All posts tagged: Théâtre

Station Eleven : entre nostalgie et fin du monde

Parce que survivre ne suffit pas. Le premier jour : Éclosion de la grippe géorgienne. On estime qu’elle pourrait contaminer 99 % de la population. Deux semaines plus tard : La civilisation s’est effondrée. Vingt ans après : Une troupe présente des concerts et des pièces de théâtre aux communautés regroupées dans des campements de fortune. La vie semble de nouveau possible. Mais l’obscurantisme guette, menaçant les rêves et les espérances des survivants.  Presque toutes les rubriques et médias littéraires en parlent, tous l’encensent comme étant le roman de l’été, une lecture émouvante, touchante, qui captive. J’ai eu le gout de m’y plonger et de voir de quoi il était question dans ce fameux quatrième roman de l’auteure Emily St. John Mandel. Ce roman choral joue dans le temps, dans les souvenirs et dans les moments tant avant, pendant, qu’après la grippe de Géorgie, pandémie qui tua 99 % de la population. Bien que le récit soit post-apocalyptique, qu’il s’instaure dans la lignée des dystopies, le point focal de celui-ci n’est pas la fin du …

Nos suggestions de lecture de pièces de théâtre pour septembre #Jelisunlivrequébécoisparmois

Pour septembre, on se lance dans un genre souvent négligé, le théâtre. Et pourtant, c’est un genre si vaste, plein de poésie et de beauté. Marjorie propose :  Je ne serai peut-être pas des plus originales, mais ce mois-ci, j’ai le goût de me replonger dans Incendies de Wajdi Mouawad. C’est une pièce que, comme plusieurs, j’ai lue au cégep et qui m’a profondément marquée. C’est captivant, étourdissant, triste et brut. Martine propose :  Je l’avoue, ce sera une relecture, mais que voulez-vous, c’était trop bon. Ce mois-ci, je relirai J’t’aime encore de Roxanne Bouchard. Ce texte m’a secouée, m’a émue et m’a fait du bien. Elle a su trouver les mots justes pour parler des relations amoureuses de plusieurs années. Ça donne envie d’aimer tout simplement, et ça, c’est beau. Marion propose : La pièce de théâtre Les grandes chaleurs de Michel Marc Bouchard : « Une folle comédie de l’amour et du mensonge », c’est comme ça qu’on présente cette pièce qui met en scène Gisèle, une quinquagénaire, veuve depuis peu, qui tombe amoureuse …

Chaque automne j’ai envie de mourir et autres secrets

En m’immisçant dans Chaque automne j’ai envie de mourir de Véronique Côté et Steve Gagnon, je ne m’attendais pas à être aussi chamboulée, touchée et marquée par les secrets, par cette universalité humaine qui en émane et par les mots des auteurs. En fait, ce roman est, à la base, un projet théâtral. Un « spectacle déambulatoire extérieur», « une promenade libre et ludique dans les rues de la ville (Québec), ponctuée par six tableaux théâtraux ». C’est suite à la collecte de « secrets » anonymes, dans le but d’avoir des textes pour cette prestation théâtrale, qu’est né Chaque automne j’ai envie de mourir. Après avoir recueilli une multitude de confessions, qu’elles soient vraies ou non, les deux auteurs ont procédé à un travail d’écriture et de réécriture pour chacun des textes. Non seulement l’idée et le travail de Côté et Gagnon sont géniaux et originaux, mais le produit final est touchant, universel et tellement singulier à la fois. J’ai trouvé des parcelles de moi dans presque chacun des textes. Un roman de constellations comme celui-ci démontre tellement bien …

Trainspotting : Invitation au fond du gouffre

Londres. Les années 80. L’émergence de la musique new wave, l’ampleur que prend le mouvement anarchiste et la chute du mur de Berlin apportent un vent de changement dans la société de cette décennie. Par conséquent, la jeune génération vivant cette époque est modelée par la mouvance de son temps et s’inscrit dans le registre de la révolte. Mark « Rent-boy » Renton, David « Spud » Murphy, Simon « Sick Boy » Williamson, Francis  « Franco » Begbie et Thomas « Tommy » MacKenzie sont des enfants fictionnels issus de ce soulèvement. Peut-être reconnaissez-vous ces noms? Il s’agit des personnages principaux du roman Trainspotting d’Irvine Welsh, aussi adapté au cinéma par David Boyle. Le mois dernier, j’ai eu la chance d’assister à l’adaptation théâtrale de l’oeuvre présentée au Théâtre Prospero et j’en suis sortie renversée. Synopsis Trainspotting c’est le récit tragique d’un groupe d’amis qui cherchent un sens à leur existence. Entre la drogue et le sevrage. Entre l’amour et la guerre. Entre l’amitié et la haine. Entre l’Écosse et Londres. Entre le chaos et le nirvana. C’est l’histoire d’une vie. De plusieurs qui s’entrechoquent entre le sans …

887, un retour aux sources

Le 31 mai dernier, j’ai été invitée à assister à la pièce 887 de Robert Lepage au Théâtre du Nouveau Monde, produite par Ex Machina. En toute honnêteté, je n’avais aucune idée du sujet de la pièce et je n’avais pas la moindre attente, mais reconnaissant l’un des plus grands noms du théâtre québécois, je n’ai pas hésité à accepter l’invitation. Voici donc ce que j’ai pensé de la pièce et une brève description de ce spectacle où le texte, la conception, la mise en scène et l’interprétation découlent tout directement du grand Robert Lepage. 887 a pour thème la mémoire; comme Lepage le mentionne, le théâtre et la mémoire sont étroitement liés, puisque ce premier demande un grand travail de mémorisation de la part des spectateurs. Dans le cas de cette pièce, c’est un effort de mémoire pour le public, ainsi que l’homme sur scène qui, pour bâtir sa pièce, concentre sa mémoire personnelle sur les méandres des luttes des classes et de la crise identitaire du Québec des années soixante. C’est la voix …

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie

C’est le milieu de la nuit et j’ouvre J’t’aime encore écrit par Roxanne Bouchard (Nous étions le sel de la mer). Je commence à lire, je souris, je ris, je pleure même un peu et je referme le livre. C’est déjà terminé. Je suis passée plus vite à travers celui-ci que si j’avais vu la pièce de théâtre se dérouler devant mes yeux. Je parcourais les allées de la librairie Alpha située à Gaspé quand m’est tombé dans les mains ce coloré petit livre, que j’avais vu circuler à quelques reprises sur les réseaux sociaux. Comme j’avais bien apprécié ma lecture du précédent ouvrage de l’auteure, originaire de Saint-Jérôme, j’étais tentée de me perdre dans les pages de ce monologue amoureux. Après tout, l’amour n’est-il pas l’une, sinon la quête d’une vie humaine? À travers tout le reste et peu importe notre nationalité, nos valeurs, nos coutumes et notre manière de vivre, le grand thème de l’amour vient nous renverser le cœur à un moment ou à un autre et même parfois, souvent plus d’une …

Queue cerise : entre absurde et inconscient

  Samedi soir, Martine et moi avons été invitées à assister à la pièce Queue cerise d’Amélie Dallaire, mise en scène par Olivier Morin. Après un souper pas trop fancy au Fameux coin Mont-Royal et Saint-Denis, on s’est dirigées vers le Théâtre d’Aujourd’hui, ne sachant pas trop à quoi s’attendre. Queue cerise est une pièce à la prémisse bien simple, bien ancrée dans la réalité. Michelle commence un nouveau boulot auquel elle ne comprend rien, voilà tout. C’est à partir de cette ligne directrice que tout part en vrille, la réalité devient accessoire et laisse place à l’absurde, à l’inconscient, à toutes ces parties de nous qui se terrent dans les recoins de nos esprits. Premièrement, s’il y a une chose à savoir en allant voir Queue cerise, c’est qu’il ne faut pas essayer de s’attarder à tout comprendre, ni à vouloir délimiter la réalité du rêve et de l’inconscient. C’est peine perdue et c’est mieux comme ça. Cette pièce a tout pour charmer son auditoire. C’est d’un humour absurde qui fait rire, beaucoup plus que ce …

Faire l’amour : des vraies histoires de sexe raté (ou pas)

« Parfois c’est merveilleux, on en voudrait pour toute la nuit, parfois c’est dégueu, on anticipe seulement la fin avec impatience, parfois c’est la passion, le désir d’une nuit, l’amour d’une vie. Mais « peu importe que ce soit la faute à la reproduction de l’espèce, que ça dure 72 heures ou 15 ans, ça reste un foutu miracle électrisant, deux êtres qui se désirent ». Bam. »

«J’vais cacher le banal et montrer le sublime.» – Javotte

La lecture du mois de février du défi littéraire proposé par le blogue En 2015, je lis un livre Québécois par mois m’a permis de faire une vraie découverte. Grâce à ce défi, j’ai découvert une facette différente d’un personnage mal aimé de mes Disney préférés : Javotte. Je tombai également en amour avec la plume de l’auteur, Simon Boulerice. Lorsque j’appris l’existence de l’adaptation en pièce de théâtre du roman de Boulerice, je sautai sur l’occasion. Je cours ! Je cours ! Et merde ! Ça m’apprendra à avoir un cardio aussi terrible ! Je cours, parce que je vais être en retard pour la représentation de la pièce de Javotte ! Moi qui attendais ce moment avec impatience ! Ouff ! J’arrive pile à l’heure. Enfin je vais pouvoir rencontrer Javotte. Le cœur qui bat la chamade suite à ma course contre la montre, j’ai tout de même la chance d’être face à la scène. La salle est petite et intime, ce qui m’a permis de bien voir les acteurs et les actrices …

Parler de Pauline Julien pour parler de nous

  Vendredi dernier, Martine et moi avons eu la chance d’assister à la pièce T’en souviens tu Pauline?, présentée par le théâtre archarnéE, à l’Espace libre. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre puisque mes expériences au théâtre sont plutôt sporadiques et peu fréquentes et ce, même si c’est un médium créatif que j’affectionne particulièrement. Je ne savais pas non plus à quoi m’attendre en apprenant que c’était une performance solo. C’est donc dans cette ambiance d’incertitude, mais également d’appréhension, que nous nous sommes rendues à l’espace libre, rue Fullum. À prime abord, on nous avertis que cette pièce n’est pas un hommage commun à Pauline Julien, ce n’est ni une performance où toutes ses chansons les plus populaires seront mises en scène, ni un conte anecdotique sur la vie de cette femme. Ça tombe quand même bien parce que de Pauline Julien, je ne connais pas grand chose. Ce que j’ai appris d’elle, mis à part l’évident fait qu’elle était chanteuse, est le fait que ce fut de son vivant une femme très …