Month: octobre 2016

À ressasser les choses, des heures d’affilée

Quand je roule aujourd’hui dans la campagne, je découvre encore des détails qui me rappellent Hailsham. J’ai découvert le film Never let me go un peu par hasard. Je cherchais un film au contenu romantique pour satisfaire ce côté fleur bleue de ma personne. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ai été agréablement surprise. Je me suis même offert le DVD pour être certaine de pouvoir le visionner aussi souvent que l’envie me prendrait. À l’époque de ma découverte du film, peu de temps après sa sortie, dont je n’avais pas du tout entendu parler, j’ai tout de suite entamé ma recherche du roman dont avait été inspirée la version cinématographique, réalisée par Mark Romanek, avec Carey Mulligan (une révélation pour moi comme actrice), Keira Knightley et Andrew Garfield dans les rôles principaux. La version française, Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro. Dans chacune des librairies où je passais, indépendantes ou usagées, je demandais s’ils avaient en magasin le titre. Je voulais qu’il vienne à moi un peu comme le …

Nos suggestions de classiques de la littérature québécoise #jelisunlivrequébécoisparmois

Qu’est-ce qu’un classique? Les définitions varient et surtout restent subjectives! De mon côté, je vais lire Les fous de Bassan d’Anne Hébert en ce mois des classiques. J’ai eu la chance de me replonger dans l’oeuvre de Hébert avec le livre Album Anne Hébert qui a été publié chez Fides (un article sortira prochainement à ce sujet!) et ça m’a donné plus qu’envie que de lire cette oeuvre marquante de la littérature québécoise. Roxanne m’a aussi confié vouloir lire Putain de Nelly Arcan! Dites-nous dans les commentaires quels sont les classiques québécois selon vous! Marion va (re)lire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy Quoi de mieux qu’un mois où le froid commence à se pointer pour s’installer et lire un classique de notre littérature, se plonger dans notre culture et notre patrimoine québécois? Pour ma part, je vais relire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, cette histoire réaliste et poignante d’une jeune fille à Montréal dans les années 40. Au coeur de Saint-Henri, c’est Florentine Lacasse et sa famille que l’on suit, plongés dans la misère, alors que …

Productivité et créativité : Creative confidence

Il y a quelque temps, j’ai débuté une série sur les livres qui parlent de créativité, sous toutes ses formes. Alors que le premier livre, Manage your day-to-day, était plus axé sur des méthodes claires pour être productif, pour utiliser sa créativité sur une base quotidienne, celui que je viens de lire s’attarde à la confiance requise pour mener à terme ses projets et découvrir son potentiel créateur. Creative confidence: unleashing the creative potential within us all. Sur la couverture du livre, qui est soit-dit en passant très jolie, on retrouve une citation qui nous mentionne que ce livre est le seul livre sur la créativité dont nous auront besoin. Bien que je reconnaisse le potentiel et l’importance de ce livre, je ne suis pas tout à fait en accord avec cette citation, clairement placée pour faire vendre. Creative confidence est un livre dense, intéressant, qui se base sur de multiples exemples. Alors que le dernier chapitre nous propose des exercices plus concrets, le reste du livre s’appuie sur divers exemples, mélangés avec l’expérience des deux auteurs, …

Ce qu’on a pensé de nos lectures de pièce de théâtre #jelisunlivrequébécoisparmois

Peu de participation au défi de ce mois-ci! Ce qui vient démontrer toute la difficulté qui colle au monde du théâtre, on aime en voir, mais en lire, bof! Pourtant, il existe une richesse incroyable et un monde de lettres complètement fascinant à découvrir. Ça prouve que même un blogue de littérature peut s’améliorer en incluant plus de critiques théâtrales. À y remédier. 🙂 De mon côté, j’ai lu J’t’aime encore de Roxanne Bouchard. Cette pièce de théâtre m’a beaucoup touchée et plu. Racontant l’histoire d’un « vieux » couple et des questionnements que procure une relation à long terme, cette pièce de théâtre m’a fait rigoler à plusieurs reprises, mais m’a aussi émue et fait réfléchir. J’t’aime encore est une belle ode à l’amour qui dure, aux épreuves qui sont inévitablement là, mais à cette envie de continuer tout de même. Très beau texte de Roxanne Bouchard! Marion a lu Les Grandes chaleurs de Michel Marc Bouchard  « Je crois que je n’ai jamais autant ri à la lecture d’une pièce de théâtre. En juillet, dans un …

La face cachée de Luna

Je me souviens vaguement d’un roman que j’avais lu au secondaire, dans le cadre d’un cours de français. Je me souviens qu’il m’avait touchée, que j’avais trouvé l’écriture, bien que traduite à la française, très forte et que l’approche de l’auteure pour un sujet délicat m’avait bouleversée. Ce livre m’est revenu en mémoire il y a quelques semaines et je me suis empressée de me le procurer à la bibliothèque. Je voulais vraiment replonger dans l’histoire et la revoir avec mes lunettes d’adulte. La face cachée de Luna raconte l’histoire de Regan, une adolescente normale qui rêve d’avoir une vie normale. C’est que, dans l’intimité de leur sous-sol, Regan doit veiller sur Luna. Qui est Luna? Le personnage dans lequel se plonge son frère Liam lorsque la nuit est tombée et que la lune fait son apparition. Ou plutôt, comme il le dit, Liam est un personnage et Luna est sa vraie personnalité. Liam est transgenre, mais personne ne le sait, excepté sa sœur Regan. Elle lui prête sa chambre pour qu’il se maquille et …

Chronique Écrire l’indicible : Et si nous étions ensemble…

Vous savez que j’ai l’habitude des trucs positifs, du moins en général pendant l’été. J’essaie de profiter du soleil, des parcs, de mes ami.e.s. Je suis dans un mood plus fun! Mais mon copain a mis entre mes mains le livre de Primo Levi, Si c’est un homme, publié en 1947. Puis, ça m’a rappelé ma chronique « Écrire l’indicible », à laquelle j’ai mis un frein puisqu’il me fallait lire autre chose, des romans qui m’ont permis de souffler un peu. Or, je ne peux pas passer sous silence cette lecture. Comme Primo Levi n’a pas pu taire sa souffrance, à la suite de sa déportation dans le camp d’extermination d’Auschwitz. L’écriture du témoignage a intéressé bon nombre de théoricien.ne.s de littérature. C’est que Théodore Adorno, en 1949, s’est demandé comment on pouvait écrire après Auschwitz, après la Seconde Guerre mondiale. Il affirmait que cela allait contaminer les arts, mais surtout, que la culture s’est effondrée après ce « traumatisme social absolu » (Adorno). La réponse générale a été que justement, il fallait témoigner de ce Mal, raconter en quoi consistaient les horreurs vécues …

J’avais toujours rêvé de Prague

J’aime mieux la fiction. Guillaume m’a dit : tu as de la difficulté à différencier le réel de la fiction. (…) L’écrire me permet d’ancrer ma présence au monde, me permet de me sentir vivante, me permet de bouger, de travailler. Sans le livre, je suis une coque vide. Il y a des romans que je sens déjà que je vais aimer juste à lire le titre et la quatrième de couverture. J’ai tout de suite l’intuition que je connecterai avec l’histoire et l’auteur sans pourtant en savoir grand-chose. Un peu comme quand je planifie mes voyages; il y a certains endroits que je sais d’avance que je vais adorer. J’ai eu cette impression en décidant de partir à Portland en Oregon dernièrement. Je voulais déjà me marier avec cette ville avant même d’y avoir posé les pieds pour la première fois. Prague de Maude Veilleux m’a tout de suite fait cet effet. Je suis tombée sur un extrait dans la chronique sur la rentrée littéraire québécoise. Il ne disait pas grand-chose, mais j’ai tout …

Se réapproprier son corps, un carré de chocolat à la fois

Dans ce premier livre, Mélodie Vachon Boucher y raconte l’histoire d’une femme qui tente doucement de se réapproprier son corps suite aux trois viols qu’elle a subis au cours de sa vie. Toujours avec sobriété et sensibilité, elle raconte de quelle façon ces viols sont arrivés et comment elle a réagi. Il y a bien évidemment une force dans ce premier livre, et c’est celle de démontrer les facettes méconnues des viols. Mélodie Vachon Boucher a fait le choix de montrer le côté sombre et méconnu des agressions : celles qui sont commises par des copains, par des gens qu’on connait. La notion de consentement parcourt toute l’oeuvre et c’est ce qui en fait, à mon sens, une lecture nécessaire, autant pour les femmes que pour les hommes. Écrit au Je, le livre se lit en moins de 5 minutes top chrono; on ne peut faire autrement que de prendre le temps, de relire et de comprendre toute la force des mots comme des dessins dans ce témoignage. La narratrice se livre avec douceur et …

L’Inde littéraire (1re partie) : Shantaram

En faisant mon sac à dos pour partir en Inde, il était évident que le roman Shantaram de Gregory David Roberts devait me suivre jusqu’au sous-continent indien. Percevant ce livre comme un laissez-passer, j’avais l’impression qu’il m’aiderait à me forger au contact des multiples réalités de ce vaste pays. L’envie de lire ce roman était née grâce aux mots des autres, au fil des conversations où l’on s’évade et se promet d’aller un jour en Inde (ces moments ont lieu généralement très tard quand les bouteilles s’empilent…) C’est donc là-bas que j’ai entamé ma lecture, faisant résonner les mots de l’auteur avec ce que je voyais. Récit d’aventure, un genre qui convient parfaitement à l’effervescence et au mouvement constant du pays, Shantaram oscille entre la fiction et les mémoires du romancier. Dans cette brique de quelque 900 pages, c’est d’abord l’histoire de l’exil dont il est question, celle où le protagoniste, Lin, apprend à ses dépens que la fuite n’est qu’une autre prison au périmètre élargi. À la suite de son évasion d’une prison australienne, c’est l’Inde qu’il décide d’élire comme nouveau domicile …

Le coin lecture des fileuses

Un fauteuil, un parc, les transports en commun, peu importe où l’on se trouve, la lecture y a sa place! Qu’il soit réconfortant, ou simplement parce qu’on s’y adonne par hasard, le coin lecture est salvateur et nous inspire! Curieuse de savoir où les fileuses aimaient s’installer pour lire, j’ai lancé l’appel à mes collègues dans notre groupe secret pour me parler un peu plus de leur repaire et de la raison qui les pousse à s’y installer pour se perdre dans les livres: Roxanne Mon spot favori, c’est cette place de métro bien précise. Comme le siège est individuel et fermé sur le côté, j’ai l’impression que les gens entrent moins dans ma bulle, je suis enfin seule dans cette heure de pointe inévitable. Certains disent que le bruit les dérange, mais il faut dire que lorsque j’étais enfant je m’endormais instantanément dès que j’étais à bord d’un moyen de transport, j’imagine donc que c’est un son réconfortant pour mon subconscient. Fanie Il se trouve aux Îles-de-la-Madeleine, au deuxième étage de la maison de …