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La vraie mort avec Caitlin Doughty

La mort a déjà fait couler beaucoup d’encre chez les philosophes et chez les théologiens, mais aussi dans les journaux intimes du commun des mortels, des plus ésotériques aux plus terre-à-terre. Ce sujet est réfléchi encore aujourd’hui en Occident, mais ses aboutissants ne sont-ils pas tout de même tabous dans la société? Quel est notre rapport contemporain à la mort? Questions de prime abord lugubres, mais ô surprise, Caitlin Doughty tente d’y répondre (et réussi) avec humour, légèreté et précision dans Chroniques de mon crématorium.

Faire la paix avec la mort

Permettre aux gens de faire la paix avec la mort, tel est l’objectif ultime de Caitlin, personnage principal du roman, mais également son auteure. Cependant, ce but ne s’atteint pas si facilement étant donné qu’aujourd’hui, le vieillissement est médicalisé et se passe plus souvent qu’autrement à l’écart des vivants (hôpitaux, maisons de retraite), tout comme c’est le cas des processus entourant la mort, qui se sont littéralement industrialisés.

Ces stratégies modernes, fondées sur le déni de la mort, sont censées aider les gens en deuil à se concentrer sur le positif, sur la « célébration de la vie » – car la vie, c’est tout de même plus vendeur que la mort !

On se confond en métaphores imagées, comme des couchers de soleil pastel, lorsqu’il est question d’aborder le décès de nos êtres les plus chers : tout pour ne pas aborder de front le fait que tout le monde meurt, que notre corps se désintégrera, que cela se produit depuis la nuit des temps et continuera de se produire. Rien n’est moins sûr.

Caitlin n’épargne pas ses lecteurs

Caitlin se met en scène alors qu’elle noue une relation de proximité avec les cadavres puisqu’elle commence à travailler pour une petite entreprise de pompes funèbres à San Francisco. La mort l’avait toujours obsédée depuis un événement traumatisant de son enfance. Ses intérêts dans son adolescence puis dans ses études, ont confirmé ses tendances morbides pour la mener à concrétiser le tout, à 23 ans, dans un crématorium.

D’entrée de jeu le ton est donné : Caitlin n’épargnera pas ses lecteurs et donne les détails les plus sordides et loufoques que son travail de croquemort l’amène à exécuter. Son humour décapant et le style d’écriture un peu à la chick lit permet de suivre le fil sans grandes difficultés, mais attention quand même aux coeurs sensibles puisque ce qu’elle raconte est vrai de chez vrai.

Apprendre et désapprendre

Personnellement, au fil des pages, je n’ai fait qu’apprendre, découvrir et développer mon sens critique face à ce qui attend mon corps et celui de mes proches après leur décès. Comment faire autrement ? Aujourd’hui, ce n’est plus la famille qui s’occupe de laver, d’habiller, de brûler ou de disposer du corps du défunt, mais bien des étrangers qu’on paye pour le faire à distance.

Ce changement radical dans nos rites mortuaires ne s’est pas produit du jour au lendemain et Caitlin, historienne universitaire, nous permet de retracer les moments charnières permettant de l’expliquer. Elle fait souvent des parallèles avec les rituels d’autres cultures et pays, pour permettre un certain recul et se rappeler que nos habitudes ne sont pas du tout la norme et que notre détachement face à la mort peut paraître très étrange pour certains.

Plutôt que d’éveiller de nouvelles peurs chez moi, plutôt que de me répugner, ce livre m’a fait du bien. De la vraie bibliothérapie. Sans le savoir, nous avons tous en nous ces questions autour de ce qui attend notre corps après la mort et c’est bien normal. Chroniques de mon crématorium permet d’avoir des réponses claires ; j’ai trouvé ça rassurant. Caitlin se bat contre les géants de l’industrie funéraire qui souhaitent conserver leurs secrets, qui leur permettent parfois d’abuser du deuil des gens pour vendre des produits et qui accélèrent, sans aucun droit, la disparition du corps de nos proches.

Plutôt que de tourner le dos à la vérité, c’était une révélation de l’embrasser, aussi repoussante soit-elle parfois.

C’est sans réserve que je conseille ce livre qui a véritablement changé ma perception de la mort et qui m’a absolument sortie de ma zone de confort en lecture.

Et vous, quel est le livre qui a ouvert votre réflexion sur un sujet inédit ?

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Le brasier poétique de Jean-Marc La Frenière

Le Salon du livre de Montréal a pour moi toujours été une expérience surréelle. Voir tant de gens réunis pour une industrie qui peine à subsister me remplit toujours de fierté. Cette année, fidèle à mon habitude, je me suis pitchée dans le tas et je me suis laissée guider par ce que j’appelle mon instinct littéraire – instinct qui, disons-le, m’a rarement déçue. Au tournant d’un kiosque, j’ai reconnu au loin l’esthétique de Lino, l’un de mes illustrateurs préférés. En quatrième de couverte, cette phrase : « J’apprends aux pierres le mot aimer. »  J’étais conquise.

La haute gastronomie littéraire

Un feu me hante de Jean-Marc La Frenière et illustré par nul autre que Lino fait partie de ces recueils qui changent une vie. Il se doit d’être lu lentement et chaque mot doit être dégusté comme on dégusterait chaque bouchée d’un mets gastronomique. Je vous laisse ici un extrait qui saura, je l’espère, vous mettre l’eau à la bouche.

« Il y a trop d’hommes avec la tête en majuscule et puis le cœur en minuscule, avec le rêve en pointillé et l’espérance en parenthèse. Ils croient voler en se montant la tête. La sensation du plein ne prouve que le vide. Demain est une promesse. Hier est un regret. Le temps n’a pas de montre mais des conjugaisons. D’autres vies sont possibles, d’autres mots, d’autres gestes. Il y a tant de routes pour un pas, tant de caresses pour un doigt, tant de langues pour un mot. Peu importe les pays, les frontières, nous sommes de partout. Le rêve n’a pas d’adresse pour recevoir son courrier. Le vent n’exige pas de nom pour caresser la peau. Le fleuve sort du lit sans demander sa route. »

La magie des mots

Je suis au départ une amoureuse de la prose littéraire et c’est la forme que La Frenière a choisi d’adopter pour mon plus grand plaisir. Ses mots poignardent et apaisent, un paradoxe des plus inusité. Il sait parler du banal en le rendant primordial. Parler du dur et le rendre doux. Il a une façon de jouer avec les mots qu’il m’a rarement été donné de voir.

Je dois l’avouer, ce fut un coup de foudre. C’est une lecture absolument majestueuse, qui m’a fait autant de bien à l’âme qu’une longue discussion emmitouflée dans une couverture chaude avec ma meilleure amie. Lino a su illustrer de magnifique façon les mots de La Frenière et a rendu sa prose encore plus parfaite, plus vivante. Ils abordent des sujets tels que l’amour, la peine, la joie et l’introspection, formant un mélange parfait de thèmes qui semblent pourtant aux antipodes les uns des autres.

Ce recueil est pour tous ceux qui, comme moi, aiment s’immerger dans l’esprit d’un autre, dans son fil de pensées qui illustre autant nos différences que nos ressemblances. Il est pour tous ceux qui aiment prendre leur temps, dévorer lentement une œuvre et en apprécier chaque parcelle, chaque mot, chaque illustration. Pour tous ceux qui aiment les mots et toute l’émotion qui peut en découler.

Et vous, quelle a été votre trouvaille au Salon du livre?

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La route du lilas : ce chemin parfumé de la mémoire

Chaque printemps, lorsque me parvient l’odeur du lilas pendant mes nombreuses marches dans les rues de Montréal, il ne suffit que d’un coup d’œil pour que je repère cette petite touffe mauve et m’élance en sa direction. Rien à faire. J’hume, j’inspire, en faisant gonfler mes poumons de tout l’air possible qu’ils peuvent contenir, et je recommence deux-trois fois si ce n’est pas plus, et ce, même si quelqu’un m’accompagne. Pas de gêne, je me dois de respirer son parfum.

Celui-ci me fait replonger dans des souvenirs heureux. Très jeune, n’ayant que quelques mois de vie jusqu’à ce que je puisse être autonome, je me faisais garder par une femme remplie de douceur maternelle. Je ne me rappelle que des moments simples de pur bonheur où, mon frère et moi, nous nous amusions à nous lancer le ballon, à courir dans tous les sens, à jouer à des jeux inventés de toutes pièces, à dessiner et à découper des formes dans les magazines qu’elle achetait régulièrement. Dans les périodes de chaleur, elle nous laissait nous baigner dans sa piscine hors-terre après s’être assurée que nous ayons une couche bien épaisse de crème solaire sur tout le corps ainsi que des flotteurs sur chaque bras.

Les émanations du lilas nous accompagnaient dans ces journées où nous ne vivions que de plaisirs fous. Je repartais souvent le soir avec quelques bouquets que me tendait ma gardienne sachant que j’en aimais les effluves.

La route du lilas est une œuvre qui est venue toucher une corde sensible, qui m’a rappelé la légèreté de cette enfance. Le passage suivant résonne si fort en moi tant en émane une vérité absolue :

« Tant et aussi longtemps que le nez reste à proximité des fleurs, le sujet garde un accès sans limites à tout ce que sa mémoire a enregistré à l’époque où il vivait parmi les lilas. Par le nez, les images et les sons lui reviennent dans toute leur clarté sans la moindre distorsion. » (p.156)

Le parfum de l’introspection

Ce roman est le rassemblement de plusieurs histoires dont celle de Shelly et Laura, femmes de lettres, féministes et végétaliennes, qui, chaque année en camping-car suivent la floraison de cet arbuste nordique afin de l’observer, de le sentir et de stimuler leur impulsion créatrice. Pour elles, le lilas a des vertus hors du commun :

« Le lilas faisait partie d’une expérience littéraire toute particulière. Pour Shelly, les effets exercés par le parfum du lilas chez la femme ouvrent des perspectives créatrices infinies […] Ainsi, elle avait entrepris avec Laura une expérience d’écriture jamais tentée auparavant. Il s’agissait de rédiger sous l’influence du parfum du lilas, des textes littéraires. C’était la seule contrainte. Pas d’indications sur la forme, la thématique ou la longueur. » (p.18-19)

Maria Pia, qui doit fuir en toute clandestinité le Brésil, rejoindra ces deux femmes. Même si elle considère ses compagnes particulièrement excentriques, elle sera malgré elle affectée par les effluves du lilas, la poussant à coucher sur papier des souvenirs enfouis depuis des années autant pénibles qu’heureux. C’est ainsi que l’insignifiant, c’est-à-dire l’arbuste ou sa simple odeur, peut mener au signifiant et raviver des moments oubliés, mener à des amitiés, pousser l’esprit à des idées et des compréhensions nouvelles. Derrière cette femme au mauvais caractère se cache un être qui a connu une vie mouvementée, déchirante, mais dont la résilience a toujours pris une place importante.

De par les lettres qu’elle rédige pour Simone, sa fille, nous avons accès à l’histoire de Maria Pia, de sa jeunesse à Três Tucanos au Brésil, passant par celle vécue à Paris avec un mari violent et auprès de Thérèse, une Québécoise venue étudier dans la Ville Lumière, jusqu’à son retour dans son pays natal, lieu qu’elle quittera de nombreuses années plus tard pour rejoindre ces deux personnages obsédés par le lilas. À chaque moment de sa vie, son désir de liberté est criant, inaltérable, et ce, dès sa prime jeunesse :

« Si une femme m’avait promis de me sortir du collège Sacré-Cœur-de-Marie, je l’aurais suivie. J’aurais aussi suivi un tapir ou n’importe quel être qui m’aurait promis la même chose. J’aurais suivi un oiseau si j’avais su à l’époque qu’il me ferait voir le monde. J’aurais suivi une idée. » (p.52)

Un mal collectif et millénaire

Durant le voyage de Shelly, Laura et Maria Pia, nous découvrons aussi l’histoire de différentes femmes à diverses époques – celle de Marie-Louise Lemoine, épouse d’un grand horticulteur, durant l’après-guerre franco-prussienne; de Léopoldine de Habsbourg, l’impératrice du Brésil au XIXe siècle; ou encore de Rosa, fille de Thérèse, qui décide de s’installer en Gaspésie en 2012 pendant les manifestations des carrés rouges. C’est à travers un discours volontairement féministe, animé par des réflexions sur la violence des hommes, la bourgeoisie, la pauvreté, le racisme et l’homophobie, que ces vies nous sont racontées.

L’auteur nous fait naviguer sans difficulté parmi ces vies grâce à son talent pour raconter tout en ajoutant une touche d’humour et d’ironie ainsi que quelques passages inattendus de réalisme magique. Je suis restée accrochée à ces récits, qui marquent par leurs grandes injustices et leurs personnages forts, car il ne s’agit pas d’une compilation d’anecdotes, mais d’une œuvre qui parvient à souligner un mal collectif millénaire.

Et vous, quel est votre rapport au lilas?

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Jouer au détective avec Agatha Christie

Ma passion pour Agatha Christie remonte à vraiment longtemps. J’étais en secondaire deux quand j’ai lu pour la première fois Le Crime de l’Orient-Express, une des seules lectures obligatoires qui m’aie vraiment marquée. J’ai été captivée par son univers. Ce roman, un de ses plus grands succès (et je dois le dire aussi, un de mes préférés), m’a tout de suite convaincue de lire le reste de son œuvre. Il va sans dire qu’Agatha Christie a eu une carrière prolifique, son œuvre compte plus de 80 romans et je garde la liste chez moi, dont je barre les titres au fur et à mesure que je les lis.

Pour tous ceux qui comme moi cultivent une grande admiration et une fascination pour la reine du crime, je voulais partager une récente découverte qui m’a fait replonger dans son univers avec le plus grand bonheur, le livre graphique La Grande Agatha Christie illustrée. À la fois livre-hommage, livre-bibliographique de ses plus grands succès, mais aussi livre-jeu, l’album présente plusieurs scènes tirées de ses romans les plus populaires. C’est maintenant à nous de tenir le rôle de détective et de se mettre dans la peau d’Hercule Poirot, car l’autrice nous met en contexte en nous présentant les grandes lignes de l’histoire, la description des personnages, le lieu du crime, les premiers témoignages ainsi que le fil de l’enquête, tout ça présenté à l’aide de fil du temps, de diagrammes et d’images de la scène de crime qui nous donnent quelques indices ici et là. Elle nous donne les détails importants à savoir pour mener l’enquête pour faire travailler notre logique et nos cellules grises, sans nous révéler explicitement qui est le coupable.

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Crédit photo: Catherine Drapeau

J’ai moi-même lu une vingtaine de livres d’Agatha Christie et je dois dire qu’à chaque fois je n’arrive jamais à résoudre l’énigme et à trouver le meurtrier. Et dans La Grande Agatha Christie illustrée, j’avoue que c’est aussi assez difficile de trouver la réponse, mais le livre n’en demeure pas moins intéressant et il donne surtout envie d’aller relire les romans.

J’ai été charmée de renouer avec le monde de crimes et d’enquêtes d’Agatha Christie. Puisque je connais déjà bien ses romans, j’ai bien aimé me replonger dans ses histoires. Je pense aussi que le livre, étant illustré, pourrait plaire aux plus jeunes, pour ceux qui aiment interagir, se creuser les méninges et même qui souhaiteraient s’initier à la grande romancière. Les graphiques sont vraiment attrayants et dynamiques. Et surtout, on peut le laisser sur la table à café au salon et s’y replonger aussi souvent qu’on le désire pour jouer au détective.

Pensez-vous que vous seriez capable de deviner qui est le coupable?

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S’initier à la magie du rangement avec « The Life-Changing Manga of Tidying Up » de Marie Kondo et Yuko Uramoto

À moins d’être totalement absent.e de Facebook, de YouTube ou d’Instagram, vous avez sûrement déjà dû entendre parler de la femme d’affaires et autrice japonaise Marie Kondo – surnommée KonMarie – et la frénésie incroyable qui a suivi la publication de ses ouvrages sur le rangement Le pouvoir étonnant du rangement et Ranger inspire la joie. En fait, je crois que jamais le fait de ranger n’a provoqué autant d’enthousiasme!

Personnellement, suite à la lecture des deux livres de l’autrice, je peux dire que plusieurs aspects de sa méthode m’inspirent tandis que d’autres me laissent un peu plus sceptique – à ce sujet, mon opinion ressemble beaucoup à celle de Martine dans son article juste ici. Au niveau du style d’écriture, cependant, j’ai eu beaucoup de difficulté avec ses ouvrages, que j’ai, en fait, trouvés plutôt insupportables à lire. De par leur ton moralisateur, ça ne passait pas du tout, et pourtant, certaines parties du livre m’avaient l’air vraiment intéressantes.

C’est pour ça que j’ai été très heureuse de trouver The Life-Changing Manga of Tidying Up: A Magical Story, illustré par Yuko Uramoto, qui est en fait un manga basé sur le premier livre de l’autrice et qui raconte, sous le couvert d’une histoire inspirante, les principes de base de la méthode KonMarie ainsi que la manière dont nous pouvons nous l’approprier. Je ne vous le cacherai pas, j’ai adoré ce manga et je vous le recommande chaudement. 

Ce que j’aime de la méthode KonMarie

La méthode de rangement développée par Marie Kondo possède certains principes qui me séduisent particulièrement. J’essaie depuis peu de les appliquer dans ma routine de rangement, et ils me font me sentir bien. Il se trouve en effet que l’organisation de mes espaces de vie est, en ce moment, un aspect qui m’importe puisque je souhaite trouver dans ce qui m’entoure une plus grande sérénité – qui est liée directement, je le crois bien, au rangement (ou au contraire, au désordre) de mon appart. La lecture du manga tiré des ouvrages de Marie Kondo m’a permis de replonger dans la méthode, de me questionner et d’être plus active dans mon rapport avec les objet ainsi qu’avec mon désir de me sentir mieux tous les jours.

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Le minimalisme et la joie

Ma réflexion sur le minimalisme et mon désir de posséder moins d’objets font suite à mes voyages des deux dernières années au cours desquels je suis partie, sans presque aucune préparation et avec un pack sac de seulement 45 litres, marcher deux chemins de Compostelle en France et en Espagne. Au fil de mes voyages, je me suis rendu compte à quel point c’était agréable et libérateur de n’avoir que peu de choses avec soi, mais surtout, de les aimer inconditionnellement et de sentir qu’ils sont uniques et parfaits pour ce que j’ai besoin d’en faire. J’ai porté les mêmes deux robes tout l’été, mais ça m’était égal puisqu’elles m’allaient parfaitement et que je pouvais les mettre en toutes circonstances.

Il m’est apparu évident que si je pouvais être si heureuse à ne posséder que quelques objets au cours d’un voyage, cela devait être génial de vivre cette satisfaction tous les jours. Dans cette optique, je trouve que l’idée de la joie de Marie Kondo est super intéressante en ce qu’elle nous amène à reconsidérer notre relation aux objets, aux vêtements, et qu’elle nous amène à nous entourer seulement de ce qui nous plaît vraiment, afin de savourer plus amplement chaque instant de notre vie. On ne devrait pas manger tous les matins nos céréales dans un bol qu’on n’aime pas vraiment ou porter des vêtements dans lesquels on ne se sent pas vraiment belle ou beau. S’entourer d’objets qui nous procurent de la joie nous assure d’être plus heureuses et heureux, je pense (et même dans le choix de nos serviettes ou de notre planche à pain!).

Le Manga

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On nous présente Chiaki, une jeune femme de 29 ans qui décide de prendre un cours de rangement pour mettre fin au désordre perpétuel qui règne dans son appartement et, de fait, dans sa vie. C’est un personnage attachant : elle est spontanée, bordélique (au début!), passionnée et touchante. Elle adore la nourriture et la gastronomie et tombe amoureuse facilement. Au fil de l’histoire, on apprend à la connaître et on développe une réelle amitié pour elle. Les autres personnages sont Marie Kondo et le voisin de Chiaki.   

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J’ai lu le manga dans sa traduction anglaise, puisqu’il était facilement accessible à la bibliothèque. Cependant, je vous invite à le lire dans la langue de votre choix!

Le rangement version manga

Par l’intermédiaire de son manga, Marie Kondo nous amène à plonger avec elle dans sa méthode qu’elle a développée précédemment dans Le pouvoir étonnant du rangement. Elle invite Chiaki à visualiser son mode de vie idéal avant de commencer à ranger afin d’avoir une idée claire de ce qu’elle veut accomplir. Puis, elle l’aide à désencombrer massivement en ne lui faisant garder que les objets qui lui procurent de la joie. On retrouve dans le manga, de fait, tous les éléments essentiels à sa méthode : le fait de ranger par catégorie et non par endroit, la nécessité de trouver une place précise pour tous les objets pour faciliter le rangement, la technique du micropliage des vêtements et l’importance de la joie que nous procurent les objets que l’on garde.

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Cependant, c’est vraiment le traitement que Marie Kondo propose de faire des objets sentimentaux qui m’a le plus fait réfléchir. Comme Chiaki, j’ai moi-même plusieurs lettres, cahiers ou livres que je ne peux absolument pas donner parce qu’ils sont trop significatifs pour moi. Dans le cas des souvenirs reliés à des histoires douloureuses, j’ai autant de mal, comme elle, à m’en défaire, pour la simple raison qu’ils sont aussi les vestiges de grands bonheurs. Pourtant, comme Chiaki vient à le faire dans l’histoire, jeter certains de ces souvenirs pourrait me permettre de réellement aller de l’avant dans ma vie et de ne pas m’attacher à certains épisodes du passé. On ne se rend peut-être compte du poids émotif des objets qu’au moment où ceux-ci ont quitté nos vies?

Mon avis sur le manga

Je suis d’avis que lire les ouvrages de Marie Kondo peut être intéressant pour quiconque désire remettre en question ses habitudes de rangement au quotidien. De fait, la lecture du manga The Life-Changing Manga of Tidying Up: A Magical Story peut rendre l’expérience d’autant plus agréable.

Il est clair que l’objectif derrière le livre n’est pas subtil, et que parfois, ça semble un peu « gros » de voir Marie Kondo donner des cours de rangement à Chiaki. Cependant, j’ai trouvé rafraîchissant la manière dont le manga offre la possibilité de montrer le résultat de ce processus de désencombrement et les conséquences positives qui en résultent, qu’elles soient sur le plan physique ou mental. Par exemple, suite à son rangement radical, Chiaki ressent énormément moins de stress dans sa vie quotidienne. Elle est plus à l’écoute de celles et ceux qui l’entourent et est capable d’apprécier davantage les moments simples de la vie, desquels elle retire davantage de joie. À son travail, la procrastination a presque disparu et ce qu’elle a à faire avance d’autant plus vite qu’elle a l’esprit moins encombré. Le manga montre, de cette façon, l’impact positif que peut avoir le rangement sur toutes les sphères de notre vie.

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En bref, le désencombrement et le changement de vie de Chiaki laissent entrevoir les possibilités qui sont à venir pour elle, et j’ai trouvé cela très motivant et inspirant de partager son cheminement. À la lecture du manga, on a envie nous aussi de retrouver la simplicité de la vie quotidienne, l’amour des objets que nous possédons et de nos vêtements, ainsi que la sérénité des endroits rangés. D’autant plus que sa lecture m’a fait vivre un agréable moment.

Y a-t-il des lectures qui vous invitent à reconsidérer votre mode de vie actuel?

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La nuit du 4 au 5, pas qu’une pièce de théâtre

Depuis mon cours de dramaturgie l’année passée, je garde un œil sur les programmations théâtrales des théâtres les plus populaires de Montréal. Je m’intéresse au gagnant du prix Gratien-Gélinas du CEAD (Centre des auteurs dramatiques) chaque année, et je me dis chaque fois, un peu comme je me le dis avec les livres, « si ça gagne un prix, c’est que ça doit être bon », alors je m’oblige, à mon plus grand plaisir, à aller voir cette pièce. Je n’ai pas pu voir la pièce La nuit du 4 au 5, de Rachel Graton, par manque de temps, et depuis j’ai tenté de traquer cette pièce pour au moins la lire, sans réussir. Jusqu’au Salon du livre de Montréal de cette année où je l’ai aperçue au loin, quasiment entourée d’un halo, chez Dramaturges Éditeurs. En plus, à mon plus grand bonheur, c’est une illustration de Mathilde Corbeil qui habillait la première de couverture. Que du bonbon pour les yeux.

Une construction particulière

Lors de mes premiers moments de lecture, j’ai trouvé la pièce décousue, probablement en raison du fait que Rachel Graton construit sa pièce sans réelles indications techniques. Il peut y avoir un ou plusieurs personnages, et les lignes de ceux-ci ne sont pas clairement identifiées. Une majuscule en début de phrase signifie que c’est un nouveau personnage qui parle. Il faut donc s’habituer à lire pour bien comprendre et, encore là, j’imagine que l’interprétation peut être différente pour chacun. J’aurais bien aimé voir la pièce et voir ce que serait la mise en scène. Ma propre interprétation est que chaque nouvelle ligne dite par un nouveau personnage rappelle le commérage qui a souvent lieu à la suite d’un événement, dans ce cas-ci dans un voisinage, et que chaque nouvelle ligne est un voisin ou la protagoniste. Tout au long de ma lecture, j’ai aimé la façon dont les personnages sont décrits et mis en action, simplement. Il n’y a pas de grands artifices dans la pièce de Rachel Graton, elle y incorpore de la vérité et c’est un grand atout de l’oeuvre.

Un sujet important

La nuit du 4 au 5 est, de plus, intéressante, car elle porte sur un sujet important: le viol. C’est l’histoire d’une femme qui a été agressée et qui s’est défendue. Elle en sort vivante, mais non intacte. Son cri a fait fuir son attaquant et a réveillé ses voisins. Elle passe donc à travers les différents protocoles médicaux et policiers, mais sa mémoire lui joue des tours. Tentant de décrire son agresseur, elle est confrontée à de vagues souvenirs. Rachel Graton fait le portrait d’une jeune fille comme les autres, à qui ce genre d’événement pourrait arriver, et ne tente pas de créer une image fausse d’une survivante, mais bien une histoire honnête d’une jeune femme en route vers la résilience. À travers le mouvement #metoo, la dramaturge choisit de faire le portrait d’une femme qui a choisi de dénoncer et, en tant que lecteurs, nous l’accompagnons par solidarité.

Une petite lecture pour grandir

La pièce se lit très rapidement, elle se lit d’un coup. Je voudrais tellement que tout le monde la lise pour comprendre l’importance de ce sujet. Elle devrait être à lire dans les écoles. C’est une pièce qui devrait servir d’outil, autant pour prévenir que pour guérir. Je la recommande, j’incite, même, tout le monde à lire ce chef-d’œuvre, car c’est par des petits gestes que le monde peut réellement changer.

Y a-t-il des livres qui vous ont réellement marqués?

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Écrire l’imaginaire

La lecture et l’écriture sont des activités intimement liées. Lire beaucoup finit souvent par nous donner le goût d’écrire nous aussi. Toute cette matière qui entre dans notre tête doit bien ressortir par un moyen ou un autre. Je pense que la plupart d’entre vous savent de quoi je parle. C’est d’ailleurs pourquoi il y a autant de fileuses qui collaborent à ce blogue.

On trouve plusieurs ouvrages qui portent sur l’écriture. Dans cet article, Élizabeth nous proposait ses livres préférés sur le sujet. J’ai décidé de poursuivre dans cette optique en vous offrant mes suggestions made in Québec! Et puisque j’affectionne surtout les littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, horreur, policier, etc.), c’est donc dans cette direction que j’ai orienté mes lectures!

Comment écrire plus, Dominic Bellavance

Après des années à partager des conseils d’auteur via son blogue, Dominic Bellavance se lance dans la conception de ce guide dans lequel il défend qu’une heure puisse contenir 90 minutes d’écriture.

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Ce livre aborde le sujet du point de vue de la productivité. Personnellement, cette approche est venue me chercher; passant mes journées dans une machine shop, la productivité, ça me parle! J’ai eu beaucoup de plaisir à éplucher ses suggestions. Une touche d’humour et maintes anecdotes rendent la lecture divertissante.

Au-delà de la gestion du temps, Dominic traite aussi d’outils, d’idéation et de motivation. Certains conseils peuvent sembler évidents, d’autres farfelus, mais je pense que ses meilleurs trucs sont ceux qui nous obligent à sortir de notre zone de confort. Ce guide vous sera très pratique si vous ne trouvez jamais le temps d’écrire ou si vous souhaitez optimiser le temps que vous avez, peu importe dans quel genre littéraire vous écrivez.

Écrire et publier au Québec : les littératures de l’imaginaire, Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau

Ce projet initié par Isabelle Lauzon est en fait une étude sur l’univers méconnu du livre au Québec. Les trois écrivains ont demandé l’aide d’une cinquantaine de collaborateurs du milieu des littératures de l’imaginaire afin d’offrir un portrait global de leur réalité. Ce livre décortique un à un les multiples aspects de la vie d’auteur.

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Écrire et publier au Québec est principalement divisé en deux parties. La première porte sur le processus de création, d’écriture en général. On y découvre que chacun est différent et, par conséquent, que tous possèdent leurs propres façons de travailler. Mais on nous propose aussi quelques pistes de réflexion qui peuvent nous aider dans notre démarche personnelle.

Dans la seconde partie, on parle de ce qui vient après l’écriture. On y aborde surtout les aspects concernant l’édition et le milieu littéraire, de la soumission de manuscrit à comment réagir aux critiques. J’ai trouvé cette partie particulièrement intéressante puisqu’elle fait la lumière sur plusieurs mythes que les gens entretiennent envers les auteurs. Ce livre est rempli de conseils, d’anecdotes et de témoignages qui répondent aux multiples questions que peuvent se poser les auteurs en herbe.

Comment écrire des histoires, Élisabeth Vonarburg

Très impliquée dans le milieu de la SFFQ*, Élisabeth Vonarburg a inspiré et formé de nombreux auteurs. Dans ce Guide de l’explorateur, elle partage ses années d’expérience en tant qu’écrivaine et animatrice d’ateliers.

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Beaucoup plus technique que les deux autres, ce guide nous fait prendre conscience des mécanismes liés à l’écriture. Élisabeth nous propose des exercices pour mettre en pratique les concepts enseignés. Cela nous permet d’ouvrir nos horizons à tous les chemins différents que peut prendre une histoire, selon l’effet recherché. On apprend également à contourner les écueils, comme les clichés et les incohérences, qui peuvent couper le lien que partage l’auteur et le lecteur.

Je conseille ce livre à quiconque veut aller plus loin dans sa démarche d’écriture. Les exercices suggérés en cours de lecture offrent l’opportunité de réfléchir sur notre travail, mais aussi de se pratiquer, de prendre l’habitude d’écrire plus souvent.

S’asseoir pour passer à l’action!

Gardez en tête qu’aucun guide ne détient la vérité absolue, mais tous s’entendent sur une chose: l’écriture, ça se développe, et pour ce faire, il faut écrire! Vous auriez beau passer des mois à lire des essais sur les lettres, ça ne vous rendrait pas meilleurs.

Certes, vous y trouverez de l’inspiration, des outils et, surtout, de la motivation. Mais aucun de ces livres ne fera le travail à votre place. C’est vous qui devez vous asseoir et, crayon ou clavier au bout des doigts, enfiler les mots les uns après les autres. Vous me direz que ce n’est pas aussi facile! Mais pourquoi donc?

*la science-fiction et le fantastique québécois

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Françoise en dernier : l’adolescence en toute liberté

Trois ans après la parution de L’année la plus longue, Daniel Grenier nous conduit à nouveau sur les routes sans fin de l’Amérique avec son ultime roman Françoise en dernier. Cette nouvelle épopée au coeur du territoire américain met en scène Françoise, une adolescente de 17 ans en quête de liberté.

Françoise vit une adolescence québécoise plutôt typique de la fin des années 1990 jusqu’au jour où elle trouve dans un salon de coiffure une édition de 1963 du magazine Life qui lui apprend l’histoire d’Helen Klaben. En février 1963, Helen Klaben a 21 ans et survit à un périple de 49 jours dans les forêts du Yukon suite à un écrasement d’avion piloté par Ralph Flores. En prenant connaissance de cet événement, Françoise devient fascinée par Helen Klaben et décide de partir à sa rencontre.

Partir à l’aventure 

Si vous êtes comme moi, l’envie de partir sur un nowhere vous est probablement déjà passée par la tête dans votre vie, sans toutefois que vous osiez concrétiser cette pensée. Françoise, elle, réalise ce fantasme. On vit donc un peu par procuration son aventure à travers le roman et c’est franchement agréable. Daniel Grenier a d’ailleurs affirmé en entrevue que le personnage de Françoise lui a permis de vivre certaines expériences dont il a rêvé à l’adolescence sans jamais les rendre réelles.

La quête d’émancipation se sent tout au long du voyage de la protagoniste.  Du Québec à la Californie, en passant par le Nevada et l’Iowa, Françoise découvre certes les frontières terrestres, mais surtout les limites qu’elle est prête à transgresser. On la surprend ainsi à voler en toute subtilité le portefeuille d’un homme qu’elle croise sur son chemin et à apposer sa marque en graffitis dans une gare de triage désaffectée. Ses périples reflètent son insatiable soif de liberté et son besoin constant de se réinventer:

« Françoise ne le disait pas explicitement ni à Sam ni à personne, mais comme c’était bon de jouer les Américaines. Ici, chaque jour elle le constatait, tout était à inventer et à réinventer. Ici, on pouvait se rêver soi-même, on savait que ce qui existait à l’intérieur de nous pouvait un jour sortir et nous illuminer, jusqu’à ce que les autres soient quasiment aveuglés de beauté. Ici, on pouvait oublier ce qui s’était passé deux secondes ou deux semaines auparavant et recommencer à zéro. En pensant à ça, elle réalisait qu’elle ne l’aurait jamais formulé comme ça chez elle, de loin, avant de partir. »

Un roman féministe?

Plusieurs critiques médiatiques ont présenté Françoise en dernier comme un roman féministe. Je dois avouer que je ne partage pas entièrement cet avis. Au fil de ma lecture, j’ai davantage ressenti la quête de liberté d’une jeune adolescente qu’une position féministe vigoureusement affirmée.

Certes, il y a sans aucun doute un lien qui unit les deux femmes protagonistes, Françoise et Helen Klaben, dans leur condition de femmes fortes et libres. Il y a certainement beaucoup de complaisance dans la manière dont Ralph Flores traite Helen tout au long de leur périple ensemble. Il y a possiblement une référence à Thelma et Louise dans la traversée en voiture de Sam et Françoise.  Des connotations féministes sont donc présentes ici et là, mais on se doute bien qu’il ne s’agisse pas de la priorité principale de l’auteur :

« Elle ne se trompait pas souvent, le bottin encore moins. Mais elle savait au plus profond d’elle-même qu’un homme n’avait pas d’affaire ici, dans son histoire avec Helen. Et surtout pas celui qui se dressait maintenant devant elle de toute sa hauteur, l’arrosoir comme une extension en plastique de son bras : Helen habitait seule, dans la tête de Françoise, Helen n’habitait avec personne. Elle l’accueillait, l’accueillerait, et elles auraient des conversations à rendre jalouses les plus intimes des amies de longue date. Helen ne vivait pas ici, c’était cet homme qui vivait ici. Elle avait envie de le pousser dans le sternum. Elle pensait à ce que Ralph avait dit à Helen après l’écrasement, que c’était de sa faute parce qu’elle rejetait les enseignements de Jésus-Christ, et ça lui donnait envie de pousser cet homme dans la cage thoracique, dans ce que sa grand-mère appelait le plexus solaire. »

Pour le résumer sans fioritures, Françoise en dernier est tout simplement un roman agréable à lire. On prend plaisir à suivre l’attachante Françoise jusqu’au Yukon, sans trop remettre en question la vraisemblance du récit. À l’instar de L’année la plus longue, Daniel Grenier montre encore ici qu’il a le don de créer d’intrigantes histoires à partir de sujets inusités. Une belle lecture que je vous recommande pour commencer 2019 en beauté et réveiller l’aventurier.ère en vous.

Et vous, avez-vous des suggestions de lecture qui donnent envie de partir à l’aventure?

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Nos héroïnes : découvrir des femmes d’exception

Ce livre, je l’attendais avec impatience. J’ai déjà exprimé mon amour pour le travail de Mathilde Cinq-Mars et je réitère que j’admire énormément son travail. J’étais donc vendue d’avance au niveau visuel. Puis, je suis tombée sous le charme des mots d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de la lire (shame on me) et je n’ai pas été déçue.

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L’œuvre

Mais commençons par le début. Il est ici question du magnifique livre Nos héroïnes, écrit par Anaïs Barbeau-Lavalette et illustré par Mathilde Cinq-Mars. Le livre met en lumière le portrait de 40 femmes d’ici, des Québécoises d’exception. Parfois, leurs noms nous sont familiers et souvent, on ne les connaît pas (pas encore). Chacun des portraits contient une page qui résume les points importants de la vie de l’héroïne et est accompagné d’une magnifique illustration. Les femmes présentées sont des pionnières de notre histoire, de la fin du 16e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Les créatrices de Nos héroïnes nous présentent leurs coups de cœur, choisis avec amour. Évidemment, ce ne sont que quelques héroïnes triées sur le volet et on peut s’attendre à ce que d’autres tomes voient le jour dans un avenir rapproché.

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Des portraits bien choisis

Ce qui frappe dans la sélection des portraits, c’est le large éventail des domaines dans lesquels ont œuvré ces femmes. On vogue de l’astrophysique au syndicalisme, en passant par les sports et le journalisme. On apprend à connaître la fondatrice des caisses Desjardins (Dorimène Desjardins), mais aussi celle de l’hôpital Sainte-Justine (Irma Levasseur) et on découvre celle qui est à l’origine des impressionnants Jardins de Métis dans le Bas-Saint-Laurent (Elsie Reford).

On reconnaîtra plusieurs noms de rues et de parcs de la province, une belle occasion d’en apprendre un peu plus sur l’importance de Jeanne Mance, d’Émilie Gamelin ou encore de Thérèse Forget-Casgrain dans notre histoire nationale. Outre des « Canadiennes françaises », on met en lumière le destin de plusieurs femmes autochtones et métisses, car il ne faut pas oublier la place des Premières Nations dans notre histoire.

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Des femmes fortes à travers le temps

Ce magnifique ouvrage présente d’abord et avant tout des femmes qui ont décidé de faire à leur tête alors qu’on leur disait de ne pas faire de vagues et de se contenter de leur rôle de femme. Elles ont été fortes et n’ont pas tenu compte des propos restrictifs des autres. Ce sont des pionnières, des modèles de persévérance et elles nous rappellent tout le chemin parcouru par nos ancêtres pour la condition féminine. La lecture des portraits incite à vouloir en savoir plus sur leur histoire, à aller fouiller un peu plus loin.

Ça pique la curiosité et c’est pourquoi l’œuvre peut autant plaire aux adultes qu’aux jeunes. Entre les mains d’un enfant, Nos héroïnes offre une belle introduction à un pan de notre histoire et pourra être consulté à différents moments de la vie de l’enfant. S’il contemple d’abord les illustrations, il voudra ensuite en apprendre plus sur le personnage présenté.

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Un visuel tout en finesse

Les illustrations n’ont rien à envier aux justes textes. Mathilde Cinq-Mars a savamment mis en images ces héroïnes, se basant très souvent sur des photographies. Je me suis amusée à fouiner un peu sur la toile pour tenter de trouver l’inspiration initiale de l’illustratrice. L’idée est excellente puisque cela facilite l’association entre les portraits du livre et les images qu’on peut retrouver soi-même.

Mathilde s’est inspirée des photos en y ajoutant des éléments qui qualifient le parcours des femmes. Le style de l’illustratrice amène un effet « à l’ancienne » et délicat, tout à fait indiqué pour ce genre d’œuvre. Les détails, les couleurs, les textures, tout est réalisé avec minutie.

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Ce petit ouvrage mérite de se retrouver dans la bibliothèque de toutes les chaumières du Québec et d’ailleurs. Il ouvre les portes sur un univers trop souvent méconnu ou délaissé, mais qui vaut la peine d’être mis en lumière. La mémoire des femmes qui ont fait notre histoire est précieuse et le petit bijou Nos héroïnes est là pour garder en vie nos ancêtres courageuses.

Et vous, quelles femmes de notre histoire admirez-vous le plus?

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Les obsessions dans Notre château

L’horreur est une manière parmi d’autres de réagir aux pressions et aux exigences du quotidien. L’horreur permet de s’évader de nos vies ordinaires vers des mondes inattendus où on se laisse surprendre par la peur. Voilà pourquoi j’ai voulu consacrer un article à un roman d’épouvante. Également, pour conjuguer l’utile à l’agréable, je suis allée piger dans la maison d’édition Le Tripode, dans laquelle je n’avais jamais puisé et dont les couvertures et les titres sont tous plus charmants les uns que les autres.

Un quotidien imperturbable

Emmanuel Régniez nous donne à lire un roman d’un peu plus de cent pages, tout en paradoxe : une forme très allégée, plusieurs petits chapitres séparés en trois parties, mais un fond lourd, une histoire très sombre. En effet, Octave, le personnage principal, narre sa propre vie imperturbable et non perturbée depuis que sa sœur et lui vivent dans une somptueuse demeure qu’ils appellent « Notre château ».

Ce château occupe presque la moitié de l’histoire à lui seul, et les descriptions que le personnage principal nous en fait sont émotives. J’ai trouvé intéressant de s’attarder aux détails architecturaux et au décor pour pouvoir mieux entrer dans la tête des protagonistes. Certains éléments retiennent la plume de Régniez plus que d’autres, comme un lourd cendrier de verre, et j’ai l’impression que l’histoire gagnerait à être relue pour en comprendre toute la valeur symbolique.

Depuis la mort de leurs parents, frère et sœur vivent dans le château. Leur relation très, voire trop, fusionnelle est au cœur du récit. Alors que les journées passent et se ressemblent, le roman débute avec un 31 mars à 14 h 32 qui, lui, sort de l’ordinaire. Cet événement va métaphoriquement sortir Octave et sa sœur Véra de leur château et les plonger dans des souvenirs douloureux et flous.

Une écriture obsessive et une ambiance lugubre

Les répétitions sont constantes dans le roman, et ce ton obsessif suggère qu’Octave n’est pas tout à fait sain d’esprit. Je mets donc en garde les lecteurs qui sont irrités par ce genre de procédé d’écriture, puisque cela ne va pas en diminuant au fil du roman.

L’auteur donne le ton à Notre château en utilisant, pour sa couverture, une photographie tirée d’une série réalisée par Thomas Eakins, décédé en 1916. Régniez clôt aussi le roman de cette manière, laissant le lecteur dans une ambiance lugubre.

C’est loin d’être le récit qui m’a le plus effrayée dans ma vie, mais il donne certainement l’eau à la bouche pour se procurer d’autres lectures dans le même genre. L’histoire est mystérieuse et le demeure jusqu’à la fin, et libre à chacun d’y comprendre ce qu’il veut. Emmanuel Régniez laisse nos propres démons imbiber son histoire.

Et vous, quelle lecture vous a empêché de dormir?