All posts tagged: littérature

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Eux, Patrick Isabelle, Leméac, Littérature jeunesse, intimidation, tristesse, arme, adolescent

C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

le fil rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, lecture, littérature, bibliothérapie, Grégoire Delacourt, Éditions JC Lattès, Danser au bord de l'abîme, littérature française, littérature étrangère

Désirer jusqu’à en perdre l’équilibre

Dans la dernière année, j’ai fini mes études universitaires et depuis, j’essaie de prendre un pas de recul sur ma vie, de me questionner : « qu’est-ce que je devrais faire maintenant? » vs « qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? » C’est angoissant un peu, parce qu’il faut trouver la bonne réponse, mais surtout choisir la question à laquelle on veut répondre. Dans le fond, je sais que mes désirs seront toujours plus forts et que même si je choisis la mauvaise réponse, je finirai par bifurquer vers mes vraies envies. Je dois juste arrêter de me sentir coupable. Eh bien, quand j’ai lu Danser au bord de l’abîme, de Grégoire Delacourt, j’ai commencé à mieux respirer (image pour dire que j’ai commencé à me sentir moins mal). *** Leur vie va basculer « comme dans les romans » Emma est à l’aube de la quarantaine. Si elle mène une vie bien paisible avec son mari, ses trois enfants dans sa grande maison blanche près de Lille, elle n’a plus l’impression de vivre dans le présent. Le couple s’aime beaucoup, …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, la femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette, Éditions marchand de feuilles, littérature québécoise, québec, automatistes, refus global

La deuxième personne heurte plus que la troisième

La femme qui fuit (un autre article à propos de ce roman ici), c’est un roman qui m’a tout de suite bousculée dans mes habitudes de lectrice, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le format du roman n’est pas habituel. Les chapitres sont courts et les phrases sont succinctes. Pour moi qui venais tout juste de terminer Raison et sentiments de Jane Austen, disons simplement que le contraste était grand. Sinon, les premiers chapitres traitent d’une mère qui a abandonné ses enfants et qui, plusieurs dizaines d’années plus tard, ne souhaite toujours pas les revoir. Lire tout cela, sans connaître l’historique de la mère en question, m’a remuée et même un peu contrariée. Une dernière chose que je n’ai pas souvent eu l’occasion de croiser lors de mes lectures: une narration à la deuxième personne du singulier. L’histoire derrière cette histoire Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à cette narration particulière, et encore plus longtemps pour comprendre les raisons faisant en sorte que c’était en fait un très bon choix. Avant de commencer, il faut savoir …

Remèdes littéraires, bibliothérapie, le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, livres, #lefilrouge, #lefilrougelit, pathologies, maladies de lecture, prescriptions littéraires, fiction pour soulager les maux, Ella Berthoud, Susan Elderkin, Manuel médical, littérature

« Les remèdes littéraires » de Berthoud et Elderkin : prescriptions de fiction pour les maladies de la vie

L’ouvrage encyclopédique des Remèdes littéraires de Ella Berthoud et Susan Elderkin a tout d’un manuel médical qui propose des traitements aux maux courants du quotidien ou aux plus grandes blessures et épreuves de la vie… à quelques différences près. D’abord, « il ne fait pas de distinction entre les peines affectives et les douleurs physiques; vous pourrez trouver dans ces pages de quoi soigner un cœur brisé ou une jambe cassée » (p. 4). Ensuite, est-il bien indiqué, les médicaments prescrits ne sont pas disponibles en pharmacie, puisque, d’ordre livresque, ils se présentent plutôt comme des suggestions de lecture ayant le pouvoir de soulager les problèmes de tout ordre. Quelle que soit votre maladie, nos prescriptions sont simples : un roman (ou deux!), à lire à intervalles réguliers. […] Certains traitements mèneront à une guérison complète. D’autres offriront simplement une consolation, en vous montrant que vous n’êtes pas seul.  À la base des Remèdes se trouve ainsi l’idée que les amoureux de la littérature utilisent les romans comme onguents depuis des siècles. L’ouvrage met de ce fait en avant une foi inébranlable …

Alégracia, Bibliothérapie, Dominic Bellavance, fantasy, Frédéric Raymond, horreur, Jardin de chair, La Ruche, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, Les Six Brumes, littérature, Littérature québécoise, livres, Michèle Laframboise, science-fiction

Re-découvrir Les Six Brumes

En 2016, Raphaëlle vous présentait Les Six Brumes, une maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’imaginaire. De nature curieuse, je lis à peu près de tout. Mais je ne m’éloigne jamais vraiment des histoires qui ont une touche fantastique. À l’opposé de la littérature dite blanche, la littérature de genre est un univers plein de couleurs, de surprises et d’émotions. De l’horreur au policier, en passant par la fantasy et la science-fiction, ce type de livres me rejoint par sa capacité à éveiller mon esprit et à me faire rêver. Voilà pourquoi je suis tombée, moi aussi, sous le charme des Six Brumes. Dernièrement, la maison d’édition a annoncé son grand retour sur les tablettes des librairies grâce à une entente avec un nouveau diffuseur. Et pour célébrer ce retour, je vous partage trois coups de cœur qui m’ont conquise au fil des années. Jardin de chair de Frédéric Raymond Ce livre a été le premier que j’ai découvert chez Les Six Brumes. Frédéric Raymond nous raconte l’histoire d’une jeune femme cannibale qui arpente …

Le fil rouge; Le fil rouge lit; Bibliothérapie; Littérature; Lecture; Livres; Les livres qui font du bien; Lectures pour le secondaire; Contes pour le secondaire; Luis Sepulveda; Le vieux qui lisait des romans d'amour; L'histoire d'une mouette et du chat qui lui appris à voler; Le monde du bout du monde

Luis Sepulveda : les contes que l’on devrait faire lire au secondaire

La première fois que j’ai lu un roman de Luis Sepulveda c’était un peu par hasard. Ce n’était pas une lecture scolaire obligatoire, pas une recommandation directe non plus. Juste un nom qui revenait régulièrement, avec l’impression qu’il faisait partie de ce que l’on désigne comme les « connaissances générales », un auteur que chacun devait avoir lu, un passage obligatoire. Alors, comme beaucoup d’entre vous, j’ai attrapé Le vieux qui lisait des romans d’amour et je me suis plongée dedans afin de comprendre pourquoi c’était un incontournable. J’ai tout de suite été séduite par le style à la fois poétique et très terre à terre de Sepulveda. À la fin de ma lecture, je n’étais pas capable de dire exactement ce qui faisait de ce livre et de cet auteur un classique, mais j’abondais dans ce sens. Il y avait quelque chose de profondément beau et d’infiniment triste; un mélange parfait de sucré-salé. Ce roman est court et rapide à lire, je l’ai donc prêté à de nombreuses personnes, répandant la bonne nouvelle comme on dit, participant …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Istanbul, les meilleurs livres qui font voyager à Istanbul, La bâtarde d'Istanbul, Elif Shafak, Orhan Pamuk, Istanbul: Souvenirs d'une ville, Saveurs d'Istanbul, Un thé à Istanbul, Sébastien de Courtois, littérature étrangère, littérature turque

Les meilleurs livres qui font voyager à Istanbul

Dans le portrait que j’ai fait de moi-même pour la page des collaboratrices du blogue, je me décris comme une voyageuse rêveuse!  Termes que je trouvais imagés, mais également termes qui parlent beaucoup de ma personnalité. Les voyages représentent les expériences les plus enrichissantes de ma vie, car je pars à la rencontre de nouvelles cultures, de nouvelles parties du monde, de nouveaux horizons et je me crée des souvenirs pour la vie. Si parfois je ne voyage pas littéralement en personne, je me permets de le faire à travers les livres: des livres d’aventure, de fiction, de récit, ou de photographie-documentaire parfois même des livres de cuisine. Cette fois-ci je me sentais inspirée, interpellée, par Istanbul, cette ville mythique, à la fois mystérieuse et tellement riche en histoire. Un ville à la frontière de l’Europe et de l’Asie, autrefois connue sous le nom de Byzance ou de Constantinople, une ville dont le présent est marqué par son passé. Décrite comme l’une des villes les plus intrigantes du monde, comme une ville-monde cosmopolite et éclectique …

Le fil rouge; Le fil rouge lit; Bibliothérapie; Littérature; Lecture; Livres; Les livres qui font du bien; Neurotica; Mélanie Gélinas; Leméac; Santé mentale; Mère

Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère. Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas. L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise …

poésie, poésie québécoise, calamine, Mélanie Jannard, éditions l'Hexagone, youtubeuse, découvrir la poésie, poète québécoise, le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien,

Calamine : un baume poétique pour l’âme

Tout le monde connaît la calamine, cette petite crème rosée qu’on applique pour soulager des piqûres. Le recueil de poésie de la Youtubeuse Mélanie Jannard porte bien son nom, Calamine, puisqu’il apporte un peu d’apaisement dans nos vies, du réconfort. L’autrice, que j’ai découverte sur le web par ses vidéos portant sur les livres, a tout de suite attiré mon attention. Elle est assez directe, parfois un peu trash et elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense. Si on la suit aussi sur les réseaux sociaux, on réalise que ce qu’elle écrit est très proche d’elle. Une découverte Je n’ai jamais eu un réel intérêt pour la poésie, j’en lis très peu et je ne suis pas attirée naturellement vers ce genre de lecture. Pourtant, j’ai eu un coup de cœur juste à la vue de la couverture et je me suis dit : ceci est pour moi! En lisant ce recueil, je me suis sentie hautement interpellée. Écrite en prose, la poésie de Mélanie Jannard nous donne l’impression d’avoir accès à ses réflexions, …

Les Marées, Brigitte Vaillancourt, Éditions Boréal, littérature jeune adulte, littérature young adult, marées, baleine, Angleterre, adoption, soeurs, voyage, lecture, littérature, les livres qui font du bien, bibliothérapie, littérature québécoise, le fil rouge, le fil rouge lit,

Les marées d’un continent à l’autre

Capucine se sent tellement différente de sa famille. Entre sa mère esthéticienne qui ne cesse jamais de parler et son père toujours parti en voyage d’affaires, elle a beaucoup de difficulté à trouver sa place. Puis un jour, sa mère cesse de jacasser. En menant ses recherches et en posant des questions auxquelles ses parents n’osent pas répondre, Capucine découvre qu’elle a une soeur aînée, que sa mère avait mise en adoption en Angleterre. C’est ainsi que débute le grand voyage de Capucine. Elle part seule à la rencontre de cette sœur inconnue, pour qui elle a pourtant déjà un attachement puissant. C’est sur l’île de Jersey, entre les journées à la plage et les soirées sur la terrasse, qu’elles se découvriront. Un vent marin Le roman Les marées de Brigitte Vaillancourt est une véritable vague qui nous enveloppe et nous rafraichit. Ce court récit de la littérature jeune adulte réussit à ne pas tomber dans les clichés et le déjà-vu. La rencontre des deux personnages principaux se fait sans artifices, comme dans la vraie …