Month: janvier 2017

Quiet, the power of introverts in a world that can’t stop talking: l’introversion dans l’oeil de Susan Cain

Comment percevez-vous l’introversion? Pour ma part, elle fut cette amie bienveillante m’ayant tendu la main lors de ces soirées plus tristes où, en pyjama, emmitouflée sous la couette, les pages de mon roman se tournaient pratiquement au même rythme que les conversations et les rires cantonnés à tue-tête par mes amies qui, vêtues de leur plus beaux apparats, participaient non loin de chez moi à ces soirées (dont les invitations et les propositions furent presque à coup sûr déclinées poliment par ma personne, n’appréciant guère ces conversations anodines (et bien souvent forcées, il faut dire) entretenues gaiement auprès d’inconnus dont les visages et les noms disparaissent rapidement à la lueur de l’aube). Lorsque l’introversion ne s’amuse pas à façonner mes dimanches pluvieux, passés en solitaire, loin des soubresauts et des brouhahas de la vie quotidienne, celle-ci devient alors cette amie impitoyable qui, assise auprès de mes pairs, ricane malicieusement devant ma voix chevrotante et la pâleur de mon visage, lors d’exposés oraux, séminaires, ou tous autres événements nécessitant une prise de parole devant une cinquantaine …

Lire à l’ère numérique

Après plusieurs semaines à peser le pour et le contre, j’ai acheté une liseuse avec l’argent que j’ai reçu en cadeau pour ma fête en mars dernier. J’avais pris la résolution de recommencer à lire en 2016 — j’avais arrêté de lire pour le plaisir au secondaire — et une liseuse me semblait être un gadget pratique dans la réalisation de mon défi personnel. Avec les livres numériques qui sont maintenant très accessibles et le nombre grandissant de personnes que je vois utiliser une liseuse dans les transports en commun, j’ai pensé qu’il serait intéressant de comparer les avantages des livres en format numérique avec ceux des livres en format papier. Ce ne sont pas des listes exhaustives et il se peut très bien que j’oublie de mentionner certains points. Alors, n’hésitez pas à partager votre opinion sur le sujet dans les commentaires! Les livres numériques Le poids des liseuses est, selon moi, leur plus grand avantage en comparaison avec les livres papier. Grâce à elles, il est maintenant possible de trimbaler l’œuvre complète de Victor …

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L’amour, cette imparfaite amitié

D’emblée il faut que j’avoue; je n’ai pas su faire comme Amanda, personnage principal du tout dernier roman de Mylène Bouchard. Je n’ai pas su résister, je n’ai pas eu le temps de désirer, je l’ai consommé, je l’ai consumé même, rapidement. Je n’ai su le déposer que lorsque mes yeux ne voulaient plus que dormir, pour mieux le reprendre le matin suivant. L’imparfaite amitié, c’est une incursion dans la vie d’Amanda, mère, femme volage, femme de culture, amoureuse; à travers une série de lettres, de documents, de bouts de papier mis dans une boite destinée à sa fille. On y découvre sa vie et surtout, ses réflexions et ses questionnements sur le désir et sur l’amour, dans toutes ses pluralités et, par dessus tout, sur la consommation de celui-ci. Amanda s’attache, elle aime souvent, plein de gens. C’est après que sa fille l’ait découverte, au milieu de la nuit, revenant d’une balade avec un amant, qu’elle prendra une décision, celle de résister. Pour s’y tenir, elle fait un pacte: celui de quitter son mari. …

Rénovations

Lorsque Martine m’a mis dans les mains le premier roman de Renaud Jean, je n’avais pas de réelle attente. Souvent, lorsque je choisis un roman, c’est par sa page couverture, son titre, son auteur, ou parce que j’en ai entendu beaucoup de bien. Il est rare que je lise la quatrième de couverture, comme si je voulais me garder la surprise. Aller chez Martine se résume souvent à ressortir avec un nouveau livre en main. Cette fois-là, ce fut Rénovation de Renaud Jean, roman des Éditions du Boréal. Bien que je juge souvent le roman par sa couverture, j’ai décidé de ne pas le faire cette fois-ci, parce que je dois vous l’avouer, elle ne m’inspirait pas. Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur, ni de son roman. C’est donc sans arrière-pensée que j’ai entamé ma lecture. Rénovation est très court. On y fait la rencontre d’un personnage plutôt casanier qui aime sa routine, son appartement, que j’imagine totalement blanc. Le personnage semble sans couleur, sans personnalité, en fait il semble surtout pris dans une peur, …

La nostalgie des séries

Lorsque j’avais le plaisir d’être une enfant, j’avais développé un intérêt grandissant pour la lecture de séries. J’adorais le sentiment de pouvoir débuter et terminer un livre sans que l’histoire, elle, ne soit arrivée à terme. Je ne voulais pas voir la fin. Ou du moins, je tenais à prendre mon temps. Vous savez, cette chose que vous avez en quantité phénoménale lorsque vous êtes jeunes. La jeune lectrice que j’étais suivait une règle bien rigoureuse, celle de ne jamais fermer un livre avant de l’avoir terminé. Même si je le détestais, je me devais de le finir. J’aurais dû rencontrer Pennac plus tôt dans mon existence, mais la vie en a voulu autrement. Je respectais la littérature à ce point que je ne voulais pas la froisser. Pas question que je laisse des orphelins derrière, des abandonnés, des délaissés, des oubliés. Bref, j’avais le cœur d’une enfant fragile et amoureuse d’un monde, le plus beau, celui des livres. À l’époque, j’avais passé à travers les divers tomes de Harry Potter, ceux d’Amos d’Aragon et …

Construction de la féminité

Un des livres qui m’a le plus marquée au courant de l’année 2016 est sans aucun doute La femme gelée, par Annie Ernaux. Pour moi, l’autrice trouvait chaque fois les mots justes pour construire des phrases percutantes qui venaient ébranler mes certitudes et en même temps me donner l’impression d’être éminemment comprise. Ma relation avec Annie Ernaux n’a pas toujours été aussi simple. La première fois que j’ai lu un de ses livres, j’étais au cégep et je n’ai pas du tout aimé. L’écriture épurée de l’autrice, presque dénuée d’émotion, m’avais semblé froide, voire impénétrable. La jeune fille de 19 ans que j’étais à l’époque avait été incapable de se reconnaître à travers le récit ou même d’éprouver de l’empathie. Tout aurait pu finir là, une rencontre littéraire ratée, puis plus rien. Mais une de mes proches amies adore cette autrice et m’a encouragée (lire tordu un peu le bras) pour que je lise d’autres récits d’Ernaux. Elle m’a expliqué qu’Annie Ernaux faisait de l’auto-socio-biographie, d’où l’impression de distance, puisqu’elle se pose toujours comme témoin et …

Beaucoup trop en retard, découvrir Goodreads

Bon, je suis consciente que pour ceux qui connaissent déjà Goodreads, rien de nouveau, mais c’est que tout récemment je me suis mise à utiliser l’application Goodreads et  je suis tombée sous le charme. Je me suis alors dit que si moi, qui travaille dans le domaine du livre, n’utilisait pas l’app, il est probable que beaucoup ne connaissent pas aussi. Voilà, j’ai donc décidé de piler sur mon orgueil de fille-en-retard pour vous parler de l’application mobile de Goodreads, qui est vraiment géniale. Je tiens tout de même à remercier nos merveilleux abonnés instagram qui m’ont incitée à l’utiliser pour garder un cap sur mes lectures. Premièrement, pour ceux qui ne connaissent pas Goodreads, il s’agit d’un site web et d’une application mobile qui vous permet de vous créer une bibliothèque numérique. Voici quelques éléments qui m’ont faite flancher et qui m’ont donné envie de l’utiliser : Vous pouvez scanner vos codes ISBN C’est vraiment cette utilité de l’application mobile qui m’a convaincue de la télécharger. Je trouve que non seulement c’est vraiment facile …

Voici venir les rêveurs : un autre roman à lire sur les promesses brisées du rêve américain

Dernièrement, j’ai lu plusieurs romans d’auteurs d’origine africaine qui abordent le sujet de l’immigration. Pour faire changement, j’avais décidé que les prochains romans d’auteurs africains que je lirais se dérouleraient en Afrique. Pour cette raison, j’ai longuement hésité avant d’entamer la lecture de Voici venir les rêveurs, le premier roman de l’auteure d’origine camerounaise vivant aux États-Unis, Imbolo Mbue. Puis, je me suis laissée convaincre par les critiques élogieuses qui m’ont été rapportées. Oui, les thèmes du déracinement et de la fragilité du rêve américain sont vieux comme le monde, mais somme toute, je trouve qu’Imbolo Mbue a su les revisiter à sa manière et j’ai bien apprécié ma lecture. L’histoire du roman se déroule au cours des années 2007 et 2008 alors que la crise des subprimes éclate et que Barack Obama est élu président des États-Unis. Jende Jango, un camerounais, a quitté son pays natal pour vivre aux États-Unis et y faire venir sa femme et son fils. Lorsque ceux-ci arrivent à New-York et se joignent à lui, ils sont remplis d’espoir quant à leur …