All posts tagged: littérature

Suggestions de livres audio gratuits pour expérimenter un nouveau contact avec la littérature

Dans les périodes où je trouve difficile de prendre du temps pour m’arrêter et lire, j’éprouve une certaine angoisse, car pendant que le temps passe, ma liste de livres à lire s’allonge. Pour moi, passer plus de deux jours sans lire emporte le même sentiment de culpabilité que d’écouter une série télé pendant 20 heures consécutives. Récemment, j’ai trouvé un remède pour éviter de me sentir ainsi pendant mes disettes de lecture : les livres audio. Déjà fan des podcasts, c’est en parcourant l’application Ici Première de Radio-Canada que j’ai commencé à écouter des livres audio. Pour ma part, je ne crois pas que le livre audio puisse définitivement remplacer le livre papier, car cela chamboulerait beaucoup trop mes habitudes de lecture. Par contre, j’ai trouvé un double avantage au livre audio qui m’a fait apprécier l’expérience. Il permet de se divertir pendant l’exécution de tâches pas particulièrement intéressantes, comme des tâches ménagères, tout en diminuant sa PAL. Pour faire l’essai du livre audio, je vous conseille la collection de Radio-Canada, car les livres sont accessibles gratuitement. La sélection est plutôt …

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Men explain things to me : au-delà du mansplaining

Ce recueil d’essais de Rebecca Solnit était dans ma liste de livres à lire depuis bien longtemps. C’est en découvrant l’auteure et ses autres œuvres, à travers le compte instagram Her pickings, que je me le suis finalement procuré. Il faut dire que toute l’actualité autour du terme mansplaining (1) , popularisé par l’essai de Solnit, a aussi pesé dans la balance. Alors que je croyais me retrouver devant une série de textes personnels racontant des anecdotes mettant en scène des hommes qui remettaient en question les compétences de Solnit parce qu’elle est une femme, c’est devant un tout autre type de texte que je me suis retrouvée et, à tout dire, c’est bien mieux ainsi. Un titre « click bait »  Men explain things to me, un titre qui fait jaser, qui fait vendre, mais qui, à mon avis, reflète peu le contenu du livre, passé le premier texte. En fait, il aurait aussi bien pu s’appeler Rebecca explains feminism to you . Dans  chaque essai, l’auteure aborde de manière très politique et publique des thèmes tels que la violence faite …

L’Art de la joie : Quand l’art emprunte son thème à la littérature

Du 17 février au 14 mai se déroule à Québec Manif d’art 8 — La biennale de Québec. Le thème de l’événement, L’Art de la joie, est emprunté au roman de l’auteure italienne Goliarda Sapienza qui porte ce titre. Amatrice d’art à mes heures, j’ai décidé de profiter de l’occasion pour lire ce roman que je m’étais procuré à vil prix dans une librairie usagée, mais que je n’avais pas encore lu, manquant de courage pour attaquer les 800 pages. L’idée de combiner art et littérature m’a donné la motivation nécessaire pour entamer la lecture de ce roman majeur de la littérature italienne publié en 1998 pour la toute première fois. L’Art de la joie, c’est l’histoire de Modesta née en 1900 dans un petit village de la Sicile en Italie. Au début du roman, elle est une jeune fille et elle vit dans la pauvreté avec sa mère et sa sœur trisomique. Son père est inconnu. Puis, une tragédie survient et elle devient orpheline. Elle est recueillie dans un couvent par des religieuses. Alors destinée à …

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Un film, Tchékhov et les femmes

Après des études en Lettres, j’en avais un petit peu soupé des classiques de la littérature internationale. Si bien que, pendant un bon bout de temps, j’ai laissé ce genre de côté, que j’avais exploré un peu par obligation, pour m’approprier plutôt la littérature québécoise et son langage qui est aussi le mien. J’y vivais davantage une proximité dans les sentiments décrits, dans la langue, dans les mœurs, ce qui me rejoignait mieux. Si vous voyiez le contenu de ma bibliothèque, vous verriez qu’elle a un fort penchant (et elle aussi est à veille de craquer!) pour les auteurs du Québec, pour ces mêmes raisons. Par où tout a commencé Puis, vint un jour où je suis tombée en amour avec le film de Rafaël Ouellet sorti en 2014, Gurov et Anna. Difficile à vous en expliquer la ou les raisons en version journaliste cinématographique que je ne suis pas. Je vous dirai simplement que ce film m’a séduite par ses sujets traités, imbriqués les uns dans les autres: la littérature, la banalité de la …

En lisant, en vivant, en écrivant

Je ne lis pas depuis plusieurs jours, j’écris, ou je fais autre chose, je peins, je dors, je marche, je ris, je pleure, mais je ne lis pas depuis plusieurs jours. Puis j’ouvre un livre, il m’accroche ou nous nous donnons rendez-vous un peu plus tard dans la vie. J’ouvre un autre livre et tout un monde fleurit dans ma tête, je me laisse submerger, je ne touche plus terre, le voyage débute et je suis déjà loin. Un nouveau cycle de lecture est lancé. Je n’ai pas encore déposé un livre, que déjà un autre s’installe au creux de mes mains. Je suis enfoncée dans mon lit, je suis une malade sans maladie. Une prisonnière dans la tempête. Je remets ma vie entière en question. Je suis dans un état constant près de l’inconscience, le sommeil n’est jamais loin. Cette douce lourdeur qui prend racine sur mes paupières et qui descend doucement sur mes épaules et dans mon ventre. Le syndrome de Berlin Je lis les mots de Mylène Bouchard au sujet d’une étrange …

À la rencontre d’une jeune Simone

Je dois vous faire un aveu, car même si j’ai fait un certificat en études féministes à l’UQAM, je n’ai jamais lu de livres ou de romans de Simone de Beauvoir. Évidemment, j’ai lu des textes et des extraits de ses théories et philosophies de pensée, mais ça s’arrête là. Lorsque je suis tombée sur Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange et que je pouvais voir sur la quatrième de couverture le célèbre Jean-Paul Sartre, je fus immédiatement intriguée. La relation entre ces deux personnages m’a toujours fascinée. Je me disais qu’avec ce roman graphique, j’allais satisfaire ma curiosité. Au départ, le terme « fille » me dérangeait. J’aurais préféré retrouver « une jeune (FEMME) qui dérange » dans le titre, surtout avec sa célèbre réplique « On ne naît pas femme, on le devient ». Après ma lecture, j’ai compris pourquoi les auteur-e-s ont utilisé le terme « fille ». C’est que le roman graphique se concentre surtout sur la jeunesse de notre célèbre féministe française. J’ai donc fait la connaissance d’une très jeune …

Ne faire qu’un, envers et contre tous

Dans ce premier roman de Marie-Hélène Larochelle, Danill et Vanya, j’ai été surprise de la façon dont je me suis vue devenir complètement fascinée par cette histoire qui semblait toute simple au départ. Sans toutefois être un thriller psychologique, ce roman nous entraîne tout de même dans une quête qui côtoie meurtre, mensonge, agression sexuelle et identité. La prémisse semble fort simple : un couple très amoureux, Emma et Gregory, perdent leur enfant et décident de se tourner vers l’adoption internationale, c’est ainsi qu’ils deviennent les parents adoptifs de deux jumeaux, Danill et Vanya. Les premiers temps avec les bébés sont difficiles, ils semblent vivre avec des problèmes liés à une dépendance à l’alcool, alors d’emblée on ne trouve rien de douteux ou de louche avec les bébés qui sont distants, froids et incroyablement près l’un de l’autre. C’est au fil des pages qu’on y découvre une famille, qui semble parfaite de l’extérieur, mais qui est pourtant plongée dans des rapports froids et dépourvus de chaleur. Les jumeaux, cette entité, ne semble pas s’attacher à leurs …

Dans l’intimité des Reines

Publiée le 1er janvier 1991, Les Reines de Normand Chaurette est sans le moindre doute une pièce de théâtre surprenante, tant par son style d’écriture particulier, que par l’histoire rocambolesque. Une atmosphère obscure pour une famille obscure  Plongée à l’intérieur d’un palais londonien en 1483, la pièce présente six femmes affolées dans un univers pesant où toutes convoitent le trône d’Angleterre. La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans sont représentées toutes plus angoissées et affolées les unes que les autres. Je dois avouer que suivant ma lecture, je reste dans un état dubitatif. Certaines choses m’ont absolument séduite, par contre, l’histoire semblait par moment quelque peu complexe à suivre; peut-être par le style d’écriture s’appropriant le vocabulaire de l’époque, ou la façon dont elle est écrite, ou l’agitation parfois « mêlante » des personnages. Il reste que l’histoire m’a plu, elle me rappelle les pièces de Shakespeare dont j’ai toujours aimé l’écriture. Une famille entre vérité et mensonge Résumant l’histoire, …

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Le coup de poing et la performance de soi

Quelque chose en moi choisit le coup de poing est un oeuvre hybride entre essai et théâtre, écrite par Mathieu Leroux et publié chez La Mèche. C’est à la fois un rassemblement de courtes et moins courtes pièces écrites et mises en scènes par Leroux, précédé d’un essai sur la performance de soi dans l’art, plus particulièrement dans l’écriture. Le coup de poing, c’est la démarche autobiographique, c’est le Je dans l’écriture, le Je dans l’art, c’est l’acte de se mettre en scène, de se performer. Bien qu’il compare la réalité et la fiction à un coup de poing et une caresse, respectivement, il n’y a  pas pour autant de hiérarchie établie entre les deux. C’est seulement que, pour Leroux, quelque chose en lui choisit le coup de poing. N’ayant pas d’énormes connaissances en théâtre, j’ai trouvé intéressant d’être immergée dans une forme peut-être un peu moins classique, sans pour autant y être plongée sans notions quelconques. Que ce soit l’essai du début, auquel je reviendrai, ou bien l’entièreté des pièces dans lesquelles sont aussi …