Derniers Articles

le fil rouge, le fil rouge lit, études, bibliothérapie, bien-être, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, opinion, passion lecture, plaisir de lire

Les bienfaits de lire pour le plaisir pendant ses études

Comme plusieurs d’entre vous, je suis étudiante. Étudiante à l’université, en première année de droit. Et Dieu sait qu’en droit, il y a en masse de quoi lire : les ouvrages de doctrine rédigés par des professeurs, la jurisprudence, les textes de loi, et j’en passe. Je ne peux pas parler pour les autres programmes, mais je pense bien qu’en général, on est pas mal tous et toutes dans le même bateau qui navigue sur des pages et des pages de lecture à n’en plus finir.

J’ai souvent entendu des étudiants dire : « Pendant mes études, je ne lis rien d’autre que ce qui a rapport à mes cours », et ce, dans le but de se concentrer au maximum sur leurs études, ce qui est bien, dans un sens. Je comprends le rationnel de la chose, ayant également essayé d’arrêter de lire pendant ma première session de droit parce que je pensais que cela me permettrait de me concentrer davantage sur mes études. MAIS C’ÉTAIT SI DIFFICILE DE RÉSISTER. Je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter ce bouquin qui m’interpellait, de le prendre et de le dévorer.

J’ai aussi (malheureusement) déjà entendu des étudiants ou des personnes ayant étudié par le passé dire qu’ils avaient perdu le goût de lire à cause d’une écoeurantite aiguë due à la montagne de lectures (pas toujours agréables) qu’ils doivent faire ou ont dû faire pour l’école.

Et honnêtement, je trouve cela triste, cet amour de la lecture qui se transforme parfois en haine.

La lecture comme un moyen de m’évader de la prison des études

Je tiens à préciser que c’est une métaphore. Les études, c’est formidable, nécessaire, etc. Il faut reconnaître que nous avons une chance inouïe de pouvoir en faire. Je pourrais continuer pendant longtemps à vous exprimer ô combien elles sont importantes, mais ce n’est pas le point présentement.

Parce que, oui, on peut devenir prisonnier de nos études, dans le sens où on ne fait que cela, pas grand-chose d’autre, parce qu’on veut tellement performer et se surpasser. Parce qu’on le veut désespérément, ce bout de papier, gage de notre avenir, passeport pour faire ce que l’on aime. Et on oublie tout le reste, même parfois nos passions.

Mais ça fait du bien de juste « mettre le piton à OFF » durant deux secondes, de respirer et de prendre du temps pour soi, pour faire quelque chose qu’on aime. Pour certains, ce sera le sport. Pour d’autres, la musique. Mais pour moi, et pour plusieurs d’entre vous, c’est la lecture. Une lecture qui nous permet de voyager dans notre sofa, de découvrir un autre univers, bref, de fuir et de nous évader l’instant de quelques minutes, d’oublier la pile de travaux et de devoirs sur le coin de notre bureau. Bref, de penser à nous.

La lecture, c’est comme le vélo : ça revient vite!

J’aime vraiment beaucoup les métaphores, est-ce que ça paraît?

Eh oui, vous avez bien lu : si vous étiez auparavant un grand lecteur ou une grande lectrice et que vous avez perdu le goût de lire, ça revient vite, croyez-moi! Il suffit de réapprendre à aimer la lecture, de se reconditionner avec la méthode de Burrhus F. Skinner, et le tour est joué. C’est de détruire l’association qu’on a faite entre lecture exigeante (quelquefois désagréable) d’école VS lecture personnelle agréable. C’est de se rappeler que la lecture n’est pas simplement une corvée, mais qu’elle constitue également quelque chose qui nous faisait du bien.

Honnêtement, je pense que renouer avec sa passion de lire est l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse se faire.

Parce que notre bien-être est important!

Je suis bien consciente que la réalité de tous diffère. Parfois, il y a des situations dans la vie, comme les études, qui font que nos passions, nos intérêts, sont mis de côté. Et ce n’est pas toujours un choix. Quelquefois, ce l’est, parce qu’on est juste tanné et qu’on veut faire autre chose qui ne nous rappelle pas les études. En effet, je sais que les lectures dans un cadre scolaire, c’est tellement exigeant que la vue d’un simple livre peut finir par nous donner la nausée à la longue.

Mais par contre, je pense dur comme fer qu’il faut prendre du temps pour penser à nous. Oui, les études sont importantes, mais il faut se rappeler que notre bien-être l’est tout autant! Et si la lecture, c’est ça qui vous fait sentir bien, faites-vous plaisir et continuer à lire, dans la mesure du possible. Ne vous oubliez pas.

Et, pour ma part, malgré les nombreuses pages que j’ai à lire chaque semaine pour mes cours de droit, il y a toujours un bouquin qui m’attend, là, sur ma table de chevet. Dès que possible, je lis quelques lignes. Et ça me fait du bien!

Et vous, chers et chères étudiant(es), quel est votre rapport avec la lecture pendant vos études?

Jane Deuxard, Deloupy, Love story à l'iranienne, Iran, politique, relations amoureuses, Delcourt, roman graphique.

Quand la BD dépeint une enquête sur les relations amoureuses des jeunes iraniens

Jane Deuxard est le pseudonyme d’un couple de journalistes indépendants qui ont décidé de se rendre de manière clandestine en Iran pour recueillir les témoignages de jeunes iraniens concernant leur vie amoureuse. Leurs rencontres avec ces jeunes provenant de différents coins de l’Iran sont reproduites dans le roman graphique Love story à l’iranienne illustré par Deloupy. Ce livre, qui prend la forme d’un reportage, m’a particulièrement marquée en raison du climat politique particulier de l’Iran que l’on découvre dans ce livre.

Idylles amoureuses, jeunesse et régime théocratique

Le livre est divisé en plusieurs parties dont chacune est dédiée à un jeune iranien qui fait part au couple de journalistes de sa situation ainsi que de sa vision des relations amoureuses dans un pays où elles sont interdites avant le mariage et où les mariages arrangés sont fréquents. C’est très intéressant, car devant des règles aussi strictes, la question se pose : comment les jeunes iraniens vivent-ils leurs idylles amoureuses dans une société qui les interdit?

Les journalistes ont fait l’effort de rencontrer des jeunes aux profils variés. Les personnes rencontrées habitent des régions différentes de l’Iran, elles ont des situations familiales et socio-économiques différentes et elles ont des visions opposées quant au futur de leur pays. Toutefois, s’il y a un point commun qui ressort de leurs témoignages, c’est que ce n’est pas facile d’être jeune en Iran.

Pour ce qui a trait aux illustrations, elles ne sont pas particulièrement originales, mais plutôt très réalistes. Les couleurs choisies, plutôt sobres, dépeignent bien l’atmosphère engendrée par le climat politique iranien.

Un moyen d’apprendre sur l’Iran

Par le truchement de cette enquête sur les relations amoureuses, on en apprend beaucoup sur la politique iranienne, notamment sur les suites du Mouvement vert, ce soulèvement survenu après les élections présidentielles iraniennes en 2009 et les répressions qui ont suivi. D’ailleurs, tous les témoignages que l’on trouve dans le livre ont été recueillis sous le couvert de l’anonymat, car cela représentait un risque important pour ces jeunes de critiquer le régime ou encore de révéler leurs infractions à ses règles. Rappelons qu’en Iran, le seul fait d’être vu en public en compagnie d’une personne du sexe opposé avec qui l’on ne partage pas de lien de parenté est considéré comme étant répréhensible.

Ce roman graphique est une bonne entrée en la matière pour en apprendre davantage sur l’Iran. Et pour ceux qui ont lu Persépolis, vous aimerez passer de l’autobiographie à la lecture d’histoires multiples. Chapeau à Jane Deuxard d’avoir réalisé une telle enquête dans un pays où les journalistes étrangers ne sont pas les bienvenus et d’avoir réussi à faire la lumière sur la réalité de ces jeunes.

Et vous, avez-vous des suggestions de BD-reportages?

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; Tulipe; Les voyages de Tulipe; Sophie Guerrive; éditions 2024; bande dessinée; BD; comic strip; strip; philosophie; poésie

Tulipe : la vie entrecoupée de pauses crêpes

Sous un ciel entièrement bleu, au milieu d’une étendue verte, se dresse un arbre. Adossé à son tronc, Tulipe, un ours philosophe habillé d’un débardeur rayé, somnole. Autour de lui, ses amis s’activent dans tous les sens : Crocus le serpent, Violette l’oiseau, Narcisse le tatou, Capucine la chauve-souris, Rose la poule. Tous ont des noms de fleurs, excepté l’arbre, le caillou et l’œuf, ce qui ne les empêche pas de pouvoir penser et parler comme les autres. Car c’est bien là que se situe la magie des petits ouvrages de Sophie Guerrive : dans les dialogues et les pensées de ses personnages.

Entre sublime et absurde

Chacun d’eux est traversé par des questionnements à la fois philosophiques et existentiels, sur l’amitié, l’amour, la mort, la confiance, la timidité, l’ennui, l’efficacité, la solitude, etc. Tous un brin névrosés, ils s’interrogent sur le sens de la vie. Ce qui donne des dialogues poétiques (parfois des monologues, mais jamais bien longtemps, tout le monde venant y mettre son grain de sel!), emprunts de mélancolie et d’humour. Ainsi, Violette est amoureuse du soleil, Crocus est hyperactif et rêve de découvrir le monde, le le caillou est désespéré; quant à Tulipe, il n’aspire qu’à rester auprès de son arbre.

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; Tulipe; Les voyages de Tulipe; Sophie Guerrive; éditions 2024; bande dessinée; BD; comic strip; strip; philosophie; poésie

Voyager oui, mais sans partir de chez soi

Si le premier livre nous fait découvrir les personnages et leur caractère, le deuxième met à l’honneur les casaniers. Car, même s’il s’intitule Les voyages de Tulipe, notre ours n’arrive jamais vraiment à s’en aller, bien qu’il rêve d’aventures et de découvertes. Il y a toujours quelque chose qui le retient. Et il n’est pas le seul : l’oiseau refuse de migrer, la chauve-souris préfère rester dans son trou et l’œuf ne veut surtout pas éclore pour découvrir un monde trop compliqué. Comme le dit si bien Tulipe dans une très belle illustration pleine page : « Heureusement qu’on peut voyager sans sortir de chez soi », et de préférence, entouré de ceux qu’on aime.

Des histoires courtes et minimalistes

Du côté du dessin, j’ai tout de suite accroché au style minimaliste de Sophie Guerrive. Ses personnages naïfs, avec des traits simples, sont attachants et très expressifs. Je n’avais pas lu de format strip depuis longtemps, mais avec de grosses journées de travail, j’ai apprécié de pouvoir en feuilleter quelques pages, faire une pause, puis y revenir sans avoir de fil à suivre. La répétition des cases est aussi rompue par de superbes illustrations grand format remplies de détails! Elles interviennent dans l’histoire comme une pause, nous laissant reprendre notre souffle avant de replonger.

Alors, irez-vous rejoindre Tulipe sous son arbre?

Tulipe et Les voyages de Tulipe de Sophie Guerrive sont édités chez 2024. L’autrice sort aussi régulièrement de nouveaux strips sur sa page Facebook.

D’la féerie québécoise

J’avais ces deux livres entre les mains, et je voyais des points communs entre les œuvres de ces deux auteur-trice-s. Je me suis alors permis de les rassembler.

« Ton tour, pige dans le lac.

Le lac est profond. Des hommes, tous les jours, se noient et coulent. Tu plonges. Dans les lacs. Tu n’as pas peur. Tu es grand et fort. Tu tires sur tout ce qui bouge. La reine crie. Éclate, en pétales. Tu restes calme, concentré. De tes gestes calculés choisis une carte. Le valet, les cartes, font des châteaux. Face à découvert, tu me tiens. Je te tiens. Le premier qui rit. » Zoologies, Laurence Leduc-Primeau (p. 16-17, La Peuplade)

Zoologies est le tout premier livre de Laurence Leduc-Primeau avec la maison d’édition La Peuplade. Son premier roman a un nom tout aussi intrigant : À la fin ils ont dit à tout le monde d’aller se rhabiller, aux Éditions de Ta Mère. Zoologies était ma première découverte de l’autrice et, dès les premiers micro-récits à tendance poétique, j’ai été charmée. L’univers féerique qu’elle a su créer avec ses histoires touche à plusieurs aspects de la vie en général (séparation, amour, amitié, etc.). J’ai pu voyager avec sa plume. Je vous l’avoue, parfois, j’ai été déroutée et un peu perdue dans son écriture : où souhaite-t-elle m’emmener, quel est son message? Mais, peu importe, je me suis laissé emporter par son monde.

En faisant la lecture de Zoologies, je me suis mise à envier certaines tournures de phrases de l’autrice, rêvant moi aussi d’écrire un jour ce genre de phrase.

« Les filles deviennent des châteaux de sable et les garçons, des nuages. » Zoologies, Laurence Leduc-Primeau (p. 45, La Peuplade)

Parfois, elle a su rendre le beau laid, tout comme elle rend le laid beau. L’autrice fait des jeux de mots, s’amuse à nous faire sourire par ses références culturelles (exemple : Alice au pays des merveilles, Le Petit Prince, etc.). Laurence a une écriture colorée et imagée qui m’a permis de voyager dans son univers amoureux.

À la conquête des petits châteaux

À la conquête des petits châteaux a été édité par les Éditions de la Tournure, qui est en fait une coop de solidarité (ils ont également édité le recueil de poèmes d’une de nos anciennes fileuses, Roxane Nadeau, Les garçons au vent).

Timothée-William Lapointe fut remarqué par ses doux mots lors de soirées de poésie. Pour cela, il s’est même vu décerner une carte au Gala de l’Académie de la vie littéraire, en 2018.

Tout commence par le deuil, le deuil de parents. La solitude d’un petit garçon, et tout continue avec les responsabilités d’adulte.

« Plus tôt on accepte

les glitchs de la vie

plus tôt on apprend

à être un meilleur Sims »

À la conquête des petits châteaux, Timothée-William Lapointe (p. 65, La Tournure)

Timothée-William nous parle de la réalité de la vie d’une manière très simple. Il écrit le genre de poèmes que j’aime parce qu’il ne prend pas mille détours pour expliquer une chose simple de la vie. Il utilise les bons mots, mais surtout des beaux mots pour imager son histoire. Il m’a fait rire avec ses petits tracas de la vie qui nous entourent et sa naïveté. Il fait une belle réflexion sur l’innocence de l’enfance, de ce qu’on comprend à cette époque face aux choses difficiles de la vie.

Ce qui réunit les deux auteurs

Les deux livres parlent de sujets semblables qui sont amenés avec beaucoup de féerie. On retrouve dans les sujets qu’ils abordent un peu de magie et, surtout, d’espoir. La vie, on le sait, peut être parfois difficile, et ces deux auteurs réussissent à la rendre agréable et simple.

On sent dans les deux livres les racines québécoises, avec leurs québécismes et les sujets qu’ils abordent. Mais on y retrouve surtout l’amour.

Et vous, est-ce que vous avez des recueils que vous aimeriez découvrir?

Merci aux Éditions de La Peuplade et aux Éditions de la Tournure pour ces deux magnifiques lectures.

Un livre québécois par mois : Février : La Pastèque

En février, on lit un livre de la maison d’édition La Pastèque !

La Pastèque fut fondée par Frédéric Gauthier et Martin Brault en 1998. Elle édite principalement des romans graphiques, mais nous pouvons constater de plus en plus d’albums jeunesse. Elle est surtout connue pour être la maison d’édition qui publie les bandes dessinées de Michel Rabagliati, Paul. La Pastèque a pour objectif de nous faire tomber en amour avec des scénarios bien construits d’illustrateurs-trices québécois-es et parfois d’autres pays.

Pourquoi avoir choisi La Pastèque ? Je vous avoue être sous le charme de leurs créations. Il est rare que je sois déçue de mes lectures et leurs bandes dessinées sont souvent mes coups de cœur.

Voici quelques suggestions de lecture :

Et puis, quelle sera votre lecture?

Bibliothérapie, Camilla Lackbërg, Lisa Gardner, Jusqu'à ce que la mort nous sépare, le fil rouge, le fil rouge lit, genre littéraire policier, les livres qui font du bien, livres, paralittérature, genre littéraire, policier, lecture, réflexion littéraire

Le genre littéraire policier: le mal-aimé?

J’ai toujours affectionné le genre littéraire policier, et ce, depuis le jour où ma mère m’a acheté une boîte pleine de romans d’Agatha Christie à la bouquinerie de la Terrasse Dufferin alors que j’étais âgée de dix ans. En vieillissant, toutefois, je me suis rendu compte que mon genre littéraire « chouchou » était plutôt mal aimé, comme un sous-genre peu appréciable. Souvent, le genre policier est considéré comme de la paralittérature. Est-ce que ce genre littéraire a moins de sens esthétique pour l’exclure des œuvres faisant partie de la littérature? Cela m’a parfois amenée à être complexée d’aimer tant ce genre. Je me suis questionnée sur ce que m’apportaient mes lectures de romans policiers et ma réflexion a fait ressortir des caractéristiques démontrant tout l’intérêt que peut avoir ce genre. En voici quelques-unes qui me font tant aimer le policier! 

Authenticité

Le genre policier aborde toujours les personnages avec authenticité. Souvent, ils sont des personnes tout ce qu’il y a de plus normal, proches de notre réalité. Leur dualité, propre à chaque être humain, y est décrite nous permettant ainsi de voir leur lumière, mais aussi leur noirceur. Ceci normalisant par le fait même notre propre dualité et nos questionnements intérieurs les plus profonds comme être humain. Par exemple, les détectives sont souvent abordés selon la réalité exaltante de leur travail et leur bienveillance face aux victimes, mais aussi, leurs problèmes y sont bien décrits, les ramenant ainsi au commun des mortels. Le fait que leur dualité y est présentée avec autant d’acuité et de normalisation permet de s’attacher aux personnages, de s’y identifier et d’embarquer alors complètement dans l’histoire racontée.

Être transporté

Les romans policiers permettent également de voyager. De pouvoir suivre une intrigue qui se passe en Suède, dans un petit village côtier comme dans les romans de Camilla Läckberg, nous permet d’en apprendre un peu plus sur ce pays, sur sa culture, son climat, sur les habitudes alimentaires et les valeurs. Pour un moment, cela nous déconnecte de notre train-train quotidien. Mais, ils nous permettent également de voyager à travers d’autres réalités. Pour un moment, on peut se mettre dans la peau d’un policier menant une enquête de front ou dans celle d’une victime et ressentir ce qu’elle vit. Nous pouvons même adopter le point de vue du tueur si l’on veut. C’est là, la magie des livres, nous permettre de vivre des choses que nous ne pourrions vivre autrement, d’endosser le rôle que l’on veut le temps de quelques pages.

Humanité

Personnellement, comme lectrice, un bon roman est un roman qui vient me toucher dans ma réalité, qui m’inspire, qui joue avec mes émotions. En raison de l’humanité qui se dégage des romans policiers, je suis très souvent touchée par mes lectures. Je me rappelle avoir vécu un moment difficile cet été, alors que j’essayais de prendre en main ma santé, mais que la motivation n’était pas au rendez-vous. Je lisais à ce moment un roman de Lisa Gardner, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, et aussi improbable que cela puisse paraître, la situation du personnage principal (elle s’entraîne pour affronter son ex-mari meurtrier) est venue me parler dans ma propre situation de démotivation à l’entraînement. La vision de la « persévérance » décrite par un des personnages est venue changer ma propre perception :

« Vous ne vous disiez pas, j’ai trop mal ou trop peur. Vous remontiez parce que vous n’aviez pas le choix. C’est la même chose ici, Angela. Vous nagez et vous nagez encore, sans réfléchir, parce que c’est la règle. Vous faites des pompes et des abdominaux jusqu’à l’épuisement, parce que c’est la règle. Et puis, un jour, vous vous rendez compte que vous êtes dans la zone et que vos bras, vos jambes n’existent plus. Vous n’êtes qu’un mouvement. C’est cela, la zone. Quand on la découvre, on est capable de tout. »

Je crois que si un livre nous parle et nous rejoint dans notre réalité, il a atteint son but. Le livre nous a interpellés et nous a fait ressentir des émotions, alors il a atteint son but, sans égard à son genre littéraire. Ainsi, peu importe que notre genre préféré ne soit pas considéré comme de la littérature, s’il comble nos besoins de lecteur et qu’il nous fait du bien, il est de la littérature à mon sens.

Et vous, y a-t-il un genre littéraire qui vous passionne, mais que vous n’assumez pas complètement? Lequel?

 

simon and schuster, livre, littérature, le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, la littérature qui fait du bien, polyamour, many love, sophie lucido johnson, a memoir of polyamory and finding loves, essai

Many love : journal d’une polyamoureuse

Dans son livre Many love : a memoir of polyamory and finding love(s), Sophie Lucido Johnson raconte son historique amoureux afin que nous puissions mieux comprendre pourquoi certaines personnes se qualifient de polyamoureuses.

Lire la Suite

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Les survivantes du Titanic, Éditions Porte-Bonheur, Amy H. Turner, Titanic, soeurs jumelles, New York, Halifax

Après l’insubmersible, une peine insurmontable

Je ne suis assurément pas une grande adepte de films. Rares sont les films que j’ai écoutés, et presque mythiques sont ceux que j’ai écoutés plus d’une fois. Le film Titanic fait partie de cette dernière catégorie. Film culte, je l’aime bien entendu pour son histoire d’amour dramatique, mais également pour tout le côté historique. Le début du XXème siècle est certainement l’époque sur laquelle j’aime le plus lire et apprendre, notamment grâce à des fictions. Le roman Les survivantes du Titanic, d’Amy H. Turner, a donc piqué ma curiosité. Cependant, seule une petite partie de l’histoire relatée se déroule sur le paquebot. Les deux tiers expliquent plutôt ce qui se passe dans la vie des personnages après la nuit fatidique du 14 au 15 avril 1912.

Vie paisible

L’histoire est celle de la famille Lindley, composée de Aidan, riche commerçant ayant fait fortune dans le milieu de la chaussure, Kathleen, son épouse, et Helen et Jane, leurs filles jumelles de 16 ans. Ils vivent dans des conditions très confortables à Norwich, dans le Norfolk, au Royaume-Uni. Aidan, souhaitant gâter ses filles, leur offre à chacune un billet à bord du Titanic, le navire qualifié par tous d’insubmersible, afin qu’elles puissent célébrer leur dix-septième anniversaire à New York, aux États-Unis. Il s’agit d’une pierre deux coups, considérant que l’homme d’affaires souhaite exporter son entreprise en Amérique, le continent de tous les espoirs.

Il est donc convenu que les parents voyageront à bord du Lusitania en mars, et que les filles prendront place à bord du Titanic en avril, accompagnées de leur tante Emily. Alors que Jane et Helen sont surexcitées à l’idée du voyage, leur mère s’inquiète. Aidan, voulant faire taire ses inquiétudes, lui fait savoir que Cliff Chandler, le fils d’un bon ami, un jeune homme en qui il a une confiance absolue, sera également du voyage. Loin était-il de se douter que cet homme serait la cause d’une terrible embrouille entre les deux soeurs.

Traversée tant attendue

L’attente prend finalement fin, et les trois dames s’installent à l’intérieur de leurs cabines de première classe. Les deux jeunes filles, couvées depuis leur naissance, profitent du penchant de leur tante pour les siestes pour aller explorer le bateau et rencontrer les personnes se trouvant à bord. Elles font plusieurs rencontres fort intéressantes, rencontres qui changeront leurs vies à toutes les deux. Découvrant pour la première fois la liberté, les jumelles prennent des chemins différents, se cachent leurs activités et leurs fréquentations, et ne vivent plus dans la bonne entente qu’elles ont toujours connue. Comme si cela n’était pas assez, Jane prend ombrage du succès de sa soeur. Elles sont donc en très mauvais termes lorsque le naufrage survient.

Le titre l’énonce d’emblée : les deux soeurs survivent. Elles sont toutefois séparées et prises en charge par des bonnes âmes qui les présentent comme des membres de leur famille respective lorsqu’ils quittent le Carpathia, le navire étant allé secourir les naufragés. Le nom de Lindley n’apparaît donc sur aucune liste de survivants. Jane s’en voudra beaucoup après l’accident. Persuadée que sa jumelle est vivante, elle se donne pour mission de la retrouver avant de retourner vers leurs parents.

« – Je ne peux pas rentrer sans ma soeur, avoua Jane au détour d’un sanglot. Je ne le supporterais pas : rien que d’imaginer le regard de mon père quand il apprendra la nouvelle… C’est ma faute si Helen n’a pas pu être sauvée, j’aurais dû la protéger, nous aurions dû être soudées au lien de nous déchirer.

– Que dites-vous là, voyons?

– Oui, c’est ma faute si Helen a quitté sa cabine en pleine nuit. Je l’ai giflée, je l’ai insultée et accusée de se comporter comme une fille facile! »

L’épreuve de l’après

À partir de ce moment, les chapitres alternent entre les deux jumelles qui tentent comme elles le peuvent de se remettre de cette croisière qui s’est avérée être un cauchemar et de retrouver ce qu’elles ont perdu. Chaque chapitre amène un nouvel indice, chaque chapitre rend la réunion de plus en plus proche et plausible. Plus je m’approchais de la fin, plus j’avais hâte à la conclusion. J’avais hâte que tous les efforts des personnages donnent enfin des résultats, car j’ai fini par trouver que l’histoire tournait un tantinet en rond. Les personnalités des personnages ne sont pas très approfondies, donc on comprend rapidement l’essentiel. En lisant, j’ai mis sur pied une possible conclusion qui était dramatique à souhait. Bien qu’il s’agissait d’une très bonne fin, ce n’est pas celle qui a été préférée par l’autrice, qui a opté pour une fin plus prévisible. Il reste que des fins comme celles-là font du bien, de temps à autre. Et puis, j’ai tout de même lu ce roman en quatre ou cinq jours, donc j’ai certainement apprécié. Bref, c’est un livre qui allie très bien l’histoire, l’amour et une quête qui s’avère bien difficile pour les deux jumelles, pour des raisons différentes.

Sur quelle époque aimez-vous particulièrement lire?

Ör, Auður Ava Ólafsdóttir, Éditions Zulma, Mort, Reconstruction, Humanité, littérature étrangère, Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothéraphie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien

Ör d’Auður Ava Ólafsdóttir ou découverte de la littérature islandaise

Tout en douceur et tout en simplicité, Auður Ava Ólafsdóttir offre un roman d’une grande délicatesse avec Ör. Court récit d’une fluidité considérable qui se parcourt en une lecture, l’œuvre traite avec sensibilité de la mort, des blessures, des cicatrices et de tout ce que cela signifie pour chaque individu.

« L’idée m’a traversé comme un éclair : je vais disparaître. Ainsi n’aurai-je pas à craindre que Nymphéa trouve mon corps. Comme un oiseau qui descend en tourbillonnant, plane à l’horizontale sur quelques mètres, puis s’abat et périt. Un dernier battement d’ailes avant la faille béante, dernier point de mire, et les os blanchis serviront de repère au voyageur. » (Ólafsdóttir, 2017, p. 67)

La mort, la vie et ce qui mène de l’un à l’autre

Ör, c’est avant tout Jónas Ebeneser, homme à la fin de la quarantaine pour qui la vie n’a plus de sens et pour qui le suicide est la fin qui s’impose. Homme divorcé, il quittera son pays, son île, pour aller se perdre dans un pays inconnu où la guerre a récemment fini de sévir et qui a sombré, en ruines, dans l’oubli. C’est la quête d’une mort sans témoin dans un pays sans nom qui, pendant des années, n’a connu que cela. Ör, c’est aussi la rencontre de May, Fifi et Adam. C’est une sœur et un frère qui tentent de maintenir en activité un hôtel dans une ville désertée après avoir survécu à la guerre, tout en prenant soin du fils de la première, dont l’imaginaire a été entaché par la barbarie des hommes. Mais Ör, c’est surtout la reconstruction. La reconstruction d’un homme brisé qui, à l’aide de menus travaux, se redonne espoir. La reconstruction de l’Hôtel Silence et de la ville en décombres. La reconstruction, petit à petit, de dizaines de vies en morceaux. Bref, Ör, c’est l’histoire d’un homme dont le cœur est orné d’un nymphéa qui, une boîte à outils à la main, se met au service des femmes d’un pays ravagé par les conflits.

« Je vais à elle et je lui dis :

– Tu as très bien fait.

Elle se retourne sans lâcher la main du petit, nimbée d’un halo de soleil où voltigent des grains de poussière.

– On essaie de faire de son mieux, dit-elle. En tant qu’être humain. » (Ólafsdóttir, 2017, p. 182)

L’humain au premier plan

Bijou de littérature scandinave, ce roman islandais chamboule par cette humanité qui habite chaque personnage. Contemplative à souhait, l’œuvre, que l’on pourrait qualifier d’épurée, trace une histoire touchante en ne conservant que l’essentiel, mettant de côté ce qui ne l’est pas. Malgré quelques repères de temps et de lieux, le récit semble flotter dans l’intemporalité : le pays écartelé par la guerre n’est pas nommé, comme si, quel que soit le lieu que concevait l’autrice en écrivant, le nom de celui-ci importe peu, puisque tous les conflits aboutissent à une même destruction dévastatrice. Temps et lieux sont donc écartés pour laisser toute la place à des personnages qui se veulent ordinaires, mais qui nous touchent par la finesse de la construction de leur caractère. Dégageant une grande sérénité, Ör aborde avec calme des thèmes lourds tout en nous réconciliant avec l’humanité en peuplant son paysage de personnages poignants de par leur résilience.

« – […]Est-ce que tu comptes rafistoler tout le pays? Avec ta petite perceuse et ton rouleau de scotch? Tu crois vraiment pouvoir recoller un monde en miettes?

Ces mots m’évoquent tout à coup un plat fleuri à bordure dorée que j’avais cassé et recollé quand j’étais enfant. Ç’avait été un sacré travail de faire coïncider tous les morceaux, mais j’y étais parvenu. » (Ólafsdóttir, 2017, p. 191)

Finalement, Ör, c’est un roman sur la vie à travers la mort, plein d’une vérité humaine qui apaise. L’histoire s’étend avec lenteur à travers les pages, nous laissant tout le temps de s’imprégner de son ton et de son atmosphère. Auður Ava Ólafsdóttir livre un récit tout en délicatesse où la fragilité des personnages est grandement touchante.

Et vous, quelle œuvre vous a fait découvrir la littérature scandinave?

le fil rouge lit, bibliothérapie, conseils d'une amie pour des temps difficiles, Pema Chodron, bouddhiste, impermanence, méditation, anxiété, lecture qui fait du bien, résilience, paix intérieur, contentement

Conseils d’une amie pour des temps difficiles : un peu d’éclaircie dans le brouillard

J’en conviens, ce n’est pas le titre le plus glamour à présenter à la caisse d’une librairie. Ça peut même être un peu intimidant et gênant de lire un livre avec un tel titre. Je vous invite à laisser vos jugements de côté, ce qui m’a tout de même demandé quelques efforts, je vous l’avoue. Conseils d’une amie pour des temps difficiles est un livre que j’ai lu en novembre dernier, j’en avais sincèrement besoin.

Je ne me souviens plus trop comment je suis tombée sur ce livre, mais rapidement, j’ai su qu’il me le fallait. C’était une période plus sombre de ma vie, tout me semblait pénible, l’anxiété s’était forgé un creux dans ma tête, c’était difficile pour diverses raisons que je n’élaborerai pas trop ici, mais je suis certaine que vous concevez ce qu’est un temps difficile pour le nommer comme ma nouvelle amie Pema Chödrön! Ce fut (ça et consulter un psy, ne se faisons pas d’illusions, les livres font du bien oui, mais ça ne suffit pas toujours) un genre de bouée de secours, un peu d’air pour ma tête qui commençait à étouffer.

Sous les conseils de mon psy, j’avais commencé à méditer et je tentais le plus possible de m’éloigner de mes pensées négatives, de les observer, de ne pas donner plus d’importance à mes peurs, mes angoisses, à ne pas croire tout ce que mon charmant cerveau me disait. J’apprenais aussi à ne pas avoir d’attente face à la méditation, à ne pas attendre de résultat, à juste observer le fonctionnement de mes pensées. C’était ardu, paradoxal et franchement rafraîchissant de me distancer de mes tourments pour me rappeler que mon essence était autre. Je n’étais pas mes pensées. Petite phrase toute simple qui peut venir tout changer.

« Elles vont et viennent sans fin, c’est tout » 

Pema Chödrön est une Américaine devenue moniale bouddhiste qui dirige depuis 1986 l’abbaye de Gampo en Nouvelle-Écosse. Dans ce livre, elle présente plusieurs concepts du bouddhisme qui aident à surmonter et mieux vivre les moments difficiles de la vie, peu importe ce qu’ils sont. Elle raconte son divorce et la façon dont elle est parvenue à surmonter cette épreuve. L’écriture est teintée de spiritualité, oui, mais le titre est bien choisi, car on a véritablement l’impression de se faire conseiller par une amie, sans jugement et avec beaucoup de compassion.

« On peut laisser tomber l’espoir fondamental qu’il y a un « moi » meilleur qui émergera un jour »

Le talent du non-espoir 

Elle y présente un concept qui m’a beaucoup parlé, le talent du non-espoir. Brièvement, il s’agit  d’une façon de percevoir l’existence, on prend courageusement conscience de l’impermanence et du changement des choses. On laisse aller l’espoir comme la peur. Il y a la notion de contentement qui s’y attache aussi comme de la gratitude. C’est un art de vivre que d’accepter ce qui se présente au moment où cela arrive et de s’en détacher tout simplement.

Lire ce livre n’a pas fait de moi une professionnelle du lâcher-prise, parce qu’il n’y a jamais de finalité (en soi, ça se rapproche beaucoup de la médiation et du yoga) il ne faut pas attendre une conclusion ou une réussite, c’est un voyage, un parcours, c’est l’essence de vivre et de mourir. C’est inspirer et expirer, et tout recommencer, pour toujours. La voilà la seule certitude et le véritable apprentissage; la vie est un éternel recommencement.

La soif de sécurité est normale, bien entendu, mais n’ayant réellement aucun contrôle sur l’existence, croire qu’on peut vivre sans douleur dans le plaisir constant est une illusion. Une illusion qui ne peut que nous faire mal. De l’accepter, d’en prendre conscience n’est pas un remède à la douleur, mais un outil pour mieux y faire face. Du moins, c’est ma petite compréhension de la chose.

C’est l’impermanence des choses, la nature cyclique de l’existence, c’est les émotions qui viennent et qui vont, c’est le souffle de ta respiration, c’est aimer et puis perdre, c’est vivre et puis mourir, c’est la libération ultime qui est de ne plus espérer. C’est tenter de ne pas s’attacher aux choses, c’est d’aimer sans arrière-pensées, sans attentes, sans s’approprier. On pourrait facilement croire que de prendre ses distances émotivement face aux choses, c’est de perdre l’essence de l’expérience humaine, mais au contraire. Elle m’a fait saisir l’idée de reconnaissance constante.

Dans les enseignements de Chödrön, je vois un appel à aimer, à vivre, à profiter de l’instant présent, à faire les choses avec entièreté et authenticité. Elle ne conseille jamais de se protéger des dangers, mais au contraire, de vivre pleinement avec bienveillance et compassion.

J’avais envie de vous parler de ce livre, parce que je pense avec conviction qu’il peut aider lors des moments difficiles et que c’est la définition à mon sens, d’un livre qui fait du bien 🙂 J’ai l’intention de lire les autres livres de cette inspirante autrice, alors si vous en avez lu, n’hésitez pas à me faire des recommandations!

Et vous, avez-vous des livres comme celui-là qui vous ont accompagné dans des périodes ardues?