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5 cafés où t’écraser avec un bouquin

Que ce soit pour des lectures scolaires ou des lectures pour le plaisir, rien de mieux que de s’installer bien confortablement. Pour ne pas s’endormir, il est également préférable de se munir d’un bon café. Puisque cette combinaison du latté parfait et du sofa de luxe n’est pas chose facile, je vous propose cinq endroits qui, à mon avis, ont compris comment y arriver.

Le Caravane Café – 3506 avenue Lacombe, Côte-des-Neiges

Même s’il n’y a qu’un seul divan, vous n’aurez aucun problème à passer des heures dans cet endroit. L’ambiance conviviale est alimentée par le personnel sympathique et l’atmosphère chaleureuse. En plus du café extraordinaire, le Caravane Café offre beaucoup de choix de sandwichs, qui, soit dit en passant, sont délectables. Si votre livre vous ennuie, vous n’aurez aucun problème à engager la conversation avec un autre des clients présent. À noter que vous aurez sûrement à vous battre avec les étudiants de l’UdeM pour une table!

Le Moineau Masqué – 912 rue Marie-Anne Est, Plateau Mont-Royal

Cet endroit est si charmant! C’est le décor qui rend l’endroit aussi coffee-cream-brown-964336-hattrayant : des teintes de turquoise, des ampoules qui pendent du plafond, de vieux meubles… Vous vous sentirez à la maison. La petite cour vous permet aussi de vous asseoir avec un bon café au soleil, lorsque le temps le permet. Des couvertures sont mêmes à votre disposition, les temps froids d’automne! En plus, si vous avez oublié votre livre, le Moineau Masqué possède une belle petite collection de divers livres et magazines. Veillez à ne pas tourner les pages de votre livre tout de suite après avoir mangé une de leur gaufre belge maison!

L’Escalier –  552 rue Sainte-Catherine Est, Quartier Latin

Véritable institution pour les étudiants de l’UQÀM, L’Escalier est un des seuls endroits où vous êtes certaines d’avoir une place! L’endroit est vaste et il y en pour tous les goûts : vous trouverez autant de groupes d’amis autour d’un pichet de bière que de personnes le nez dans un livre, avec une tasse de thé à la main. La nourriture y est végétalienne, un petit plus pour ceux qui auraient un p’tit creux. Sachez qu’il y a souvent des concerts, notamment de jazz… de quoi permettre à votre imagination de divaguer et de nourrir vos lectures!

OUI MAIS NON – 72 rue Jarry Est,Villeray

Le divan du OUI MAIS NON se démarque : prenant place au sous-sol du café, il nous permet de se sentir comme dans un cocon! Vous serez sans doute entourés d’étudiants qui viennent s’abreuver de l’excellent café disponible sur place, mais aussi, se nourrir autrement. En effet, contrairement à d’autres endroits dans le même genre, le OUI MAIS NON propose autre chose que des sandwichs (oui oui, ça se peut!), notamment un excellent chili végétarien. Mention spéciale au biscuit géant, cuit sur demande et servi dans une poêle. Si vous êtes arrivés au bout de votre livre, le OUI MAIS NON possède une bibliothèque bien remplie et des jeux de société.

vancouver_apartment_home_1174723_mDépanneur Café – 206 rue Bernard Ouest, Mile-End

Le Dépanneur Café a un charme unique : ses sofas vintages, ses toiles originales et ses employés trop sympathiques devraient suffir à ce que vous adoptiez cet endroit. Vous pourrez sans doute également y découvrir des artistes talentueux, le café proposant de louer l’endroit pour des répétitions. Si les concerts vous déconcentrent dans votre lecture, prenez une pause en tentant un des merveilleux plats disponibles. Le cachet vieillot du Dépanneur Café fait de lui l’endroit idéal pour vous replonger dans les plus grands classiques littéraires!

 

 

 

Mentions spéciales : Café Vôlane, un tout petit endroit rempli d’amour, et Replika, pour la bonne musique et la succulente bouffe turque.

«Poèmes» de Marie Uguay : rencontre avec le dehors

634435-gfJ’ai décidé, comme premier article, d’écrire sur l’oeuvre de Marie Uguay afin de lui redonner la voix qu’elle n’a plus, afin que celle-ci résonne encore, qu’elle creuse, qu’elle s’inscrive en nous comme autant de petites lumières, qu’elle fasse briller la noirceur. Poésie de la destruction, de la mort, mais également de la vie, elle entre dans le crépuscule du désir et réinvente des espaces pour échapper à l’emprise du monde.

La poésie, comme souffle de l’intime des jours, devient un lieu où la poétesse se retire. Elle devient le prolongement de l’indicible qui tend à faire éclater la paroi fragile de la mémoire. Le recueil de Marie Uguay (que très peu de gens ont eu l’occasion de lire) habite une conscience qui se prolonge au-delà du texte lui-même; ses poèmes souhaitent saisir la traversé des choses emportées par la succession des jours et exploser de leur hermétisme en tissant des liens extérieurs, transcendant ainsi les limites de l’écriture et du monde tel qu’il est vu. En ce sens, je me suis énormément intéressée au rapport que Uguay entretient avec le dehors et comment toute sa poésie semble s’installer en dichotomie avec l’ailleurs, avec l’Autre, essentiellement par un refus de l’oubli, par un désir qui s’ouvre à plus grand que soi, par un isolement du «je» devant le monde, du «je» immobile et en retrait. J’ai ici pris la liberté d’écrire Autre avec un A majuscule, puisque cet Autre, dans ses poèmes, me semble être une entité sacralisée, une figure plus grande qu’elle qui s’installe dans son désir. L’Autre y est également vu comme sauveur qui détruirait des murs entre elle et le monde, ces «murs qui frappaient l’univers» (1). Je dirais donc que la poésie de Uguay naît de cette rencontre entre le dedans et le dehors, de cette constante antithèse. Pour elle, le monde, par ce langage, se déploie sur des ailleurs, déborde de lui-même, rejoint l’Autre, le sommeil, le désir, la mer…

Ses textes sont des voiles levées sur son intimité. Son écriture rend floue la frontière entre l’écrivain et le personnage; le «je» s’affirme à travers une vision poétique du monde que l’on devine propre à l’écrivaine. Elle saisit la rumeur venant de l’extérieur et devient «un autre lieu / celui d’une promesse» (2). Elle cherche une autre vérité sur le monde dans son refus de celui-ci tel qu’il se présente à elle.

Ses poèmes sont généralement construits selon une très grande souplesse avec des blancs typographiques qui rappellent le silence. Dans «le silence installé; cette neige» (3), cette allusion du blanc, évidente par la neige, est figure récurrente. C’est que l’écriture serait ainsi le déploiement de mots d’encre noire qui se confrontent sans cesse au dehors, qui proviennent d’un souffle plus grand: «plus loin un long mur blanc / et sa corolle de fenêtres noires» (4). Ici, le mur blanc peut être interprété comme une confrontation et un affrontement de soi face à l’écriture. Pour Uguay, le «dehors est blanc» (5); elle utilise cette métaphore pour montrer que les mots, ici comme fenêtres, sont ce qui rend possible et intelligible la relation entre le dedans et le dehors. Cette utilisation de mots qui rappellent la blancheur (ici, on peut penser au degré zéro de Barthes et à son écriture blanche – écriture neutre, libérée, transparente) accentue sans cesse cette idée d’espacement au monde, thème principal exploité par Uguay. Son écriture est toujours dans ce rapport au dehors qu’elle n’atteint pas, à cette recherche d’un lieu qu’elle nomme l’outre-vie, d’un espace entre la vie et la mort et, peut-être bien, au-delà la mort.

Les mots à eux-seuls créent leur sonorité «comme un chant séculier» (6), rappelant les remous de la mer, les mouvements des vagues, mots insaisissables, faits en une seule coulée et deviennent surface liquide qui réfléchit le monde et le déforme à la fois. Mots-miroirs mouvants qui trompent, qui portent en eux l’idée de la traversée, de l’infini. Ils nagent d’une image à l’autre. C’est dans la matérialité des mots que le thème du désir se répète et devient leitmotiv: c’est une quête essentielle, saisie par l’écriture, en quoi elle rend tangible la présence de l’inconnu, de l’Autre, du monde.

De plus, tout au long de la lecture du recueil, j’ai suivi le thème majeur qu’est son rapport d’isolement avec le monde extérieur, que j’ai interprété comme le motif même de son écriture. Il prend diverses formes, tantôt sous le thème de la solitude, tantôt de façon très explicite. À plusieurs endroits dans ses poèmes, elle fait allusion à un mur qui la sépare du monde extérieur, d’une existence qui lui semble éloignée, des manifestations urbaines qui lui sont étrangères: «je n’ai plus qu’un mur devant moi / ni le ciel ni les grandes têtes rouges de septembre / ni la ville dans sa turbulence magnétique» (7). Le «je», «dans [ses] murs de sable» (8), est donc toujours isolé du monde par un objet quelconque. En effet, il y a cette idée de portes, de fenêtres, de persiennes qui mènent au dehors sans pour autant lui permettre de l’atteindre. Le «je», en tant que figure immobile, est souvent un simple observateur de la vie qui passe, qui dérobe les jours, un étranger aux flots de l’extérieur: il refuse l’appartenance à ce monde, à ces gens qui ne font que passer. De l’autre côté, il n’y a que des existences qui «murmurent entre eux des choses / incompréhensibles» (9). Le terme «incompréhensibles» n’est pas arbitraire, puisque le sens de leurs murmures ne peut être saisi par le «je» complètement en position de réclusion. La solitude évoquée par des images fortes est également une conséquence de ce repliement sur soi, à l’encontre du monde tel qu’il est. Uguay parle d’îles. Ces îles, personnification en objet du «je», entourent la ville (le monde) et sont séparées d’elle par la mer qui joue ainsi le rôle d’entité intermédiaire: «Îles bâillonnées à la porte des villes» (10). Les îles ici sont réduites au silence, sont étouffées par la ville que l’on imagine excessive dans ses mouvements. Bref, le monde représente un obstacle pour le «je» et l’accomplissement de ses désirs ne peut être réalisé que par sa finitude, que par l’arrivée de la nuit et du sommeil : «je regarde le monde finir / et naître mes désirs» (11), d’où l’importance de cette séparation marquée entre le monde et le «je», en retrait du dehors, à la recherche d’un soleil noir.

Ainsi, l’écriture de Marie Uguay témoigne d’un prolongement infini de sens et ouvre des ombres sur les choses vivantes, celles qui bâtissent le quotidien, à la lumière du dehors qui s’installe entre elle et l’écriture. L’utilisation récurrente de mots tels que «mémoire», «blanc», «désir» vient marquer la mission de la poésie qui tient à articuler les échos d’un regard différent sur le monde et se sert du langage pour inscrire ce souffle nouveau dans la vie. Sa posture d’écrivaine est celle qui s’installe de l’autre côté du monde et écrit ce mouvement qui lui est inconnu, cherchant un lieu qui dépasse la vie où pourront naître ses désirs. Cette oeuvre traduit bien la quête du poète: faire voir le monde autrement, par le langage qui permet la rencontre entre soi, le monde et l’Autre; cet Autre que l’on désire, qui n’est pas soi, qui brise un instant la solitude, qui rompt avec le dehors et l’abandonne, qui rejoint la mer avec nous, vivant dans le rêve et dans «[ce] monde [qui] nous est [fermé]» (12). Sa poésie est si bien construite que les allusions à tous ces objets intermédiaires entre le monde et le «je» peuvent autant être ce mur dont elle parle (ce barrage érigé contre l’extérieur) que la mer, que la nuit, que l’écriture même, bref, qu’autant de lieux où les désirs sont protégés.

Marie Uguay utilise la poésie pour réinventer son existence, immobile parmi les choses qu’elle voit, qu’elle contemple, afin de toucher la fin du jour et de rejoindre l’expérience véritable de ses désirs, en rupture avec le dehors.

Les Poèmes de Marie Uguay sont recueillis en une édition (Boréal Compact) qui, pour la première fois, regroupe tous ses textes. Son recueil Autoportaits demeure inachevé. Je vous invite à visionner cette rencontre où, sous une fragilité naissante, l’écrivaine se confie : https://www.onf.ca/film/marie_uguay


 

Notes:

(1) Marie Uguay, Poèmes, Montréal, Boréal Compact, 2009, p.145

(2) Ibid., p.26

(3) Ibid., p.18

(4) Ibid., p.104

(5) Ibid., p.122

(6) Ibid., p.69

(7) Ibid., p.86

(8) Ibid., p.132

(9) Ibid., p.112

(10) Ibid., p.73

(11) Ibid., p.99

(12) Ibid., p.135

Petits tableaux de vie

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Des petits tableaux de vie, c’est ainsi qu’on découvre Anne-Si, par des intrusions dans sa vie à l’âge de 4 ans, de 15 ans et de 32 ans. On y découvre une fille-femme-mère qui se bat à tenter de devenir enfin complète. Toujours dans le désordre, Éloïse Lepage nous emmène dans des brides de souvenir de la vie d’Anne-Si. Élevée par une mère prostituée et une soeur trop parfaite, Anne-Si s’est rapidement liée d’amitié avec Céleste, sa meilleure amie des bons et des mauvais jours. C’est avec elle qu’elle arrivera à combler le vide du quotidien et ce, en consommant de la drogue et en se prostituant. On y voit une mère d’un petit garçon qui essaie tant bien que mal de se sauver de ses démons et de devenir une mère ordinaire.

« Toutes ces fois, je me suis dit, Bon ben là, j’arrête de faire la pute. Pour vrai. En fait, j’ai plus souvent choisi d’arrêter que choisi de continuer. »

Sa vie porte en elle un désir absolu: quitter la drogue et quitter le monde de la prostitution et c’est au fil de chutes et de rechutes qu’elle y parviendra. La rencontre avec Luc, le facteur, viendra aussi chambouler sa vie, car il l’a traitera comme une femme et non comme une pute. Ses relations avec les hommes étaient continuellement construites sous le signe de la prostitution, de son premier chum à ses amants de passage. Luc ou cul en envers comme le dira Céleste, sera le seul à mettre les choses à l’envers et à montrer à Anne-Si qu’elle peut être aimée. En lui faisant un bébé, elle se reprendra en main et cherchera à devenir la mère qu’elle voudrait tant être pour son fils, David.

C’est vraiment ce que j’ai trouvé intéressant dans ce court roman de 124 pages, la réflexion face à la maternité. Anne-Si adore son fils, mais s’y prend mal, elle l’aime tout croche dans sa vie imparfaite et ça nous fend le coeur en deux. Elle oublie l’anniversaire de son fils, mais celui-ci lui répond que c’est normal d’oublier. On lui en veut aussi de cette négligence envers celui qu’elle aime tant. On n’oublie pas tout de même que tout ce qu’elle fait, c’est pour lui, au fond.

Écrite dans une langue crue par moment et parfois sous le genre du roman trash, on y côtoie sexe, drogue et maternité. Or, Petits tableaux est un excellent premier roman, car le style d’Éloïse Lepage est très oral et réussit à faire naître la voix d’Anne-Si et à faire du personnage un être rempli de petits tableaux qu’on apprend à aimer, après avoir détesté. Le happy ending m’a un peu titillée quoi que je sais qu’un laps de temps s’est écoulé entre les deux vies d’Anne-Si, la tout croche et l’ordinaire. Nouvellement employée dans une banque, elle semble s’être totalement habituée à son nouveau cadre de vie, à sa mère encore un peu tout croche et au retour de sa grande amie Céleste.  On se rejouit tout de même pour elle, d’avoir enfin trouvé ce qui la complète réellement: ses enfants et son chum, mais on aurait envie d’en savoir plus sur son changement de vie, sur l’entre deux tableaux.

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Petits tableaux, Éloïse Lepage
Romanchinels, Éditions, XYZ,
2013, 124 pages
978-2-89261-835-8

Bilan semaine 1 : défi 28 jours de minimalisme

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J’ai  décidé de vous proposer, durant tout le mois de février, un petit bilan hebdomadaire du défi minimaliste que j’essaie, tant bien que mal, de faire. Alors, si vous êtes intéressé d’en savoir un peu plus sur ce défi et à me lire pendant que je radote un peu sur des trucs semi-pertinents, le lien ci-dessus saura satisfaire vos envies.

Voici le défi si vous n’avez aucune idée de ce dont je parle présentement .

Dimanche 1 février – faire le ménage de ma collection de produits de beauté

  • La première journée commence mal parce que je n’ai pas du tout planifié comment j’allais débuter ce défi. En regardant la liste… à 1h de l’après midi, je ne peux pas faire le 17, car j’ai du ménage à faire, ni le 10 parce que je suis déjà allée voir les courriels du blogue, ni le numéro 4, parce que j’ai déjà chialé mille fois contre les gens qui savent pas vivre dans les rues. Bref, c’est pour ça que je commence un peu mal ce défi en choisissant l’option facile, soit faire le ménage de mon maquillage… chose que j’ai déjà faite il y a quelques jours de cela. Pour en faire une histoire courte, ça a commencé de façon très peu minimaliste avec l’achat d’un cache cernes, d’un  mascara et d’un rouge à lèvres, parce que j’étais au Target et je n’ai pas  vraiment d’autres d’excuses. Bref, je suis revenue chez moi pour réaliser que, pour une fille qui se maquille pas tant… j’ai beaucoup de maquillage qui traîne. Un de mes défi de 2015 est de porter plus de rouge à lèvres (bien oui, c’est un étrange défi mais, pour moi, ça a beaucoup rapport avec la confiance), alors  je suis allée un peu  fort dans l’achat de rouge à lèvres ces derniers temps. J’ai décidé de jeter tout ce qui était vieux/passé date, genre mes deux derniers mascara, une base de teint que j’ai utilisé 2 fois en 3 ans… et j’ai mis tout ce que je ne voulais plus (et qui est, pour la plupart, très peu utilisé) dans un petit sac à donner. Bref, je n’ai gardé que le strict minimum (pour mes besoins et goûts) et quelques rouges à lèvres que j’oserai bien porter quelque part d’ici 2016. 10967973_10204679543682477_674716426_n

Lundi 2 février – réduire ma liste de livres à lire

  • J’ai une confession à faire, je n’ai pas de liste de livres à lire. J’ai un tableau pinterest, j’ai quelques notes ici et là mais je n’ai pas de liste officielle. J’ai donc décidé de faire la même chose (réduire) pour toutes mes autres listes, parce que j’en ai vraiment trop. Je suis du genre à écrire les trucs « fun » sur mes listes qui, du coup, deviennent vraiment moins le fun à faire. Parfois, ce n’est pas mieux de faire de longues listes. Je finis toujours déçue de ne pas avoir fait tout ce qui était écrit dessus… même si c’est une simple chose. Alors là, dans le cadre de ce défi, je me suis dit qu’il serait favorable de faire de plus courtes listes du genre 3 choses à faire-finir-ne pas oublier. J’en suis encore au niveau des sous-points pour chacun des trois éléments, mais il y a de l’espoir. Vivre de façon minimaliste, ce n’est pas seulement dans ses besoins matériels, c’est aussi toute une philosophie pour se désencombrer l’esprit et j’ai l’impression que ça va être la partie la plus difficile de ce défi.

Mardi 3 février

  • Aveu, je n’ai pas fait de défi aujourd’hui. Je suis mal organisée et j’aurais dû me faire un plan à l’avance.

Mercredi  4 février – une journée sans chialer

  • Ok, celui-là, je l’ai raté complètement. J’ai chialé parce que je devais travailler, j’ai chialé parce que j’étais au boulot, j’ai chialé parce que je ne travaillais pas assez (va savoir ein), j’ai chialé parce que le monde est con. Par contre, la majeure partie de mes complaintes étaient internes. Malgré tout, c’est du négatif pareil et il est certain que je vais essayer de reprendre ce défi, tous les jours jusqu’à ce que je réussisse à réduire mon niveau de chialage inutile (parce que des fois, ça fait du bien et c’est utile, il ne faut pas virer fou non plus).

Jeudi 5 février – apprendre à aimer être seul/e

  • Ce ne fût certainement pas le plus difficile de la liste puisque je n’ai aucun problème à passer du temps seule avec moi même (et Netflix). Je ne sais pas si c’est vraiment ce qu’impliquait le défi, j’en doute un peu. J’imagine que c’était plus quelque chose du genre apprendre à passer du temps avec soi-même, à aller au cinéma toute seule,  à ne pas attendre après les disponibilités de quelqu’un si je  veux aller au musée et tout cela. J’avoue que ça, c’est un tout autre type de défi que j’apprends, tranquillement pas vite, à apprivoiser.

Vendredi 6 février – méditer pour 15 minutes

  • Méditer était un de mes défis en 2015. J’ai réussi durant environ deux semaines, mais comme toute bonne habitude prend du temps et que je ne suis pas patiente, j’ai un peu arrêté, un peu comme dans complètement. J’ai vu cette partie du défi minimaliste comme l’occasion parfaite de m’y remettre, de réessayer, pour plus d’une journée. J’ai donc choisi une médiation guidée de 15 minutes et j’ai réussi à passer au travers  sans devoir me contrôler pour ne pas ouvrir les yeux, c’est déjà un début.

Samedi 7 février– écrire dans son journal pour 20 minutes

  • J’écris dans un journal depuis que j’ai 12 ans. J’étais plus consistante au secondaire, mais j’essaie tout de même de prendre le temps d’écrire quelques pages au moins une fois par semaine, question de me vider l’esprit. Écrire restera toujours une des meilleures formes d’introspection pour moi et je comprends comment ce défi peut facilement  rejoindre des valeurs minimalistes. Il est important d’être  en paix avec soi et de ne pas avoir la tête qui explose de mille et une pensées inutiles pour mieux se concentrer. Écrire dans un journal donne donc l’opportunité de laisser tout ce «trop plein» quelque part et de mettre l’accent sur autre chose.10859429_10204679543762479_528615956_n

Bilan semaine 1 :Probablement que le défi aurait été plus facile si je m’étais mieux organisée, ce que je ferai pour la deuxième semaine. Côté minimalisme, j’aime vraiment l’idée que ce n’est pas seulement question de se départir d’objets et de faire le ménage dans ses trucs, mais que c’est aussi une question d’esprit et de mentalité. C’est bien beau faire de l’espace dans son quotidien, il faut aussi faire de l’espace dans sa tête. Bien que je crois que ce sera la partie la plus difficile et sur laquelle j’écrirai peut-être le moins (j’ai bien beau de pas avoir de problèmes à partager des moments de ma vie, je n’ai pas le goût de tout raconter) j’ai l’impression que ce sera aussi la partie la plus révélatrice de ce défi.

Et vous, faites-vous le défi? Que pensez vous du minimalisme? Je veux vous entendre dans les commentaires, je suis bien curieuse de vous lire.

Alive Inside : le documentaire que tu dois absolument voir !

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours fait partie de ceux et celles pour qui la musique a un réel effet bénéfique. J’ai des chansons ou des groupes de musique pour mes bonnes journées, d’autres pour mes moins bonnes. Mes chansons préférées ont dû jouer un million de fois dans mon iPod, et j’en ai d’autres que je saute à chaque fois, car elles sont reliées à des souvenirs que je veux oublier mais que je ne suis pas prête à effacer (encore!) !

Je pense, personnellement, que la musique, ce n’est pas bon uniquement pour soi, mais que ça va bien au-delà de ça! Je vais avoir l’air un peu ésotérique en disant ça, mais j’irais jusqu’à dire que c’est bon pour l’âme aussi! D’ailleurs, je pense que quand on ressent des frissons ou qu’une chanson nous fait pleurer sans raison apparente, c’est parce que notre âme s’y reconnait ou que l’on connecte directement avec celle-ci. Je sais, je suis assez profonde aujourd’hui!

Alive-Inside-Film-Poster-2014[1]Bref, tout ça pour m’amener à vous parler d’un documentaire vraiment touchant et magnifique que j’ai vu récemment. Avez-vous entendu parler de  « Alive Inside – A story of Music and Memory » ?

Il s’agit d’un documentaire qui a fait le tour du monde et a notamment reçu le prix du public en 2014 au festival du film de Sundance. Il s’agit d’un documentaire sur le pouvoir de la musique sur les gens atteints de la maladie d’Alzheimer. D’ailleurs, voici quelques statistiques en rafale sur la maladie d’Alzheimer qui vous étonneront sûrement;  au Québec uniquement, environ 105 600 personnes âgées de plus de 65 ans sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Les femmes représentent les deux tiers des personnes de plus de 65 ans qui en sont atteintes. À Montréal seulement, plus de 30 000 familles sont touchées par la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. C’est incroyable comme c’est énorme! Au Canada, une personne de 65 ans et plus sur 13 en est atteinte! Étant donné que j’ai une mémoire d’éléphant, je ne peux pas imaginer en perdre tout son contenu du jour au lendemain!

Dans Alive Inside, le cinéaste Michael Rossato-Bennet suit Dan Cohen, travailleur social et fondateur de l’organisation à but non lucratif « Music and memory » à travers des maisons de retraite et des hôpitaux où il va tester le pouvoir de la musique sur le cerveau des gens ayant perdu la mémoire. On nous montre un  Dan Cohen, qui se bat contre le service de santé traditionnel, là où il a échoué selon lui, et qui réussit à raviver l’esprit des gens en perte de mémoire grâce à leur musique préférée. On nous montre littéralement de vrais petits miracles dans ce documentaire, quand je pense à Henry, un gentil monsieur au dos tout recourbé qui semble hélas avoir perdu beaucoup de sa mémoire et lorsqu’on lui met des écouteurs, il revient littéralement en vie, se redresse sur sa chaise, parle et chante même! Plusieurs experts font également de ce film un succès en venant appuyer les propos de monsieur Cohen avec diverses statistiques et livres publiés sur le sujet.

Le film est très inspirant, ça vous donnera envie de courir acheter un Ipod et vous présenter dans les maisons de retraite avoisinantes pour redonner du pep aux gens! Vraiment !

J’ai été personnellement très touchée par l’histoire du documentaire, car j’ai quelqu’un tout près de moi qui a un début d’Alzheimer et je trouve ça si difficile de le voir perdre la mémoire à petit feu.  J’ai pu tester le pouvoir de la musique sur lui et croyez-moi, l’effet est bien réel. En voyant couler les larmes de joie sur ses joues, je n’ai pu que réaliser l’ampleur du pouvoir de celle-ci!

Ce film est à voir ABSOLUMENT.

Je vous invite à aller faire un tour sur le site web ici, si vous souhaitez en apprendre plus sur le documentaire et l’organisation et à visionner la bande-annonce ici, qui vous convaincra, j’en suis certaine, de le visionner !

Les Enflammées

Elle n’a pas froid aux yeux. Sauvage et indépendante, elle se moque (avec raison) de l’autorité patriarcale. Elle a un joli minois et se montre légèrement arrogante. On la reconnaît par sa cascade de cheveux couleur de cuivre et sa robe verte tournoyante. De plus, c’est une pro du tir à l’arc doublée d’une reine de la forêt. À qui je pense? Princesse Merida de Disney? Non, mais ça aurait pu être le cas! Il s’agit plutôt de Tauriel, l’Elfe inventée de toutes pièces par Peter Jackson pour sa trilogie The Hobbit. Retour sur une guerrière à la réception controversée. Mise en garde: Spoiling alert niveau élevé!

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Merida, Brave

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Tauriel, The Hobbit

Mon chum m’a souvent posé cette question: pourquoi est-ce que tu l’aimes pas, Tauriel? Et moi de répondre, systématiquement: c’est pas que je l’aime pas, c’est qu’elle me gosse!

C’est pas la même chose, voyez-vous, et c’est justement ce que je tenterai d’éclaircir ici. Lors de sa création, la mission confiée à Tauriel était d’emblée glissante, soit d’apporter une dimension féminine (et féministe) à la franchise tout en y installant une histoire d’amour triangulaire. D’abord, il faut savoir que le récit original écrit par J.R.R. Tolkien, quête initiatique du hobbit Bilbo Baggins accompagnant une troupe de nains en reconquête de leur royaume perdu, était totalement dépourvu de personnages féminins – pas même un traite nom! Il était donc compréhensible, et d’une certaine façon légitime, pour Jackson d’ajouter des figures féminines lors de la conception de son adaptation filmique: 474 minutes sans aucune femme à l’écran auraient été pénibles, sinon carrément choquantes pour le public, surtout féminin. Raison pour laquelle Jackson, en plus d’avoir créé Tauriel, a également décidé d’y insérer le personnage préexistant de Galadriel.

Malgré ces nobles intentions, le personnage de Tauriel connaîtra une réception controversée, notamment du côté des fans et puristes de Tolkien, mais aussi du côté de la critique. Les fans, d’une part, semblent s’objecter à tout ce qui ressemble à une modification de l’œuvre originale, prônant la fidélité quasi absolue. Un exemple de cette attitude «conservatrice» s’observe par rapport à un autre personnage féminin de Lord of the Rings, celui d’Arwen. Tout le monde ayant vu la trilogie se souvient des scènes dans lesquelles la belle Elfe porte secours à Frodo; celle-ci arrive telle une apparition sur son cheval, puis conduit au grand galop le hobbit mourant, pour finalement appeler les dieux afin qu’ils déferlent les eaux de la rivière sur les Cavaliers Noirs à leur poursuite. Ces scènes d’héroïsme ont fait crier les fans. Pourquoi? Parce que qu’à la base, dans les livres, toutes ces actions étaient accomplies par un Elfe masculin du nom de Glorfindel, personnage occulté par Jackson dans ses adaptations. Parce qu’à la base, Arwen n’apparaissait dans le récit que pour accueillir la compagnie à Rivendell, et puis marier Aragorn à la toute fin. Mais aussi, et peut-être avant tout, parce que ces scènes présentaient la prémisse d’une modification d’envergure apportée par Jackson sur le personnage d’Arwen. En effet, le réalisateur avait dans l’idée offrir à la princesse Elfe le rôle d’une guerrière et même l’amener à combattre aux côtés de son bien-aimé Aragorn. Et les fans ont catégoriquement rejeté ce projet, que Jackson a, d’une façon, été obligé d’avorter sur le champ, et dont nous voyons les vestiges dans The Fellowship of the Ring, lors du sauvetage de Frodo. Triste destin pour une Étoile du Soir montante, reconduite à se languir, solitaire, dans sa chambre de Rivendell.

Et Tauriel dans tout ça? Tauriel, fantaisie absolue de Jackson, incarne en quelque sorte ce que sa consoeur Elfe ne pouvait être (ou n’avait pas le droit de représenter); force, témérité, révolte, etc. En même temps, celles-ci partagent un destin sous le signe d’un amour impossible pour un non-elfe; un homme pour Arwen et un Nain pour Tauriel, ce qui est dans son cas beaucoup plus problématique. Les initiés de Tolkien savent qu’un Elfe et un Nain s’entendent comme chien et chat depuis des Âges. Et c’est ce qui a perturbé les esprits des adeptes lors des premiers échanges de flirts entre Tauriel et Kili dans The Desolation of Smaug, deuxième opus du Hobbit. Cela représentait ni plus ni moins qu’une profanation des normes essentielles de la Terre-du-Milieu, l’équivalent d’une relation queer. Et c’est en considérant ce contexte que je me suis demandé, avant que le dernier volet ne prenne d’assaut les écrans en décembre dernier, comment cette relation épineuse allait-elle aboutir, et j’en suis venue à la conclusion que Jackson ne la concluerait pas autrement que dans la mort de l’un des deux concernés. Mon présage s’est confirmé en lorsque j’ai vu Kili mourir à la toute fin, devant les yeux de sa bien-aimée, qui se morfond de douleur, plus que jamais amoureuse. La dernière scène de Tauriel dépeint celle-ci complètement consumée, désirant extirper l’amour de son être afin de mettre terme à ses souffrances.

Personnellement, ce n’est pas vraiment cette histoire d’amour Elfe/Nain en soi qui me déplaît, mais plutôt le fait que cette histoire d’amour est plaquée, décalquée et finalement vide, tout comme le personnage de Tauriel, sur lequel je reviendrai spécifiquement plus tard. Ce qui se voulait complexe et avant-gardiste se retrouve au final complètement schématique, voire automatique. En fait, ce qui me dérange profondément est cette impression nauséabonde que le personnage de Tauriel ait été expressément créé dans le but d’ouvrir le récit à une romance, comme une réitération de cette association préétablie et coutumière entre personnage féminin et relation amoureuse. La simplicité et l’acceptabilité de l’équation entre femme et romance. Comme si la femme ne pouvait être pensée qu’en relation à l’homme, relation dans laquelle elle se «découvre» femme. Comme si Tauriel, à la base, n’avait été conçue comme étant fière, forte et indépendante que pour mieux sombrer, par contraste, dans les bras d’un homme qui «l’amène à se révéler à elle-même». Ce qui est d’autant plus exaspérant, c’est que le cliché est poussé encore plus loin à travers l’installation du triangle amoureux complété par Legolas. Tauriel est donc amenée à choisir entre l’Elfe Legolas incarnant l’ordre patriarcal, et Kili le Nain, proposant l’alternatif, l’inédit. Mais les deux cas reviennent au même, car il s’agit de relation amoureuse avec un homme. Tauriel n’aurait-elle pas pu simplement exister pour ce qu’elle est en elle-même, une guerrière fière, forte et indépendante, et le rester, ne pas recevoir de flirts bancals d’un bord ou de l’autre et surtout ne pas céder à ces avances. Serait-il possible de penser le personnage féminin autrement, qu’il ne soit plus conventionnellement figurée comme un objet de convoitise, définie par une relation et surtout, conçue comme objet du regard masculin?

Je tiens ici à préciser un point important, car je donne probablement l’impression de sombrer dans le bashing sur Tauriel alors que ce n’est pas le cas: tel qu’annoncé au tout début, je n’ai rien contre son personnage mais plutôt contre ce qu’il représente et comment il s’inscrit dans un système conventionnel étouffant et exécrable en ce qui concerne la (re)définition du féminin. Pour donner une image, c’est comme si je visualisais Tauriel courageuse et armée, parfaite en soi, mais qui est d’avance en train de sombrer dans des sables mouvants paternalistes qui la capturent de plus en plus à mesure qu’elle se démène, et qui finalement se laisse engloutir dans l’inertie.

Aussi, dans un autre ordre d’idée et pour revenir sur l’aspect statique de Tauriel que j’ai soulevé précédemment, cette guerrière est, selon moi, représentative d’un type de personnage de plus en plus courant dans les médias ces temps-ci et que je nomme les Enflammées. Qu’est-ce qu’une Enflammée? C’est d’abord un archétype immémorial, l’équivalent d’un Peter Pan féminin, celle qui ne veut pas grandir, prise entre l’enfance et l’âge adulte. Rouquine, impulsive, rebelle, pré-ado ou adolescente, physiquement forte, revendiquant sa liberté d’action et de décision, choisissant la marge. L’une des Enflammées les plus connues serait l’inoubliable Fifi Brindacier, incarnation même de ce qu’est d’après moi ce type de la révoltée. Plus près de nous, il y a, telle que mentionnée, Princesse Merida de Brave, et pour ceux qui ont écouté (ou regardé, selon si vous êtes visuel ou auditif) la série Game of Thrones, le personnage d’Ygritte, femme libre au-delà du Mur, en est un autre exemple. Tauriel, quant à elle s’inscrit parfaitement dans cette lignée d’Enflammées, et peut-être justement trop parfaitement. Si parfaitement qu’elle n’en est plus que la coquille vide, l’écho répété sans variation, qui finit par évacuer les valeurs féministes à la racine de l’archétype. Une répétition visuelle sans parole, sans voix féministe. Car, à mon avis, l’Enflammée est un archétype profondément féministe et on ne peut plus pertinent à l’heure actuelle. Et Tauriel, à la lumière de tout ce que j’ai évoqué précédemment, passe à côté de ce fondement féministe pour rejoindre la norme et la convention. Ne soulève rien de plus qu’un peu de poussière lorsqu’elle tue des Orcs.

Prochaine fois que mon copain me demandera pourquoi je n’aime pas Tauriel, je répondrai: c’est pas que je l’aime pas, mais c’est qu’elle est censée être féministe et qu’elle n’est pas capable de tenir son bout! Elle était censée porter le flambeau mais il s’est éteint en cours de route. Ce n’est pas de la haine, mais de la déception.

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Ygritte, Game of Thrones

 

Chroniques d’une anxieuse: un amour d’anxieux

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Cet été, quand je t’ai avoué que j’étais anxieuse, j’ai eu peur que tu partes en courant. Mais tu m’as seulement regardée, l’air un peu surpris, en me disant : «moi aussi».

C’était la première fois que je rencontrais un gars comme toi. J’avais l’impression que tu me comprenais vraiment.

Et j’ai su, à ce moment-là, que je souhaitais que tu fasses partie de ma vie.

Tu étais un anxieux comme moi. Tu te questionnais sans cesse, tu angoissais parce que le bar où tu voulais m’offrir un verre était fermé et tu voulais que tout soit parfait. Et ça me faisait rire parce que j’avais l’impression de me voir agir. Comme si, à mes côtés, se trouvait une espèce de version masculine de moi-même.

Durant nos premières dates, on restait souvent en silence, côte à côte. Moi je me disais dans ma tête : «allez dis quelque chose, vite! N’importe quoi!», mais, pour être honnête avec toi, j’avais juste envie de t’embrasser comme une adolescente de quatorze ans. Et je voyais bien que, toi aussi dans ta tête, ça tournait à cent mille à l’heure.

Mais ça ne me faisait pas peur parce que, de toute façon, j’étais pareille.

Quand je te serrais la main un peu trop fort parce que j’étais tendue ou lorsque je tremblais en buvant mon café à moitié renversé, tu ne me trouvais pas bizarre, tu ne me jugeais pas. Tu avais plutôt l’air de saisir ce qui se passait en moi.

Comme la fois où on est allés au Marché aux puces Saint-Michel. Cette fois où je me suis piquée par inadvertance avec un objet (très, très) louche, pointu et souillé, en fouillant dans un énorme coffre. Catastrophe. Mon doigt s’était mis à saigner. Et la première chose qui m’était venue à l’esprit était que j’avais sûrement contractée une grave maladie. J’étais atteinte du Sida (évidemment). Je me voyais déjà sur mon lit de mort, intubée pis incinérée. Mais, toi, tu n’avais pas l’air de me trouver insensée, folle ou complètement tarée. Tu disais, au contraire, les mots justes pour me calmer.

Ouais. La vie d’anxieux c’est pas toujours évident.

Chacun notre tour on feel bizarre. Parfois c’est toi, parfois c’est moi. Chacun notre tour on a l’impression qu’on n’y arrivera jamais, que c’est trop difficile, que la vie met trop d’embûches sur notre chemin.

Mais, chacun notre tour, on sait exactement quoi dire, quoi faire pour que l’autre se sente un peu mieux, un peu plus rassuré. On sait précisément comment apaiser ses angoisses et ses tourments. Comment leur redonner espoir.

C’est comme ça. Tu t’inquiètes pour moi. Et, moi, je m’inquiète parce que tu t’inquiètes. Pis on passe des soirées entières à s’inquiéter mutuellement, de l’un et de l’autre, parce qu’on ne peut faire autrement.

Et si ça ne va pas. Tu le sens. Même si je n’ai rien dit, tu as tout compris.

Et comprendre quelqu’un à ce point là ça vaut plus que tout l’or du monde, plus que le ciel, plus que n’importe quoi.

C’est notre amour, à nous.

Notre amour d’anxieux.

Les Balkans sont le coeur de l’Europe

azerbaidjan« Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l’aube se lève, s’étend, les cailles et les perdrix s’en mêlant… et on s’empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s’étire, on fait quelques pas pesant moins d’un kilo, et le mot «bonheur» paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui vous arrive. Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence, ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible cœur. »

Nicolas Bouvier, L’usage du monde.

J’ai découvert Nicolas Bouvier dans le cadre d’une séance de littérature et géographie. À la lecture de cet auteur, je me souviens clairement m’être félicitée d’avoir choisi le cours. Depuis ce temps-là, Bouvier revient constamment dans mes discussions et mes conseils littéraires en plus d’avoir placé les Balkans en haut de ma liste de voyage… on pourrait dire qu’il a laissé une marque indélébile.

L’Usage du monde, c’est le récit inspiré du périple de l’auteur entre Genève et le Khyber Pass. Tout au long du livre, la poésie de Bouvier et les dessins de son compagnon Thierry ponctuent les descriptions des paysages et des habitants. Au fil des pages, ce sont la Macédoine, la Grèce, la Yougoslavie, l’Arménie, l’Afghanistan et bien d’autres lieux qui apparaissent au rythme des pensées du protagoniste qui semblent griffonnées sur un minuscule bout de papier au milieu du désordre d’un bazar.

Sur la route, les échanges avec les gens rencontrés sont à la fois profonds et superficiels, parfois insaisissables. Pour ces deux voyageurs, l’art devient une façon de faire une brèche dans le mur de l’altérité, mais aussi de se protéger. Ainsi, la musique des Tziganes fait apparaître devant eux un monde ancien et immatériel qu’ils peuvent saisir, l’instant d’une mélodie. L’accordéon de Thierry permet de créer des ponts, les hôtes se dévoilent au contact de sa musique. L’art s’inscrit donc dans ce que Bouvier conseille de valoriser lorsqu’on voyage, le rire et l’autodérision s’ajoutant également à sa liste.

Ce livre s’avère une douce invitation à aller confronter ses perceptions, à aller questionner celui qui vit loin de chez soi. En ce sens, il se distingue du récit de voyage ultérieur de Bouvier qui s’intitule Le Poisson-scorpion et qui relate son périple au Sri Lanka. À force d’incompréhensions, le protagoniste se voit mener vers la déraison. C’est donc un tout autre visage du voyage qui est montré, celui où on s’embourbe et où on se frappe à la dureté des incohérences. Bien que L’usage du monde ait un tout autre ton que ce récit où la folie est frôlée, on ne tombe pas pour autant dans une vision idéalisée du voyage. L’essoufflement physique et mental n’est pas éclipsé, mais ce n’est pas ce qui marque le plus à la lecture du texte. Au final, on nous montre un être qui s’est laissé toucher par ce qu’il a vu et vécu, pas étonnant qu’un des carnets de route de Bouvier, écrit plus tardivement, a pour titre Il faudra repartir. Un trait important unit toutefois les trois récits de l’auteur suisse : le voyageur est celui qui traverse et se laisse traverser par les endroits visités, il accepte de ne plus jamais être le même à son retour.

Cet ouvrage de Nicolas Bouvier parle aux voyageurs et aux futurs voyageurs, il propose une façon de penser la route et de la vivre : il est question de faire usage de ce monde qui nous entoure. En parcourant ce récit, on a l’impression que l’auteur veut créer pour son lecteur un de ces moments qu’il qualifie comme ce qui constitue « l’ossature de l’existence ». Magnifique livre où la poésie rejoint la carte du monde pour l’embraser.

La ballade de l’impossible : entre deuil et désir

9782264047731Assis dans un avion, Watanabe entend une chanson, Norwegian Wood des Beatles, et tout lui revient. La nostalgie l’emporte et il se souvient de l’époque où il était amoureux de Noako. Leur histoire est toutefois empreinte d’un grand drame qui aura su mener à terme l’entièreté de leur relation. Le meilleur ami de Watanable, Kizuki, qui était du même coup, le copain de Noako, s’est enlevé la vie. Ce geste insoupçonné, après une partie de pool entre amis, reste un total mystère pour Watanabe. Coincé entre la douleur d’avoir perdu son meilleur ami et celle de se voir attiré par la copine de son ami font du personnage de Watanable un être des plus respectueux, sensibles et touchants que j’ai eu la chance de rencontrer au fil de mes lectures.

N’oubliant jamais l’existence de son si grand ami, il se liera d’amitié avec Naoko et même un peu plus. Leur relation viendra sans cesse les faire réfléchir, hésiter, souffrir et au fond, aussi, espérer que la vie continue, malgré ce si grand fossé causé par le départ de Kizuki. Naoko restera troublée et se rendra dans une maison de repos pour se départir un peu de ses démons intérieurs. Fidèle, Watanable ira la visiter, la soutenir et une relation ambiguë se créera. Le désir, la sensualité, la douleur, les non-dits; leur relation est si complexe, mais ô combien réaliste.

Sur un fond des années 70 à Tokyo, Watanable, étudiant à cette époque, rencontrera une fille, Midori, avec qui il développera une amitié et une attirance. Toujours dans l’ambiguité, Midori sera l’ultime contraire de Naoko ; elle s’exprimera et transpirera de joie de vivre, malgré ses ennuis familiaux.

La ballade de l’impossible écrit par Haruki Murakami est le premier roman que j’ai lu de cet auteur japonais. Je ne pense pas mentir en disant qu’il est probablement l’auteur japonais contemporain le plus connu et lu. J’avais été entièrement hypnotisée lors de ma lecture et je me souviens avoir lu la grande majorité de ses romans l’été de ma découverte. J’avais aussi bien aimé Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil et Les amants du Spoutnik, je vous en reparlerai dans une prochaine critique!

Dans une atmosphère tendue entre la tristesse et l’érotisme, les personnages apprennent à surmonter les épreuves de la vie, sans jamais porter de jugement condescendant sur les personnages. Murakami a su traiter de thèmes douloureux en y ajoutant des parcelles d’amour, de poésie, de folie, de désir et de sensualité. Le récit contient des brides de conversations des jeunes au sujet de l’avenir, du deuil, du désir, de la sexualité et des interdits de la société. On y retrouve des parcelles de jeunesse et de maladresse à chaque page et ce, écrit dans une langue simple et surtout, jamais vulgaire, autant au niveau de la sensualité qu’au niveau des drames vécus par les personnages. Tout est toujours décrit avec minutie et respect. Un roman à lire qui fera mal, mais dans le bon sens.

« Ce n’était pas mon bras qu’elle cherchait mais un bras. Ce n’était pas ma chaleur qu’elle cherchait mais une chaleur. J’étais gêné de n’être que moi.»
« Quelle que soit notre vérité, la tristesse d’avoir perdu quelqu’un qu’on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d’aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra. »

En 2010, l’adaptation cinématographique du livre est sortie. Je me souviens que je voulais absolument le voir, mais que je n’arrivais pas à trouver un endroit où il allait être diffusé. C’est mon copain qui l’a finalement commandé lors de sa sortie en DVD. Or, je sais qu’il se trouve maintenant sur Netflix, mes chanceux! Réalisé par Tran Anh Hung, l’adaptation est toute en finesse et en poésie et surtout extrêmement réussie. Je vous invite à regarder la bande annonce pour vous imprégner de l’essence de l’oeuvre.

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La ballade de l’impossible, Haruki Murakami
Traduit par : Rose-Marie MAKINO-FAYOLLE
Éditions 10/18 / 2009
ISBN : 9782264047731

Dans ma bibliothèque : des romans qui relatent l’Amour

Pour le mois de février, puisque c’est le mois des amoureux, je vous suggère 5 romans qui relatent l’amour.

#01 PARCE QUE JE T’AIME – GUILLAUME MUSSO

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«Car c’est l’amour qui tisse les liens familiaux, pas le sang.» G. Musso

Je vous l’avoue, je ne suis pas une grande admiratrice de Guillaume Musso (ou encore de Marc Levy), mais ce petit roman m’a beaucoup plu. Il me plaît car nous retrouvons une intrigue et un mystère que je tente de comprendre. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un homme et d’une femme, mais celle de deux parents qui ont perdu leur fille de cinq ans. Suite à cet événement, le père désespère et sombre dans la dépression. Il deviendra même un sans-abri. Tout changera lors de la réapparition de sa fille. Même lieu. Même âge. Comment est-ce possible ? Pourront-ils recommencer à zéro? Que s’est-il passé pendant toutes ces années? Où était-elle ? La vraie raison de la présence de ce roman dans cette liste, se retrouve à la fin. Parce qu’il est rare qu’une fin me fasse cet effet de surprise. J’ai eu la chance de lire d’autres Musso, et jusqu’à présent il reste mon préféré.

#02 SOIE – ALESSANDRO BARRICO

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«Mon seigneur bien-aimé dit-elle N’aie pas peur, ne bouge pas, garde le silence, personne ne nous verra.» [Chapitre 58]

Soie est tout simplement l’une de mes plus belles lectures. Je prends toujours un malin plaisir à le relire et encore le relire! Je ne peux pas dire combien de fois je l’ai lu, mais je peux vous dire comment j’aime. Ce roman est très court et fort simple. L’écriture est fluide et douce. Il y a tout d’abord la description des paysages qui nous comble. Ensuite, il y a cet amour. CET AMOUR interdit. La culpabilité du personnage principal, Hervé Joncourt, qui brûle d’envie pour une mystérieuse japonaise. Ce petit roman, en plus d’être MON livre de voyage, est aussi celui qui va me remonter le moral. Le chapitre 58 est mon préféré. Celui qui a été lu le plus souvent. Ce passage est cru et écrit avec une beauté vraie. Ce livre est une belle introduction au monde de Barrico.

#03 LA DÉLICATESSE – DAVID FOENKINOS

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«Après leur dernier échange, il était parti lentement. Sans faire de bruit. Aussi discret qu’un point-virgule dans un roman de huit cents pages.» D. Foenkinos

Au début, tout semble parfait. Natalie vit l’amour rêvé avec un mari merveilleux. C’est alors qu’un drame arrive. Natalie vivra son deuil dans le travail. Elle sera comparée à un zombie, à une machine. Elle oubliera de vivre et de ressentir des émotions. C’est sa rencontre avec Markus, un homme qui semble provenir d’un univers différent du sien, qui changera tout. Natalie est comparée à la beauté pure et Markus, et bien c’est tout le contraire. Cela n’empêchera pas de naître entre eux une complicité. Ils auront confiance l’une envers l’autre et Natalie se donnera un deuxième souffle.

Le roman est écrit très simplement. Nous retrouvons des chapitres courts et beaucoup de citations. Celles-ci sont très présentes dans le livre, ce qui rend la lecture encore plus légère. Ces citations proviennent de pièces de théâtre, de films, de livre, etc. Elles font toujours référence à la vie de ses personnages. Je vous conseille cette lecture parce qu’elle donne le sourire et vous fait croire en l’amour.

#04 L’ÉCUME DES JOURS – BORIS VIAN

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Boris Vian est tout un personnage. Lorsque nous lisons l’un de ces romans, nous sommes dans un tout autre univers. Vian est un  grand romantique et c’est ce qu’il démontre dans «L’écume des jours». Nous faisons la rencontre de quatre personnages : Colin, Chloé, Chick et Alise. Colin et Chloé sont éperdument amoureux. Cependant, elle tombe gravement malade. Un nénuphar prend naissance dans ses poumons. À ce fait, pouvons-nous interpréter que Vian représente son couple? Puisque sa femme a aussi été malade. Son livre «Contes de fées à l’usage des moyennes personnes» a été écrit pour celle-ci. Colin tentera tout son possible pour sauver Chloé de sa maladie. Il fera tout pour la rendre heureuse, qu’elle ait un semblant de vie. La relation entre les deux personnages est fusionnelle et magnifique. L’écriture de Vian est agréable et remplie de métaphores. Ce que j’ai préféré de ce roman est la fin, la colère, le feu, la révolution. Je constate que Vian fait ici une critique de sa société.

#05 EXPIATION – IAN MCEWAN

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Ce roman représente l’histoire d’amour presque parfaite. Cette histoire se passe principalement lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Nous retrouvons trois personnages : Briony la petite sœur, Cecilia la femme séduisante et Robbie le garçon employé de maison. Ces deux derniers forment le couple presque parfait. Une jeune femme riche tombe en amour avec le jeune homme qui travaille dans sa maison. Il est tout de même fort respecté dans la famille. Tous deux ont grandi ensemble. Ils ont même appris à se détester. Puis, une tension sexuelle fait son apparition. Cette tension sera très présente dans la bibliothèque (si vous avez vu l’adaptation cinématographique, cette scène est magnifique, et la robe de Cecilia : «WOW!»). Ils seront alors surpris par la petite sœur qui, avec ses yeux d’enfant, verra la situation d’une autre perspective.  Suite à cet événement, Robbie sera accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Briony, réalisant son erreur, tentera de se faire pardonner, mais sa sœur refusera. Et si nous pouvions tout recommencer ?