Year: 2018

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L’Euguélionne de Louky Bersianik : humour et fureur féministes

Aborder ce roman mythique de la littérature féministe québécoise n’est pas chose facile lorsqu’on considère les nombreuses analyses et chroniques littéraires qui lui furent dédiées. J’avoue m’être questionnée à savoir si j’étais à la hauteur de la tâche d’en révéler tout le potentiel à travers un court article. C’est donc sans prétention et avec beaucoup d’humilité que je me permets de partager mon appréciation de ce fantastique roman, qui est définitivement un de mes coups de cœur littéraires des derniers mois. Certain.e.s se sentiront peut-être intimidé.e.s par l’imposante taille du volume; soyez au contraire assuré.e.s que ce petit bijou se dévore et se savoure avec aise, au fil d’une épopée complètement loufoque sans queue ni tête. Il faut approcher L’Euguélionne sans rien attendre d’autre que de se laisser transporter – et transformer – par l’intelligence humoristique et les réflexions de l’autrice. L’extraterrestre à la recherche du « mâle de son espèce » Dans ce récit non linéaire, on suit la quête de l‘Euguélionne, cette extraterrestre qui aboutit sur la planète Terre dans le but de trouver « sa …

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L’Espèce fabulatrice : réflexions sur la place de la fiction

Chez Le fil rouge, on affectionne particulièrement Nancy Huston. On en parle souvent (comme ici) et on la cite beaucoup. C’est une autrice canadienne ouvertement féministe, qui a plusieurs œuvres à son actif. Peut-être que les titres L’Empreinte de l’ange (1998) et Le Club des miracles relatifs (2016) vous disent quelque chose. Elle a écrit une multitude d’essais, dont L’Espèce fabulatrice, qui traite de la grande place que prennent les fictions dans la vie humaine. Ce livre a été un coup de cœur immédiat. J’ai toujours apprécié l’univers et la façon de penser de cette autrice, et cet essai a tout confirmé. Dès les premières pages, j’ai surligné énormément de passages, car les réflexions résonnaient en moi. J’ai tout dévoré en moins de trois jours. Cela m’a ouvert les yeux sur la façon dont les sociétés sont construites, sur la façon dont tous les enfants du monde sont élevés, sur la place du langage et de la littérature. En résumé, sans nos fictions — les mythes, les religions, les fables, les histoires — l’espèce humaine …

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Dans un corps de grosse

Je vise la brièveté pour cet article, car le livre dont il est question ici se dévore littéralement. Je n’ai donc pas l’ambition de le décrire en long et en large. Cet ouvrage m’apparaît important dans une ère, et on l’a déjà dit et redit, où la perfection standardisée du corps des femmes (voir de la femme) est le modèle proposé. Je vous suggère de lire ce récit avec sensibilité. Lynda Dion se présente Lynda Dion : femme adulte, blanche, occidentale et grosse. Surtout grosse. C’est à travers ce mot, tantôt insulte, tantôt simple constat, que Lynda Dion planchera pour créer cette autofiction prenante. Elle amène le lecteur dans ses pensées les plus sombres, dans ses soirées de gourmandise aux allures d’autopunition, dans ses rencontres chez le psy et même en plein cœur de son processus littéraire dont le roman lui-même est l’aboutissement.  L’impression qui se dégage de la plume autant que de la mise en forme du récit, à savoir une prose dépourvue de ponctuation et séparée en petits paragraphes, est de lire le journal intime de l’écrivaine. Ce regard excessivement …

Mon premier coup de coeur pour un album jeunesse : Chien Bleu

Chien Bleu est le tout premier album jeunesse que j’ai acheté pendant mes études en enseignement au primaire. Mon exemplaire, à la tranche un peu écornée maintenant, en porte encore la trace dans le coin droit d’une de ses premières pages : 2011. Dans un de mes précédents articles, j’ai déjà parlé d’une professeure que j’ai eu la chance d’avoir à l’université et à qui je dois plusieurs coups de cœur en littérature jeunesse : Chien Bleu fait également partie de ses précieux legs ! Il y a maintenant sept ans, en sortant d’un cours où elle nous en avait fait la lecture, je me souviens m’être dit : «il me faut ce livre». Je considérais toujours les périodes où elle nous lisait les albums à voix haute comme de petits cadeaux dans mon horaire : quel bonheur que de se faire ainsi faire la lecture ! Je me souviens qu’elle le faisait très sobrement – rien de théâtral dans son approche – et allait droit à l’essentiel. Elle maîtrisait l’art des silences et savait nous transmettre la beauté …

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Les étoiles s’éteignent à l’aube après avoir raconté leur histoire

Un jeune Injun est élevé par un vieil homme (blanc) dans une ferme au milieu de nulle part. Son père, alcoolique, qui lui a rendu des visites, toutes rares et catastrophiques, lui demande de l’accompagner dans les montagnes pour y mourir « en guerrier », selon la tradition de leurs ancêtres. Ce livre est le récit de cette « Medecine walk » (le titre original du livre), cette marche de la guérison qui les soignera tous les trois de leurs plaies. La peur de vivre Ce qui frappe tout au long du livre, c’est le contraste incroyablement fort entre le père et le fils. Le père s’est tué à petit feu avec la boisson et sent à présent que sa mort est proche. Sa conscience est lourde, et il regrette de ne jamais avoir pris le temps d’apprendre des « trucs d’Indien » et de s’être coupé de ses origines. Il fait partie d’une génération « qui a appris à oublier […] parce qu’elle était trop occupée à survivre dans ce monde ». C’est pourquoi il demande à son fils de l’accompagner en …

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Camille Deslauriers signe un recueil en éloge à la vie

Voix de femmes Le 8 mars dernier, pour la Journée internationale des femmes, Le fil rouge a demandé aux fileuses pourquoi c’était important pour elles de lire des voix de femmes. Voici ce que j’ai répondu : Je sens une différence en moi lorsque je lis l’ouvrage d’une autrice. Cette impression bienveillante qu’on parle un même langage pour approfondir le vaste étendu d’un univers commun, avec une vision, des sensations communes et le déploiement du corps et de l’esprit dans cet espace. Je m’y retrouve et je respire. Et cette affirmation me paraît tout à fait exacte pour parler du dernier recueil de Camille Deslauriers. Les ovaires, l’hypothalamus et le cœur Il y a quelques jours, j’ai lu d’un seul coup Les ovaires, l’hypothalamus et le cœur, recueil de nouvelles de l’autrice Camille Deslauriers, paru tout récemment chez Hamac. Tout à fait subjectivement, voici ce que m’a permis de vivre cette lecture et ce que j’en retire après coup. Je dois d’abord dire que j’ai passé un très agréable moment en compagnie de la narratrice qui …

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L’étrange odeur du safran; les mille-et-un détours

Une couverture presqu’entièrement noire, un bouquet de safran qui sèche sur celle-ci et un titre qui intrigue, L’étrange odeur du safran, de Miléna Babin, est sans aucun doute un ouvrage qui capte le regard lorsqu’on l’aperçoit en librairie. Il en va de même lors de sa lecture, alors qu’on se retrouve plongé au cœur d’une histoire qui bifurque, qui tournoie, qui nous amène à rencontrer, à survoler les personnages qui feront vivre le récit. Car les personnages et les histoires sont légions dans l’ouvrage de Babin. Désirant s’enfuir de son oncle et de son frère, Nil, une jeune femme à la moralité douteuse débarque au Bic au volant d’une camionnette miteuse et avec pour compagnon, un renard du nom de Lavande. Elle vient rapidement troubler la vie d’un restaurateur séropositif avec ses façons originales de gérer les choses, mais aussi puisque les membres de sa famille qu’elle tentait de fuir sont maintenant à ses trousses. Jacob, le restaurateur, lui, ne souhaite qu’une chose: voler la totalité de la culture de safran, l’épice la plus couteuse …

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Quatre suggestions de biographies de femmes québécoises exceptionnelles

Pour le mois d’avril, j’avais envie de me lancer un petit défi et de créer un article plus original que ce que j’avais fait jusqu’à maintenant. Quand j’ai débuté ce défi, je n’étais pas une grande lectrice de biographies. Mais puisque je suis une passionnée d’histoire, j’ai réalisé que les biographies étaient un outil littéraire exceptionnel pour en apprendre davantage sur une époque particulière, des événements marquants et des personnes hors de l’ordinaire qui ont permis le progrès de nos sociétés en contribuant aux changements et à l’avancement des idées. Pour cet article, je me suis intéressée à découvrir des biographies de femmes québécoises qui ont marqué le Québec de façon particulière. Je me suis donc rendue à la bibliothèque pour commencer mes recherches et j’en suis sortie… 3 heures plus tard! Au cours de mes recherches, j’ai constaté avec beaucoup de déception que très peu de biographies avaient été écrites sur des femmes québécoises. Pourtant, nous ne manquons pas de femmes exceptionnelles dans l’histoire du Québec et les biographies que je vous présente aujourd’hui …

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Des oiseaux artistes et questionnements créatifs

Écrire ces lignes entourées de neuf femmes qui écrivent, qui créent, qui osent sortir de leur chez-soi un dimanche matin pour venir assister à nos clubs d’écriture, il n’y a pas de meilleur endroit, je le crois, pour écrire cette critique de La vie d’artiste de Catherine Ocelot. Cette bande dessinée publiée aux Éditions Mécanique Générale m’a tout de suite attirée, par son titre. Mais c’est surtout les couleurs qui recouvrent l’objet qui m’ont plu. Ensuite, c’est la thématique de la création, du rôle de l’artiste, des questionnements qui accompagnent toujours le fait de créer, ces questions que chaque artiste se pose à un moment ou à un autre. Animant des clubs d’écriture, je suis heurtée à ces doutes et ces questionnements qui viennent de pair avec le fait de s’engager dans une démarche créative, il s’agit donc d’un sujet qui m’interpelle fortement. Ce sont des questions fascinantes et quoique chaque artiste ait sa propre singularité qui fait de lui un être unique, j’ai le sentiment qu’universellement, les mêmes questions et les mêmes doutes reviennent …

Gourganes : d’la soupe du Québec jusqu’en Afghanistan

Gourganes est arrivé par hasard dans ma boîte aux lettres. Merci à la maison d’édition Stanké pour cette belle surprise et cette belle découverte. En novembre dernier, avant même d’avoir lu le roman, j’ai eu la chance de rencontrer l’autrice Alexandra Gilbert au Salon du livre de Montréal. Ce fut une belle rencontre, Alexandra était rayonnante. Il s’agit d’une grande passionnée de voyages, d’aventures, tout comme son roman semblait présager. Alexandra Gilbert m’a fait voyager du Québec jusqu’en Afghanistan pendant ma lecture. L’autrice a séjourné dans plus de 35 pays (dont Haïti, Afghanistan, etc.). Plutôt impressionnant ! Elle gagne à être connue en raison de son parcours de voyageuse humaniste et de féministe. Je vous invite à lire cet article datant de 2009 qui la présente bien. Et elle a su très bien mélanger le voyage et la littérature dans son tout premier roman. En fait, c’est à se demander où sont la vérité et la fiction dans son texte. Je me suis imaginé que c’était inspiré de sa vie. Dans ce roman, elle raconte l’histoire d’une …