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Le saint patron des backpackers

11998224_10153003908862413_556467382_nComme beaucoup de jeunes en quête d’identité, Jérôme, 19 ans, décide de prendre une année sabbatique pour aller visiter l’Europe. Il part donc seul, avec en tête une idée bien précise : ne pas revenir au Québec puceau. Entremêlée de rencontres sordides, de bières et de voyages, cette année sera pour Jérôme une coupure froide et net avec sa petite vie de région. Malgré la nostalgie d’un amour déchu resté au Québec, il vivra au cours de ces mois une fascination intense pour Dania, une employée de l’auberge de jeunesse dans lequel il est resté plusieurs semaines.

Est-ce que j’ai aimé ou pas ? J’ai de la difficulté à le dire clairement. En soi, l’idée me plaisait beaucoup. J’aime toujours les romans introspectifs et lorsqu’on parle de voyage et de retour vers soi, je suis presque toujours charmée. Dans ce cas-ci, je n’ai pas tant réussi à m’attacher à Jérôme. Dans le sens que oui, je comprenais son envie folle de rencontrer une fille et sa maladresse « trop gentille » qui l’en empêchait. En même temps, de lire à plusieurs reprises « Pense avec ta graine », ça détruisait toute la sensibilité et la profondeur de son désir. J’ai trouvé les réflexions du cégepiens parfois un peu cliché, en même temps, je suis consciente que cela complète le personnage. L’histoire nous mène quand même beaucoup plus loin que ce que je croyais au départ: meurtres, conspiration, cavale. Le parcours de Jérôme nous surprend pages après pages et nous entraîne dans un monde noir.

Entouré de son ami Nil (Je pousse peut-être loin ma référence, mais j’ai cru percevoir des traits de caractère de Neal Cassady de Sur la route), Jérôme est confronté à des amitiés naissantes, mais incroyablement intenses. Le fait de passer ses journées et ses nuits avec un ami à voyager et à découvrir une ville ne peut faire autrement que de créer des liens. Or, un certain dénouement remettra l’histoire entière en question et on aura l’impression que ce voyage à deux aura surtout été celui d’un seul homme : Jérôme entouré, mais toujours si seul avec lui-même.

Quant à l’écriture, elle est vraiment intéressante, car écrite au JE. Souvent vulgaire et essoufflant, Jérôme nous amène dans ses délires quotidiens, que ce soit à cause des effets de la bière, de la drogue ou simplement de la fatigue, l’écriture change et s’adapte aux émotions de ce dernier.

Bref, l’auteur, Dominique Stévez La Salle, nous offre un premier roman vraiment réussi, malgré quelques maladresses, et on sent que les thèmes de la folie, du voyage et de la découverte de soi lui sont chers. Comme ce sont aussi des thèmes qui m’attirent, je resterai informée de ses nouveaux projets!

En librairie depuis le 3 septembre 2015

 


 

Le fil rouge tient à remercier Camille Dupuis des Éditions XYZ pour la copie de presse

 

Musique d’ici: Safia Nolin

Si vous avez manqué ma découverte musicale du mois d’Août, c’est par ici.

En Septembre, on écoute Safia Nolin.

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J’ai découvert Safia l’année dernière avec sa chanson « Valse à l’envers » publiée sur la chaîne de BRBR. J’ai tout de suite adoré son style folk et me suis empressée d’aller en découvrir davantage dans les entrailles du merveilleux monde de YouTube.

Avec sa voix douce et ses textes inspirés de sa propre réalité, elle nous fait entrer dans son univers parfois sombre, mais toujours apaisant.

À l’âge de dix-sept ans, Safia Nolin décide d’apprendre à jouer de la guitare par elle-même. Sage décision puisque, un peu plus tard, elle remporte le prix SOCAN de la chanson primée à la 44e édition du Festival International de la Chanson de Granby avec sa composition « Igloo », que l’on pourra entendre sur son premier album.

D’ailleurs, celui-ci sort… aujourd’hui! Inutile de dire que j’ai très hâte de me le procurer pour faire profiter mes oreilles de son talent.

Safia a déjà un beau parcours musical. En mars dernier, l’excellent artiste Pierre Lapointe a partagé « Igloo » sur sa page Facebook, lui offrant alors une bonne visibilité et donnant la chance à plusieurs personnes de découvrir sa musique.

« Écoutez et partagez ce clip! Safia Nolin est probablement l’artiste la plus intéressante, la plus singulière qui soit arrivée depuis longtemps en chanson au Québec! Elle fera un malheur c’est certain! Vous serez fiers de l’avoir connu avant tout le monde! »

 – Pierre Lapointe, sur Facebook

Si ce n’est pas déjà fait, dépêchez-vous d’aller écouter ses chansons (et je vous invite à l’encourager en achetant son album fraîchement sorti en magasins)!

Bonne écoute !

Top 3 de mes chansons préférées de Safia Nolin

1 – Ce matin

2 – Igloo

3 – La laideur


musique-safia-nolin-01Site web : http://www.safianolin.com/fr/

Bandcamp : http://safianolin.bandcamp.com

Facebook : http://www.facebook.com/safianolin

Twitter : @safianolin

Je pense le contraire

J’avais déjà annoncé la date de sa mort à ma conscience. Après quelques contes de fées illusoires et plusieurs coups de couteau, j’ai jeté les armes.

Je n’ai jamais voulu que ce soit une bataille.

La guerre, elle se nourrit de haine et de jalousie. C’est la raison pour laquelle j’en étais venue à la conclusion que l’amour, ce n’était pas pour moi. Puisque qu’apparemment l’un n’allait pas sans l’autre.

11206094_10155602639370220_2936596227190118462_nPuis, il y a eu lui…

Celui qui s’est avéré être le bouleversement de tout mon univers.

Je ne mentirai pas. L’époque des commencements amoureux fut marquée par l’empressement. La chasse à l’amour était ouverte. Si ce n’était pas celui-là, ce serait celui-ci.

Humains interchangeables, poupées de peau à volonté. C’était à en perdre la tête, à en perdre les sens, à ne plus comprendre.

Selon les dires de nos médias sociaux et les derniers hashtags, nous sommes une cohorte de va-vite, de consomme et déguerpis. Aujourd’hui, maintenant, demain et alors? Tinder et ses semblables figureraient comme l’unique héritage d’une génération Y écartellée entre deux extrêmes. Le choix de la lettre n’est pas anodin.

Et bien moi, je pense le contraire.

Je crois en la monogamie.

Je ne crois pas en l’âme soeur comme étant le reflet conforme de mon âme.

Kurt Cobain a déjà écrit à Courtney Love je t’aime pour ce que je ne suis pas, pas pour ce que j’ai déjà et je crois que c’est dans la complémentarité que nous aimons véritablement.  L’union, c’est la force.

Pourtant, la complexité des rapports humains pousse bien souvent ceux-ci à se dissocier de leur pôle; l’autre. La paresse et l’impatience sont les grands tares de l’humain version 2.0. Dans l’immédiat, nous n’obtenons pratiquement rien. Du moins, rien qui n’en vaille vraiment la peine.

La passion s’abreuve au quotidien d’un nectar aux effets dans le temps.

Certains diront qu’il faut savoir se satisfaire de peu. D’autres privilégieront des approches frivoles au romantisme alarmant. Or, ce qui paraît évident, c’est que tout cela prend du temps.

Notre espèce court. Nous avons quitté l’étape du marathon. Nous en sommes au sprint.

La lenteur est pourtant si délicieuse. La Dolce Lentezza.

Pour vivre auprès de l’amour de ma vie il aura tout simplement fallu:

-Cacher des boutons de chemises dans des lieux publics.

-Créer des cerfs-volants dans un atelier strictement réservé aux enfants.

-Parler des fourmis sous un arbre verdoyant un après-midi de mai.

-Chanter des chansons folkloriques avant de s’endormir.

-Lire de la poésie à voix haute sur l’oreiller.

-Se baigner tout nu.

Il aura tout simplement fallu… vivre.

Parce que je ne manque rien. Je ne manque de rien. Le concept de privilège de la jeunesse, je n’y adhère pas.

Je profite, mais d’autre chose.

D’un meilleur ami, d’un amant redoutable, d’un amoureux passionnel, d’un frère complice, d’un aide-malade, d’un gamin, d’un grand sage, et tout cela, dans un seul être. Je n’ai pas besoin du polyamour.IMG_0981

J’ai l’homme et toute sa pluralité.

Ils sont rares les oiseaux de ce genre. Encore faut-il prendre le temps de les observer.

Entre l’envol et l’atterrissage, il y a toute une vie. Savons-nous attendre? Savons-nous être insatisfaits? Savons-nous habiter l’ennui?

C’est avec l’autre qu’on se meurt. À petit feu, à petits pas dans la solitude de l’hôte.

J’ai choisi mon bâtiment. Il est solide comme le roc. Assez grand pour deux. Vents et marées n’y peuvent rien.

Nous aurons besoin d’une vie entière pour la construire, mais qu’est-ce qu’elle sera belle cette éternité à tes côtés.

Crédit photo à la une: Toma Iczkovits.

Crédit photo à même l’article: Michaël Corbeil

Une féministe chez les marocain-e-s !

Mon intérêt pour cette culture souvent mal jugée ne date pas d’hier. Longtemps, je me suis faite amie avec des personnes d’origine marocaine, algérienne ou autre. J’aime apprendre d’eux, tout comme j’aime leur apprendre ce qui me définit comme québécoise et comme personne. Un des aspects qui me caractérisent le plus est le fait que je suis une féministe.

C’est une de mes amies qui m’a fait découvrir cette auteure, Fatima Mernissi. Elle est féministe et marocaine. Cela peut en surprendre plusieurs puisque, étant parfois ignorants, nous pouvons croire que le féminisme ne peut exister dans un pays où toutes les femmes semblent soumises. Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’il existe plusieurs formes de féministes et que chacun d’entre nous peut l’adapter à nos valeurs et à notre culture. Il n’a pas UN féminisme, mais DES féminismes.

Bref.

J’ai donc lu deux œuvres de cette sociologue féministe. En fait, lorsqu’on regarde sa bibliographie, on constate qu’il a un thème récurant, le Harem. Ce mystère toujours présent encore de nos jours dans ce monde musulman. Ces hommes qui ont mille femmes à leur service, des femmes soumises. Ma première lecture fut «Le Harem et l’Occident». Cette lecture m’a fait prendre conscience qu’il y avait une perception différente de ce qu’est le Harem.

En Occident, le harem est représenté comme un lieu de plaisir où s’ébattent des femmes nues et lascives, odalisques d’Ingres et de Matisse, Schéhérazade en version hollywoodienne.

En Orient, le harem est au contraire le lieu de la réclusion des femmes qui ne rêvent que de s’en émanciper, en jouant de leur talent et de leur intelligence, qu’elles aient vécu au temps du khalife Haroun Al-Rachid ou dans le harem domestique des années 50 à Fès. – «Le Harem et l’Occident», Albin Michel

La description du quatrième de couverture me fait réaliser qu’il y a du vrai. Même si le livre commence à dater un peu, c’est, je crois, une réalité chez les occidentaux. Plusieurs œuvres d’art (peintures, textes) ont été créées avec cette perception du Harem. Des femmes nues, soumises et présentes pour plaire à l’homme. Et on peut interpréter que la vision de l’Orient qu’elle donne est celle de la féministe qu’elle est. Parce qu’il a sûrement des femmes qui acceptent ce mode de vie. Ainsi, dans les lunettes féministes de Mernissi, nous découvrons son Harem. Je l’ai également découvert dans un autre de ses livres, «Rêves de femme : Une enfance au Harem», où nous accompagnons une jeune Fatima dans le Harem de sa mère et de sa grand-mère. La perception de ces deux femme est complètement différente. L’une voit le Harem comme un plaisir de vivre en communauté et en famille, tandis que l’autre rêve d’être seule avec son mari et ses enfants. J’ai beaucoup apprécié le contraste entre ces deux femmes, ce qui me faisait me poser des questions sur ma propre perception du Harem. Parce que oui, il peut tout de même y avoir un côté positif (exemple : la vie en communauté). Il y a un passage qui m’a beaucoup marquée dans ce livre. Une fois, la grand-mère dit à sa petite fille qu’on ne peut appeler une fenêtre une fenêtre lorsque celle-ci nous emmène à la cour, parce qu’elle ne nous emmène pas au monde (à la liberté).

Photo : Karina

Photo : Karina

Tandis que ce que j’ai le plus apprécié avec «Le Harem et l’Occident», c’est de me faire dire qu’il existe aussi un harem en Occident. Mernissi, et je suis d’accord avec elle, nous dit qu’il existe sous une forme différente. Cette forme est l’exigence de la femme occidentale de devoir plaire, de se mettre en petit short, de se maquiller, de faire son aguicheuse. Autrement dit, d’être soumise à devoir plaire à l’homme. On nous laisse croire que c’est une forme de liberté, alors qu’au contraire c’est une forme de soumission.

«Allah n’a pas fait de cadeau aux chrétiens : leur climat est froid et rigoureux, ce qui les met de mauvaise humeur. Quand le soleil ne se montre pas pendant des mois, ils deviennent méchants. Pour se réchauffer, ils sont obligés de boire du vin et d’autres boissons fortes […]» – «Rêves de femmes : Une enfance au Harem», Fatima Mernissi

Finalement, ces deux livres de la sociologue Fatima Mernissi m’ont permis de me positionner sur certains préjugés que j’avais envers la culture musulmane et sur ce qu’est le Harem.

Raconter l’insularité : « Le sel et le goémon », recueil de nouvelles maritimes de Christine Arseneault-Boucher

La belle saison tire à sa fin, mais il est toujours temps de l’étirer encore un peu. Quoi de mieux pour cela qu’un petit vent qui sent bon le souvenir de vacances? Honnêtement, alors que les soirées se rafraîchissent, ça me fait du bien de se ressasser ces moments de paix. Ou encore mieux, de les lire! D’ailleurs, avez-vous lu mon premier article sur raconter l’insularité? J’y parlais des magiques et magnifiques conteurs que j’ai rencontrés aux Îles-de-la-Madeleine. C’est sur cette note (un peu trop) nostalgique que je continue de déballer les trouvailles faites aux Îles cet été, cette fois avec Le sel et le goémon de Christine Arseneault-Boucher, un recueil de nouvelles poétiques qui donne envie de tout sauf de retourner sur le continent.

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Le sel et le goémon est une petite reliure, couleur sable, qui se lit tout seul, entre deux marées et moins. C’est un être à part, hésitant entre la nouvelle et la poésie, pour notre plus grand bonheur. Son auteure, Christine Arseneault-Boucher, artisane de la beauté du quotidien, est originaire des Îles-de-la-Madeleine. C’est après dix années d’études « à l’étranger » en arts visuels et littéraires qu’elle retourne écrire dans son archipel. Le sel et le goémon est l’enfant de ce retour à la mer, enfant aux pages imbibées d’eau tiède. Un autre bijou de publication aux éditions madelinienne La Morue verte (à surveiller!), paru en juin 2015.

C’est une série de courts portraits, avec prénoms en titre et tout, entrecoupée de listes versifiées et numérotées. Jamais plus de quatre pages. Sylvie, Cassandre, Fabienne, Madeleine, Édouard…Qui sont-ils? Mystère. Mais ils prennent vie, l’espace de quelques lignes bien tracées, agilement débitées. Toutes les dimensions sont là, tous les sens sont en éveil; parfums marins et vent qui fouettent les vêtements, sueur et soleil sur la peau, couleurs brutes, primaires, et évidement, le sel et le goémon, qu’on goûte. Le pouvoir d’évocation des mots d’Arseneault-Boucher est puissant comme l’océan qui les porte. Ses mots sont simples, ses phrases épurées, écorchées même, d’une économie rappelant celle d’une vie rude. Car il y a la rudesse, dans les textures, la drogue et le sexe. Dans l’identité sexuelle difficilement mise à nue, dans l’incertitude, dans les éléments de la nature qui s’infiltrent partout.

La concision est la grande force d’Arseneault-Boucher. Ses phrases, d’une densité fascinante, brossent des tableaux aux demi-teintes nostalgiques sans jamais être larmoyantes ou tragiques. Elles dégagent plutôt le sentiment diffus d’une toile impressionniste; pratiquement à la limite de l’abstraction pour l’oeil, mais en même temps bien concret pour l’esprit. Des toiles marines à la William Turner, ce peintre anglais aux navires perdus dans l’orage. Car chez Arseneault-Boucher, la mer est omniprésente, et au milieu du bleu, il y a l’île, comme une dernière forteresse avant la dissolution complète. Une île comme un bateau au bord du gouffre. C’est aussi ce qui me plait énormément chez cette auteure, cette impression de dystopie de l’île, qui n’est pas qu’un espace bucolique, mais aussi un lieu menaçant, à la merci des tempêtes réelles et sociales. Chez elle, il y a la part d’ombre, celle du quotidien, celle des grands deuils et des défaites. Comme c’était le cas de Turner, Arseneault-Boucher sait capter le sublime, la beauté dans la terreur. Et c’est la gorge nouée qu’on rencontre et qu’on délaisse chacune de ces personnes dépeintes, aux chairs éparses et palpitantes. Insulaires.

À lire : l’irrésistible Liste 4 (p.69).

Liste 4

un plateau de bleuets
de fraises et de framboises au pied du lit
une enveloppe vert pomme pleine de cartes postales
à relire sous la pluie
un bol de coquillages égaré sur ta commode
entre deux chandails pas pliés
des cloches qui sonnent fort
dont on n’entend que l’écho au-dessus des buttes
un chemin d’asphalte en gravelle
jusqu’à descendre les pieds dans l’eau
des vêtements accrochés sur la corde
même l’automne
des draps aussi
une fenêtre au sud et un soleil qui ne se couche pas

« The true cost » : qui paie pour tes vêtements ?

Ce documentaire produit par Andrew Morgan ne changera pas les choses, mais pose des questions. N’est-il pas là le but des documentaires, susciter des réflexions? Essayer de percevoir les choses d’un autre oeil, tenter d’entrevoir d’autres possibilités? The true cost s’intéresse à l’industrie du textile, aux producteurs, aux consommateurs, aux travailleurs et aux créateurs. Chacune des échelles du monde du textile/de la mode a une responsabilité face aux fléaux qui ont lieu dans les usines de textiles partout autour du monde. Depuis les 15 à 20 derrières années, le monde de l’industrie textile a complètement changé, les compagnies se sont mises à embaucher de la main d’oeuvre dans des pays défavorisés. Au départ, on pouvait même se dire, Wow quelle générosité, cela crée des emplois. Erreur, ces emplois ne font que condamner les travailleurs à des conditions sociales et de sécurité inexistantes, un salaire d’esclave et une extrême dépendance vis-à-vis l’industrie. Ce monde, où le profit est le seul pion respectable, a révolutionné entièrement notre façon de consommer. On achète constamment et ce, sans jamais être rassasié. Le pouvoir d’achat est immense, les vêtements étant si peu chers, le consommateur se croit riche de possibilités et celles-ci, promesse d’un bien-être/bonheur.

Je suis la première à aimer les vêtements, à choisir méticuleusement mes ensembles pour certains événements. Je sais avec conviction que la mode et les vêtements sont une manière créative et artistique de s’exprimer et je serai toujours attirée par les belles choses, que voulez-vous, je suis comme cela. J’aime être dans un bel environnement et j’aime me sentir bien dans mes vêtements. Le point n’est pas là. Le documentaire dénonce une industrie où le profit met en danger la vie de personnes, l’économie mondiale et les valeurs mondiales. En quoi il peut être normal de payer son jeans le prix d’une semaine de boulot ?

Alors, on fait quoi?

J’étais assise devant mon ordinateur, les larmes aux yeux, à me dire mais qu’est-ce que je peux faire? J’attendais une réponse, ou du moins une parcelle, et ça a été dit : transformer les valeurs de notre société. Comment peut-il être normal de privilégier des profits à une vie humaine et de trouver ça normal? Que personne viennent me dire qu’il n’était pas au courant des dessous des usines de textile. Nous savons que les travailleurs sont non seulement sous exploités, mais que leur vie quotidienne est mise à l’épreuve à chaque journée où ils vont travailler. Et pourquoi alors, il y a tant de gens chez Zara ?

Se reprogrammer les valeurs, penser autrement, ne pas concevoir que la vie humaine d’autrui vaut notre ouftit à 12$.

Je pense avec espoir que notre génération a de plus en plus une envie de toucher du vrai, du handmade, on a envie de savoir d’où viennent et comment sont faites les choses. On veut revenir aux valeurs les plus basiques telles que l’entraide et le respect. Les consommateurs DOIVENT exiger pour recevoir. On se doit de ne plus accepter des produits bâclés ou des produits qui, de la conception à la vente, n’ont pas de respect pour l’humain derrière toutes ces étapes. Je suis utopiste et j’espère avec tout mon être que ce genre de documentaire ouvrira des discussions, parce que c’est impensable de continuer ainsi. On ne peut pas continuer à fermer les yeux et à se regarder le nombril. Les consommateurs doivent repenser l’entièreté de leur rapport à la consommation.

Ça me ramène à une entière philosophie de vie, on se doit de comprendre pourquoi le matérialisme est synonyme de bonheur, pourquoi on se sent bien en allant au Boxing day se faire écraser les orteils toutes la journée pour sauver 9$ sur une chemise? D’où vient ce besoin si virulent de consommer, encore et toujours, pour combler un vide ? Il y en a du boulot pour tenter, de notre côté, en tant que consommateur, d’exiger que les choses changent.

Il faut arrêter de dévaloriser l’impact de chaque consommateur sur une industrie. Roxanne nous a d’ailleurs fait un excellent article en ce sens, sur l’industrie alimentaire. On se doit de prendre parole parce que tant qu’il aura des gens pour les acheter ces tops à 5$… il y aura des femmes et des hommes pris quotidiennement à se battre pour survivre.

Suis-je peut-être intense ou même trop gentille face à cette industrie (et tant d’autres, il suffit de regarder quelques documentaires sur l’industrie agroalimentaire)? À vous de juger. Toutefois, je pense que notre responsabilité en tant que consommateur est de réfléchir aux gestes qu’on pose. Du moment où on s’habille tous les matins, il est clair que nous avons un pouvoir certain sur l’industrie du textile.

Finalement, je terminerai en disant que ce documentaire m’a touchée, parce que je sais que je l’encourage sans le vouloir, bien évidemment en achetant des vêtements qui viennent de ces usines de textiles. Loin de moi l’idée de vous faire la morale en me croyant bien au-dessus de tout cela, il s’agit d’une prise de conscience personnelle. Je ne me promets pas la perfection suite à mes futurs achats, par contre je pense que tous les petits gestes posés peuvent changer, collectivement, les valeurs de consommation, fabrication et de gestion humaine face à cette industrie qui dépend de ceux qui sortent leurs portefeuilles, soit vous et moi.

Avez-vous eu la chance de voir ce documentaire? Si oui, qu’en avez-vous pensé? Je suis curieuse d’avoir une discussion à ce sujet!

 

« Veiller la braise » de Sara Lazzaroni : Lecture du mois de septembre du défi littéraire

Suite au sondage proposé sur le groupe Facebook de l’événement, En 2015, je lis un livre québécois par mois, vous avez voté, nous lirons Veiller la braise de Sara Lazzaroni. Je dois avouer que je suis extrêmement contente de cette décision, car c’était aussi mon choix! Je n’avais jamais entendu parler de cette jeune auteure, mais la description du roman et la magnifitude du titre m’ont charmée. 

Plus bas dans l’article, j’ai joint la description du roman et de l’auteure disponibles sur le site des éditions Leméac pour vous donner envie de vous joindre à notre groupe pour cette lecture de septembre! On se retrouve le 1er octobre pour un article commun où les collaboratrices du Fil rouge vous donneront leurs impressions sur ce roman!

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Bonne lecture à tous !

La tristesse a quelque chose de réconfortant. C’est un lit moelleux pour se faire du mal, pour se tailler les veines, écrasé entre le matelas et l’édredon. Le bonheur est toujours inquiétant.

C’est un roman d’amour comme il ne s’en fait pas, un roman des visages de l’amour à travers les saisons de l’existence. Depuis la première fois où ils se sont vus, dans la librairie où elle travaille, jusqu’à ce qu’ils aient touché à la vieillesse, les protagonistes de ce livre ont connu toutes les nuances, tous les visages de l’amour. L’amour éperdu, terrifiant, des premiers émois. L’amour des inacceptables compromis, celui des renoncements cruels. L’amour qui se fâche, qui se sauve, qui revient. L’amour avec les enfants, puis sans les enfants. L’amour du corps qui exulte, puis du corps qui s’use. Dans ce texte à deux voix qui se mêlent et s’emmêlent – elle et lui, lui et elle –, l’amour est un feu qui couve. Il s’agit de veiller la braise…

Ce second roman d’une auteure de vingt et un ans à la maturité stupéfiante trace le portrait en creux d’un couple, sous la forme d’une ode aux âmes sœurs. Sara Lazzaroni démontre ici, hors de tout doute, le talent unique et la voix singulière dont elle est dotée, ce regard poétique sur le monde qu’elle seule peut nous offrir.**

Pour en savoir plus sur l’auteure
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Avec son premier livre, Patchouli (Leméac, 2014), paru alors qu’elle n’avait que dix-neuf ans, Sara Lazzaroni a su s’imposer comme l’une des voix les plus prometteuses de sa génération. Veiller la braise confirme la singularité de sa plume, la poésie qui l’habite, sa stupéfiante maturité.**

 

** Site web des éditions Leméac  **

Veiller la braise, Sara Lazzaroni, Leméac, 2015

9782760947191

Famille futée, une seconde réussite

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Je n’ai pas de télévision, je n’avais donc jamais entendu parler de l’émission Cuisine futée, parents pressés de Alexandra Diaz et Geneviève O’Gleman. Je n’avais pas plus porté attention à la sortie de leur premier livre de cuisine, inspiré de l’émission, qui est apparu sur le marché en 2o13. Ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai découvert l’existence de Famille futée. Martine m’en avait parlé, Valérie en a parlé ici et puis voilà, j’ai flanchée et j’ai acheté le second tome.

Après avoir passé un peu trop de temps à le feuilleté, à mettre des post-its par ordre de couleurs (je me sentais comme Monica dans Friends), je peux assurer qu’il y en a vraiment pour tous les goûts dans ce livre. 175 recettes pour satisfaire la petite famille, l’étudiante qui commence juste à cuisiner, l’adulte qui ne veut pas se casser la tête. Si vous cherchez un livre sur la gastronomie, passez votre tour, ce n’est pas ce que vous trouverez dans Famille Futée 2. Par contre, si vous avez le goût de vous cuisiner des recettes « santé, pas cher, faciles et gourmandes », alors ce sera un 30 $ très bien investi.

Ce livre est divisé en 9 parties bien définies, en passant du déjeuner aux desserts, à la cuisine d’ici, aux repas rapides.. ainsi de suite. On retrouve le même type d’instructions et de présentation claires et concises que dans le premier (que j’ai feuilleté) et c’est bien ainsi, pourquoi changer une formule qui marche aussi bien?

Pour ceux et celles qui seraient fan de l’émission, sachez qu’on y retrouve une vingtaine de recettes exclusives, en plus d’y trouver 100 recettes de plus que dans le tome précédent, ce n’est  pas le choix qui manque.

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À travers tout ça , il y a quelques recettes que je trouvais très « simples » pour un livre de cuisine ( Hot-chicken, macaroni…) mais en même temps, ça en fait un livre-ressource pour tout et pour tous, plus besoin de parcourir trois-quatre livres de recettes pour faire son propre bouillon de poulet ou pour essayer une nouvelle recette de sauce bolognaise (bien qu’elle ne battra probablement jamais celles de nos mères)

En plus, les options végétariennes ne sont pas négligeables, surtout  pour quelqu’un qui cherche à simplement explorer ce mode d’alimentation.

Pour vous donner l’eau à la bouche, voici un petit top 10 (sans ordre précis) des recettes que se sont méritées un post-it coloré.

  1. Beurre de fruits (à la mijoteuse) pour faire changement du beurre d’arachides sur ses toasts le matin.
  2. Crème de poireaux et salsa de pommes. Celle-là me tente particulièrement !
  3. Concassé de pois chiches au citron à mettre sur un pain ou dans une salade de couscous, par exemple.
  4. Casserole de poulet à l’espagnole.
  5. Gigot d’agneau aux pommes.  Ça me semble être un plat automnal parfait pour recevoir.
  6. Boulettes suédoises… mais peut-être que je devrais essayer celles du Ikea avant, non?!
  7. Pappardelles au boeuf effiloché.
  8. Boulettes de poisson à l’asiatique.
  9. Bouchées de pouding au pain à l’érable.
  10. Gâteau de crêpes.

Bon appétit!

 

 

 

 

Les yeux bandés

En tant que lectrice, littéraire, auteure et ex-libraire, j’aime toujours quand les gens me font part de leurs coups de cœur et de leurs intérêts en matière de lecture. Cela me permet de sortir de ma zone de confort, de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas et de voir si, oui ou non, les livres qui me sont proposés me plaisent autant qu’à ceux qui me les ont recommandés. J’aime d’autant plus recevoir des suggestions lorsque je sais qu’elles me viennent de gens qui sont aussi exigeants que moi (voir mon article précédent…!), signe qu’ils risquent de me conseiller des œuvres plus susceptibles de correspondre à une bonne partie de mes critères personnels!

C’est grâce aux bons conseils d’une amie passionnée de lecture que j’ai pu découvrir le roman Les yeux bandés, de l’auteure américaine Siri Hustvedt. Cela faisait plusieurs fois qu’elle m’en parlait, avec l’énergie et l’enthousiasme qui l’animent toujours lorsqu’elle tombe sur un titre qui lui plaît vraiment : difficile pour moi de résister à l’appel! Je ne le regrette pas du tout et je l’en remercie, car j’ai découvert une plume unique, capable de dépeindre les ambiances avec une précision assez spectaculaire.

Dès le départ, Les yeux bandés est une singulière petite bestiole, que l’on peine à définir : recueil de nouvelles ayant toutes un lien les unes avec les autres, ou roman polyptyque? Peu importe l’avis que l’on puisse avoir sur la question, l’histoire demeure la même et se lit de la même façon : la narratrice Iris Vegan nous fait le récit, dans ces quatre « tranches de vie », de ses rencontres particulières avec des individus new-yorkais qui l’ont tour à tour forcée à reconsidérer sa propre identité. Le curieux Mr. Morning, qui souhaite lui faire analyser jusque dans les moindres détails les possessions d’une jeune femme morte, afin de préserver l’empreinte de celle qu’elle avait été ; l’énigmatique Georges, le photographe qui capture des fragments de sa personne sur ses pellicules ; Mrs O, une vieille dame sénile internée avec elle à l’hôpital ; Klaus, ce personnage de fiction pas si fictif, qui va complètement modifier sa perception d’elle-même ; le caricatural Paris, qui la confronte constamment sur son identité, ses désirs, ses ambitions…

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Tout au long du récit, le lecteur accompagne Iris dans ses réflexions, traverse avec elle d’intenses périodes de doute, s’interroge sur la réalité et la véracité du monde qui l’entoure. Car là est la force de Siri Hustvedt : nous immerger dans un monde d’ombre et de lumière, où de brèves étincelles d’espoir côtoient de sombres moments d’incertitude. Nous plonger dans ce récit où le malaise s’instaure lentement, pour mieux nous laisser par la suite face à nos propres démons. La plume de cette auteure est concise, ses phrases ne sont pas truffées de mots trop compliqués et l’histoire qu’elle nous livre est simple, mais efficace : l’ensemble de l’œuvre donne un résultat remarquable, que j’ai apprécié à chaque instant de ma lecture.

Dès les premières pages, j’ai su que j’allais aimer ce livre. Il y avait quelque chose dans les images proposées, dans la justesse du vocabulaire et dans l’étrangeté de la situation initiale qui me laissait croire que j’étais sur le point de faire la connaissance d’une auteure qui allait me plaire. La suite m’a donné raison. Lorsque j’ai refermé le bouquin, je me suis dit qu’il y avait des phrases là-dedans que j’aurais vraiment aimé avoir écrites et, dans mon cas, c’est un signe qui ne trompe pas!

Une découverte incontournable pour ceux qui veulent apprécier une écriture fine, se laisser envahir par des ambiances troublantes et laisser croître en eux une profonde réflexion sur qui ils sont vraiment.

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Les yeux bandés, Siri Hustvedt

Éditions Actes Sud, collection Babel

281 pages

ISBN: 9782742707126

Chroniques d’une anxieuse : c’était quoi la question, déjà?

FilRouge

Ce matin-là je m’étais réveillée de mauvaise humeur. Je détestais tous les hommes. Et tant qu’à y être, toutes les femmes aussi. Je détestais tout le monde et personne en même temps. Je détestais les gens qui toussaient trop fort dans le métro et les p’tits gars énervés qui manquent de respect. Je détestais tous les gens qui se pensent VIP dans la vie, qui croient dur comme fer que tout leur est dû. Je détestais les gens qui faisaient du bruit durant TOUT le film au cinéma avec leur sac rempli à rebord de popcorn. Et je détestais surtout la fille qui m’avait toussé dans les cheveux la veille dans l’autobus et qui avait pouffé de rire quand je lui avais dit que ça ne se faisait pas.

J’en voulais surtout à la vie de m’avoir fait comme ça. Comme quelqu’un qui se questionne toujours trop, qui a de la misère à lâcher prise, qui ressent la vie avec tellement d’intensité que ça finit par la gruger par en-dedans. Je lui en voulais. Beaucoup.

Ce matin-là, je me détestais aussi.

Pis c’est pas l’fun, détester son soi-même. Parce qu’on peut pas vraiment être autre chose que soi. On est pogné à être ce qu’on est et à vivre avec. On s’en sortira pas. Et, de toute façon, essayer d’être ce qu’on n’est pas, c’est tourner le couteau dans la plaie. Ben profondément.

Ce matin-là, j’étais assise dans la cuisine de mon appart. Comme figée devant mon café déjà frette et ma toast à moitié mangée. Je pensais malgré moi à toutes ces personnes (pis j’te jure, y’en a une coupe) qui m’avaient reproché mon moi-même.

J’comprends pas pourquoi t’es aussi sensible, Alex. Va falloir que tu t’endurcisses si tu veux réussir dans la vie. Tu prends toujours trop tout personnel. J’peux pu t’endurer, c’est fini, ton anxiété est trop difficile à gérer. Qu’est-ce que tu fais à te morfondre encore aujourd’hui? Pourquoi tu pleures encore? Pourquoi tu capotes encore?

Encore.

Ça bourdonnait dans mes oreilles, mais je ne voulais plus les entendre. Ils avaient tort. Toute la gang. Ils avaient tort, parce que c’est facile dire ce genre de choses quand t’es pas en train de le vivre par en-dedans. Quand t’es pas en train de te détruire petit feu par petit feu. J’avais besoin d’aide et, eux, ils avaient rien compris.

Ce matin-là, je repensais à la fois où j’étais aller voir Monsieur M., mon psy. C’était peut-être la deuxième rencontre, je sais pu, j’étais encore tellement nerveuse juste à l’idée de lui raconter ma vie dans ses moindres palpitants détails. Il me posait une série de questions pour essayer de comprendre c’était qui, elle, la brunette assise en face de lui qui tapait du pied incessamment. Pis il m’avait posé la question qui tue.

Son calepin à la main, entre deux gorgées de café, dans la plus grande décontraction, comme si c’était une question ben usuelle, presque banale, il m’avait demandé : «T’as-tu déjà pensé au suicide?».

Euh. Non. Oui. Je sais pas. C’était quoi la question, déjà? Can you repeat the question, please?

Gros malaise, parce que ça te rappelle des mauvais souvenirs, des choses que t’aurais voulu oublier pour toujours. Parce qu’à douze ans, te dire que ça serait peut-être plus simple si tu n’avais jamais existée, c’est pas normal. Non. Je ne suis jamais passée à l’acte. Non. Je ne me suis jamais dit que je voulais passer à l’acte. Mais, oui, j’ai déjà pensé que la vie serait tellement plus simple si elle ne m’avait pas été donnée.

Juste des fois. Pas tout l’temps. Quand ça allait vraiment mal dans ma tête.

Et un beau jour, il y a des gens qui rentrent dans ta vie pour te montrer à quel point tu devrais t’aimer. Eux, ils t’aiment pour tout ce que tu es, en entier, avec tes défauts, tes qualités et tout ce qui vient avec. Ils t’aiment, point. Pour de vrai. Et un beau jour tu te retrouves dans ton lit en cuiller avec ton amoureux. Ben collés. Ça te démange, c’est rendu une question de vie ou de mort, tu veux lui demander pour de bon. Tu dois savoir.

Est-ce qu’il y a des choses chez moi qui t’énervent intensément beaucoup? Non, j’aime tout chez toi, vraiment. C’est vrai? Oui. Même pas mon anxiété? Surtout pas ton anxiété.