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Brasser le varech : parcours d’une fille estuaire

J’ai toujours entretenu un rapport plutôt froid avec la poésie. Ce n’est simplement ni naturel, ni instinctif pour moi de me diriger vers les vers (!!), je me dirige toujours vers les récits, la prose, les essais. N’empêche que mon désir de découverte est grand et que, cet automne, je me suis donné comme défi personnel de lire quelques recueils, question d’espérer tomber sur quelque chose qui m’allumerait ou bien qui me confirmerait que la poésie, ce n’est tout simplement pas pour moi. Ça fait que, si j’écris cette critique, c’est évidement parce que je suis tombée sur quelque chose qui m’allume. Ce quelque chose, c’est le recueil Brasser le varech de Noémie Pomerleau-Cloutier. Brasser le varech est un recueil intime, contemplatif, fort, bercé et supporté par la nature. Je l’ai lu une fois, puis une seconde fois, à voix haute. Je pense que j’ai trouvé, dans le fait de lire tout haut, une façon de mieux apprivoiser la poésie, d’en comprendre les nuances, les intonations, ce qui se cache dans l’espace entre les mots. En 5 …

Rouvrir des plaies pour mieux les guérir avec Rupi Kaur

Quand j’ai commencé ma lecture du premier recueil de Rupi Kaur, Milk and Honey, j’étais assise à la terrasse d’un restaurant, et derrière mes verres fumés, je pleurais à chaudes larmes. Donc, lorsque je me suis procuré son second opus, The Sun and Her Flowers, c’est dans l’intimité de ma chambre que je l’ai débuté. Le livre de poèmes est divisé en 5 parties : wilting (se flétrir), falling (tomber), rooting (s’enraciner), rising (s’élever) et blooming (fleurir). À travers ces différents chapitres, Rupi Kaur explore les thématiques de l’abus, du viol, de la peine d’amour, de l’immigration, du déracinement, de la famille, de l’amour envers les autres et envers soi, mais surtout, celui de la résilience. J’ai dû prendre mon temps pour lire The Sun and Her Flowers, car certains poèmes venaient rouvrir de vieilles blessures et me faisaient pleurer à en hoqueter. Oui, ce livre devrait être précédé d’une introduction listant tous les « trigger warnings » possibles et inimaginables. Mais attention! Si Rupi Kaur vient tourner le couteau dans la plaie, c’est pour mieux en faire sortir le méchant, désinfecter …

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Très intime – Jardins secrets exposés

Québécoise vivant à Paris, Ina Mihalache, connue pour sa chaîne YouTube Solange te parle, s’est fait connaître entre autres avec sa vidéo expliquant aux Français certains termes québécois. Sa chaîne compte à présent plus de 200 000 abonnés et traite de plusieurs sujets, allant de la sexualité à des anecdotes sur son chien, en passant par de la poésie. Elle a également créé la série radio Solange pénètre ta vie intime, diffusée sur la chaîne française Mouv’, regroupant divers témoignages de femmes concernant leur sexualité et tout ce qui touche l’intimité. Très intime fut publié aux Éditions Payot en 2017. Cette œuvre de 285 pages aborde principalement la vie intime et sexuelle de diverses femmes. Il s’agit de la plus récente publication de Solange. Très intime Il faut d’abord souligner que le livre est en fait basé sur les témoignages reçus pour Solange pénètre ta vie intime, l’émission de radio. Avec sa couverture d’un vert vibrant et son dessin quelque peu explicite flanqué juste au-dessus du titre, il est difficile de passer à côté. Je n’avais encore …

Artistes minoritaires : Faut-il ajuster ses exigences?

Lorsqu’on analyse des textes, on peut appliquer le concept de « la mort de l’auteur ». Il s’agit d’un courant qui a proposé une lecture des œuvres laissant place à la virtuosité technique sans prendre en compte l’identité, la réputation ou l’intention des artistes. Jusqu’à présent, quand j’ai accès aux écrits d’autres femmes trans, il m’est impossible d’ignorer dans mon expérience de lectrice le fait que je suis en dialogue avec une voix rare, vulnérable au sein du milieu de la publication. D’une certaine façon, cette prise de conscience teinte ma relation avec le texte : plutôt que d’être à l’écoute de mes déceptions lors d’accident de lecture, je cherche la voix singulière qui dort au milieu des pages. Je reconnais la prouesse technique quand elle est présente, mais mon enthousiasme me permet d’être plus réceptive à un exercice expérimental, plus embryonnaire. Mais est-ce que c’est rendre service à ses comparses du milieu artistique que de les considérer comme dans une catégorie à part? Est-ce qu’il y a un risque de les priver des bénéfices d’une réception critique …

Le mangeur de bicyclette, un tourbillon par Larry Tremblay

Ça fait plusieurs décennies déjà que Larry Tremblay fait partie du paysage littéraire québécois. Il s’y est même taillé une place importante ; de nombreux prix, des adaptations au théâtre, des traductions et des publications à l’étranger en témoignent. Nous vous en avons même parlé à maintes reprises sur le Fil Rouge, notamment pour L’orangeraie et Le Christ obèse.  Le mangeur de bicyclette est une réédition d’un roman publié pour la première fois en 2002. Oui, oui! Quinze années plus tard, ce récit réapparaît dans le paysage littéraire québécois pour notre plus grand plaisir. Il s’en est passé du temps! Heureusement, ce roman est tout aussi contemporain et correspond encore aux univers créés par l’auteur. Je n’ai pas du tout été déçue. Après avoir terminer la lecture, je me suis même ennuyée de son univers déjanté, déstructuré, sans frontière et profondément humain. Une bouffée d’inventivité qui fait du bien et qui rejoint l’universel. Poudre de kumkum Petit fait cocasse, j’ai lu à plusieurs reprises un autre livre du même auteur, Poudre de kumkum, publié la même …

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Comment j’ai raté ma vie

Lorsqu’on foule les bancs de l’université en tant que futurs enseignants, on a la chance d’être mis en contact avec des œuvres jeunesse parfois percutantes. Il y a quelques années, dans un cours dont j’oublie le nom, ma professeure nous avait fait la lecture d’un album jeunesse écrit par Bertrand Santini et illustré par Bertrand Gatignol aux éditions Autrement. Comment j’ai raté ma vie. Nous avions rigolé un peu en entendant le titre. Comment j’ai raté ma vie. Quel titre saugrenu, quelle idée d’intituler un album jeunesse ainsi! Quel coup de génie, aussi, d’utiliser un titre aussi percutant, qui, dès sa lecture, nous donne envie d’en savoir plus. Ne voulant nous en dire plus, notre professeure a commencé à nous lire l’album sans nous permettre de regarder les images. Comment j’ai raté ma vie. Les mots de ce texte nous amènent à découvrir l’histoire d’un homme qui fait état du gâchis qu’est devenue sa vie, elle qui avait pourtant si bien commencé. À l’aide de phrases courtes, mais percutantes, il nous explique comme il était …

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Un jour je te dirai tout : récit d’une fulgurante passion

Un jour je te dirai tout de Brigitte Haentjens est une petite plaquette de 105 pages chargée de passion, de sensualité, de désir. C’est un roman qui se lit d’une traite et qui, je vous préviens, comporte énormément de scènes qui, comme le mentionne le quatrième de couverture, «explore les états limites de la sexualité». Le point focal du roman est cette passion des corps qui anime les deux protagonistes et l’auteure prend un plaisir certes à détailler cette faim. Sans trop d’ancrage ni dans le passé ni dans le futur, on se retrouve plutôt dans le présent d’une fortuite rencontre entre Elisa, Parisienne, et Olav, Montréalais d’adoption. C’est dans une Islande qu’on reconnaît, sans qu’elle ne soit nommée, que les deux personnages brûlent, l’un pour l’autre, d’un désir qui n’en finit jamais d’être assouvi. L’appel de la chair est constante, mais au-delà des corps se trouve aussi bien autre chose. Un besoin de l’autre, un désir de partage constant, un ancrage, quelque chose de plus fort qu’eux. À travers ces moments charnels qui habitent …

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Conte corporel: Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy

Il était une fois un récit dans lequel il est difficile de plonger. Les phrases débordent, c’est dense, on ne sait pas par quel bout le prendre. Puis, petit à petit, l’univers s’éclaircit, il nous habite et ses personnages nous intriguent. Le corps des bêtes d’Audrée Wilhelmy entre sous notre peau: qu’adviendra-t-il de la famille Borya et de la petite Mie, 12 ans, qui veut que son oncle Osip lui montre «comment on fait le sexe des humains»? De sa mère, Noé, qui demeure dans la cabane, loin d’eux et du phare? Que fera ce clan qui habite à 8 heures du village le plus près? Le corps (brut) des femmes L’histoire est parfois difficile; les deux frères du clan, Osip et Sevastian-Benedikt, «prennent» Noé quand ça leur plaît, comme un objet qui ne sert qu’à satisfaire leur appétit sexuel. De ces relations sans consentement sont nés trois enfants, dont Mie, l’aînée. Noé devient le corps d’une bête, comme ceux qu’emprunte Mie. Car la dimension de conte entre en jeu ici, quand la petite fille nous …

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Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre me fait du bien – La dernière fugitive de Tracy Chevalier

Il y a des époques qui nous fascinent plus que d’autres. Pour moi, c’est le XIXe siècle. J’aime voir l’Amérique se bâtir et devenir prospère. J’aime voir l’Europe se transformer rapidement avec l’industrialisation, voir l’écart entre tradition et modernité se creuser sans qu’il y ait de rupture nette et définitive. J’aime voir l’Asie entrer en contact avec l’Occident, voir des dynasties périr et des pays renaître. Tout me fascine et m’intéresse. On dirait que le temps ne passe pas de la même façon au XIXe siècle. On voudrait que tout aille vite, mais la technologie ne suit pas toujours; il faut faire preuve de patience. J’ai donc entamé ma lecture de La dernière fugitive avec enthousiasme et je l’ai poursuivie avec bonheur. Dans ce roman, Tracy Chevalier nous présente Honor, une jeune anglaise quaker qui, après une déconvenue amoureuse, pars pour l’Amérique. Elle souhaite trouver la paix dans cette nouvelle vie, mais elle trouvera d’abord beaucoup d’épreuves. Elle sera confrontée à la difficile vie dans l’Ouest, dans une communauté méfiante, et à l’injustice de l’esclavage. …

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Une auteure et son œuvre : Svetlana Alexievitch

Écrire dans l’ombre, en laissant la parole à ceux qui ne sont pas pris en compte par l’histoire, ces gens qui se déplacent dans l’obscurité sans laisser de traces et à qui on ne demande rien, c’est ce que Svetlana Alexievitch sait faire de mieux. Cette journaliste et auteure russophone soviétique et biélorusse est la première femme de langue russe à remporter le prix Nobel de littérature, et ce, pour l’ensemble de son œuvre. Elle écrit des textes engagés, dissidents, qui causent parfois la controverse. Ce n’est pas seulement sa carrière de journaliste qui l’a conduite à écrire sur les conflits politiques et sociétaires, comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la guerre d’Afghanistan ou la dislocation de l’URSS, mais son enfance marquée par les récits de sa grand-mère et de son père, qui n’ont jamais cessé d’influencer son imagination fertile.   L’auteure Svetlana Alexievitch se met toujours volontairement dans l’ombre lorsqu’elle travaille. J’ai donc décidé de lui donner, dans cet article, une lumière particulière. Pour commencer, explorons brièvement son histoire : Svetlana Alexievitch est née …