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Propager le goût de la lecture : mon expérience d’alphabétisation

Les gens qui me croisent dans le métro direction Côte-des-Neiges le mardi matin doivent bien se demander ce que je fais dans la vie, et où je m’en vais. C’est que je traîne sur mon épaule mon immense sac en coton rempli de livres cartonnés et d’albums jeunesse, en chemin pour aller au centre communautaire où j’anime des cercles de lecture chaque semaine. Quand je rentre dans le local de la garderie, les enfants m’accueillent chaleureusement. Une des petites, entre autres, est vraiment contente de me voir et me suit partout. Une fois mes bottes enlevées, on s’installe sur le tapis et on commence par chanter des chansons pour se calmer et se rassembler tout le monde ensemble. Puis, je me mets à raconter les histoires que j’ai préalablement lues et sélectionnées pour eux. Une dizaine de petits albums plus tard, les enfants ont la liberté de lire par eux-mêmes les livres de leur choix. Le cercle se termine après une heure et les enfants sont alors prêts à poursuivre leur journée. Si je suis bénévole pour faire …

De migrations et d’origines : Outardes de Catherine Côté

L’Abitibi, c’est les mines, la forêt à perte de vue, les camps de chasse perdus dans le bois; c’est Val-D’Or et Rouyn-Noranda; c’est une terre colonisée sur le tard, lors de la crise économique des années 1930; c’est des petits lacs où se saucer l’été pour se sauver des mouches à perte de vue; c’est un hiver interminable avec le lourd silence qui l’accompagne, un « silence [qui] pren[d] toute la place » (p. 38). L’Abitibi, c’est Richard Desjardins et Raoûl Duguay. L’Abitibi, c’est aussi le sujet du premier recueil de Catherine Côté, Outardes, dernier titre parut à la collection poésie des Éditions du passage. Poésie des origines, Outardes raconte l’Abitibi où Côté n’a jamais habité; l’Abitibi qu’elle a explorée à la recherche des traces de ses ancêtres. Montréalaise, Côté a ses racines familiales en Abitibi. Avec son recueil, elle explore l’impossibilité en même temps que la nécessité de prendre racine dans un passé et un territoire inconnu. L’étau se resserre D’emblée, le sujet poétique est situé géographiquement : les vers « je suis fille de fleuve / …

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Pour bâtir une communauté

Chez Le fil rouge, on aime Virginie Despentes. On en parle d’ailleurs ici, ici, et là. Moi, je l’ai découverte avec King kong théorie, à l’époque elle avait contribué à élargir ma définition du féminisme. J’ai tout de suite aimé son regard sur la société, qui fait table rase de plusieurs discours et qui marque inévitablement le lecteur. Je dois dire que la présence de Despentes, autant que son écriture, m’intrigue et m’accapare. Peu de temps après avoir découvert ses œuvres, j’avais visionné une performance où elle récitait le roman Le Requiem des Innocents de Louis Calaferte. Debout, au milieu de la scène comme une chanteuse de rock, elle tenait son public suspendu à ses lèvres pendant près d’une heure. Pas une fois je n’ai eu envie de faire une pause. Et même si j’assistais à tout cela dans mon salon, je me rappelle de l’émotion forte suscitée par cette prestation. La musique, les mots, les contrastes entre le noir et le blanc et le débit unique de Virginie Despentes se mélangeaient et créaient un effet particulier: l’impression de …

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Le maître des livres: la littérature qui soigne

Amadouer la bête Mis à part quelques Dragon Ball lus dans ma jeunesse, je n’avais aucune expérience en matière de manga. Alors quand j’ai nommé le titre de la série que je cherchais, Le maître des livres de Umiharu Shinohara, au libraire et qu’il m’a demandé si c’était un «shhhyenihusfggen» (je vous jure que le mot n’évoquait rien de plus pour moi à cet instant), je me suis abstenue de répondre autre chose que «?!?». Grâce à mon solide sens de la déduction (oui, mais non), j’ai pu comprendre que ce mot mystère évoquait un type du manga. En fait, le terme est défini selon le lectorat ciblé par le magazine dans lequel les premières planches ont été publiées. Le maître des livres a été prépublié dans le Weekly Manga Times, un magazine ciblant principalement les jeunes hommes adultes âgés de 15 à 30 ans. (Ah!) Le seinen manga (parce que c’est un seinen, finalement) présente des histoires un peu plus sérieuses et complexes. La lecture du premier tome fut une expérience plutôt ardue pour …

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Prix littéraire des collégiens 2017 : ce que des étudiants ont pensé de Mektoub de Serge Lamothe

Enseignante de littérature dans un cégep, j’ai motivé un groupe de douze étudiants à participer au Prix littéraire des collégiens 2017 au cours de la session d’hiver. Toutes les deux semaines, nous nous rencontrons pour discuter des œuvres sélectionnées, pour les décortiquer et les critiquer et ainsi en déclarer une gagnante du Prix littéraire des collégiens 2017. Mektoub de Serge Lamothe était la lecture pour la troisième rencontre du Prix. Mektoub provient de l’arabe et signifie « C’était écrit! » Serge Lamothe ne pouvait pas choisir meilleur titre que celui-là. Déjà la fatalité était prédestinée à être le sujet principal de l’oeuvre. Les étudiants ont qualifié Mektoub de « bizarre, poussé, mystérieux ». Nullement péjoratifs, ces termes représentent bien l’incompréhension générale soulevée par cette barrière floue entre rêve et réalité, cette oscillation entre passé et présent, cette évolution dans différentes dimensions. Un roman en deux parties, deux personnages, qui porte une réflexion sur le destin, sur les réalités qu’on croit contrôler et sur celles qu’on ne contrôle pas. Maya et Galaczy se croisent de façon imaginaire toute leur vie durant, sans jamais …

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La course au mouton sauvage, entre le réel et la magie

Je pense avoir manqué un bout. Cela doit faire plus de quatre ans que j’ai La course au mouton sauvage d’Haruki Murakami dans ma bibliothèque, sans y toucher. Avec plus de 35 ans d’ouvrages publiés, ça m’aura pris un bon bout avant de découvrir un auteur que plusieurs adorent, dont plusieurs fileuses (Kim D. vous raconte sa passion murakamienne ici et Raphaëlle B. vous a fait la critique de Kafka sur le rivage ici.) Une première lecture surprenante Il y a quelques semaines, j’ai décidé de me plonger dans le troisième roman de l’auteur datant de 1982 et le premier assumé dans son style littéraire, le réalisme magique. Je ne pense pas avoir déjà lu un roman appartenant à ce style, alors je l’avoue, j’étais parfois surprise par la tournure des événements, mais, je le redis, je suis une débutante par rapport à l’œuvre de Murakami. Avec un certain recul, je me rends compte que j’ai bien aimé ce roman et que je vais probablement continuer de découvrir son oeuvre avec bonheur. Le train était formé de …

Le rêve d’Azadah

Depuis ma lecture de L’abragan de Jacques Goldstyn, je suis rendue «fan» de son art. Ce que j’apprécie le plus de cet auteur-illustrateur est son amour pour la liberté d’expression, des enfants et le fait qu’il soit un homme engagé. J’ai pu retrouver tout cet amour dans son p’tit dernier : Azadah, qui raconte l’histoire d’amitié entre cette enfant et la photographe Anja. Azadah apprend que sa nouvelle amie quitte le pays. C’est la panique! Elle la supplie de l’emmener avec elle, dans son pays où les femmes ont plus de chances de réussite, où les écoles ne sont pas détruites et où son avenir n’est pas tracé. Azadah rêve de devenir elle aussi une Anja, une femme libre qui a la chance de pouvoir faire un métier qu’elle aime et surtout de pouvoir voyager. Elle rêve d’une vie à l’occidentale. Mais, malheureusement ce n’est pas possible, Anja doit quitter le pays. Elle prend un taxi et laisse derrière elle son sac à dos et une Azadah en larmes. Découvrant le trésor que son amie lui …

Ma grand-mère lectrice, mon modèle

Alors que je referme les dernières pages de La Femme qui fuit, ma grand-mère maternelle entre à l’hôpital, suite à une vilaine chute. S’enchaînent ensuite les infections, les complications, la médication. Elle sera transférée dans une chambre à elle, après un petit tour aux soins intensifs. Elle prend du mieux, heureusement pour nous, ma famille et moi. Mais elle nous a fait si peur. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à son chevet et la regarde dormir. Je me remémore ma lecture du roman de Barbeau-Lavalette, puis je me dis que la vie est drôlement faite, quand même. La lecture de La femme qui fuit m’a profondément interpellée, bouleversée : si Anaïs Barbeau-Lavalette tente de recoller sa grand-mère à l’aide des mots, des souvenirs d’elle, celle qui a abandonné sa mère et son oncle alors qu’ils étaient encore enfants, moi, petite-fille de deux grands-mamans, me suis sentie complètement à l’opposé. Mes grands-mères sont loin d’avoir fui; j’ai été choyée, enfant, de les voir à chacun de mes anniversaires et de passer des journées à être …

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Incursion dans la tête de Mr Darcy

Que toutes celles (et ceux) qui ont lu ou regardé un nombre de fois inavouable Orgueil et préjugés lèvent la main! Je serais, sans aucun doute, l’une des premières à lever la main, sans qu’une once de culpabilité ne me traverse. Je suis une fan inconditionnelle de Jane Austen. J’aime son style, j’aime que l’amour soit une foi qui prend du temps, j’aime me faire croire que j’ai un petit quelque chose d’Élizabeth Bennet et, il faut bien l’avouer, j’ai un faible pour Mr Darcy. Lire un Jane Austen c’est une garantie d’avoir une fin heureuse, petits papillons dans le ventre inclus. Et je ne suis pas la seule fan de Jane Austen chez Le fil rouge! Vous pouvez aussi aller lire les articles de Karina Ici et Ici. C’est seulement après avoir fait plusieurs lectures de l’oeuvre originale que j’ai découvert les fanfictions sur l’univers de Jane Austen. Que se passe-t-il après le beau grand mariage? Comment ont fini les personnages de Mary et Kitty Bennet? Et plus encore, que se passe-t-il dans la tête de nos personnages masculins …

La mort d’une princesse, ce n’est pas de la chick-lit et on aime ça !

Je le dit d’emblée, car j’avoue qu’avec India Desjardins (que j’aime de tout mon coeur,) je m’attendais avec son dernier roman à tomber dans de la fameuse chick-lit/littérature de poulettes et ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. La mort d’une princesse est de loin le livre le plus mature d’India à mon avis, et je le décrirais plutôt comme un roman d’amour ultra moderne. Franchement, si vous n’avez jamais lu du India Desjardins, c’est vraiment le bon moment de commencer. Rapidement, voici l’histoire du roman. Sarah, trentenaire, femme d’affaires accomplie, vient de se faire larguer par l’homme de sa vie qui lui a été infidèle. Elle décide donc de tuer sa princesse intérieure qui rêve de prince charmant et d’amour qui durera toujours et choisit de prendre sa vie en main. L’amour, elle n’a pas besoin de ça, elle est une femme d’affaires qui a du succès et à qui tout réussit, a-t-elle vraiment besoin d’un homme à ses côtés ? Cette situation durera 7 ans. On pourrait croire que notre Sarah est désillusionnée, mais c’est, …