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Visages dionysiaques: à chacun sa pastille de goût

Parfois, quand je vois un livre, je sens qu’il va me parler! En voyant celui-ci, je savais qu’il s’agissait d’un livre pour moi juste avec le titre: Visages dionysiaques. Un titre évocateur puisqu’il parle de visages et du dieu grec Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès. Un livre qui correspond à mes deux passions: la lecture et le vin!  Dans ce recueil de nouvelles publié par l’Interligne, l’auteur, Laurent Fadanni, nous propose vingt différents personnages selon vingt vins différents. Comme quoi le vin a plus de caractère que l’on peut le penser.  À chacune des nouvelles, l’auteur nous donne d’abord la fiche du vin dont il s’est inspiré, et s’ensuit un texte unique.  Ma pastille de goût   D’abord sceptique, je ne croyais pas possible de trouver vingt personnalités différentes pour correspondre à des vins. Il faut croire que je ne suis pas encore une experte et qu’il me faudra plus de visite dans l’espace cellier, puisque l’auteur s’en ait tiré haut la main. Il nous transporte dans ce qui pourrait …

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Un merveilleux conte sur l’amitié et la bienveillance: Les trois petits loups (et une belle truie), de Marie Demers

Après avoir déjà démantelé deux contes célèbres pour en offrir des versions «culottées» parues en 2019 sous les titres Le Petit Capuchon Bleu (et le loup qui voulait s’appeler Jennifer) et Peau de vache (ou La Princesse qui voulait épouser son papa) (pour mon article, c’est ici!), la prolifique autrice jeunesse Marie Demers nous revient avec un troisième conte, tiré cette fois-ci des Trois petits cochons, intitulé Trois petits loups (et une belle truie).  Je l’attendais tellement, ce troisième Conte culotté! Et je n’ai absolument pas été déçue. Repenser Les trois petits cochons Dans Trois petits loups (et une belle truie), il n’y a pas de grand méchant loup, vous l’aurez bien deviné, mais plutôt une belle grosse truie à la personnalité chaleureuse, généreuse et pétillante appelée Isabelle. Il n’y a pas non plus de petits cochons qui vivent dans des maisons de paille, de bois et de brique, mais bien des petits loups – Jean-Loup le sportif, Wolfgang l’intello et Mahigan le père débordé. Et finalement, aucun de ces personnages n’est bêtement méchant ou gentil et aucun …

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Quelques lectures pour passer à travers de l’isolement social

Avec la crise qui sévit en ce moment, l’équipe du Fil rouge comprend à quel point il peut être difficile de vivre l’isolement social, surtout lorsqu’on est coincé dans un petit appartement montréalais. Entre fileuses, nous avons discuté de ce qui nous aidait en ce moment et des lectures qui nous permettaient de nous évader quelques heures. Nous avons décidé de partager ces découvertes avec vous en espérant vous apporter un peu de douceur pendant ce dur moment. Les trucs et les lectures de Nathalie Se plonger dans un pavé, une grande histoire, est toujours idéal pour s’évader. Voici quelques-uns de mes préférées: Americanah ou L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie, Jane Eyre de Charlotte Brontë, ou encore Anna Karénine de Léon Tolstoï. Ce qui m’aide le plus à combattre l’anxiété occasionnée par cette période, c’est de me couper des médias, mais aussi des réseaux sociaux où on entend parler de la situation tout autant. Quand je me connecte sur Instagram ces temps-ci, j’essaie de trouver des comptes qui partagent des textes ou des illustrations …

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Trois lectures hivernales à lire lorsque le printemps tarde

Avec l’arrivée tardive du printemps,j’ai décidé de me plonger dans des lectures à thématique hivernale, histoire d’avoir froid, pour encore quelques moments. J’ai sélectionné trois romans qui m’ont impressionnée, certains il y a déjà quelques années,  et dont l’écriture et les thèmes de l’hiver et du froid sont restés ancrés longtemps dans ma tête. J’aime toujours lire des romans qui concordent bien avec le temps de l’année. Impossible donc de lire ce que je vous propose au mois de juillet. Nord Alice, de Marc Séguin Publié en octobre 2015 chez Leméac, Nord Alice a été pour moi une véritable introduction à la littérature québécoise. Nous nous retrouvons dans une histoire où le narrateur laisse derrière lui une tout autre vie. Dans le nord du Québec, nous découvrons un territoire plus que froid, complètement différent et pas toujours  aussi romantique qu’on pourrait le penser. Marc Séguin possède une écriture simple qui reflète des réalités puissantes et illustre bien la réalité des habitants du Nord. C’est un roman que j’ai adoré et que je recommande à tous …

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Morceaux d’ongles et de sang de bien d’autres filles, par Josée Yvon

Avec un titre comme Travesties-kamikaze, Josée Yvon m’avait d’ores et déjà intriguée, charmée, semi-choquée. Mais je n’avais encore rien lu. Encore d’aujourd’hui, je me sens choyée d’avoir découvert l’autrice, qui demeure bien présente dans le portrait culturel québécois actuel: célébrée par le milieu littéraire, notamment par Martine Delvaux, revivant à travers des poètes qui s’en inspirent, comme Marjolaine Beauchamp ou Chloé Savoie-Bernard, reliée selon certain.e.s à l’œuvre de Nelly Arcan et réintégrée dans les nouveautés littéraires par les éditions Les Herbes rouges. Très moderne 1980 Alors que je commence la lecture du recueil, une vague de bonheur monte en moi à partir du ventre: revendications poétiques, colère habillée de froufrous, ambiances tamisées de bar crados et instants bien trash. Quelle fut ma surprise alors que, avare de plus de Josée Yvon, j’ai appris qu’elle était décédée en 1994 à cause du sida! Pourtant, ce texte est tout à fait pertinent en 2020 et j’ai tendance à croire qu’il en choquera encore plusieurs. À noter que rien ne semble inventé et d’ailleurs la préface nous met …

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L’éternelle pertinence de Nelly Arcan

2019: Dix ans se sont écoulés depuis le suicide de l’autrice Nelly Arcan, le 24 septembre 2009. Comme bien d’autres, j’ai découvert Nelly Arcan sur le tard, cinq ans après son décès. Pour ma part, c’est son roman posthume Burqa de chair qui m’a initiée à sa prose si puissante. Je suis tout de suite tombée en admiration devant cette autrice dont l’écriture décrivait avec une justesse déconcertante plusieurs réalités vécues par les femmes. Après Putain, Folle et Paradis clef en main, je me suis lancée dans la lecture d’ouvrages portant sur son œuvre et publiés après son décès. En effet, Nelly Arcan a fait couler beaucoup d’encre depuis 2009; les ouvrages analysant ses écrits, son apport à la littérature et sa contribution au féminisme québécois sont multiples. Plusieurs m’ont captivée presque autant que les romans de l’autrice. C’est donc avec grand intérêt que je me suis lancée dans la lecture du roman Mon ennemie Nelly de Karine Rosso, autofiction qui retrace l’impact de Nelly Arcan dans la vie de l’autrice. Une écrivaine omniprésente Karine Rosso y …

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Les clubs de lecture… Partager avant tout!

Comme la plupart des lectrices et des lecteurs, j’aime beaucoup discuter de mes coups de cœur et de mes déceptions littéraires. Au fil des ans, j’ai réussi à m’entourer d’ami.e.s qui partagent ma passion pour les livres et, à la longue, j’en suis venue à cultiver un goût pour les clubs de lecture. Voici un tour d’horizon de ce qui est possible dans ce domaine. Les débuts: le club de lecture amical Avec mon groupe d’ami.e.s, nous avons un club de lecture amical «non officiel», c’est-à-dire qu’il se forme au besoin quand une publication paraît et intéresse plusieurs d’entre nous. On le réactive au fil des ans, ce qui nous donne des rencontres vraiment irrégulières (ça peut aller de deux fois dans une année à une fois aux deux ans!), avec un groupe à configuration variable, selon les intéressé.e.s par la lecture choisie. La première fois que j’y ai été conviée (en 2012!), nous avions lu Charlotte before Christ, d’Alexandre Soublière et, la dernière fois (à l’hiver 2019), c’était La route du lilas, d’Éric Dupont. …

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La supplication à travers les yeux des victimes de Tchernobyl

En mai dernier, j’ai été happée, comme plusieurs autres, par la mini-série Tchernobyl de HBO qui revisite l’accident nucléaire de 1986. Cette série n’y va pas de main morte et ne camoufle pas ce qui est réellement arrivé, comme ça a été fait par le passé. J’en suis sortie bouleversée, et dans mes recherches pour en apprendre encore plus, je suis tombée sur le fabuleux livre de Svetlana Alexievitch, La Supplication. L’horreur de la vérité Ce livre, qui prend la forme d’un documentaire littéraire, utilise les voix des victimes de Tchernobyl pour raconter leur histoire. Pendant les dix années suivant l’accident, l’autrice a interrogé des témoins, des victimes et des survivants de ce qui s’est passé lors de cette journée fatidique. Elle a récolté des témoignages bouleversants qu’elle nous transmet à travers son œuvre. Ma collègue du blogue, Nathalie Slupik, a d’ailleurs écrit un article en 2017 sur le travail formidable de Svetlana Alexievitch que je vous invite à aller lire de ce pas. Cette vision nouvelle et poignante de la catastrophe, qui est également …

Une fille pas trop poussiéreuse

Apocalypse 2.0: une fille pas trop poussiéreuse

« Tout le monde meurt tout le temps, mais encore plus depuis la fin du monde. » (p. 11) Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours aimé les univers post apocalyptiques. J’ai même eu un ex (un peu trop crack-pot, par contre) qui me racontait ses plans de bunkers en prévision d’une fin du monde potentielle. Je n’ai jamais été vraiment d’accord avec ça, par contre: moi, si le monde implosait et que la vie telle que nous la connaissions se terminait, je ne m’enfermerais pas dans un bunker. J’irais dehors et je m’adapterais (ou pas). Tant qu’à mourir et à voir tous mes proches disparaître, aussi bien que ça dure le moins longtemps possible… Le livre Une fille pas trop poussiéreuse de Matthieu Simard raconte justement une fin du monde 2.0 qui s’étire sur quatre longues années pour le protagoniste. On n’y trouve rien des grands classiques du mythe de l’apocalypse: il n’y a pas d’anges qui descendent du ciel, pas de trompettes, pas de grêle de sauterelles. Juste une grosse couche de …

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Gilead, quinze ans plus tard

Il aura fallu près de 35 ans à l’autrice Margaret Atwood pour nous servir la fameuse suite de son roman dystopique, probablement son plus connu, La servante écarlate. Bien qu’elle terminait déjà ce dernier sur des « Notes historiques », projetant les lecteurs et lectrices en 2195 alors qu’un colloque universitaire se penche sur les écrits laissés par June, comme un héritage, un testament, c’est en fait la société d’aujourd’hui qui a invité, tout naturellement, l’autrice canadienne à poursuivre l’écriture de cette histoire. Il y a un peu plus d’un an, j’abordais ce sujet dans un article que vous pouvez lire juste ici pour vous remettre dans le bain. Cet épilogue agit telle une lueur d’espoir à la fin de ce roman désolant, obscur et loin d’être réjouissant. Bon, c’est un bien simple baume pour tout ce que nous avons enduré à travers ces 483 pages, me direz-vous, mais il demeure qu’une part de lumière réside au sein de ces dernières lignes. Effet semblable à celui suscité par l’appendice que l’on retrouve dans l’œuvre de …