Month: juillet 2017

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L’autre Marie et la même Jeanne

En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens. Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et …

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Bitch Planet, une dystopie (trop) vraie

Bitch Planet est une bande dessinée écrite par Kelly Sue Deconnick et illustrée par Valentine De Landro, publiée par le célèbre éditeur Image Comics en 2014. C’est l’œuvre de deux féministes engagés, une femme et un homme. C’est d’ailleurs le but de cette oeuvre graphique, dénoncer la misogynie et la société patriarcale. Une idée extrême, ou pas Ce que j’ai aimé tout d’abord de cette bande dessinée, c’est la thématique évidente et la façon dont elle est exploitée. L’auteure crée une dystopie sans compromis d’une société futuriste où le patriarcat règne comme il n’a jamais régné. Les hommes gouvernent et les femmes qui refusent de se plier à leurs attentes et volontés doivent être ‘’rééduquées‘’. Elles sont envoyées sur Bitch Planet, une planète prison pour les femmes non-conformes aux yeux des hommes. Parmi ces femmes, on y retrouve des femmes qualifiées de trop grosses, trop minces, trop bruyantes, trop religieuses, trop pudiques, trop sexuelles, trop queer, etc., ce sont les principales raisons pour aboutir sur la Bitch Planet. Il va sans dire que ce simple …

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Futur Sex : les expériences et impressions d’une journaliste en quête de réponses

Alors qu’elle se retrouve célibataire à 30 ans, Emily Witt, journaliste pour la prestigieuse revue N+1 à New York, se pose des questions sur l’amour, la sexualité, le couple. La révolution sexuelle est loin, les relations amoureuses ont bien évolué, et elle décide d’enquêter, tant pour comprendre ce qu’est devenu le couple que pour mieux connaître sa propre sexualité. Elle pose ses bagages à San Francisco et dresse le portrait de nouvelles pratiques sexuelles : sites de rencontre virtuels, gigantesques festivals libertaires, castings pornographiques extrêmes, méditation orgasmique, polyamour. Emily Witt les explore tous et va jusqu’à tester elle-même certaines de ces méthodes. Elle met en scène ses doutes, ses fous rires, ses angoisses et ses coups de spleen, et questionne ce qu’est devenu le sexe dans une société ultramoderne. Divisé en 9 textes mettant en scènes différentes expériences et questionnements, Émily Witt aborde la sexualité, les rapports humains, l’esprit de communauté et certains tabous avec l’esprit ouvert, sans pour autant mettre de côté son sens critique. Alors que certaines des expériences qu’elle expérimente m’ont surprise et …

Déjouer les allergies alimentaires, lunchs réinventés, Marie-Josée Bettez, Christophe Bettez-Théroux, Isabelle Langlois, Le fil rouge, le fil rouge lit, blogue littéraire

La bible des allergies alimentaires

Vos allergies alimentaires vous rendent anxieuse? Vous avez le cœur brisé lorsque votre petit garçon ne peut pas manger sa part du gâteau lors d’un anniversaire? Penser au jour où votre enfant aura envie de frencher d’autres jeunes gens n’ayant pas le même régime alimentaire que lui/elle vous fait faire des cauchemars? Vous rêvez d’un repas au restaurant en famille ou avec votre gang d’ami.e.s? Vous voyez la liste des allergies de chéri.e s’allonger et vous vous sentez impuissant.e? Vous craignez les diaboliques écureuils, ces vilaines bêtes qui déposent des allergènes dans tous les coins de la métropole? Des connaissances minimisent le danger des allergies de vos enfants ou pire, des membres de votre propre famille pensent que vous exagérez ou que vous faites des caprices? Vous ne savez plus quoi mettre dans la boîte à lunch de votre chéri.e polyallergique? Alors vous DEVEZ, si ce n’est pas déjà le cas, prendre le temps de vous intéresser au merveilleux travail de Marie-Josée Bettez, la reine de la gestion des allergies alimentaires. Dernièrement, la fondatrice de …

Littérature américaine; Autobiographie; Relation avec sa mère; Maya Angelou; Lady B; Le fil rouge; L fil rouge lit; Bibliothérapie; Littérature; Lecture; Livres; Les livres qui font du bien

Lady B, Par Maya Angelou ou l’empreinte d’une mère

«Et c’est au cours de cette visite que je compris clairement, et pour la première fois, pourquoi une mère est si importante. Pas seulement parce qu’elle nourrit, aime, dorlote et même chouchoute un enfant, mais parce que d’une façon mystérieuse et presque surnaturelle, elle se tient au-dessus du vide. Elle fait le lien entre l’inconnu et le connu.» Maya Angelou c’est un de mes plus grands coups de foudre littéraires. Pendant toute ma lecture de Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage je me demandais pourquoi personne ne m’avait fait lire cette autrice avant. C’est comme si elle et moi nous étions faites pour se rencontrer sur le papier. J’étais tout simplement renversée face à sa prose, presque muette devant la résonance que son écriture avait en moi, bien que ma vie soit si différente de la sienne. Ses autobiographies sont, pour moi, un coup de poing au ventre, mais aussi un baume pour le cœur. L’autrice Afro-Américaine a connu une vie difficile. Née en 1928, elle grandira en Arkansas, un état ségrégationniste, puis en Californie, …

Allez, on va danser au bal des absentes!

De La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette à Mettre la hache de Pattie O’Green, en passant par Autour de ton cou de Chimamanda Ngozi Adichie et Femme, réveille-toi! d’Olympe de Gouges, Amélie Paquet et Julie Boulanger racontent leur amour de l’enseignement de la littérature et leur amour de la littérature tout court dans leur essai Le bal des absentes paru chez La Mèche, ce printemps. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle littérature : la littérature des femmes. Grâce aux voix fortes d’autrices trop peu enseignées par leurs collègues, Paquet et Boulanger essaient de faire réfléchir leurs étudiant.e.s sur de nombreux enjeux : les rapports familiaux, les classes sociales, l’inceste, la place de la femme dans la société québécoise, etc. En commentant ces autrices dans leurs courts chapitres, les deux enseignantes font découvrir des inconnues, dépoussièrent leurs propres histoires de jeunesse et surtout, donnent le goût de courir lire toutes ces femmes férocement vivantes. Divisé en cinq parties (La littérature et la vie; Mésententes; L’étudiant.e vis-à-vis de l’école; Figures de l’absente; La professeure vis-à-vis …

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Nos plumes comme des armes : un recueil nécessaire et poignant.

Nos plumes comme des armes – Our words as weapons- est un recueil de poèmes engagé et  bilingue qui a pris vie suite à la colère et l’indignation de son instigatrice, Elisabeth Massicoli. J’ai décidé de lui poser quelques questions pour en savoir un peu plus sur ses motivations, ainsi que le travail derrière la création d’un recueil comme celui-ci. Le recueil Le recueil de 25 textes et de 20 illustrations est, dans un premier temps, magnifique. On ne peut passer à coté de l’attrait visuel qui est un beau plus value à la puissance des textes, tout en leur laissant la place nécessaire pour être et se tenir entièrement d’eux-mêmes. À l’intérieur, on retrouve donc 25 poèmes, en anglais, en français, courts, longs, de tous les genres. On y parle de féminisme, de racisme, de la place des femmes. Les sujets sont tout aussi variés et uniques que les formes et les personnes qui les ont écrits. C’est vraiment dans cette diversité des textes et des approches que se trouve la force de Nos …

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La quête de l’ailleurs, format papier

Je le regardais se préparer à partir pour l’autre bout du monde avec confiance et espoir. Avec l’envie de faire le jamais-fait, d’écrire une histoire qui n’aurait jamais été écrite. Je le regardais et je savais qu’il tenterait n’importe quoi ou presque pour ne pas faire comme les autres, pour toucher à du neuf, à du jamais frôlé par l’humain. Qu’il se mettrait en danger peut-être. Je le savais parce qu’il l’avait si souvent fait, déjà. Quand il me racontait ses histoires, alors qu’il revenait d’un récent voyage, je secouais toujours la tête en souriant, mi-terrifiée, mi-impressionnée. Il se mettait toujours dans les pires situations possibles. Il s’était cassé une jambe, une fois, et il était revenu avec une fierté qu’il n’avait pas réussi à dissimuler. Une autre fois, il avait dû jouer sa survie sur un saut par dessus le vide dans une montagne esseulée. Et encore, un soir, il s’était réveillé sous un pont d’Italie sans savoir comment il y était arrivé. Il racontait ses histoires, et on avait envie de se mettre …

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La magie des aventures de ruelles du Mile-End

Je suis une grande admiratrice du travail d’Isabelle Arsenault. J’en ai parlé à quelques reprises sur le blogue (Jane, le renard et moi, Louis parmi les spectres, Virginia Woolf, Une berceuse en chiffons). Lorsque j’ai appris qu’elle publiait un nouveau livre et ce, son premier en tant qu’auteure et illustratrice, j’avais vraiment très hâte de le découvrir. L’oiseau de Colette est le premier d’une série publiée chez La Pastèque qui mettra en scène des enfants du Mile-End. Chaque prochain livre portera sur les aventures de la vie quotidienne de chacun des enfants de la troupe. Dans ce premier album, on y suit la jeune et imaginative Colette qui voudrait tellement avoir un animal de compagnie, si seulement sa mère acceptait! Arrivée dans son nouveau quartier, le Mile-End, Colette se fera de nouveaux amis, tout en partant à la recherche de sa perruche imaginaire, Elizabeth comme la princesse, oups la reine! C’est dans la ruelle Clark que ces aventures se dérouleront. Je trouve intéressant le choix de positionner le récit directement dans ce quartier de Montréal, …

Sauf que j’ai rien dit… Le premier roman de Lily Pinsonneault = une laine réconfortante

Je venais de finir ma dernière session au bac en littérature de l’UQAM, cela devait faire des mois et des mois que je n’avais pas lu un livre par simple plaisir… Bref, mes antidépresseurs (et l’anxiété!!!) m’installaient dans un flou perpétuel et peu agréable qui me paralysait dans mes désirs de lectrice. Si je n’étudiais pas, je dormais. Bref, quand Marjorie – l’une des fondatrices du blogue – m’a offert le premier roman de Lily Pinsonneault pour en faire la critique, j’étais bien heureuse de pouvoir recommencer à lire pour le plaisir, mais aussi nerveuse à l’idée de recommencer à écrire… quelque chose (même si je commence ma maîtrise en création littéraire en septembre!). En un après-midi je refermais le livre : je venais de le terminer. En l’espace de quelques heures, j’avais lu le roman d’une seule traite. Disons que pour un premier roman, Lily Pinsonneault coupe le souffle. Voici ma (petite) critique de son roman Sauf que j’ai rien dit… Deux êtres humains qui s’effleurent à travers le temps. L’histoire (un peu classique, un peu …