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Le coup de poing et la performance de soi

Quelque chose en moi choisit le coup de poing est un oeuvre hybride entre essai et théâtre, écrite par Mathieu Leroux et publié chez La Mèche. C’est à la fois un rassemblement de courtes et moins courtes pièces écrites et mises en scènes par Leroux, précédé d’un essai sur la performance de soi dans l’art, plus particulièrement dans l’écriture. Le coup de poing, c’est la démarche autobiographique, c’est le Je dans l’écriture, le Je dans l’art, c’est l’acte de se mettre en scène, de se performer. Bien qu’il compare la réalité et la fiction à un coup de poing et une caresse, respectivement, il n’y a  pas pour autant de hiérarchie établie entre les deux. C’est seulement que, pour Leroux, quelque chose en lui choisit le coup de poing. N’ayant pas d’énormes connaissances en théâtre, j’ai trouvé intéressant d’être immergée dans une forme peut-être un peu moins classique, sans pour autant y être plongée sans notions quelconques. Que ce soit l’essai du début, auquel je reviendrai, ou bien l’entièreté des pièces dans lesquelles sont aussi …

Ada, l’attachante petite râleuse

«Je déteste le ballet.» «Je déteste les samedis.» «J’ai mal au cœur en voiture.» «Les arabesques, c’est grotesque.» Ada est une petite fille grincheuse, surtout le samedi, parce que c’est le jour de son cours de ballet… et elle DÉTESTE LE BALLET ! Alors qu’elle tente de reproduire une pirouette demandée par sa professeure de danse, elle dévale malencontreusement, tchah, tchah, BOOM, clang, PFOUF (!) jusqu’à l’extérieur de la salle pour finalement heurter un homme qui lui semble porter un drôle de pyjama. L’homme en question, épaté par ses pirouettes spectaculaires, lui demande de venir en faire la démonstration dans son cours. Les enfants présents sont impressionnés par ses prouesses car il faut bien l’avouer, c’est du grand karaté! Et voilà qu’un sourire se dessine enfin sur le visage de l’attachante petite râleuse… Publié aux Éditions La Pastèque, cet album d’Élise Gravel fait tomber les barrières des stéréotypes de genre. Loin de l’image de la petite fille douce et calme, Ada est boudeuse, râleuse et explosive! L’histoire démontre aux enfants l’importance de faire ce que l’on …

Les choses immuables : ces relations qui sont faites pour durer

J’ai commencé à lire Les choses immuables d’Éléonore Létourneau durant une période charnière de ma petite existence. Le genre de période où plus rien n’a vraiment de sens, où tout semble s’éclipser dans le néant des questionnements, dans le je-sais-pus-où-ma-vie-s’en-va. Le poids des choix que je devais prendre – que je m’efforçais de prendre – me semblait trop lourd à porter, pour l’instant. Il fallait choisir, mais je trouvais difficile de laisser tomber des rêves pour d’autres, de favoriser une voie plus qu’une autre. Trop difficile. Je n’y arrivais pas. Je voulais tout. Et ne rien concéder. C’est à ce moment que les mots d’Éléonore Létourneau sont arrivés dans ma vie. Juste à point. À cet instant précis où tout s’effondrait, où j’en avais le plus besoin. Je me suis retrouvée, avec justesse, à travers chacune des remises en question des personnages de Louis, Hélène, Virginie et Mathieu, qui à l’orée de la quarantaine ne savent plus s’ils ont bien fait de s’enfoncer dans la banalité de la routine. Les jours se ressemblent sans aucune surprise. Les …

Relire la série « Le Roman de Sara » d’Anique Poitras à 28 ans #jelisunlivrequébécoisparmois

Je ne sais pas pour vous, mais lorsqu’un auteur me marque particulièrement, c’est comme s’il faisait partie intégrante de ma famille. Le tout est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un auteur qui m’a marquée pendant ma jeunesse, car on dirait que les récits que nous lisons lors de notre âge formateur nous marquent au fer rouge. C’était le cas d’Anique Poitras et de sa sublime série « Le Roman de Sara ». C’est probablement pourquoi j’étais si troublée d’apprendre sa mort en décembre dernier. J’étais secouée, et, pour faire mon deuil, j’ai décidé de relire sa trilogie qui avait marqué ma préadolescence : La Lumière blanche, La Deuxième Vie et La Chambre D’éden. 

Patrick Sénécal en trois actes

Récemment, je me suis plongée dans l’univers tordu, étrange et intense de Patrick Sénécal. Je n’ai jamais été attirée par l’horreur, que ce soit dans les films ou dans les séries télévisées, mais pourquoi ne pas laisser la chance aux livres? Patrick Sénécal est reconnu pour ses œuvres tordues, dont quelques-unes ont eu la chance d’être adaptées au grand écran. Je me suis donc tournée vers cet auteur de Drummondville, surnommé le Stephan King québécois, pour ma première incursion dans le monde des romans d’horreur. J’aimerais vous présenter non pas un, mais plutôt trois romans qui représentent selon moi trois niveaux différents d’intensité pour mieux entreprendre cet univers. Premier acte : Malphas  J’ai commencé par Malphas 1. Le cas des casiers carnassiers, premier roman d’une série de quatre. Publié en 2011, ce bouquin de 311 pages nous présente Julien Sakozy, nouvel enseignant de littérature au Cégep Malphas, un établissement perdu et oublié au fond du Québec. Plusieurs rencontres et événements particuliers feront de sa première session quelque chose d’inoubliable. J’ai principalement aimé les personnages de cette intrigue, car …

Dée de Michael Delisle : l’envers du décor de la banlieue américaine

Ai-je manqué le mémo? Est-ce que tous mes professeurs de littérature québécoise ont comploté contre moi pour omettre volontairement de leur corpus l’auteur Michael Delisle? On dirait bien! Je viens de découvrir cet auteur (dont Laurence L. vous a parlé ici), poète lauréat du prix Émile-Nelligan en 1987, romancier émérite depuis le début des années 2000, et je suis subjuguée. Je vous parle aujourd’hui du court roman Dée, publié en 2002, roman magistral grâce, entre autres, à son laconisme particulièrement efficace. Longueuil dans les années 1950. Entre la campagne et la grande ville, on commence à goudronner les rues, à installer l’eau courante dans les maisons. C’était il n’y a pas si longtemps, pourtant l’histoire d’Andrée Provost prend place dans une maison digne des Filles de Caleb, une maison bancale, affligée par des armées de mouches et par des odeurs de porcherie. Dée a treize ans, mais elle a déjà les dents complètement cariées, connaît une sexualité précoce troublante, est destinée à travailler à l’usine dès l’âge de 15 ans. Avant même de réellement commencer, la vie …

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31 jours de bibliothérapie : l’intégrale

En décembre, nous vous avions offert, tout au courant du mois, 31 thématiques et une multitude de suggestions littéraires. Puisque 31 jours de bibliothérapie semble avoir été bien populaire, nous avons décidé d’en faire le récapitulatif, dans un simple article, question que vous puissiez vous y retrouver plus facilement. Vous n’avez qu’à cliquer sur le lien de chaque jour pour retrouver l’article et les suggestions littéraires qui y sont rattachés. Pour se plonger dans l’esprit des fêtes Pour revivre l’innocence des enfants Pour se réconforter après une mauvaise journée Pour aider à vivre un deuil, quel qu’il soit Pour faire le point sur notre vie Pour surmonter ses peurs, ou du moins essayer Pour quand vous avez envie de tout abandonner Pour grandir Pour les jours où l’anxiété prend le dessus Pour prendre le temps d’être, tout simplement Pour soigner les coeurs brisés Pour se calmer après une période stressante Pour voyager un peu, sans quitter son lit Pour trouver un sens à sa vie Pour s’accepter, un peu plus Pour se laisser inspirer Pour …

La singularité de l’oppression

  On a tous vécu une première fois. Si on y pense bien, notre quotidien est rempli de première. Le premier café, le premier deuil, la première faille. Cette faille nous appartient, et bien qu’elle nous angoisse, nous soit secrète ou nous rende honteux, elle est en nous. On ne peut la dénier. Il y a aussi le premier roman. Celui qui lève le rideau sur les écrivains d’aujourd’hui et de demain. Je n’écris pas de roman, mais je les lis. Surtout les points de départ. Ceux qui façonnent notre relève, qui frappent par leur sincérité et leur témérité. L’honnêteté du premier roman n’a pas d’égal. L’œuvre parle d’elle même et ne tente pas de prouver, ou d’égaler quoi que ce soit. On ne peut que s’émerveiller devant cette nouvelle découverte. Si la rentrée littéraire de l’automne 2016 nous a autant émerveillés, c’est en grande partie par la présence de nouveaux auteurs qui élèvent leurs jeunes voix et se démarquent par la clarté de leurs propos. Parmi ces auteurs, un en particulier se démarque par …

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

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L’amour, cette imparfaite amitié

D’emblée il faut que j’avoue; je n’ai pas su faire comme Amanda, personnage principal du tout dernier roman de Mylène Bouchard. Je n’ai pas su résister, je n’ai pas eu le temps de désirer, je l’ai consommé, je l’ai consumé même, rapidement. Je n’ai su le déposer que lorsque mes yeux ne voulaient plus que dormir, pour mieux le reprendre le matin suivant. L’imparfaite amitié, c’est une incursion dans la vie d’Amanda, mère, femme volage, femme de culture, amoureuse; à travers une série de lettres, de documents, de bouts de papier mis dans une boite destinée à sa fille. On y découvre sa vie et surtout, ses réflexions et ses questionnements sur le désir et sur l’amour, dans toutes ses pluralités et, par dessus tout, sur la consommation de celui-ci. Amanda s’attache, elle aime souvent, plein de gens. C’est après que sa fille l’ait découverte, au milieu de la nuit, revenant d’une balade avec un amant, qu’elle prendra une décision, celle de résister. Pour s’y tenir, elle fait un pacte: celui de quitter son mari. …