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Pourquoi je ne possède pas de livres

Pour les gens qui me connaissent, la chose la plus étonnante en arrivant chez moi est l’absence de bibliothèque. En effet, alors qu’ils sont ma grande passion, j’ai décidé de ne plus posséder de livres. Cette façon de vivre la lecture a été le fruit d’une longue réflexion, combinée à des événements qui ont jalonné ma vie, qui est, à vrai dire, assez difficile à résumer. Des valeurs familiales Si un livre entre dans la maison, tout le monde le lira, il n’appartiendra à personne en propre. Chez nous, le livre a toujours été considéré comme un simple support permettant de partager des idées. L’histoire qu’il contient nous est prêtée par l’auteur, qui l’a mise sur papier pour la diffuser auprès du plus grand nombre. Donc un livre, ça circule, ça se partage, et comme ce n’est pas un boomerang, ça revient rarement. Le livre, c’est un autre univers, un autre temps, d’autres personnes; je ne me sens pas le droit de les posséder et de les empêcher d’aller toucher d’autres gens. Des raisons pratiques …

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7 raisons pour lesquelles je suis heureuse de m’être (enfin) acheté une liseuse

Je suis une personne un peu « archaïque ». Je n’ai jamais été très technologique ni souhaité être à la fine pointe. Au contraire. Les gens qui me connaissent le savent : cela me prend toujours beaucoup de temps avant de me décider enfin à accéder à un niveau supérieur de technologie et, disons-le, de facilité. J’ai si souvent entendu les commentaires de mes proches à propos de mon légendaire néophisme technologique : « Marion, franchement, tu perds ton temps en faisant [telle chose] à la main! Avec [tel] ou [tel] logiciel/objet/façon de faire, ce serait tellement plus facile! » Disons que, pour ce qui est des objets que je possède, je suis un peu récalcitrante aux changements. Je n’aime pas remplacer pour rien ce qui fonctionne déjà, et surtout, je n’aime pas m’encombrer d’objets trop intelligents, préférant de loin la simplicité des trucs mille fois éprouvés. Quant aux livres, j’aime les tenir dans mes mains, j’aime voir la progression de ma lecture. J’aime y mettre des signets. J’aime ouvrir un livre. J’aime aller dans les bibliothèques. Cependant, avec mes études …

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Paper Girls : les filles d’hier pour les enjeux de demain

Depuis peu, je me suis découvert une nouvelle passion pour le genre de la bande dessinée. J’ai toujours été une lectrice de manga, mais depuis l’automne, je me laisse surprendre par des bandes dessinées aux styles différents et aux provenances diverses. À ce propos, je vous ai déjà parlé de Rat Queens, véritable révélation littéraire pour moi. Je me suis aussi plongée dans Bitch Planet un peu avant Noël. En ce moment, j’hésite à me procurer le deuxième tome puisque la lourdeur de la trame narrative me demande une certaine volonté. Disons que je cherche présentement des lectures de détente, des lectures qui font du bien. Comme la vie est bien faite, je suis tombée sur la bande des Paper Girls et laissez-moi vous dire que ces filles ont comblé le sentiment de béatitude que j’espérais obtenir à travers la lecture d’un tout nouveau récit. Paper Girls, ça raconte quoi? Paper Girls est une bande dessinée américaine de Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson. Elle est traduite par la maison d’édition Urban Comics qui …

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Chroniques d’une anxieuse : ils disent

Ils disent que mon sens de survie est plus accru que la moyenne des gens. J’suis toujours en panique. Prête à sacrer une volée. À casser des yeules. Prête à prendre la fuite. Comme si le danger se trouvait à chaque tournant. En prenant ma pression artérielle, ma médecin de famille m’a dit : « ben voyons donc, calme toi, on dirait qu’un ours te court après! ». C’est peut-être son sarrau blanc qui m’inspirait pas confiance. Ou que j’avais la chienne qu’elle me trouve un cancer. Mais mon pouls disait que j’étais prête à courir le marathon, drette là. Et je savais pas comment faire pour le slow down un peu. J’avais l’impression qu’à force de me démener comme une malade, mon cœur allait lâcher. Qu’il allait me laisser tomber dans le métro à force d’imaginer que tout était sur le point d’exploser. Que c’était pas bon pour ma santé d’être sur le qui-vive de même en attente d’une catastrophe-pas-belle-qui-fait-revoler-des-affaires-avec-des-explosions-pis-toutte. Une catastrophe qui me priverait de tout. Pas de break, jamais. Ils disent que …

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Impoésies des beaux parleurs

Le projet « Dérapages poétiques » a démarré en 2013 avec une page Facebook se décrivant comme « De grands dérapages repris en poèmes ». Dérapages poétiques, volume 1, livre publié aux éditions Atelier 10 en novembre 2017, est un collectif qui présente, découpées sous forme de poèmes, des citations venant de gens de la politique ou du milieu artistique, ou encore de gens vus dans les médias d’ici ou d’ailleurs. Et pas n’importe lesquelles. Des citations de la catégorie qui fait rouler des yeux, très souvent. Il y a d’ailleurs un chapitre uniquement consacré aux Trumperies. C’est pour vous dire. D’ailleurs, une Trumperie digne du président lui-même : We need guns We need guns Whether We like it Or not Donald Trump Président des États-Unis Cette citation a été énoncée dans le contexte d’une législation en faveur du port d’armes dans les écoles et collèges. 8 janvier 2016. Roulement des yeux en règle. Et c’est ainsi qu’on lit ces fourberies qui défilent, exposées en prose, durant tout cet irrévérencieux mais ô combien divertissant ouvrage. …

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L’enfant, et l’espoir, perdus

J’avais rarement attendu un livre comme j’ai pu attendre la venue du dernier tome d’Elena Ferrante, mystérieuse auteure, L’amie prodigieuse tome IV, l’enfant perdue. La date de sortie était écrite à mon agenda et j’étais prête à me lancer dans la première librairie trouvée le jour béni du lancement. Chose prévue, chose faite, je me suis retrouvée avec ce livre volumineux et attendu dans les mains sans réellement savoir qu’en faire. M’y plonger tout de suite ou attendre, savourer, faire venir le désir pour mieux apprécier les pages qui allaient suivre? Le dernier tome d’une série possède toujours un goût doux amer et je me demandais si je saurais repousser cette amertume en me faisant patienter. Bien entendu, c’est le contraire qui s’est produit. Livre en mains, il n’était plus possible de m’arrêter. J’ai avalé les pages comme on se jetterait sur un repas après avoir été affamé. J’ai avalé les pages, la gorge bientôt aigre-douce. On retrouve, dans le dernier livre qui scellera leur aventure, les deux protagonistes principaux de la série, Lina et Elena, …

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Maternité, la face cachée du sexisme : libérer les femmes du fardeau exclusif de la parentalité

« Être maman est le plus beau métier du monde ». Gageons que cette phrase populaire est parvenue à vos oreilles bien plus souvent que son pendant masculin « Être papa est le beau métier du monde ». Or, pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi les femmes se retrouvent-elles encore aujourd’hui intrinsèquement liées à la parentalité et aux contraintes relevant de la responsabilité des enfants dans un couple? C’est ce qu’analyse la journaliste, chroniqueuse et bloggeuse féministe Marilyse Hamelin dans son essai Maternité, la face cachée du sexisme : plaidoyer pour l’égalité parentale.

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Euphoria : Désirer posséder

Je suis tombée tout à fait par hasard à la bibliothèque sur ce livre sélectionné comme l’un des 10 meilleurs livres de 2014 par le New York Times. En tant qu’ex-étudiante de passage dans le domaine de l’anthropologie, j’ai été immédiatement attirée par ce qu’en disait la quatrième de couverture. Euphoria s’est révélé être un roman passionnant qui m’a transportée bien loin de mon monde et qui m’a donné à voir à la fois le quotidien ardu des personnages au travail et les remous de leur vie intime. Un jour de 1933, un couple d’anthropologues anglais fait la rencontre d’Andrew Bankson, collègue de métier américain désabusé, malade de solitude et suicidaire, sur le territoire de la Nouvelle-Guinée. Nell Stone, dont les méthodes de travail sont marquées par l’acharnement intellectuel, la rigueur et la sagacité, et son mari Schuyler Fenwick, plus hâtif et frénétique, ont une relation tumultueuse que la rivalité professionnelle ne fait qu’agiter davantage. Pour remédier à son isolement, Bankson convainc Nell et Fen de s’établir dans une tribu des berges du fleuve Sepik, …

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Comprendre l’absence

J’ai découvert Erika Soucy avec son premier roman, Les murailles. J’ai adoré ce roman. Il m’a permis de prolonger mon voyage sur la Côte-Nord, mais également de faire une incursion dans l’univers de mon chum qui, à l’époque, travaillait dans un barrage, là-bas, de l’autre bord du fleuve. Ça m’a donné envie de lire les poèmes de l’auteure. C’est pourquoi j’étais heureuse de tomber par hasard sur L’épiphanie dans le front à la bibliothèque.  Le côté humain, très présent dans Les murailles, est plus subtil dans L’épiphanie… Il passe uniquement par les sentiments : l’ennui, la déception, l’incompréhension. Mais surtout, une espèce d’amertume qui teinte chaque page du recueil. L’épiphanie… est divisée en deux parties : « En bas » et « En haut ». « En bas » parle de ce père absent qui part travailler sur les grands chantiers de l’Hydro. Du trou qu’il creuse entre sa famille et lui. Et même de la hâte qu’ils ont de le voir repartir quand il descend les voir. « En haut » nous donne accès aux observations d’Erika lorsqu’elle est allée le …