenant changé de métier, il est devenu écrivain à Paris. Il rencontrera Mia, une actrice connue dans son pays, mais qui passera presque inaperçueFullSizeRender en France. Celle-ci étant venue se réfugier de sa vie chez sa meilleure amie Daisy, restauratrice à succès dans le quartier Montmartre (un si beau quartier de Paris que j’ai tellement aimé visiter!),  pour se retrouver. Paul a malheureusement le cœur ailleurs auprès de sa traductrice coréenne (où ses romans font un grand tabac!) et il sera évidemment moins réceptif aux avances de Mia qui, de toute façon, n’est pas guérie de son ancienne relation. Ceux-ci s’entendront alors pour n’être que des amis et que tout ce qui se passera entre eux ne comptera pas vraiment. D’ailleurs l’utilisation de l’expression «Ça ne compte pas ça!» qui est utilisée un bon nombre de fois dans le roman m’a rappelé le fameux «Okay? Okay.» du roman à succès «Nos étoiles contraires / The fault in our stars» (un autre roman d’amour à ajouter à votre liste de lecture, si vous aimez pleurer à chaudes larmes et à ne surtout pas lire dans le métro, parole d’amie;)). Bref, avec «Elle & lui», on a l’impression de boucler la boucle sur les 2 romans précédents et c’est toujours un vrai petit bonheur à lire. Il s’agit évidemment d’une lecture légère, qui ne vous apprendra  pas grand-chose de la vie, mais qui fera du bien à votre petit cœur en mal d’amour  ou à votre cerveau en compote à la fin d’une longue journée! Parce qu’avec Levy, tout se peut et tout arrive toujours pour le mieux et ça, ça fait vraiment du bien au moral.

Si vous avez à lire un roman de Marc Levy par contre, je ne vous conseille pas de commencer par celui-là. Premièrement, car lire «Et si c’était vrai…» et «Vous revoir» est nécessaire selon moi avant de lire celui-ci pour comprendre l’ensemble des détails qui y sont mentionnés, mais aussi car il ne s’agit pas de son meilleur à mon avis.

Je vous inviterais à commencer par «Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites» qui est, selon moi, le meilleur de Levy et qui raconte la magnifique histoire d’une fille et son père. Si celui-ci ne vous accroche pas alors là, je ne sais pas comment vous convaincre davantage de lire du Marc Levy !

Marc devrait faire partie de votre répertoire, même si c’est un auteur super populaire et que c’est un peu léger et facile comme lecture. Tout simplement parce que de temps en temps, ça fait vraiment du bien de se laisser aller et mettre le cerveau à off pour rêver du monde parfait et Levy nous le raconte si bien…

PS: pour les fans, sur la photo de couverture, il manque « Le premier jour » et « Les enfants de la liberté », je le sais, c’est qu’ils sont présentement entre d’autres mains! 😉

Derrière le poisson rouge (partie 2)

Dernièrement, j’ai eu la chance de m’entretenir avec la pétillante Mélissa Verreault, auteure du livre «L’angoisse du poisson rouge», duquel j’ai rédigé une courte critique le mois dernier.

Suite à notre rencontre, je peux vous dire une chose: Mélissa a un parcours impressionnant.

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©Sophie Gagnon-Bergeron/ Source : Site officiel de la ville de Lévis

Mélissa Verreault est née à Montréal, mais a résidé sur la Rive-Sud de Québec tout au long de son enfance. À l’âge de 19 ans, elle est partie étudier à Montréal, où elle a complété sa maîtrise en Création littéraire. Elle s’est ensuite éloignée de ses racines en allant vivre en Italie pendant quelques mois avec son mari, durant lesquels elle a tenu le blogue «Chroniques italiennes», maintenant appelé «Chroniques lévisiennes» depuis qu’elle est revenue habiter là où elle a grandi: à Lévis.

L’auteure dit être passionnée par l’écriture depuis longtemps et admet avoir toujours été davantage attirée par le papier et le crayon que par la lecture. Déjà à sept ans, elle écrivait des petits recueils de poèmes pour le plaisir.

Ses expériences dans le monde littéraire se sont ensuite multipliées au fil du temps, puisqu’elle a été publiée dans plusieurs revues, telles que XYZ, Zinc, Virages ainsi que Biscuit Chinois et a été collaboratrice pour le populaire magazine Urbania pendant quelques années. En plus de «L’angoisse du poisson rouge», elle signe deux autres romans publiés aux Éditions La Peuplade: «Voyage léger» (2011) et «Point d’équilibre» (2012), un recueil de nouvelles qui lui a permis de gagner le prix du CALQ de l’œuvre de l’année 2013 pour la région de Chaudière-Appalaches.

«Productive» serait un bon qualificatif pour décrire Mélissa! Son cerveau n’est jamais à off: des idées font irruption dans sa tête à n’importe quel moment de la journée (parfois même la nuit). En blague, elle s’auto-proclame «hyperactive» puisque, même à travers sa vie de maman de triplées, elle arrive à écrire ses romans en moins d’un an.

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« L’angoisse du poisson rouge » (2014), par Mélissa Verreault, aux Éditions La Peuplade.

Malgré tout, elle a encore le temps de rêver à mille autres projets! Présentement en train de rédiger la suite de «L’angoisse du poisson rouge» (on a hâte de lire ça), elle souhaite construire un autre recueil de nouvelles et continuer à publier quelques textes dans des revues. Elle aimerait aussi travailler en collaboration avec d’autres auteurs et écrire pour le théâtre. D’ailleurs, cet été (avis aux montréalais), une scène qu’elle a écrite sera jouée en plein air dans des parcs de Montréal, projet auquel elle participe avec sept autres auteurs. C’est à suivre.

De plus, dans un avenir peut-être-rapproché-ou-peut-être-pas, elle serait intéressée à faire adapter l’histoire de son dernier roman au grand écran. Que quelqu’un contacte Steven Spielberg!

Pour écrire ses romans, Mélissa puise beaucoup son inspiration dans la culture italienne, puisque son mari est natif de ce pays et qu’elle a eu la chance d’y vivre pendant un certain temps. Elle en est tombée amoureuse! Cette influence est très présente dans «L’angoisse du poisson rouge», notamment au travers de Fabio et Sergio. D’ailleurs, ce dernier a déjà existé: il était le grand-père de son mari. Après avoir entendu son histoire, qu’elle trouvait très impressionnante (avec raison), elle a voulu lui réserver une place dans un de ses livres.

Elle s’inspire également un peu d’elle-même et de ses expériences pour créer ses personnages fictifs et écrire ses romans. Durant notre entretien, Mélissa m’a avoué avoir déjà perdu son poisson, tout comme Manue. Donc, à la suite de votre lecture de «L’angoisse du poisson rouge», si vous vous demandez où Hector, le poisson, a disparu, vous ne le saurez jamais puisqu’elle-même ne le sait pas non plus!

Avant de conclure notre petite entrevue, je lui ai demandé quelques conseils pour ceux qui souhaitent faire carrière dans l’écriture. Avis aux intéressés, voici ce qu’elle avait à vous dire: faites-vous confiance, foncez, faites preuve d’initiative, soyez fiers de vous et croyez en votre plume.

En plus d’être bourrée de talent, Mélissa est également extrêmement sympathique. Je tiens à la remercier ici pour le temps qu’elle m’a accordé.

Elle est définitivement une auteure québécoise à suivre!

Champagne et autres saouleries d’Amélie Nothomb

Amélie Nothomb, auteure belge soi-disant née au Japon vers la fin des années soixante, est un sujet avide de folies bien particulières. Véritable boulimique d’écriture, cette « graphomane » publie un roman par année, sans compter les innombrables qu’elle garde au «réfrigérateur». Connue pour sa passion pour les fruits pourris après une révélation publique, elle voue également un culte au champagne. Après avoir dévoré l’entièreté de son œuvre, je peux confirmer que ce pétillant et dispendieux alcool se glisse véritablement un peu partout à travers son univers littéraire, qui est tout sauf sobre.

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L’ivresse est ancrée chez Nothomb. Dans sa Biographie de la faim, qui reconstitue la relation tortueuse que l’auteure entretient avec la faim depuis son plus jeune âge, elle raconte son alcoolisme précoce lorsqu’elle séjourne à New York durant sa préadolescence, siphonnant avec sa sœur Juliette les fonds de verre des invités lors des réceptions de ses parents dans cette capitale de la démesure : «Il fallait donc se saouler le plus possible. Où que notre père soit posté par la suite, ce serait forcément un pays moins délirant, il y aurait certainement moins de whisky et de sorties nocturnes.» (p. 158) À New York, l’ivresse rime avec jeunesse, une jeunesse frénétique écartelée entre les pays que sillonne son père ambassadeur. Après la saoulerie, vient l’anorexie : «L’anorexie m’avait guérie de l’alcoolisme» écrit-elle, toujours dans Biographie de la faim. Anorexie, qui bien qu’essentiellement différente de l’alcoolisme, apporte une autre forme d’ivresse à la jeune Amélie décharnée : «J’avais vaincu la faim et je jouissais désormais de l’ivresse du vide.» (p. 217)

Elle raconte que l’écriture lui permet de guérir de l’anorexie en renouant avec son corps, car ses textes se transforment en «une sorte de tissu qui devint son corps.» (p. 227) Toutefois, c’est toujours enivrée de faim qu’elle écrit, le matin de quatre à huit heures, dans un état de jeûne complet qu’elle exacerbe par l’ingurgitation de litres de thé Kenyan excessivement infusé, ainsi qu’elle le raconte en entrevue avec L’Actualité : «La faim a des effets sur le cerveau, et pour atteindre l’écriture que je souhaite, j’ai besoin d’avoir très faim. Au réveil, j’ingurgite d’un coup du thé infect, parce que beaucoup trop fort. L’idée, c’est de me faire exploser la tête avec une trop grande quantité de théine dans un estomac vide.»  De cet état de transe naîtrait son verbe vif et dégraissé, d’une émaciation alerte de l’être affamé, de celui qui cherche. Aussi, Nothomb possède l’appétit vital d’écrire; elle doit s’y soumettre chaque jour sans faute, au même titre que de manger ou de boire, au risque de dépérir.

Mais le maître incontesté de l’ivresse pour Nothomb est, bien entendu, le champagne. En effet, Nothomb partage dans plusieurs entrevues et récits sa passion pour le champagne, notamment dans Le fait du Prince (2008) (qui cite le mot «champagne» environ 3 fois par page), ainsi que son tout dernier roman Pétronille (2014), dans lequel le récit s’articule littéralement autour d’une quête perpétuelle d’occasion de boire du champagne; en ville, chez soi, dans la rue, en ski (dans le sens, «en descendant les pentes de ski»). D’ailleurs, l’élément déclencheur de ce roman est que Nothomb constate qu’elle se trouve bien seule pour ses beuveries et qu’elle désire trouver la compagne idéale pour partager de bonnes bouteilles de champagne (!). Le champagne, boisson noble par excellence, est donc lié à l’idée d’une noblesse de l’amitié, relation qui élèverait l’âme à la manière d’un spiritueux.

Mais pourquoi donc une telle fascination pour le champagne, Amélie?

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Oui, on comprend que c’est bien bon, le champagne, que cela à un goût particulier, que ses fines bulles qui chatouillent le nez sont agréables, que cet alcool saoule vite et bien. Mais il y a autre chose, quelque chose qui ne compte pas parmi les sensations ou appréciations physiques ou gustatives, et qui se trame subtilement chez le personnage de l’assassin Don Elmirio, complètement fou de l’or.

D’abord, l’alimentation alchimique de Don Elmirio, la «Barbe bleue» du roman éponyme publié en 2012, se construit autour de l’œuf, ovule pour lequel le tortionnaire et fin gourmet voue une véritable passion théologique. L’œuf, symbole universel de perfection et de résurrection, est divinisé par le meurtrier Don Elmirio: «J’ai une telle obsession pour les œufs que si je me laissais aller, je ne mangerais rien d’autre. À vingt ans, j’ai tenté l’expérience de consommer des œufs ad libitum pendant quinze jours. Mes six œufs quotidiens me mettaient en transe.» (p. 136) La raison de cette adoration absolue pour l’œuf trouve une explication chromatique vers la fin du récit: c’est de la couleur jaune dont Don Elmirio est éperdument épris, le jaune étant selon lui: «la couleur métaphysique par excellence.» (p. 154), car ainsi que les alchimistes l’avaient compris, «c’est la couleur du spectre qui correspond à l’or ». (p. 154) Ainsi, Don Elmirio rêve «d’un œuf dont le jaune serait d’or.» (p. 154).

Ce qui explique parallèlement la passion qu’il voue au champagne, boisson couleur d’or que son invitée et future victime Saturnine vénère également, tout comme Nothomb elle-même. D’ailleurs, à plusieurs reprises dans le roman, Saturnine et Don Elmirio désignent cette boisson sous l’expression «or liquide». Et devinez-vous à quoi ils trinquent? La réponse est simple : «À l’or!» (p. 66)

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Le champagne est donc une sorte de nombre d’or pour l’auteure, clé de voûte de la perfection métaphysique, comblant à la fois le corps et l’esprit. Rayonnant dans sa robe dorée, ce breuvage, comme les œufs pour Don Elmirio, ne se distingue pas tant par son goût que par l’élévation spirituelle alchimique qu’il procure au buveur, le divinisant et le transformant littéralement en or. L’état d’ivresse acquis grâce au champagne est incomparable, ainsi qu’en témoignent Pétronille, Nothomb, Saturnine, Don Elmirio et bien d’autres; une transe lumineuse et étincelante, comme de l’or, qui pousse au dépassement de soi et convoque la beauté de la nature humaine.

Reine de l’excès en tous genres, Amélie Nothomb possède une soif infinie d’absolu et cette soif surhumaine ne saurait être comblée que par la boisson la plus divine qui soit: le champagne. Veuillez noter, chers lecteurs, que l’ironie du sort veut que cet article ait été écrit par une auteure qui ne boit pas une goutte d’alcool – et ce, même si c’est ma fête aujourd’hui! Eh oui, je fais partie de ces gens qui tirent leur ivresse par procuration, soit en se saoulant de lire la saoulerie des écrivains. Et à ce titre, Amélie Nothomb fait partie de mes péchés mignons. Moi, quand j’ouvre un de ses livres, ça fait POP!

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Bibliographie

NOTHOMB, Amélie. Biographie de la faim. Albin Michel, Paris, 2004.
__, Barbe bleue. Albin Michel, Paris, 2012.
__, Le fait du prince. Albin Michel, Paris, 2008.
__, Pétronille. Albin Michel, Paris, 2014.

GRÉGOIRE, Isabelle.Amélie Nothomb : « Mes livres ne parlent que d’une chose : le rapport à l’autre ». L’Actualité, 26 novembre 2011. En ligne. http://www.lactualite.com/culture/amelie-nothomb-mes-livres-ne-parlent-que-dune-chose-le-rapport-a-lautre/

La fiction et les amitiés éternelles

C’était un après-midi de congé comme un autre. Je devais avoir 14 ou 15 ans et j’étais occupée à je ne sais trop quoi, lorsque le téléphone avait sonné. Au bout du fil, l’une de mes meilleures amies, en pleurs, peinait à prononcer le moindre mot. Inquiète, je l’avais encouragée à me parler, à prendre de grandes inspirations… et elle avait fini par bredouiller quelque chose qui ressemblait à : «Ils sont morts! »

Là, je ne vous dis pas à quel point mon estomac avait été chaviré, l’angoisse se répandant d’un seul coup à travers mon corps. Ils étaient morts? Qui? Ses parents? Nos amis? QUI? Je lui avais répété ce seul mot en guise de question, frénétiquement, tendue dans l’attente d’une réponse. Après quelques sanglots bruyants, elle avait gémi : «Nick pis Anne!» L’information s’était frayée un chemin dans ma tête… mais il ne s’était rien passé. Rien. Nick? Anne? C’est qui, ça? Perplexe, soudainement plus confuse qu’angoissée, je lui avais posé la question. Encore un moment de silence entrecoupé de sanglots. Puis, lorsqu’elle était parvenue à reprendre le dessus, elle avait fini par s’écrier: « Les personnages, dans mon livre! »*

Je l’aurais assassinée pour m’avoir fait une peur pareille.

Mais, malgré tout, je comprenais. Et je comprends encore, un peu plus de dix ans après.

En effet, je suis une personne extrêmement sensible, qui peut parvenir à se faire pleurer en écoutant une chanson triste, seule dans sa voiture (conduire avec les larmes aux yeux, ce n’est pas toujours très sécuritaire, je vous l’accorde) ou qui peut aisément verser quelques larmes à la mort d’un personnage aimé, en lisant un livre ou en écoutant une série télé.

Et je suis certaine que ça vous arrive aussi, régulièrement ou à l’occasion!

Selon moi, il s’agit d’un phénomène normal, qui peut être expliqué bien simplement: à force de fréquenter les personnages d’une œuvre de fiction, ils deviennent en quelque sorte nos amis. On s’attache à ces petites bêtes-là! Lorsque l’on ouvre un livre ou que l’on décide de s’installer devant une série télé pour l’écouter en rafale, tout notre être se retrouve absorbé par l’univers dans lequel l’histoire se déroule. On apprend à connaître les personnages peu à peu, on se réjouit de leurs victoires, on compatit à leurs malheurs, on s’imagine à leur place et on éprouve toute une gamme d’émotions au moindre rebondissement.

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C’est pourquoi, selon moi, la fiction est l’un des cadeaux les plus incroyables que l’on puisse recevoir. Parce qu’elle nous fait voyager, rire, pleurer, trembler, aimer. Parce qu’elle nous permet de décrocher du quotidien parfois trop lourd et nous fait réaliser à quel point notre vie n’est pas si mal, finalement. Parce qu’elle nous permet de créer des liens mystérieux, qui, à n’en point douter, conduisent parfois à d’étranges amitiés éternelles.

Bien entendu, la compagnie des êtres de papier et de pixels ne remplacera jamais une bonne vieille amitié humaine (du moins, je l’espère!). Cependant, elle peut s’avérer un véritable réconfort quand la vie nous malmène, ou bien quand on a envie de changer de réseau social, l’espace de quelques heures. Que l’on veuille faire copain-copain avec des sorciers, des elfes, des médecins, des enquêteurs, des guerriers, des jeunes adultes vivant un quotidien plus rocambolesque que le nôtre ou des aristocrates de siècles passés n’a aucune importance. L’important, c’est que l’on se dépayse… et que l’on retrouve avec plaisir nos amis fictifs, pour un moment privilégié. Même si parfois, ils nous brisent le cœur. Même si parfois, on aimerait que l’histoire se termine différemment pour eux…

Juste comme ça, en m’arrêtant un bref instant, je parviens à me souvenir de dizaines de personnages que j’ai aimés et que j’aime encore. Des personnages que je pourrais retrouver ou faire revivre éternellement, si je me donnais la peine de reprendre le livre duquel ils sont issus ou d’appuyer sur le bouton « Play » de la télécommande…

Et vous, entretenez-vous de ces « amitiés éternelles »?

*Petit fait cocasse: la jeune sœur de mon amie précédemment mentionnée m’a fait le même coup le mois dernier (les larmes et la fatalité en moins, la colère en plus)! Elle m’a téléphoné, tard en soirée, à la suite du décès d’un certain personnage lors d’un certain Red Wedding, dans Game of Thrones… (Pas de surprise ici, George R. R. Martin n’étant pas reconnu pour faire dans la dentelle! Si vous êtes d’une grande sensibilité et que vous décidez de vous lancer dans son univers, prenez garde…)

Une petite graine de liberté ici et là

«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant.»

Simone de Beauvoir

Il s’agit ici d’une brève réflexion sur mon passé (mes années scolaires) qui me permet de comprendre mieux le présent et ce qui s’en vient, en tant que personne individuelle appartenant à un tout sociétal et terrestre. Je porte plusieurs masques, celui d’une femme, celui d’une artiste et celui d’une humaine sensible, curieuse et empathique. Je crois que pour ces simples et grandes raisons, j’ai mon mot à dire et à partager en ce qui concerne certains grands sujets qui me tiennent à cœur. Ici, j’ai le goût de vous parler du droit à l’éducation, entre autres.

*L’éducation, ça ne concerne pas seulement les femmes, ça vous concerne tous, alors vous devez tous rester vigilants.

*

Mes parents m’ont répété, à plusieurs reprises, qu’obtenir un diplôme devait être une priorité dans ma vie. Mon père n’en avait pas et ma mère avait trimé dur pour obtenir le sien. J’étais certaine que les choses allaient de soi.

En fait, je croyais que bien des choses allaient aller de soi, et qu’au fil des ans, tout se placerait naturellement dans ma vie au moment opportun: la job de rêve, le chum parfait, les enfants, la maison, et tout ce que vous voulez.

Mais la vie, ce n’est pas une longue ligne droite, loin de là. Et je ne recommence ni celle de mon père ni celle de ma mère. J’ai la mienne propre et tout à fait unique.

*

Depuis l’enfance, je savais ce que j’étais et je ne me posais pas de question.

Je voulais devenir écrivaine.

Et c’est tout.

Sans savoir exactement quel genre d’univers c’était que ce métier-là!

*

Au secondaire, je ne travaillais pas très fort dans aucune matière (le «par-cœur» & moi = deux !), sauf peut-être en art où j’avais de la facilité et en français où je me croyais dur comme fer à ma place, même si j’avais un peu de difficulté à suivre le rythme. Ça n’a jamais été de la lâcheté autant que de la rêverie.

Je suis rêveuse. Je le suis encore. Mais je comprends tous les jours des nouvelles choses qui peuvent parfois échapper à d’autres.

Désormais, je m’échappe dans le rêve pour créer des mondes possibles, de nouveaux univers et pour partager ma vision singulière de la vie.

*

Au cégep, j’avais la tête parfois trop pleine pour apprendre bien. J’étais peut-être un peu naïve, mais j’étais encore jeune. Je songeais aux garçons, à la musique, à la danse, à la poésie (à tout ce qui se rapporte à la culture) et à tous ces soucis que je me créais toute seule dans ma tête encombrée et troublée. J’étais trop occupée à prendre le contrôle de mon corps de femme et de mon esprit pour être vraiment dans le présent. Et encore là, je ne pensais qu’à écrire. Avec le recul, je me dis que j’aurais pu focusser un peu plus sur mes cours, même si je passais le plus clair de mon temps à dormir (la thyroïde), à penser à mes grandes montagnes dramatiques et à me perdre dans le futur.

Je vivais, c’est tout.

Et je vivais du mieux que je pouvais.

J’enregistrais de l’information nouvelle. Je passais à travers ce gros morceau transitoire entre l’adolescence et l’âge adulte.

Je me disais que de toute façon j’étais différente, j’étais une artiste et que j’avais quelque chose à dire. Quoi, je ne le savais pas !

Cette impression n’a jamais démordu.

*

Quand je songe à mes années universitaires, je me dis que je suis allée là prendre ce dont j’avais besoin pour me réaliser: un esprit critique plus développé entre autres et un besoin de créer des liens et de mettre les choses en relation. Je n’ai pas obtenu le diplôme convoité, parce que comme je l’ai toujours fait, j’ai suivi mon instinct envers et contre tous.

J’ai entendu ma mère me raconter comment elle avait dû se battre pour obtenir son BAC en arts plastiques. Je croyais que ce serait facile pour moi, que les choses, quand elles évoluaient, elles étaient acquises et elles ne faisaient que s’améliorer avec le temps.

Mes parents m’ont offert mes années d’étude (MERCI!!!). Je sais que rien n’est perdu. Et ils le savent aussi à me voir aller tête première dans tous mes projets. Mais peut-être que si j’avais réalisé que les choses changent continuellement et que la liberté et le droit à l’éducation sont des denrées en continuel danger, je me serais rendue jusqu’au bout et j’aurais tout donné. Juste parce que j’avais cette chance.

J’aurais voulu lui rendre hommage à cette liberté d’apprendre.

Je lui rends hommage autrement aujourd’hui. Je suis restée moi-même. Je suis défaite de l’emprise de mon subconscient négatif et je m’ouvre sur le monde. Je sais maintenant que j’ai encore de très bonnes cartes dans les mains, dont celles de savoir communiquer ma pensée par les mots et les images.

Je ne veux pas changer le monde, parce que ce serait utopique comme manière de penser, mais je veux commencer par changer les choses autour de moi. Je veux que les gens qui poussent comprennent qu’ils ont encore la chance d’aller à l’école et que ce n’est pas donné à tous sur cette Terre. Je veux aussi qu’ils n’oublient plus jamais qu’ils sont des créateurs et des communicateurs nés et qu’ils doivent se servir de ce pouvoir pour améliorer le sort des gens, mais aussi de tout ce qui les entoure.

*

Le droit à l’éducation n’est pas encore totalement perdu, mais il est de plus en plus contrôlé sur tous les niveaux. Comme le droit à l’avortement. Le droit d’être une femme libre. Le droit d’être une artiste respectée (être artiste pour moi, c’est tellement plus qu’un titre, c’est ma manière de voir le monde). Et le droit de faire partie de ce monde, sur cette planète qui nous est juste prêtée. La liberté passe par les droits acquis et il faut sans cesse se rappeler qu’ils sont acquis, mais on ne sait jamais jusqu’à quand. On n’est pas des superhéros, mais on peut faire évoluer les choses dans le bon sens en posant les bonnes actions, au bon moment.

Aujourd’hui, ce n’est pas de la culpabilité. J’ai fait du mieux que j’ai pu au moment propice. Mais j’ai conscience d’avoir eu une chance inouïe, celle du droit à l’éducation. Et avoir su que ce droit pouvait se perdre aussi facilement, qu’il ne tient toujours qu’à un fil, je m’y serais accrochée. Pas simplement pour l’obtention d’un diplôme pour légitimer mes capacités intellectuelles, mais parce que j’y avais droit.

Pour terminer, je dirais que l’éducation m’a permis de mieux me connaître en bout de ligne et d’avoir des convictions claires. Je suis maintenant capable et confiante de dire ce que je pense sur tous les sujets et si je ne comprends pas ou si je ne connais pas quelque chose, j’ose le demander. J’ai aussi appris à formuler mon opinion personnelle sur ce qui bombarde ma vue, mon esprit et ma vie, que ce soit les commentaires de mes parents sur mon choix de vie ou ceux de mes ami(e)s ou des politiciens, des gens célèbres ou des gens d’affaires.

À travers tout ça, j’ai à vivre avec tous ces autres, aussi bien apprendre d’eux et sur moi à travers eux. Et semer quelques graines de mes pensées et de ma façon de voir la vie.

Le phénomène des tiny houses

Depuis quelques mois, j’ai découvert le phénomène des tiny houses et j’ai été curieuse d’en apprendre davantage. Dans une ère où les maisons sont excessivement plus grosses qu’il y a cinquante ans et ce, pour aucune raison, je me questionne chaque fois que je passe devant ces « cabanes » comme on les appelle, combien de gens peuvent habiter dans tant de pièces? Les familles étant souvent de 4, voire 5 personnes, j’arrive difficilement à comprendre la possession d’une maison à 15 pièces. Ces questionnements me mènent encore à des éléments de réponse tels que surconsommation, paraître et possession. On le sait, les possessions matérielles nous ont souvent vendu le rêve d’un bonheur ultime, mais j’en reviens à me demander pourquoi posséder tant de choses et tant d’espaces ? C’est un peu pour toutes ces raisons que je m’intéresse à ce phénomène ainsi que pour des raisons minimalistes, économiques et aussi de design.

Derrière une optique de contrer le rêve américain beaucoup trop axé sur un monde de (sur)consommation, le mouvement des Tiny houses (ou des micromaisons en français) gagne de plus en plus en popularité en Amérique du Nord. Initialement créé aux États-Unis, ce nouveau mode de vie arrive tranquillement au Québec. Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle façon d’occuper l’espace, mais d’un nouveau style de vie.

Certains choisiront le mode de vie des tiny houses pour l’attrait financier, d’autres pour ses bienfaits écologiques et certains pour la créativité que procurent le design et l’architecture. Toutes sortes de raisons, bien personnelles à chacun, sont bonnes pour décider d’habiter une micromaison. Le concept est simple, on construit une petite maison sur roues qui permet aux habitants de ne pas se fixer à un endroit précis. Cette liberté permet une grande flexibilité au niveau des voyages et lieux d’habitation, car la maison devient facile à déplacer. Ces maisons font (habituellement) moins de 1000 pieds carrés de superficie.

Toutefois, un travail mental doit être fait lorsqu’on décide de diminuer son espace de vie et ce, pour s’habituer à vivre avec peu. De manière très simpliste, j’ai commencé à me départir de certains éléments et surtout à ne plus avoir une relation de nécessité avec les biens matériels. Je n’ai pas besoin de choses. Cette phrase me revient souvent en tête quand je suis amenée à dépenser pour des raisons superficielles. Personne n’a besoin de 15 paires de sandales. On peut faire le choix qu’on veut ces sandales et cela est tout à fait différent que de penser qu’on en a besoin. En Amérique du Nord, nous sommes conditionnés à vouloir posséder, car on associe souvent cela à notre propre identité et intériorité. La possession est promesse de bonheur, mais en repensant même la structure des maisons, on arrive à recréer un sens sain et logique à l’habitation. Je ne suis pas contre les maisons traditionnelles, mais plutôt contre cette fascination vis-a-vis le besoin de posséder pour montrer sa richesse, donc sa valeur comme individu.

Les tiny houses ; une source inépuisable de création architecturale 

Ce qui me fascine du côté design de ces micromaisons et le fait que tout doit être repensé. Les meubles doivent avoir plusieurs utilités. Un sofa peut cacher du rangement, une armoire peut se transformer en table à manger, un lavabo en planche à découper, un tiroir en lit. Les designers de micromaisons sont créatifs et doivent arriver à créer des meubles adaptés aux modes de vie de leur clientèle. C’est aussi ce qui fait que les micromaisons sont si personnalisées. Aucune n’est identique, car elle est créée de manière originale et réfléchie selon ses propres besoins.

Cet été, il aura un festival des Tiny House Québec, je dois avouer que je suis curieuse de voir quelles sont les alternatives de construction et de design pour les gens qui décident de s’offrir une micromaison. Avec les hivers vigoureux que nous avons, il manquait d’alternatives et je suis contente de voir que ce phénomène arrive au Québec. Le festival aura lieu les 24-25-26 juillet à Lanthier. Visitez la page Facebook pour en apprendre davantage.

 Je vous laisse donc avec des TEDtalks qui vous inspireront peut-être à considérer le mode de vie de la tiny house, ou du moins à reconsidérer votre rapport aux possessions matérielles.

Est-ce que ce mode de vie vous intéresse? Seriez-vous prêt à changer entièrement pour passer à la Tiny house? Je suis curieuse de vous entendre!

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« Ce qu’il reste de moi » de Monique Proulx : Nouvelle lecture de mai du défi littéraire

proulx_moi_w2343454567Et voilà, vous avez voté pour la lecture du mois de mai, il s’agira de « Ce qu’il reste de moi » de Monique Proulx, publié aux Éditions Boréal fin avril. Les deux autres choix étaient Gabriel est parti de Julien Roy et Jeanne chez les autres de Marie Larocque.

Pour savoir ce que nous avons pensé de la lecture d’avril, cliquez ici. Écrivez-nous dans les commentaires ce que vous en avez pensé!

Voici une description de l’oeuvre

Qu’ont en commun l’hassid de la rue Durocher se pressant vers la synagogue, l’artiste qui donne une performance dans son atelier du quartier des spectacles et la foule au centre Bell galvanisée par un but des Canadiens ? Ils ont Montréal. Ils ont la ferveur, l’appel au dépassement, la quête de transcendance enfouie dans le sol montréalais. Selon Monique Proulx, un gisement mystique se cache sous les pieds des Montréalais, les contaminant et les embrasant, et c’est là leur plus grande richesse – bien davantage que le gaz de schiste.

Vingt ans après son recueil de nouvelles Les Aurores montréales, Monique Proulx donne ici le grand roman de la métropole. Remontant aux origines mêmes de la ville, elle décrit le rêve insensé qui lui a donné naissance. Elle montre comment la vision incroyablement audacieuse des fondateurs perdure dans le concentré d’humanité que Montréal est devenue aujourd’hui.

Il y a d’abord Laurel, l’insatiable chercheur de Vérité, qui nous guide à travers ce roman d’aventures multiples et d’êtres intenses. Sous son stéthoscope, il y a son père Thomas, scénariste de renom à la dévastation bien camouflée, sa jeune tante Gaby, qui enseigne le français aux immigrants, sa grand-mère Françoise Bouchard, la matriarche de cette lignée de « pure-laine » venue de France pour se joindre à la Folle Entreprise, qui même morte continue de se manifester. Il y a bientôt Maya, l’ex-petite amie de Laurel, trop belle pour être fidèle, qui fréquente des artistes exaltés et vit dans un appartement hanté. Il y a Guillaume, prêtre sulpicien comme l’étaient les premiers prêtres de la colonie, qui se spécialise dans les exorcismes et avec qui on prend rendez-vous par téléphone cellulaire. Il y a l’Afghan Zahir Ramish, qui s’est réfugié dans l’église du prêtre sulpicien pour y mener une grève de la faim. Il y a Virginie Hébert, amie de Guillaume et néanmoins révoltée contre l’Église passéiste qu’elle sert depuis trente ans. Il y a Markus, le jeune juif qui a fui sa communauté, il y a sa mère qui le cherche dans Montréal, il y a Laila, la jeune musulmane apparemment menacée, et son père apparemment menaçant, qui se révèle un soufi empreint de douceur, il y a un Inuk itinérant, un Mohawk chaman… plein de visages de l’absolu parfois sous forme de désolation.

À travers cette fascinante galerie de personnages, qui rassemble également pionniers, évêques, commerçants, artistes, gens venus de tous les horizons, la romancière fait résonner la cacophonie de la grande ville sous laquelle bat encore le cœur brûlant de Jeanne Mance.

Ce roman propose une étonnante réflexion sur les liens qui nous unissent aux origines. Il est surtout l’illustration éblouissante du talent d’une grande conteuse au sommet de son art. 

Pour en savoir un peu plus sur l’auteure : 

Née à Québec, Monique Proulx a obtenu un baccalauréat en littérature et en théâtre de l’Université Laval. D’abord animatrice de théâtre, puis professeur de français et agente d’information au siège social de l’Université du Québec à Montréal, elle est aujourd’hui connue comme romancière, nouvelliste et scénariste.

En dehors de la production romanesque qu’on lui connaît, on lui doit aussi de très nombreuses nouvelles, parues dans différents recueils, plusieurs dramatiques de soixante minutes diffusées à l’antenne de Radio-Canada dont certaines dans le cadre de l’émission télévisée «Les Beaux Dimanches» (Un aller simple et Les Gens de la ville). Elle a également écrit deux pièces de théâtre, Mesdames et messieurs, l’hymne national et Vie et mort des souris vertes, toutes deux mises en scène au Théâtre La Bordée à Québec.

Elle a par ailleurs écrit plusieurs scénarios, dont celui de son propre roman Le Sexe des étoiles qui, porté à l’écran par la réalisatrice Paule Baillargeon, a remporté le Prix du meilleur film Canadien au Festival des films du monde de Montréal, le Prix du public au 3e Festival du cinéma québécois de Blois (France), le Prix de la critique et le Grand Prix du Festival de Marseille, le Grand Prix du public au Festival de Vancouver et le Prix du meilleur scénario au Festival international de Chicago.

Cette même année, 1994, Le Sexe des étoiles était mis en nomination pour les Oscars dans la catégorie meilleur film de langue étrangère et était en lice aux Golden Globe Awards pour représenter le
Canada.

Elle est notamment l’auteur de Homme invisible à la fenêtre qui a inspiré le film Souvenirs intimes, réalisé en 1999 par Jean Beaudin.

Description de l’oeuvre et bio de l’auteure : source Le site des éditions Boréal

Bonne lecture à tous!

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Nous avons lu :

En janvier, La déesse des mouches à feu

En février, Javotte

En mars, La tempête

En avril, Blues nègres dans une chambre rose

L’esprit minimaliste

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Artiste : Guy Billout

Si vous suivez un peu le blogue, vous savez probablement que j’ai commencé à m’intéresser plus sérieusement au mode de vie minimaliste. Si vous tombez sur cet article par un heureux (je l’espère) hasard, voici les articles précédents que j’ai écris à ce sujet.

Malgré ce défi, j’en suis majoritairement encore à la phase informative, soit réunir le plus d’informations possible sur le sujet et les mille et une façons de pratiquer le minimalisme. Parfois, je me dis que c’est un peu ridicule, que je devrais juste me « lancer » et que j’étire le temps en faisant lectures après lectures au lieu de poser des actions plus concrètes face à ce changement. Par contre, «être minimaliste», réduire ses possessions, vivre mieux avec moins, c’est aussi tout un processus qui se passe dans la tête.

Au début, naïvement, je me suis dit que j’allais réduire mes collections de livres (et oui!), de maquillage, de linge et que, tout à coup, avec un peu de ménage, j’allais adhérer à une toute nouvelle philosophie de vie. N’importe qui s’y connaissant un peu plus aurait facilement pu me dire que je penchais un peu trop vers la «pensée magique».

Une fois les pieds sur terre, j’ai vu l’ampleur de la tâche et je me suis découragée un peu,  ça commence mal quand on appelle un intérêt une tâche, non? C’est pourquoi j’ai pris un peu de recul et je me suis demandée ce qui me poussait vraiment à vouloir faire ces changements, ce que cela pourrait concrètement m’apporter et surtout, comment je pourrais passer d’un point à l’autre sans sauter d’étapes.

J’ai décidé que, pour moi, le minimalisme était une façon d’être un peu moins stressée, de me sentir plus calme et d’avoir un «contrôle» plus sain sur mes dépenses et mon quotidien et ce, autant de manière concrète que mentale.

L’esprit minimalisme est, à mon avis, une des étapes les plus importantes vers ce type de changement. Un peu comme quelqu’un qui devient végétarien, qui décide de déménager dans une tiny house ou bien qui décide de se donner corps et âme dans un art ou dans un sport, tout commence par l’état d’esprit, la préparation mentale.

Le minimalisme entre les deux oreilles c’est quoi? Comme il y a autant de types de minimalisme que de gens qui le pratiquent, je ne peux parler que pour moi.

Dans mon cas, ça passe par

  • Désencombrer ses pensées. Je ne parle pas de chasser toutes pensées négatives et d’appliquer une certaine rigidité sur ce qui se passe dans votre cerveau, mais plutôt d’apprendre à observer ce qui se passe pour mieux comprendre vos pensées. Ça signifie aussi de prendre une chose à la fois et de ne pas vouloir aller trop vite, du genre penser trop vite, tout le temps, sans arrêt. Pour moi, cette pratique se fait à travers la méditation en pleine conscience (dont je n’aime pas le nom à sauce psycho pop). J’y suis encore débutante, mais j’aime vraiment le fait qu’il n’est pas question de faire le vide ou de se forcer à ne pas penser, mais plutôt d’agir en tant qu’observateur.
  • Se défaire du système de récompense par achats (ou tout autre relation malsaine à l’argent). J’en ai parlé il y a quelques mois dans cet article : vivre a crédit; une histoire de conditionnement. Je fais partie de cette gang de gens qui sont plutôt compulsifs et excessifs quand vient le temps de parler d’argent, ce pourquoi il m’est important d’avoir un plus sain contrôle face à mes dépenses. Pour moi, cela passe par la pratique du minimalisme dans le quotidien.
  •  Plus de facilité à faire des choix. Parfois, avoir trop d’options est aussi paralysant que de pas en avoir assez. Je ne parle pas de réduire les possibilités ou les options qui s’offrent à nous, mais simplement de  se concentrer sur celles qui sont les plus importantes à nos yeux sans trop s’attarder à tous les au cas où… oui, mais si…
  • La simplicité du laisser-aller. Se comparer, se dénigrer, passer des heures à stalker les gens sur facebook, chercher à impressionner. Ce sont toutes de mauvaises habitudes qui empêchent souvent d’adopter une attitude plus simple et, par le fait même, plus saine. Lorsqu’on ne cherche pas à se comparer, à imaginer le pire ou à penser que tout le monde est meilleur que nous, on a plus de temps pour tout le reste. Quand on fait l’effort conscient (parce que c’est tout un effort) de se détacher de tout ça, on a plus de temps de qualité pour écouter, comprendre, partager, faire preuve d’empathie, de compassion et, en bout de ligne, vivre un peu plus simplement et consciemment.

Alors voilà, un autre article sur mon cheminement vers un mode de vie plus simple. Et vous, que faites-vous pour simplifier vos pensées et votre quotidien?

«Blues nègre dans une chambre rose» de Jennifer Tremblay vu par l’équipe du fil rouge

11128081_10152727601842413_2055923425_nCe que j’en ai pensé :

La lecture du mois d’avril Blues nègre dans une chambre rose de Jennifer Tremblay est sans doute la plus tendre depuis le début du défi du défi littéraire. Loin des clichés des histoires d’amour traditionnelles, nous avons affaire à une passion dévorante, celle de Fanny et de Bobo.

J’ai été agréablement charmée par le récit, mais surtout par la plume de Jennifer Tremblay. Elle a su, avec douceur et délicatesse, nommer les émois vécus par Fanny. Les émotions ressenties par cette amoureuse étaient parfaitement justes et senties. Bobo étant un musicien très connu et demandé qui fait le tour du monde et surtout, un homme marié, Fanny n’a droit qu’à des parcelles de cet amour et c’est cela qui devient rapidement un problème. Elle s’accroche à un idéal impossible et se fait du mal en tentant de retrouver cette passion avec Bobo dans les bras d’autres que lui. Or, c’est réellement une passion, comme peu connaîtront, qui envahit le personnage de Fanny. Il faut comprendre sa dépendance, son obsession pour réaliser l’amour infini qu’elle porte à Bobo. Blues nègre dans une chambre rose, c’est un récit chaud, érotique et tendre d’une relation passionnément intense. En entier, l’histoire m’a plue. Je suis curieuse de voir ce que Jennifer Tremblay proposera suite à ce premier roman bien prometteur.

Ce que Marjorie en a pensé :

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce roman et ce, même après avoir lu la quatrième de couverture. C’est donc en plongeant dans ce court livre, qui se lit très facilement, que j’ai mieux compris la teneur du récit. Je dois dire que, de manière générale, j’ai plus apprécié la structure et l’écriture que l’histoire même. Écrit sous la forme de cahiers, petits paragraphes suivit de plus longues réflexions, j’ai vraiment eu l’impression de plonger dans le plus creux des maux de Fanny. Quand je dis que j’ai plus apprécié l’écriture que l’histoire même, il ne faut pas croire que je n’ai pas apprécié, disons plutôt que la transmission du récit à travers ses carnets m’a charmée de manière plus marquée que si je m’étais retrouvée dans une histoire linéaire, racontée de façon plus classique. La passion et l’amour destructeur de Fanny pour Bobo fait mal et, par le fait-même, fait mal à lire. Je ne peux pas dire que je me suis reconnue dans le personnage, mais j’ai eu un mal fou pour elle, je n’ai pas compris autant qu’elle ne comprend pas, pour des raisons différentes. J’aurais voulu être l’amie qui lui dit de décrocher, qui lui dit de passer à autre chose et ce, même si, comme on le voit dans l’histoire, c’est beaucoup plus complexe que ça. À mi-chemin entre amour, passion et destruction, comme tout bon récit passionnel, ce roman m’a bien plu de par son écriture qui rend bien l’éventail d’émotions vécu par Fanny.

 Ce que Karina en a pensé : 

Il est rare que je lise la quatrième couverture. Je me fis toujours à ma première impression, soit en lisant le titre ou tout simplement en regardant la couverture. C’est cependant en voyant cette phrase que j’ai su que j’allais apprécier ma lecture: «Un jour, je t’ai écrit que je t’attendais, qu’il y avait de la place pour toi dans ma maison. Tu m’as répondu l’amour est un incendie.»

Dès les premières lignes, je me suis reconnue dans le personnage de Fanny. Être toujours dans l’attente d’un changement, d’une phrase, d’un signe, d’un espoir qui ne viendra pas, je connais ce sentiment. J’espère longtemps, trop longtemps, et je blâme ma patience pour cela. Souvent je suis en colère, je m’en veux parce que je me fais du mal. Est-ce un manque de confiance en moi, tout comme Fanny, où je n’ose tout simplement pas dire ce que je veux réellement?

Fanny est amoureuse d’un homme qui se trouve à être un beau africain noir. Il n’est pas n’importe qui, un célèbre chanteur de blues dont elle est amoureuse depuis qu’elle est toute jeune. Ils se rencontrent tous les deux lors d’un festival de blues aux États-Unis, puisqu’elle est également chanteuse de blues. Ils se retrouvent dans une chambre d’un motel et voilà que leur histoire commence. Le problème est que Bobo est marié et qu’il est toujours en mouvement. Fanny tentera de fuir ses sentiments, elle tentera de trouver refuge. Que ce soit dans la forêt, chez ses parents en Gaspésie ou encore chez les sœurs. Pourtant, il est rare qu’elle trouve la paix. Amoureuse, elle sera «faible» devant cet homme qu’elle essaiera de remplacer par d’autres hommes. Rien n’y fera, elle a Bobo dans le corps.

Jennifer Tremblay a une plume des plus douces. Cela faisait un moment que je n’avais pas eu la chance de lire ce genre de lecture, puisque «Blues nègre dans une chambre rose» n’est pas qu’un «roman d’amour» commun, il est même plus que cela. C’est l’emprise d’un amour, c’est la recherche d’une identité et c’est sa libération.

L’écriture de l’auteure est poétique et envoûtante. Je n’ai pas vu ma lecture passer et il faut se l’avouer, le roman est très court, ce qui facilite sa lecture. J’espère que vous aimerez autant que moi cette lecture.

Ce que Louba-Christina en a pensé

Lorsqu’est venu le temps de choisir le livre qui serait proposé pour le défi pour avril, je n’ai pas hésité à voter pour Blues nègre dans une chambre rose de Jennifer Tremblay. C’est le titre qui a d’abord capté mon attention, ce long titre coloré et mystérieux, Blues (pour le style musical & la nostalgie), nègre (pour l’homme, Bobo Ako, dont la narratrice est amoureuse), dans une chambre rose (il y a deux chambres roses dans le récit, soit celle de l’abbaye et celle que la narratrice peint en rose dans son appartement pour recevoir Bobo (murs, literie et accessoires roses).

Roman composé de trois parties, de trois cahiers écrits par la narratrice Fanny qui s’adresse à son amant, son amour, le très populaire chanteur blues, Bobo Ako. On est témoin de ses plus intimes pensées entre sa rencontre avec l’homme et le moment où elle cesse, en quelque sorte, de l’attendre.

Dès la première page du premier cahier, l’atmosphère du livre est ressentie par le cloître des murs de l’Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac où l’héroïne se réfugie pour essayer, avec grande peine, de reprendre les rênes de sa vie et de son cœur. «L’important, au bout du compte, c’est de redevenir légère. Ici, c’est une chose possible. Ce n’est pas sûr, mais c’est au moins possible.» Il est assez rare de lire une histoire contemporaine où une grande part de l’histoire se déroule dans une retraite religieuse. «Il y a un crucifix à la tête du lit. Ça me donne envie de dormir nue. » Mais même lorsque l’histoire est campée à cet endroit, Fanny nous plonge avec elle dans ses souvenirs, elle vit peu dans le présent. C’est dans sa tête qu’est située la vraie prison, celle où elle espère Bobo.

L’histoire est écrite un peu comme si nous étions sur les traces d’un homme recherché, suivant les indices notés d’une enquête menée. Les traces et les indices sont racontés comme des souvenirs polis, lichés, presque théâtralisés. «Tu passes et repasses dans mes rêveries, et je suis obligée de t’écrire pour ne pas imploser. » On plonge, certes, mais jamais totalement au creux des émotions. Même lorsque les corps se touchent, j’ai plutôt l’impression d’observer un tableau que de lire une scène de sexualité, de désir et d’amour. J’ai trouvé ça beau, oui. Mais en même temps, j’ai eu l’impression de rester en surface tout au long du récit. D’attendre le moment où j’allais enfin être totalement saisie.

Je ne peux pas non plus dire que je n’ai pas été touchée par ce que j’ai lu, j’ai été brassée un peu. J’ai souri jaune souvent. Je pouvais comprendre la détresse et l’impuissance de Fanny, éternelle maîtresse de cet homme libre. «Tes courriels archibrefs, mais archi-sexy, collectionnés sur des mois et des mois, ont imposé une cadence à mon existence, ont déterminé mes humeurs. La quête de ta présence a été la quête la plus importante de mon existence, je t’ai voulu à tout prix dans ma chambre rose, et tout ce qui a existé en dehors de cette quête avait pour seule fonction de m’occuper en attendant ton arrivée officielle et définitive. Il s’agissait juste, en attendant, de ne pas me laisser dépérir.»

Je ne sais pas s’il y a réellement quelque chose à retirer de ce roman, de cette histoire mille fois écrite, mais tout de même écrite à la manière de Jennifer Tremblay, qui laisse voix à la maîtresse amoureuse, mais je crois qu’on arrive à comprendre le cheminement du personnage et sa logique. On a trop souvent entendu l’idée que l’on reproduit, en quelque sorte, sa relation avec le paternel avec nos conjoints, en revisitant le même pattern maintes et maintes fois. «J’avais du mal à m’endormir. J’avais envie de l’appeler. Papa, papa, papa. Il serait venu en courant. Je lui aurais dit de rester à côté de moi, regarde-moi m’endormir. Mais je n’osais pas. On aurait dit que les retours me faisaient plus mal que les départs.» Si la narratrice ne reproduit pas en tous points sa relation paternelle avec Bobo Ako dans le rôle du père (il est plus âgé qu’elle), on comprend tout de même la souffrance qu’elle ressent en le voyant à chaque fois partir sans pouvoir l’arrêter.

Je conseille ce roman (plusieurs phrases valent le détour) que je trouve à la fois léger et quelque peu dérangeant, par contre, j’aurais apprécié qu’il soit un peu moins passif et plus dans l’action. Mais puisque ce sont des souvenirs qui sont narrés dans des cahiers, une suite de réflexions pour accepter et continuer, je comprends le style. Et pour tout ça, c’est réussi.

*Le roman est illustré par Lino dont j’apprécie beaucoup le travail 🙂

Questions pour susciter la discussion

1- Qu’avez-vous pensé de la plume de Jennifer Tremblay?

2- Est-ce que la passion entre Fanny et Bobo vous a plu?

3- Avez-vous ressenti de la compassion pour Fanny?

4- Trouvez-vous que la thématique de la passion amoureuse a bien été exploitée?

5- Quels autres romans conseilleriez-vous qui traitent d’amour impossible?