Year: 2017

Nos suggestions d’album ou roman jeunesse pour le mois de février du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

Pour le mois de février, l’équipe du Fil rouge aurait très bien pu choisir l’amour comme thème, mais nous avons voulu être originales. C’est pourquoi la contrainte du mois est un roman ou un album jeunesse. Comme vous avez sûrement pu le constater, cette littérature est tout de même assez populaire chez les fileuses. Que voulez-vous, elle nous rappelle tant de souvenirs auxquels nous sommes accrochées. Personnellement, je vous dirais que c’est souvent mes achats les plus compulsifs, parce que rares sont mes déceptions. Je vous invite à partager vos lectures sur notre groupe Facebook Un livre québécois par mois. Les lectures ou suggestions des fileuses : Je compte lire L’enfant mascara de Simon Boulerice. Vanessa Coutu : « Je vais lire Le facteur de l’espace de Guillaume Perreault comme album jeunesse et Souffler dans la cassette de Jonathan Bécotte comme roman jeunesse. Je recommande L’enfant mascara de Simon Boulerice. » Amélie Panneton : « Je vais lire Louis parmi les spectres d’Isabelle Arsenault & Fanny Britt! Je recommande Fé M Fé d’Amélie Dumoulin, où on retrouve une famille bordélique, une histoire …

La singularité de l’oppression

  On a tous vécu une première fois. Si on y pense bien, notre quotidien est rempli de première. Le premier café, le premier deuil, la première faille. Cette faille nous appartient, et bien qu’elle nous angoisse, nous soit secrète ou nous rende honteux, elle est en nous. On ne peut la dénier. Il y a aussi le premier roman. Celui qui lève le rideau sur les écrivains d’aujourd’hui et de demain. Je n’écris pas de roman, mais je les lis. Surtout les points de départ. Ceux qui façonnent notre relève, qui frappent par leur sincérité et leur témérité. L’honnêteté du premier roman n’a pas d’égal. L’œuvre parle d’elle même et ne tente pas de prouver, ou d’égaler quoi que ce soit. On ne peut que s’émerveiller devant cette nouvelle découverte. Si la rentrée littéraire de l’automne 2016 nous a autant émerveillés, c’est en grande partie par la présence de nouveaux auteurs qui élèvent leurs jeunes voix et se démarquent par la clarté de leurs propos. Parmi ces auteurs, un en particulier se démarque par …

Raconter le Vietnam

Dans l’univers des mots, rien n’est plus difficile que de raconter un voyage. Essayer de faire comprendre aux autres ce que nous avons vécu à plusieurs milliers de kilomètres de là, dans des situations qui dépassent parfois l’imagination, semble être un combat perdu d’avance. Lorsque je suis revenue du Vietnam, je suis restée coïte les premières fois qu’on m’a demandé « Alors, c’était comment ton voyage? Raconte! » Transcrire autant d’émotions en quelques secondes parait si vain et inutile, que je ne pouvais que répondre un simple et vide « C’était super! », accompagné d’un sourire de malaise. Quand on revient d’un voyage aussi enrichissant, on a l’impression d’avoir fait un gigantesque bond dans l’évolution; on a tant appris, tant découvert; forcément, le temps a dû avancer vite pour tout le monde! C’est vite décevant de voir que ceux qui sont restés au Québec ont continué la même petite routine et on se sent vite gêné d’avoir tant à raconter. Il y a tant à dire sur le Vietnam et même si ça fait maintenant presque 4 ans …

Patti Smith et Mapplethorpe: deux grands enfants

Si on m’avait demandé il y a 2 mois dans quel univers littéraire je voudrais habiter, j’aurais sans doute répondu celui de Paris est une fête, pour être entourée de Gertrude Stein et Zelda Fitzgerald. Si on me le demandait maintenant, je répondrais le New York de Patti Smith et Robert Mapplethorpe. Même après avoir fini ma lecture, j’ai l’impression d’y habiter encore. C’est une amie qui m’a refilé le livre autobiographique Just Kids, ça avait été sa lecture marquante de l’année. Pendant plusieurs semaines, il est resté sagement sur ma table de chevet, bien en vue. Je l’ouvrais pour contempler les photos, ou bien pour lire quelques extraits au hasard, sans vraiment m’investir. Un soir, je me suis installée, j’étais prête. J’ai mis le CD Horses de Patti Smith et j’ai plongé. Dès les premières pages, j’étais déjà attachée à cette enfant portée vers l’art, qui invente d’interminables histoires pour ses frères et sœurs. J’aurais aimé la connaître à l’adolescence pour passer des nuits entières à écouter ses albums préférés, à parler de ses poètes qui la …

Productivité et Créativité : The fire starter sessions

*Ce livre n’est malheureusement pas traduit en français. En commençant ma série Productivité et Créativité (1 & 2), je savais que je voulais lire The fire starter sessions. Pourtant, j’ai attendu presque un an avant de m’y mettre. Avoir su que j’allais autant apprécier et être motivée par cette lecture, je l’aurais lu avant. En même temps, je crois que la lecture que j’en ai faite est arrivée à un bon moment, à l’aube de 2017, alors que Le Fil rouge entrera dans sa première année complète en tant qu’entreprise. The fire starter sessions, de Danielle Laporte, est un mélange bien équilibré entre entreprenariat et développement personnel. Ce que l’auteure propose est un guide pour définir le succès selon ses propres valeurs et besoins, le tout envisagé sous une perspective entrepreneuriale. À travers 3 parties et 16 modules, Laporte propose exercices et questionnements qui vous pousseront à vous mettre en action, à repenser votre système de valeurs et à vous déculpabiliser. En gros, l’approche de l’auteure est axée sur les émotions, sur ces sentiments qu’on identifie parfois …

Aime comme Montréal, aime comme le Monde

Vous le savez, Montréal fête ses 375 ans cette année. Vous pourrez d’ailleurs lire chaque mois un article hommage à l’un des quartiers de la ville, sur Le fil rouge! Notre métropole fête en grand et ses artistes aussi. C’est dans le cadre de cette célébration que Marie-Christine Ladouceur-Girard a voulu présenter, dans un recueil de témoignages, les valeurs que portent Montréal et ses habitants : l’amour, le bonheur et la diversité. Aime comme Montréal offre le portrait de 60 couples interculturels qui ont choisi cette ville comme lieu d’ancrage pour vivre leur histoire. Certains se sont rencontrés au Québec, d’autres ont vu leurs chemins se croiser dans d’autres pays et ont décidé d’immigrer ici. Ces couples d’horizons différents se sont approprié Montréal à leur façon et y ont élu domicile parce qu’ils s’y sentent à la maison. De la diversité, Aime comme Montréal en est rempli : diversité dans les cultures, bien sûr, mais aussi dans les tranches d’âges et dans les sexes. J’avais bien peur au départ qu’on me présente des couples entre …

Et si la beauté rendait heureux ?

J’ai reçu ce magnifique livre aux coins ronds le jour de Noël. Je l’avais demandé quelques semaines avant, donc impossible de me l’offrir et de m’y plonger, et j’avoue que l’attente en valait la peine. Je l’ai lu pratiquement d’un trait cet essai, entre Montréal et Québec, et je me disais que c’était franchement parfait d’être sur la route à contempler le paysage hivernal québécois en lisant ce livre. Et si la beauté rendait heureux, de François Cardinal, éditorialiste en chef à la presse, et Pierre Thibault, architecte reconnu, est un véritable hymne à la beauté qui nous entoure. Le genre de livre qui nous fait tellement bien ressentir les lieux dont on parle qu’on a l’impression d’y être. C’est pas mêlant, je crois que Pierre Thibault risque d’avoir des milliers de gens qui lui écriront suite à la lecture de ce livre et ne manquera pas de projets fascinants, ce qui devait déjà être le cas à mon avis. Mais je crois surtout que ce sont les moines de l’abbaye Val Notre-Dame qui ne …

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

Virginie Despentes et la catharsis littéraire

Récemment, j’ai lu presque d’un seul coup toute la bibliographie de Virginie Despentes, sans aucun doute mon écrivaine française préférée. En lisant Baise-Moi, Apocalypse bébé, les tomes de Vernon Subutex, Les Jolies Choses, King Kong Théorie, je me sentais littéralement exaltée, submergée par un sentiment puissant et libérateur. C’était un véritable sentiment cathartique. Cathar-quoi? La catharsis, selon le Petit Robert, est une « réaction de libération ou de liquidation d’affects longtemps refoulés dans le subconscient ». Chez les Grecs anciens, la catharsis était le plus souvent véhiculée par le théâtre : les spectateurs se purgeaient de leurs pulsions en voyant les héros tragiques, Œdipe, Antigone, Électre et compagnie, se perdre eux-mêmes dans la libération de leurs affects. À voir les héros tragiques suivre jusqu’au bout leurs passions les plus inavouables et, par le fait même, connaître une fin terrible, les spectateurs n’avaient plus besoin de vivre eux-mêmes ces ardeurs. Ils n’avaient pas besoin de défier l’autorité du roi, de sombrer dans la folie meurtrière — les personnages l’avaient fait à leur place et avaient payé le prix fort …

Quelques trucs pour lire un peu plus!

C’est difficile de trouver du temps. On agrippe les minutes qui s’envolent plus rapidement qu’une feuille d’automne au mois de novembre. Pour 2017, je me souhaite principalement une chose : arracher à mon horaire hyper trop chargé quelques minutes pour lire. Malgré le fait que je suis une étudiante en littérature, je dois m’avouer que hormis les lectures obligatoires, c’est rare que j’ouvre un livre par simple plaisir, parce que j’ai tellement de choses à faire durant ma journée. Or, y’a beaucoup d’occasions manquées aussi. Et c’est la faute à qui? À moi, juste à moi. À la place de dérouler mon fil d’actualité sur Facebook ad nauseam, je pourrais probablement en profiter pour tourner quelques pages… J’ai donc trouvé quelques petits trucs (sans réinventer la roue, qu’on se le dise) pour que vous, belles personnes, trouviez le temps de lire un petit peu plus. Métro, autobus, déplacements… Celui-là, il est classique, mais c’est le truc qui m’a fait renouer avec la lecture pour le plaisir. Avant, je passais mon temps en métro à écouter ma …