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Dans un corps de grosse

Je vise la brièveté pour cet article, car le livre dont il est question ici se dévore littéralement. Je n’ai donc pas l’ambition de le décrire en long et en large. Cet ouvrage m’apparaît important dans une ère, et on l’a déjà dit et redit, où la perfection standardisée du corps des femmes (voir de la femme) est le modèle proposé. Je vous suggère de lire ce récit avec sensibilité. Lynda Dion se présente Lynda Dion : femme adulte, blanche, occidentale et grosse. Surtout grosse. C’est à travers ce mot, tantôt insulte, tantôt simple constat, que Lynda Dion planchera pour créer cette autofiction prenante. Elle amène le lecteur dans ses pensées les plus sombres, dans ses soirées de gourmandise aux allures d’autopunition, dans ses rencontres chez le psy et même en plein cœur de son processus littéraire dont le roman lui-même est l’aboutissement.  L’impression qui se dégage de la plume autant que de la mise en forme du récit, à savoir une prose dépourvue de ponctuation et séparée en petits paragraphes, est de lire le journal intime de l’écrivaine. Ce regard excessivement …

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Quatre suggestions de biographies de femmes québécoises exceptionnelles

Pour le mois d’avril, j’avais envie de me lancer un petit défi et de créer un article plus original que ce que j’avais fait jusqu’à maintenant. Quand j’ai débuté ce défi, je n’étais pas une grande lectrice de biographies. Mais puisque je suis une passionnée d’histoire, j’ai réalisé que les biographies étaient un outil littéraire exceptionnel pour en apprendre davantage sur une époque particulière, des événements marquants et des personnes hors de l’ordinaire qui ont permis le progrès de nos sociétés en contribuant aux changements et à l’avancement des idées. Pour cet article, je me suis intéressée à découvrir des biographies de femmes québécoises qui ont marqué le Québec de façon particulière. Je me suis donc rendue à la bibliothèque pour commencer mes recherches et j’en suis sortie… 3 heures plus tard! Au cours de mes recherches, j’ai constaté avec beaucoup de déception que très peu de biographies avaient été écrites sur des femmes québécoises. Pourtant, nous ne manquons pas de femmes exceptionnelles dans l’histoire du Québec et les biographies que je vous présente aujourd’hui …

Gourganes : d’la soupe du Québec jusqu’en Afghanistan

Gourganes est arrivé par hasard dans ma boîte aux lettres. Merci à la maison d’édition Stanké pour cette belle surprise et cette belle découverte. En novembre dernier, avant même d’avoir lu le roman, j’ai eu la chance de rencontrer l’autrice Alexandra Gilbert au Salon du livre de Montréal. Ce fut une belle rencontre, Alexandra était rayonnante. Il s’agit d’une grande passionnée de voyages, d’aventures, tout comme son roman semblait présager. Alexandra Gilbert m’a fait voyager du Québec jusqu’en Afghanistan pendant ma lecture. L’autrice a séjourné dans plus de 35 pays (dont Haïti, Afghanistan, etc.). Plutôt impressionnant ! Elle gagne à être connue en raison de son parcours de voyageuse humaniste et de féministe. Je vous invite à lire cet article datant de 2009 qui la présente bien. Et elle a su très bien mélanger le voyage et la littérature dans son tout premier roman. En fait, c’est à se demander où sont la vérité et la fiction dans son texte. Je me suis imaginé que c’était inspiré de sa vie. Dans ce roman, elle raconte l’histoire d’une …

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Renouer avec la bibliothèque

Il y a maintenant près de sept ans que j’habite l’île de Montréal. La principale raison de mon déménagement était de poursuivre mes études à l’université. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point les dernières années ont été particulièrement occupées. D’ailleurs, je vous ai déjà partagé les difficultés que j’éprouvais à lire pour mon divertissement depuis mon entrée aux cycles supérieurs. Dès lors, mes visites à la bibliothèque étaient entièrement consacrées à la recherche d’ouvrages théoriques pour l’avancement de ma rédaction de mémoire. Or, maintenant que le dépôt du monstre a été effectué, j’ai pu recommencer à m’adonner pleinement à la lecture de divertissement. Pour ce faire, je me suis inscrite à la Grande Bibliothèque de Montréal. L’esthétique architecturale J’ai toujours trouvé le bâtiment abritant les milliers de livres d’une grande beauté architecturale. Il dégage toute une prestance avec ses nombreux étages et ses multiples fenêtres. Bien que j’aie davantage l’habitude d’apprécier les architectures anciennes, je trouve que la modernité visuelle de la Grande Bibliothèque colle bien au décor du centre-ville de …

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Darlène; une femme et une oeuvre multiples

C’est grâce à la musique d’Hubert Lenoir que je me suis intéressée à Darlène, le premier roman de Noémie D. Leclerc. Les paroles et l’air de la chanson Fille de personne II, souvent entendus à la radio, se sont déposés avec force dans mon esprit et comme un véritable ver d’oreille, je les fredonnais sans cesse : « Je suis venu te dire que tu peux changer. J’ai vu un avenir de femme libérée. Tu portais le cuir et la tête rasée. J’ai vu ton avenir. »  La mélodie pop accrocheuse, des notes assumées de saxophone et le message fort de ces paroles ont piqué ma curiosité et j’ai tout de suite été emballée à l’idée de découvrir dans le roman de Noémie D. Leclerc qui était cette femme à l’avenir libéré. À la rencontre de Darlène « […] par un beau dimanche après-midi au vingt et unième mois d’août de sa vie ordinaire, Darlène est une jeune femme sans projet, découragée par chacun des cinq cent douze programmes de l’Université Laval, assise sur la banquette d’un Normandin. » C’est une …

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Chercher l’autre et trouver soi

Quelle est l’œuvre que je recommande à une amie au cœur brisé? C’est, sans hésitation, Un si joli visage de Lori Lansens (Les filles, 2006; Les égarés, 2017). J’ai lu ce roman alors que j’apprivoisais le célibat après avoir été en couple pendant presque dix ans. Drôle, touchant et inspirant, ce roman m’a, à ce moment, fait beaucoup de bien. Mary Gooch est captive dans sa petite ville ontarienne, dans son emploi de subalterne à la pharmacie, dans ses magazines à potins et dans ses émissions de télévision. Elle est aussi emprisonnée par son corps très lourd, puisqu’elle a, pendant toute sa vie, calmé ses angoisses et noyé ses chagrins avec de la nourriture. Elle s’inquiétait de ce qu’elle allait manger et ne pas manger. Du moment et de l’endroit où elle mangerait ou ne mangerait pas. Elle s’inquiétait d’avoir trop mangé ou de ne pas avoir assez mangé. Elle redoutait l’hypertension, le diabète de type 2, l’athérosclérose, la crise cardiaque, l’AVC, l’arthrose. Le mépris des inconnus. La vérité qui sort de la bouche des enfants. …

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Il était une fois… un atelier sur le conte

« Papa, raconte-moi une histoire » : souvenirs d’enfance Mon père était un conteur extraordinaire qui brisait l’ennui des longs voyages en voiture et des étés pluvieux au chalet. Mythologies grecques, contes populaires adaptés et revisités ou épopées merveilleuses de son cru faisaient partie de son répertoire. Ma sœur et moi étions bon public et en redemandions sans cesse. Nous voulions entendre et réentendre ces histoires merveilleuses. Cette littérature orale, qui m’a accompagnée tout au long de mon enfance, a en partie construit mon identité et m’a amenée à la littérature. J’ai d’ailleurs commencé à lire sur le tard. Ces histoires me suffisaient avant qu’arrive le moment fatidique où on doit s’émanciper de l’enfance pour traverser la période douloureuse de l’adolescence. Les histoires de mon père se sont perdues dans les reliques du passé. Et, après avoir résisté, j’ai dû réapprendre à lire pour retrouver ce sentiment d’évasion unique que procure la fiction. Quand je repense à cette époque, aux origines de mon intérêt pour la littérature, je me questionne sur la place de l’oralité dans les œuvres …

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Cinq albums jeunesse pour peaufiner ses techniques d’évasion dans l’imaginaire

Dans le cadre de mon métier, je travaille avec le réel, dans sa grande cruauté comme dans son étonnante beauté. Au quotidien, je suis confrontée à la violence, aux oppressions et aux injustices qui façonnent notre monde. Décrocher devient alors essentiel et la lecture est un moyen particulièrement efficace pour ce faire. Depuis quelques temps, je prends un immense plaisir à découvrir les albums pour enfants. Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur dans ce laisser-aller dans l’imaginaire que permet la littérature jeunesse. Les histoires inspirantes ponctuées de belles images que recèlent les albums jeunesse constituent une accalmie dans un monde qui me semble parfois trop fulgurant. Where the Wild Things Are (traduit en français sous le titre Max et les maximonstres) a été mon premier coup de cœur, il y a quelques années déjà. Cette ode au monde de l’enfance est depuis une source d’apaisement et un rappel de l’importance de la créativité, de la spontanéité et du jeu. J’ai voulu partir à la découverte d’autres ouvrages jeunesse abordant le thème de l’imaginaire. Voici …

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Nan Goldin. Guerrière et gorgone : récit photographique

L’œuvre photographique de Nan Goldin aura tôt fait de me conquérir. Un visuel qui peut brusquer par sa franchise, c’est la réalité sans filtre qui émane des portraits, paysages et scènes de vie que l’artiste aura sélectionnés pour créer expositions et recueils. La photographe américaine issue de la middle-class de Washington, où elle grandit dans les années 50, saisit son appareil photo dès l’adolescence et ne s’en sépare plus. Il s’agit pour elle d’un besoin vital de collectionner les instants représentatifs de son quotidien assez houleux. De son côté, Martine Delvaux est une écrivaine québécoise féministe contemporaine, connue du public à travers quatre romans et deux essais. Qu’ont à voir ces deux femmes ensemble? Pas grand-chose et beaucoup à la fois. Nan Goldin et la souffrance Martine Delvaux se décrit dans son essai Nan Goldin. Guerrière et gorgone comme une admiratrice de Nan; elle fut inspirée par la photographe qu’elle dit regarder métaphoriquement en contre-plongée. Comme Goldin, je suis une fille du Nord, une fille de l’Amérique froide et métallique, des gratte-ciel immenses et des banlieues miniatures, des choses créées de nulle part et d’autres …

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Un Jane Austen dont vous êtes le héros

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais moi, quand j’étais jeune, il y avait toute une série de « livres dont vous êtes le héros », que j’ai dévorée! J’adorais ce genre d’histoire où je devais être une lectrice active, prendre la bonne décision. Ma lecture en était que plus surprenante, parce que deviner la fin devenait pratiquement impossible! Vous imaginez donc ma joie lorsque je suis tombée sur Lost in Austen, Create Your Own Jane Austen Adventure, qui s’inspire évidemment des romans de Jane Austen (pour laquelle j’ai déjà établi mon amour inconditionnel dans d’autres articles, notamment ici) pour créer une version pour adulte d’un livre dont vous êtes le héros, ou dans le cas qui nous occupe, l’héroïne! Le concept est plutôt simple, vous commencez l’histoire dans le rôle d’Élizabeth Bennet et votre mission est de faire un mariage d’amour tout en vous assurant une bonne position socio-économique. Tout au long de la lecture, vous tenez une liste de vos défauts et de vos qualités ainsi que de vos échecs et de vos succès, ceci …