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Un lion qui mange de la salade verte, ça se peut-tu?

Dans le rayon «Nouveautés» de ma bibliothèque, je reste dubitative et pour le moins perplexe devant la couverture fortement colorée d’un ouvrage titré Le jour où les lions mangeront de la salade verte, de Raphaëlle Giordano, aux éditions Édito. Allons bon! Encore un titre à rallonge, clinquant, au message subliminal… Peur ou croyances? Je jette un coup d’œil aux enfants, assis dans le coin lecture de l’autre côté et plongés dans leur BD respective. J’imagine un lion en train de manger une salade verte… Le visuel aux couleurs à la fois pastel et criardes me fait penser à l’artiste Andy Warhol. Cette dominante rose et bleu ne m’inspire guère et pourtant je m’interroge. Sur la couverture du livre, une ménagère style années 50, qui semble sûre d’elle-même, dresse un lion à passer dans un cerceau. Serait-ce un livre féministe tourné vers le vegan? Nan, nan, nan… Quoique, pourquoi pas? J’en étais là dans mes réflexions lorsque ma fille arrive et me dit: «Hey, maman, il est marrant ce livre! On dirait que la dame est …

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Chercher l’autre et trouver soi

Quelle est l’œuvre que je recommande à une amie au cœur brisé? C’est, sans hésitation, Un si joli visage de Lori Lansens (Les filles, 2006; Les égarés, 2017). J’ai lu ce roman alors que j’apprivoisais le célibat après avoir été en couple pendant presque dix ans. Drôle, touchant et inspirant, ce roman m’a, à ce moment, fait beaucoup de bien. Mary Gooch est captive dans sa petite ville ontarienne, dans son emploi de subalterne à la pharmacie, dans ses magazines à potins et dans ses émissions de télévision. Elle est aussi emprisonnée par son corps très lourd, puisqu’elle a, pendant toute sa vie, calmé ses angoisses et noyé ses chagrins avec de la nourriture. Elle s’inquiétait de ce qu’elle allait manger et ne pas manger. Du moment et de l’endroit où elle mangerait ou ne mangerait pas. Elle s’inquiétait d’avoir trop mangé ou de ne pas avoir assez mangé. Elle redoutait l’hypertension, le diabète de type 2, l’athérosclérose, la crise cardiaque, l’AVC, l’arthrose. Le mépris des inconnus. La vérité qui sort de la bouche des enfants. …

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Il était une fois… un atelier sur le conte

« Papa, raconte-moi une histoire » : souvenirs d’enfance Mon père était un conteur extraordinaire qui brisait l’ennui des longs voyages en voiture et des étés pluvieux au chalet. Mythologies grecques, contes populaires adaptés et revisités ou épopées merveilleuses de son cru faisaient partie de son répertoire. Ma sœur et moi étions bon public et en redemandions sans cesse. Nous voulions entendre et réentendre ces histoires merveilleuses. Cette littérature orale, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance, a en partie construit mon identité et m’a amenée à la littérature. J’ai d’ailleurs commencé à lire sur le tard. Ces histoires me suffisaient avant qu’arrive le moment fatidique où on doit s’émanciper de l’enfance pour traverser la période douloureuse de l’adolescence. Les histoires de mon père se sont perdues dans les reliques du passé. Et, après avoir résisté, j’ai dû réapprendre à lire pour retrouver ce sentiment d’évasion unique que procure la fiction. Quand je repense à cette époque, aux origines de mon intérêt pour la littérature, je me questionne sur la place de l’oralité dans les œuvres …

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Cinq albums jeunesse pour peaufiner ses techniques d’évasion dans l’imaginaire

Dans le cadre de mon métier, je travaille avec le réel, dans sa grande cruauté comme dans son étonnante beauté. Au quotidien, je suis confrontée à la violence, aux oppressions et aux injustices qui façonnent notre monde. Décrocher devient alors essentiel et la lecture est un moyen particulièrement efficace pour ce faire. Depuis quelques temps, je prends un immense plaisir à découvrir les albums pour enfants. Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur dans ce laisser-aller dans l’imaginaire que permet la littérature jeunesse. Les histoires inspirantes ponctuées de belles images que recèlent les albums jeunesse constituent une accalmie dans un monde qui me semble parfois trop fulgurant. Where the Wild Things Are (traduit en français sous le titre Max et les maximonstres) a été mon premier coup de cœur, il y a quelques années déjà. Cette ode au monde de l’enfance est depuis une source d’apaisement et un rappel de l’importance de la créativité, de la spontanéité et du jeu. J’ai voulu partir à la découverte d’autres ouvrages jeunesse abordant le thème de l’imaginaire. Voici …

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Une lecture en famille : Crapule

Mon fils de 8 ans est en train de prendre son indépendance littéraire et commence à lire en toute autonomie. Il ne se laisse plus imposer un titre et choisit ses livres avec beaucoup de précautions. Dernièrement, nous avons fait une entorse à mes habitudes et sommes allés en librairie au lieu de la bibliothèque. Tout en décidant maintenant seul de ses lectures, il m’a clairement dit que lui, contrairement à moi (qui préfère ne pas en posséder, comme je l’ai déjà raconté), aimerait bien avoir quelques livres rien qu’à lui, qu’il puisse garder « pour toujours ». Sincèrement, je m’attendais à ce qu’il se prenne un livre « populaire » avec lequel il pourrait faire sensation à l’école. Pas pantoute. Il s’est choisi Crapule, rien que pour lui, hors de toute influence. Il l’a lu au moins 4 fois, a dormi avec pendant quelques semaines, et surtout, il nous a conseillé à son père et à moi de le lire, parce qu’on allait l’adorer, mais aussi pour qu’on puisse en parler avec lui. Paroles du loulou « J’ai choisi …

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L’hiver au quotidien chez Réjean Ducharme

Tout ce qui m’effraie me fait grandir On me répète souvent que je dois à tout prix lire les écrits de l’auteur québécois Réjean Ducharme, qui malgré l’absence physique dans les médias du temps de sa vie, n’a plus besoin de présentation. Alors je traîne avec moi mes exemplaires de L’hiver de force et de l’indomptable roman L’avalée des avalés. Ils me suivent de lieu en lieu, de ville en ville, dans tous mes déplacements nomades et dans toutes mes résidences temporaires. Il m’arrive d’ouvrir L’avalée des avalés et de lire les premières pages, puis de le refermer, prise d’un vertige aux horizons multiples. Je ne sais pas encore comment respirer les mots de Ducharme. Je plonge, mais je n’y trouve plus l’air que j’ai l’habitude de respirer. Je cherche à entendre sa voix et à l’unir à la mienne. Sa voix, ses émotions, sa respiration. Ce que je ne comprends pas m’attire et m’effraie, tout à la fois. Avec le temps, je comprends que tout ce qui m’effraie me fait grandir. Je sais d’instinct …

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Nan Goldin. Guerrière et gorgone : récit photographique

L’œuvre photographique de Nan Goldin aura tôt fait de me conquérir. Un visuel qui peut brusquer par sa franchise, c’est la réalité sans filtre qui émane des portraits, paysages et scènes de vie que l’artiste aura sélectionnés pour créer expositions et recueils. La photographe américaine issue de la middle-class de Washington, où elle grandit dans les années 50, saisit son appareil photo dès l’adolescence et ne s’en sépare plus. Il s’agit pour elle d’un besoin vital de collectionner les instants représentatifs de son quotidien assez houleux. De son côté, Martine Delvaux est une écrivaine québécoise féministe contemporaine, connue du public à travers quatre romans et deux essais. Qu’ont à voir ces deux femmes ensemble? Pas grand-chose et beaucoup à la fois. Nan Goldin et la souffrance Martine Delvaux se décrit dans son essai Nan Goldin. Guerrière et gorgone comme une admiratrice de Nan; elle fut inspirée par la photographe qu’elle dit regarder métaphoriquement en contre-plongée. Comme Goldin, je suis une fille du Nord, une fille de l’Amérique froide et métallique, des gratte-ciel immenses et des banlieues miniatures, des choses créées de nulle part et d’autres …

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Un Jane Austen dont vous êtes le héros

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais moi, quand j’étais jeune, il y avait toute une série de « livres dont vous êtes le héros », que j’ai dévorée! J’adorais ce genre d’histoire où je devais être une lectrice active, prendre la bonne décision. Ma lecture en était que plus surprenante, parce que deviner la fin devenait pratiquement impossible! Vous imaginez donc ma joie lorsque je suis tombée sur Lost in Austen, Create Your Own Jane Austen Adventure, qui s’inspire évidemment des romans de Jane Austen (pour laquelle j’ai déjà établi mon amour inconditionnel dans d’autres articles, notamment ici) pour créer une version pour adulte d’un livre dont vous êtes le héros, ou dans le cas qui nous occupe, l’héroïne! Le concept est plutôt simple, vous commencez l’histoire dans le rôle d’Élizabeth Bennet et votre mission est de faire un mariage d’amour tout en vous assurant une bonne position socio-économique. Tout au long de la lecture, vous tenez une liste de vos défauts et de vos qualités ainsi que de vos échecs et de vos succès, ceci …

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Les écorchés de Montréal-Nord

J’explorais les dernières sorties littéraires sur le site des Libraires et j’ai été subjuguée par cette illustration de Stephen Mackey représentant une jeune fille sous un voile blanc. Tout était énigmatique. Et définitivement intéressant. Je n’ai pas pu résister à l’achat du recueil. Sixième recueil de nouvelles de Suzanne Myre, L’allumeuse livre les récits de la survivance d’enfances étranglées et vécues par des personnages écorchés mais bien vivants. Suzanne Myre m’était tout à fait inconnue. Très prolifique nouvelliste, elle a huit livres publiés en moins de quinze ans où elle explore l’homme sous toutes ses facettes. Elle a d’ailleurs remporté de nombreux prix et été finaliste au Prix des libraires du Québec. Dans ce dernier ouvrage, Suzanne Myre nous fait visiter Montréal-Nord, quartier où elle a grandi, quartier qui n’est pas suffisamment exploré dans notre littérature. L’allumeuse Parmi les douze nouvelles du recueil, la nouvelle éponyme est définitivement la mieux ficelée, la plus touchante et la plus satisfaisante. L’allumeuse donne le ton à l’œuvre entière : elle met en scène « Montréal-Mort » et elle dépeint l’enfance dysfonctionnelle de la petite …

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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …