All posts tagged: littérature québécoise

Charlotte et la mécanique des gens

Charlotte ne sourit pas, Charlotte n’aime pas lire, ni donner son opinion sur la politique, Charlotte joue au charme dans les cafés.Par-dessus tout, Charlotte ne s’aime pas beaucoup. Elle n’est pas comme Mireille, sa coloc, sa meilleure amie. Celle à qui elle ressemble si peu. Le narrateur, bien présent, bien ancré, suit Charlotte; il a un petit faible pour elle, prend pour elle, la place au centre du roman. C’est grâce à lui qu’un huis clos et qu’une histoire d’amitié aussi fusionnelle qu’explosive prend tout son sens et sa forme. Le récit  suit  Charlotte dans sa relation avec Mireille, alors que celle-ci commence à fréquenter Alain, ténébreux anarchiste qui tente de terminer un doctorat en philosophie. Simple mise en scène qui, grâce à l’implication du narrateur omniscient, devient une véritable incursion dans la mécanique humaine des personnages. En permettant au narrateur de jouer avec l’histoire de la sorte, on se trouve face à un roman qui dépeint des personnages qui sont trop analysés pour être aimables, mais qui restent pourtant si humains. J’ai eu l’impression, malheureusement peut-être, de …

Un paradis strictement réservé

Je me suis toujours curieusement intéressée à la vie après la mort. À mon avis, il n’y a rien de plus mystérieux. Personne ne sait. Personne ne saura jamais. Du moins, pas de son vivant. Pour cette raison, la littérature qui offre une vision possible de ce que pourrait être l’au-delà m’est toujours apparue comme étant intrigante. Les histoires mettant en scène ce questionnement, omniprésent dans la vie des humains, fructifient l’imagination et apportent toujours avec elles son lot de frivolité, mais également de complexité. Le cycle des Dieux de Bernard Werber en est un excellent exemple. Ce genre de livres a souvent tendance à mélanger mythologie, théologie, science et théorie personnelle. Et selon moi, c’est dans l’infini des possibilités qu’il devient intéressant de s’immiscer en tant que lecteur avide de savoir. Lorsque Neil Smith a été invité à l’émission Plus on est de fous, plus on lit de Radio-Canada pour parler de son tout premier roman Boo, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Mon copain est revenu à la maison ce soir-là, l’esprit …

100 ans d’Anne Hébert : une vie de création

Les éditions Fides ont sorti, pour rendre hommage au 100e anniversaire d’Anne Hébert, un album souvenir qui nous permet de retracer le parcours spectaculaire de cette grande auteure québécoise. Cet Album Anne Hébert créé par Bernard Chassé et Nathalie Watteyne revient sur toute la vie de l’écrivaine. Son enfance, ses débuts, son succès international et les derniers instants de sa vie. Ce que j’ai le plus aimé de cet album est l’équilibre entre la vie privée et la vie publique qui a été respecté. Le bouquin contient beaucoup de lettres d’Anne à son frère Pierre, de qui elle était extrêmement proche, elle y raconte ses angoisses d’écrivaine, son besoin d’intimité et toute l’inspiration qu’elle trouve dans la vie quotidienne. Les correspondances qu’elle entretient autant avec son frère, ses amis que ses parents sont porteuses d’une vérité et d’une authenticité envers la femme et non l’écrivaine de renommée internationale. J’ai aimé voir Anne Hébert d’un autre œil dans cet album. Non seulement, il est évident qu’elle était animée d’un besoin d’écrire plus grand que tout, on …

Nos suggestions de classiques de la littérature québécoise #jelisunlivrequébécoisparmois

Qu’est-ce qu’un classique? Les définitions varient et surtout restent subjectives! De mon côté, je vais lire Les fous de Bassan d’Anne Hébert en ce mois des classiques. J’ai eu la chance de me replonger dans l’oeuvre de Hébert avec le livre Album Anne Hébert qui a été publié chez Fides (un article sortira prochainement à ce sujet!) et ça m’a donné plus qu’envie que de lire cette oeuvre marquante de la littérature québécoise. Roxanne m’a aussi confié vouloir lire Putain de Nelly Arcan! Dites-nous dans les commentaires quels sont les classiques québécois selon vous! Marion va (re)lire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy Quoi de mieux qu’un mois où le froid commence à se pointer pour s’installer et lire un classique de notre littérature, se plonger dans notre culture et notre patrimoine québécois? Pour ma part, je vais relire Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, cette histoire réaliste et poignante d’une jeune fille à Montréal dans les années 40. Au coeur de Saint-Henri, c’est Florentine Lacasse et sa famille que l’on suit, plongés dans la misère, alors que …

J’avais toujours rêvé de Prague

J’aime mieux la fiction. Guillaume m’a dit : tu as de la difficulté à différencier le réel de la fiction. (…) L’écrire me permet d’ancrer ma présence au monde, me permet de me sentir vivante, me permet de bouger, de travailler. Sans le livre, je suis une coque vide. Il y a des romans que je sens déjà que je vais aimer juste à lire le titre et la quatrième de couverture. J’ai tout de suite l’intuition que je connecterai avec l’histoire et l’auteur sans pourtant en savoir grand-chose. Un peu comme quand je planifie mes voyages; il y a certains endroits que je sais d’avance que je vais adorer. J’ai eu cette impression en décidant de partir à Portland en Oregon dernièrement. Je voulais déjà me marier avec cette ville avant même d’y avoir posé les pieds pour la première fois. Prague de Maude Veilleux m’a tout de suite fait cet effet. Je suis tombée sur un extrait dans la chronique sur la rentrée littéraire québécoise. Il ne disait pas grand-chose, mais j’ai tout …

Lire, maintenant une affaire de Web

Peut-être le savez-vous déjà, peut-être pas, l’émission Lire sera maintenant diffusée non plus sur nos télévisions, mais sur nos écrans d’ordinateur. ARTV a malheureusement tiré la prise sur cette émission il y a quelques mois. Claudia Larochelle, l’animatrice, fut elle-même surprise de la décision, affirmant par contre qu’elle trouverait bien vite une autre façon de diffuser ce projet visant à promouvoir la littérature, quitte à le faire seule. Chose dite chose faite, Lire trouvera bientôt sa niche sur le Web. Bientôt, c’est quand? C’est le 3 octobre qu’aura lieu la première émission en format webmagazine. La littérature et la télévision Déjà que les émissions de littérature à la télévision sont moindres, pour ne pas dire quasi inexistantes, la perte de Lire fut une onde de choc dans le milieu. Évoquant de prévisibles coupes budgétaires, ARTV a mis fin à l’émission qui proposait critiques et suggestions de livres, entrevues d’auteurs et rencontres d’artistes tournant toujours autour de la littérature. Alors que le futur des livres sur nos télévisions est chambranlant, peut-être que, bien que malgré lui, …

L’école du style : une image plus saine du milieu de la mode

Les changements corporels associés à la puberté, additionnés à des images véhiculées dans les médias, mènent redoutablement plusieurs adolescentes à ressentir une insatisfaction à l’égard de leurs corps et à avoir une piètre estime d’elles-mêmes. C’est pourquoi j’ai eu envie de vous présenter le nouveau roman de Dïana Bélice, L’école du style 1. Glamour, projecteurs et histoires de cœur, qui ouvre une porte vers la diversité corporelle en proposant une histoire qui présente une image plus saine du milieu de la mode. Résumé La vie d’Olivia prend un virage inattendu lorsque la propriétaire d’une agence de mannequinat misant sur la beauté naturelle la recrute alors qu’elle fait des courses avec sa mère. Si à 14 ans, elle n’avait jamais pensé à faire carrière sous les projecteurs, le fait qu’un travail la mène à voyager l’interpelle beaucoup, elle qui rêve de découvrir le monde. En moins de temps qu’il lui en faut pour réaliser ce qui lui arrive, elle atterrit à Londres pour son premier défilé. Cette nouvelle aventure lui permet de nouer de belles amitiés… …

Découvrir Élise Gravel, un rire à la fois

Je me suis replongée dans les ouvrages d’Élise Gravel ce matin. J’ai commencé par les aventures du professeur Zouf, que l’auteure jeunesse a créé en collaboration avec l’illustratrice Iris. Je me suis rapidement étouffée de rire en parcourant les pages courtes et dynamiques de ces petits livres-conseils qui expliquent tout ce qu’il y a à savoir sur une multitude de sujets. Que ce soit pour savoir comment devenir un expert de la politesse, comment garder la forme ou comment trouver l’amour, le professeur Zouf est là! Rapidement, ma famille entière est venue observer ce qui me faisait rire autant. Nous étions là, quatre adultes, quatre grands enfants à nous tordre de rire devant les façons de faire peu orthodoxes du professeur Zouf. Puis, je me suis lancée dans l’album du Docteur Proutnik, un praticien aux connaissances infinies. Il le faut bien lorsque l’on doit guérir les gens de toute la galaxie! Encore une fois, les éclats de rire se sont enchainés au rythme des pages qui se tournaient, au fur et à mesure que les …

Chère Zofia

Tu connais ce sentiment de n’être que le personnage secondaire d’un récit plus grand que soi? C’est exactement cela, mon histoire. Aujourd’hui, je vous invite à découvrir un merveilleux coin de la Gaspésie à travers une histoire d’amour à la fois extraordinaire et ordinaire, Prawda. C’est le premier roman de Roxanne Langlois, publié aux Éditions 3 sista (maison d’édition littéraire indépendante gaspésienne). Roxanne Langlois est née en 1987 à Shawinigan Sud. Son enfance et son adolescence sont tour à tour bercées par la Mauricie, le Saguenay et la Capitale-Nationale. Diplômée du Cégep de Jonquière en arts et technologie des médias (journalisme) et en communication, politique et société (Université du Québec à Montréal), elle rejoint Carleton-sur-Mer, son « âme sœur de village », à l’automne 2011. Objectif : vivre à temps plein son coup de foudre pour la Gaspésie. Prawda est son premier roman. Prawda (vérité en polonais), c’est l’histoire de Marie, une jeune fleuriste trentenaire et célibataire, vivant à Carleton-sur-Mer depuis toujours. Un soir de novembre un peu froid, alors qu’elle prend une bière avec des amies à la brasserie du …

La fille laide

Des fois, les gens disent des choses qui me font les aimer dans le négatif. Pas grand-chose, un petit rien, un simple soubresaut qui entortille un peu l’artère du coeur. C’est arrivé l’autre soir, alors que j’étais avec des amis et qu’on discutait de jeunes qui sont devenus la risée des Internets à cause d’un vidéo, d’un moment d’égarement ou d’un désir de l’autre de ridiculiser. On a parlé d’un jeune en particulier et A. a conclu la conversation en disant que, de toute façon, ce garçon n’avait enduré les moqueries que durant une année. Alors ce n’était pas si grave. J’ai eu un peu de peine, de ça. De l’entendre dire que les gens qui se font insulter chaque jour ne pâtissent que lorsque ça arrive. Comme si les souvenirs de douleur n’existaient pas pour ces gens-là, comme s’ils oubliaient les injures, comme si. Comme si moi j’étais en retard sur l’horaire, parce que j’avais pas passé à autre chose aussi facilement. Que j’aurais dû, peut-être, tourner la page après un an, après la …