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Boréal 2019 – À la rencontre des passionnés de l’imaginaire

À peine revenue d’un merveilleux week-end au congrès Boréal, j’essaie de faire le tri dans mon cerveau bouillonnant afin de vous partager une part de mon expérience enrichissante. Le congrès Boréal, c’est le rendez-vous de la SFFQ*, un endroit où se rassemblent non seulement les gens du milieu littéraire, mais également les lecteurs, lectrices et adeptes du genre. Le premier congrès a eu lieu à Chicoutimi en 1979 sous la direction d’Élisabeth Vonarburg. Au fil des ans, le groupe de passionnés s’est agrandi pour devenir une vaste communauté solidaire. L’événement change de ville chaque année et la 40e édition s’est déroulée à Sherbrooke du 3 au 5 mai. Dans l’attente de Boréal Commençons par le début! J’ai assisté à mon premier congrès Boréal l’an dernier à Montréal. Malheureusement, des contraintes de temps m’avaient empêchée d’en profiter autant que je l’aurais souhaité. Mais seules quelques heures en présence de passionnés comme moi avaient suffi à me donner la piqûre. Je suis revenue à la maison avec l’impression d’être sur un nuage et j’en parlais à tout …

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Bouc émissaire en danger

Comme je déteste être à court d’idées de lectures, j’essaie le plus possible de prendre en note les titres dont j’entends parler ou qui me sont recommandés. Au bonheur des ogres de Daniel Pennac se trouvait dans ma liste de lectures futures depuis plus d’un an. Il s’agissait de l’un des romans préférés d’une de mes professeurs de français au cégep. Je ne savais rien ni de l’histoire ni de l’auteur, mais j’avais tout de même en tête de lire ce livre, et ce moment est finalement venu. Représentant officiel du magasin et de la famille Le roman a pour principal héros Benjamin Malaussène, qui mène une vie en apparence assez normale. Pourtant, elle contient tout de même certaines particularités. D’abord, le dénommé Benjamin travaille dans un grand magasin parisien où il occupe théoriquement la fonction de contrôleur technique. Dans les faits, il est plutôt bouc émissaire. Lorsqu’un client est mécontent de son achat, Benjamin est inévitablement le coupable. L’engueulade habituelle qui lui est servie par son supérieur et les larmes qu’il réussit facilement à …

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Chansons pour filles et garçons disparus : un hymne à la poésie québécoise

Dernièrement, j’ai été invité à une pièce de théâtre. J’y suis allé à l’aveuglette, ne sachant pas à quoi m’attendre. Je dois l’avouer, quand j’ai vu que le spectacle durait plus de trois heures, j’ai eu mes réticences. Je me suis dit que c’était beaucoup trop long et que j’allais décrocher. J’avais tort, mais tellement tort. Le spectacle a passé tellement vite et il n’y a pas eu une seconde où je me suis dit : « j’ai hâte que ça finisse ». Un joyeux chaos poétique Dans les médias, on décrit la pièce comme un joyeux chaos poétique et il n’y a sans doute pas meilleure description pour expliquer ce que j’ai vécu. La pièce, conçue par Loui Mauffette, s’inspire de ses souvenirs d’enfance et de ceux de son père, Guy Mauffette, animateur de radio. Avec une mise en scène de Benoit Landry, elle est jouée notablement par Nathalie Breuer, Kathleen Fortin, Émilie Gilbert, Roger La Rue, Pierre Lebeau, Jean-Simon Leduc, Gabriel Lemire, Macha Limonchik, Mylène Mackay, Catherine Paquin Béchard, Jean-Philippe Perras, Adèle Reinhardt …

L’estime de soi et l’autiste

Avril, mois de l’autisme. L’autisme est un sujet qui m’intéresse depuis plusieurs années. Je côtoie, depuis maintenant près de cinq ans, des enfants qui ont un trouble du spectre de l’autisme (TSA). J’essaie de les aider du mieux que je peux. C’est pourquoi j’aime m’outiller grâce à des livres qui parlent de ce qu’ils vivent. Je trouve ces lectures toujours pertinentes, car elles me permettent de me mettre plus facilement à leur place. SACCADE est un centre d’expertise en autisme que Brigitte Harrisson (elle-même autiste) et Lise St-Charles ont fondé. Le modèle proposé par l’organisme se veut être un langage autiste, un peu à l’image du langage des signes pour les sourds et muets. Ces femmes veulent sensibiliser la population à la réalité autistique. Il y a de cela deux ans, les deux femmes ont écrit un livre pour expliquer ce qu’est l’autisme. Ce livre, L’autisme expliqué aux non-autistes, est très bien vulgarisé pour que monsieur et madame Tout-le-Monde puissent comprendre les difficultés que peuvent vivre les personnes autistes, qu’elles soient classées de «haut niveau» …

Un livre québécois par mois : Juin – POW POW

En mars, on lit un livre de la maison d’édition Pow Pow! Pow Pow est une jeune maison d’édition qui, malgré son jeune âge, a déjà beaucoup de bandes dessinées à son actif. Elle a vu le jour grâce à l’auteur Luc Bossé qui souhaitait s’autopublier, ainsi que quelques ami-e-s. Aujourd’hui, le catalogue de Pow Pow comprend près d’une quarantaine de titres créés par divers-e-s auteur-trice-s. En plus d’être une maison d’édition québécoise à succès, elle a un volet anglophone. Depuis novembre 2016, les livres sont aussi disponibles en Europe. Pourquoi avoir choisi les Éditions Pow Pow? Elle amène une diversité dans l’art de la bande dessinée et des romans graphiques québécois. Elle permet aussi à de jeunes auteurs-trice-s de se faire connaître. On s’y attache facilement grâce à son côté familial. Dès qu’on tombe sur un titre de Pow Pow, on souhaite en découvrir d’autres, c’est garanti! Voici quelques suggestions de lecture: Les ananas de la colère ; Cathon Moi aussi je voulais l’emporter ; Julie Delporte Les deuxièmes ; Zviane Phobies des moments …

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Les choses brisées de Catherine Côté: écrire sur le banal et l’inconfort

Je me suis rendu compte que, depuis quelques années, à travers ma vie d’étudiante-adulte-active, je suis devenue très inconstante en ce qui concerne le temps que j’accorde à mes lectures personnelles. À certains moments, les livres s’enchaînent les uns après les autres à une vitesse folle, mais à d’autres, ils s’étirent en longueur pendant plusieurs semaines. Je passe aussi parfois des jours entiers sans lire, par manque de temps, ou d’autres fois, c’est l’envie qui n’y est pas (et alors, le même livre traîne sur ma table de chevet encore et encore, au point où parfois je ne me rappelle plus de ce dont il traite!). D’autres fois, l’étirement de la lecture s’impose par le livre lui-même. C’est ce qui est arrivé avec Les choses brisées, un recueil de dix-huit très courtes nouvelles écrites par Catherine Côté. Le livre avait beau ne contenir que 134 pages, je l’ai traîné sur moi plusieurs semaines, lisant des bribes par-ci par-là à travers la fin de session, dans les transports en commun et pendant les moments de fin …

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Frantumaglia: Ferrante, l’écriture et l’anonymat

Elena Ferrante. J’avais d’abord entendu parler de son célèbre et tant acclamé livre L’amie prodigieuse, que j’ai dévoré en quelques jours seulement, les pages se tournant d’elles-mêmes. Depuis sa sortie au Québec, son succès ne s’est pas démenti, et on en a même parlé sur le blog, ici. J’avais aussi entendu parler du mystère l’entourant, des rumeurs qui disaient qu’elle serait en fait un homme, tel écrivain italien, ou encore une professeure de littérature. Les médias de toute la planète ont cherché à résoudre cette énigme: quelle est la véritable identité de celle qui se cache derrière la tétralogie italienne à grand succès? À travers tous ces questionnements, les éditeurs de Ferrante ont regroupé plusieurs lettres, réflexions, correspondances, interviews et extraits de romans inédits pour en faire un livre, Frantumaglia, et ainsi partager avec les lecteurs l’expérience de l’écrivaine. Alors qu’on ne connaissait rien de l’autrice, elle a maintenant une voix à l’extérieur de ses romans. On y découvre des parcelles de sa vie, les inspirations derrière ses personnages, le parcours qui l’a menée à devenir écrivaine, …

Antarctique Solo, la fantastique aventure de Frédéric Dion racontée par Bryan Perro

Oser l’aventure

Je ne sais pas exactement quand ma fixation pour l’Antarctique et les glaciers a commencé. J’ai toujours rêvé d’y aller, de marcher sur les glaciers et d’y être seule au monde. Un rêve bien peu réalisable, quand on y pense bien. L’Antarctique solo? Pfffff! Pourtant, quelqu’un bien de chez nous a réalisé cet exploit. Frédéric Dion a traversé l’Antarctique sur une distance de 4 383 kilomètres en 54 jours et 6 heures. Je ne sais pas pour vous, mais ces chiffres me donnent (littéralement!) froid dans le dos. Antarctique solo : cinquante quatre jours et des poussières de solitude (presque, parce qu’il aura quand même rencontré quelques personnes sur son passage), de neige et de sastrugi. Une aventure qui m’a donné des frissons dans le dos, de peur et, oui, d’un peu d’envie. L’Antarctique solo racontée par Bryan Perro Quand j’étais petite, Bryan Perro était mon auteur préféré. J’adorais ses histoires, mais j’adorais surtout sa façon de les raconter. Quand je suis allée au Salon Aventure et Plein air à Montréal et que j’ai vu …

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«Ami, souviens-toi des hivers passés, jamais des tyrans»

Dans un monde aux accents moyenâgeux, il était une fois une princesse. Tilda doit succéder à son père à la tête du royaume, mais elle est écartée du trône par sa mère, qui y place son jeune frère. Accompagnée du chevalier Tankred et de Bertil, pupille du chevalier et aussi ami d’enfance de Tilda, la jeune princesse en exil va se lancer dans une véritable épopée pour reconquérir le pouvoir. Un début de scénario classique, auquel il ne faut pourtant pas se fier, parce que L’âge d’or tome 1, une bande dessinée de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, est un vrai bijou. Un visuel époustouflant   Commençons par le visuel, puisque c’est lui qui a (entièrement) guidé mon choix alors que j’hésitais à acheter ce premier volume. Les pages de Cyril Pedrosa sont magnifiques. L’œil s’y promène, se laissant porter par les couleurs chatoyantes, vibrantes, qui nous offrent un panel d’ambiances grandioses. À chaque lieu sa couleur, à chaque action ses teintes. Ayant un faible pour l’art médiéval, j’ai aussi été subjuguée par les textures …

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Changer les codes du pouvoir

La représentation des femmes en politique est d’actualité, et il y a certainement lieu de s’en réjouir. Personnellement, les essais qui explorent les causes historiques de l’invisibilité des femmes dans les structures décisionnelles me captivent. C’est pourquoi j’ai dévoré en un après-midi l’essai Les femmes et le pouvoir : un manifeste de Mary Beard, lecture que je recommande grandement à toute personne qui souhaite facilement comprendre les racines historiques de l’invisibilité des femmes sur la place publique. La voix des femmes Dans la première partie de son livre, l’autrice explique comment, depuis l’Antiquité, les femmes ont toujours été réduites au silence dans les instances publiques, puisque «discourir était l’affaire des hommes». Encore aujourd’hui,  les femmes doivent se battre sur deux terrains : d’une part, réussir à faire entendre leur voix, et d’autre part, combattre les agressions dont elles sont victimes si elles réussissent à se faire entendre sur la place publique. Beard poursuit en démontrant que la construction sociale du genre est intrinsèquement liée au silence des femmes, en ce sens que la féminité fut sociologiquement et historiquement …