Year: 2016

Lectures d’horreur pour se préparer à l’Halloween

Le mois d’octobre est un peu comme le mois de décembre pour moi. Malgré l’impopularité de la fête de nos jours, j’adore l’Halloween. J’aime décorer mon appartement dès l’arrivée de l’automne, acheter des citrouilles, écouter les classiques de films d’horreur et aussi évidemment, lire des livres à thématique d’horreur. Il n’y a rien comme une lecture un peu creepy pour se mettre dans l’ambiance de la fête et de l’automne en général. Je vous propose donc quelques histoires dont j’ai apprécié la lecture. Le chat noir d’Edgar Allan Poe Le chat noir est une petite nouvelle parue en 1843. C’est l’histoire d’un homme qui adore les animaux, mais avec le temps son tempérament change et sa dépendance à l’alcool augmente, il développe un caractère agressif et commence à détester ses animaux et à les maltraiter. Un jour, il tue son chat d’une façon plutôt atroce. Peu de temps après ce meurtre, d’étranges évènements se produisent. C’est une nouvelle mélangeant la réincarnation, la vengeance, et bien sûr, pour une bonne histoire d’horreur, un fantôme. « Une …

L’écho de leurs voix : combattre le silence

J’étais très contente quand Remue-Ménage nous offrait de lire L’écho de leurs voix, car j’avais été très heureuse de me plonger dans un roman qui traitait de l’histoire d’Haïti et de la dictature et de la chute de Duvalier. L’hiver dernier, j’avais lu Femmes au temps des carnassiers de Marie-Célie Agnant qui m’a beaucoup informée et conscientisée. J’adore le fait que la fiction nous permette de mieux comprendre un peuple, un pays et son histoire. Encore un merveilleux pouvoir des livres! Dans ce dernier roman de Jan J. Dominique, on y suit des membres d’une famille haïtienne qui vit à Montréal. La jeune Claire, étudiante du cégep qui se cherche beaucoup, est un peu le personnage central qui relie tous les autres personnages qui parcourent l’oeuvre. Cette jeune fille reçoit un carnet en cadeau et c’est ainsi qu’elle se met à écrire et à se confier par le biais de l’écriture. Elle tombe aussi très amoureuse, de Hans, un homme très près de sa grand-mère qui lui fera vivre ses premiers grands émois amoureux. Elle …

Ces filles qui en savent trop

La vie n’est pas un paragraphe et la mort n’est pas une parenthèse.   Je ne lis pas de romans policiers. La réponse logique pourrait facilement se traduire par le fait que je suis peureuse, que la simple idée qu’un livre trônant sur ma table de chevet contienne un tueur en série prêt à découper son voisin en julienne puisse être l’objet de mes cauchemars anticipés. Mais la vraie réponse est que je n’y connais rien. L’horreur s’offre à nous dans les journaux, à la télévision et au cinéma. Certains diront que c’est assez, que les bains de sang et les tueurs de masses ont été abordés assez souvent dans notre culture, qu’il faut arrêter de leur donner toutes ces attentions. Je n’ai jamais pu me faire une opinion éclairée sur la situation, puisque pour moi, la théorie abordée dans le roman policier du meurtrier en fuite reste un mythe. Même si le sujet paraît évident pour certains, il n’en demeure pas moins que quelque chose m’a toujours attirée, comme un fruit défendu. Si je m’exalte et …

Charlotte et la mécanique des gens

Charlotte ne sourit pas, Charlotte n’aime pas lire, ni donner son opinion sur la politique, Charlotte joue au charme dans les cafés.Par-dessus tout, Charlotte ne s’aime pas beaucoup. Elle n’est pas comme Mireille, sa coloc, sa meilleure amie. Celle à qui elle ressemble si peu. Le narrateur, bien présent, bien ancré, suit Charlotte; il a un petit faible pour elle, prend pour elle, la place au centre du roman. C’est grâce à lui qu’un huis clos et qu’une histoire d’amitié aussi fusionnelle qu’explosive prend tout son sens et sa forme. Le récit  suit  Charlotte dans sa relation avec Mireille, alors que celle-ci commence à fréquenter Alain, ténébreux anarchiste qui tente de terminer un doctorat en philosophie. Simple mise en scène qui, grâce à l’implication du narrateur omniscient, devient une véritable incursion dans la mécanique humaine des personnages. En permettant au narrateur de jouer avec l’histoire de la sorte, on se trouve face à un roman qui dépeint des personnages qui sont trop analysés pour être aimables, mais qui restent pourtant si humains. J’ai eu l’impression, malheureusement peut-être, de …

Avant toi, ou comment j’ai fait la paix avec les livres romantiques

Lorsque je suis sortie de la salle de cinéma, les yeux pleins de larmes, mon amie m’a dit : « Si tu veux te torturer encore plus, lis le livre! » Je me suis donc jeté cœur et âme dans cette aventure une seconde fois, au beau milieu de la campagne anglaise froide et magnifique, pour revivre cette histoire qui m’a réconciliée avec le romantisme. Publié d’abord en anglais en 2012, ce roman de 480 pages arrive sur le marché francophone en 2014. Écrite par Jojo Moyes, une ancienne journaliste britannique, cette histoire soulèvera une polémique importante, durant laquelle les protestataires iront même jusqu’à demander le boycottage de l’œuvre, affirmant qu’elle traite d’un sujet sensible (le handicap physique) avec légèreté, voire avec pessimisme et sans réelle connaissance du sujet. Toutefois, cela n’empêche pas Thea Sharrock d’adapter l’histoire au grand écran dans un film mettant en vedette Emilia Clarke et Sam Claflin, sorti à l’été 2016. J’ai un peu honte de dire que j’ai toujours été snob quant aux romans d’amour. Je trouvais que ce genre d’histoire …

Miss P. et ses enfants particuliers

Je constate que la littérature fantastique est souvent boudée, ou n’est tout simplement pas considérée comme de la «vraie» littérature. J’aime en lire, mais je reste tout de même sélective dans mon choix de lecture. Souvent mes choix sont portés par la couverture, ou encore, la maturité de l’écriture de l’auteur-e. J’aime lire ce genre parce que je le considère exutoire. Il me permet de rêver et me donne un sentiment de liberté. Il me permet surtout de conserver mon cœur d’enfant. J’ai fait la rencontre de Miss Peregrine grâce à Tim Burton. Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis en amour avec cet homme. Je me tiens donc au courant de ses nouveautés, et c’est alors que j’ai appris qu’il allait faire l’adaptation du premier roman, et le premier de la série Miss Peregrine, de Ransom Riggs. Je me devais de le lire. La sortie du film était prévue pour le 30 septembre. Malgré une certaine déception à des changements apportés dans l’histoire (ils ont interchangé des personnages et leurs particularités…), …

Un paradis strictement réservé

Je me suis toujours curieusement intéressée à la vie après la mort. À mon avis, il n’y a rien de plus mystérieux. Personne ne sait. Personne ne saura jamais. Du moins, pas de son vivant. Pour cette raison, la littérature qui offre une vision possible de ce que pourrait être l’au-delà m’est toujours apparue comme étant intrigante. Les histoires mettant en scène ce questionnement, omniprésent dans la vie des humains, fructifient l’imagination et apportent toujours avec elles son lot de frivolité, mais également de complexité. Le cycle des Dieux de Bernard Werber en est un excellent exemple. Ce genre de livres a souvent tendance à mélanger mythologie, théologie, science et théorie personnelle. Et selon moi, c’est dans l’infini des possibilités qu’il devient intéressant de s’immiscer en tant que lecteur avide de savoir. Lorsque Neil Smith a été invité à l’émission Plus on est de fous, plus on lit de Radio-Canada pour parler de son tout premier roman Boo, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Mon copain est revenu à la maison ce soir-là, l’esprit …

La réalité des adolescents en 36 tabous

  Tabou Connaissez-vous la collection Tabou, publiée aux Éditions De Mortagne ? S’adressant à un lectorat adolescent, elle est une véritable mine d’informations à propos de divers sujets importants, et évidemment, tabous! La liste ne cesse d’augmenter: intimidation, pacte de suicide, douleurs sexuelles, viol, cyberprédation, homosexualité, transsexualité, automutilation, TDAH, TAG, hyperphagie, boulimie, anorexie mentale, bipolarité, violence conjugale, cancer, etc. Ses 36 romans vont au-delà des préjugés afin de décrire des réalités difficiles face auxquelles les jeunes (et moins jeunes) peuvent être confrontés. Les différents thèmes abordés permettent aux ados concernés par le sujet de se sentir moins seuls dans des histoires où ils peuvent se reconnaître et, pour ceux qui ne connaissent pas, de faire des découvertes, d’ouvrir leur esprit puis, on l’espère, développer de la compassion ou du moins une certaine compréhension de la problématique. Ces livres sont de bons outils pour les professionnels qui interviennent auprès des jeunes, notamment pour les enseignants. Les dernières pages contiennent des ressources par rapport au sujet abordé. J’ai particulièrement apprécié le dossier d’informations très étoffé que contient …

La pureté du coeur

Je ne fais pas partie de ces milliers de personnes qui ont lu L’orangeraie et qui ont adoré. C’est pas que je n’ai pas aimé, je n’ai tout simplement pas eu la chance de m’y plonger. Toutefois, je me suis fait un plaisir en lisant le tout dernier roman de l’auteur, L’impureté. J’ai lu du Larry Tremblay au cégep, je me souviens de The dragonfly of Chicoutimi et surtout d’en avoir eu un peu peur par son bilinguisme et par la manie de mon enseignante de nous faire lire à voir haute en classe (#élèvediscrète) J’ai tellement entendu de bien de Larry Tremblay dans les dernières années que j’ai eu envie de lui donner une deuxième chance. Dans L’impureté, on y questionne beaucoup la notion de vérité, de bien et de mal. Rien de nouveau, me direz-vous. Toutefois, il y a dans l’écriture de Larry, dans la construction de ses personnages, un vrai travail de mise en abîme qui fait en sorte que j’ai bien de la difficulté à écrire ces lignes. L’impureté, c’est l’histoire d’Antoine, …

Le plaisir de lire les journaux intimes des autres

Lire les journaux intimes des autres; quelle idée! C’est un de mes cauchemars que quelqu’un décide de poser ses yeux indiscrets sur mes pensées, observations et séances de chialage bien personnelles. Pourtant, lorsque c’est à mon tour de lire ceux de certaines auteures que j’admire, aucune hésitation, j’y plonge sans retenue. Voici mes deux préférés. Le journal de Marie Uguay, publié en 2005 aux éditions Boréal et rendu disponible par Stéphan Kovacs, celui qui fut le conjoint d’Uguay, est une expérience immersive extraordinaire. Le Journal a été écrit de 1977 à 1981, donc à partir du moment où on a amputé la jambe de la jeune cancéreuse jusqu’à quelques semaines avant sa mort précoce, à l’âge de 26 ans. On entre carrément dans la tête de la jeune poète! L’univers poétique intensément intime de l’auteure, raconté dans sa voix simple, acquiert une nouvelle dimension grâce à ce journal. Composé de plusieurs cahiers, le journal témoigne d’un regard curieux et sans cesse émerveillé sur le monde. J’admire tellement cette fascination pour le merveilleux dans le quotidien …