All posts tagged: littérature

Chronique Écrire l’indicible : Et si nous étions ensemble…

Vous savez que j’ai l’habitude des trucs positifs, du moins en général pendant l’été. J’essaie de profiter du soleil, des parcs, de mes ami.e.s. Je suis dans un mood plus fun! Mais mon copain a mis entre mes mains le livre de Primo Levi, Si c’est un homme, publié en 1947. Puis, ça m’a rappelé ma chronique « Écrire l’indicible », à laquelle j’ai mis un frein puisqu’il me fallait lire autre chose, des romans qui m’ont permis de souffler un peu. Or, je ne peux pas passer sous silence cette lecture. Comme Primo Levi n’a pas pu taire sa souffrance, à la suite de sa déportation dans le camp d’extermination d’Auschwitz. L’écriture du témoignage a intéressé bon nombre de théoricien.ne.s de littérature. C’est que Théodore Adorno, en 1949, s’est demandé comment on pouvait écrire après Auschwitz, après la Seconde Guerre mondiale. Il affirmait que cela allait contaminer les arts, mais surtout, que la culture s’est effondrée après ce « traumatisme social absolu » (Adorno). La réponse générale a été que justement, il fallait témoigner de ce Mal, raconter en quoi consistaient les horreurs vécues …

J’avais toujours rêvé de Prague

J’aime mieux la fiction. Guillaume m’a dit : tu as de la difficulté à différencier le réel de la fiction. (…) L’écrire me permet d’ancrer ma présence au monde, me permet de me sentir vivante, me permet de bouger, de travailler. Sans le livre, je suis une coque vide. Il y a des romans que je sens déjà que je vais aimer juste à lire le titre et la quatrième de couverture. J’ai tout de suite l’intuition que je connecterai avec l’histoire et l’auteur sans pourtant en savoir grand-chose. Un peu comme quand je planifie mes voyages; il y a certains endroits que je sais d’avance que je vais adorer. J’ai eu cette impression en décidant de partir à Portland en Oregon dernièrement. Je voulais déjà me marier avec cette ville avant même d’y avoir posé les pieds pour la première fois. Prague de Maude Veilleux m’a tout de suite fait cet effet. Je suis tombée sur un extrait dans la chronique sur la rentrée littéraire québécoise. Il ne disait pas grand-chose, mais j’ai tout …

Lire, maintenant une affaire de Web

Peut-être le savez-vous déjà, peut-être pas, l’émission Lire sera maintenant diffusée non plus sur nos télévisions, mais sur nos écrans d’ordinateur. ARTV a malheureusement tiré la prise sur cette émission il y a quelques mois. Claudia Larochelle, l’animatrice, fut elle-même surprise de la décision, affirmant par contre qu’elle trouverait bien vite une autre façon de diffuser ce projet visant à promouvoir la littérature, quitte à le faire seule. Chose dite chose faite, Lire trouvera bientôt sa niche sur le Web. Bientôt, c’est quand? C’est le 3 octobre qu’aura lieu la première émission en format webmagazine. La littérature et la télévision Déjà que les émissions de littérature à la télévision sont moindres, pour ne pas dire quasi inexistantes, la perte de Lire fut une onde de choc dans le milieu. Évoquant de prévisibles coupes budgétaires, ARTV a mis fin à l’émission qui proposait critiques et suggestions de livres, entrevues d’auteurs et rencontres d’artistes tournant toujours autour de la littérature. Alors que le futur des livres sur nos télévisions est chambranlant, peut-être que, bien que malgré lui, …

Découvrir Élise Gravel, un rire à la fois

Je me suis replongée dans les ouvrages d’Élise Gravel ce matin. J’ai commencé par les aventures du professeur Zouf, que l’auteure jeunesse a créé en collaboration avec l’illustratrice Iris. Je me suis rapidement étouffée de rire en parcourant les pages courtes et dynamiques de ces petits livres-conseils qui expliquent tout ce qu’il y a à savoir sur une multitude de sujets. Que ce soit pour savoir comment devenir un expert de la politesse, comment garder la forme ou comment trouver l’amour, le professeur Zouf est là! Rapidement, ma famille entière est venue observer ce qui me faisait rire autant. Nous étions là, quatre adultes, quatre grands enfants à nous tordre de rire devant les façons de faire peu orthodoxes du professeur Zouf. Puis, je me suis lancée dans l’album du Docteur Proutnik, un praticien aux connaissances infinies. Il le faut bien lorsque l’on doit guérir les gens de toute la galaxie! Encore une fois, les éclats de rire se sont enchainés au rythme des pages qui se tournaient, au fur et à mesure que les …

Découvrir le FIL, du 23 septembre au 2 octobre

C’est en attendant le début d’un cours, au pavillon des sciences de l’uqam, que j’ai découvert le festival international de littérature, il y a deux ans de cela. Leur bibliothèque était à la place des arts et je me rappelle avoir trouvé l’idée bien intéressante. En plus, je trouve ça toujours aussi beau qu’en toute coïncidence, on partage un peu le nom de ce festival qui veut promouvoir la littérature, comme on tente aussi de le faire. L’événement littéraire de la rentrée: 200 écrivains et artistes de toutes disciplines participent à plus de 50 manifestations au cours desquelles la littérature sera lue, discutée, mise en scène, en musique et en images. Pour vous inciter à aller y  faire un tour, j’ai fait  une mini sélection à travers la panoplie d’événements qui s’y tiendront. Pour la programmation complète, c’est par ici.   23 septembre à 20 h: Le chant de la cigale crépite comme un feu de bois : les 100 ans d’Anne Hébert. Cette année, le milieu littéraire s’est vraiment rassemblé, de mille et une façon, …

La fille laide

Des fois, les gens disent des choses qui me font les aimer dans le négatif. Pas grand-chose, un petit rien, un simple soubresaut qui entortille un peu l’artère du coeur. C’est arrivé l’autre soir, alors que j’étais avec des amis et qu’on discutait de jeunes qui sont devenus la risée des Internets à cause d’un vidéo, d’un moment d’égarement ou d’un désir de l’autre de ridiculiser. On a parlé d’un jeune en particulier et A. a conclu la conversation en disant que, de toute façon, ce garçon n’avait enduré les moqueries que durant une année. Alors ce n’était pas si grave. J’ai eu un peu de peine, de ça. De l’entendre dire que les gens qui se font insulter chaque jour ne pâtissent que lorsque ça arrive. Comme si les souvenirs de douleur n’existaient pas pour ces gens-là, comme s’ils oubliaient les injures, comme si. Comme si moi j’étais en retard sur l’horaire, parce que j’avais pas passé à autre chose aussi facilement. Que j’aurais dû, peut-être, tourner la page après un an, après la …

Le phénomène du #Bookcrossing et pourquoi vous devriez y participer cette semaine

Devenu événement mondial réunissant des lecteurs de partout autour du monde, J’oubli un livre quelque part se passe présentement, du 5 au 15 septembre. Le concept est simple, on oublie véritablement un livre dans un endroit public, dans le but de partager avec d’autres l’amour de la lecture. Vous pouvez aussi y joindre un petit mot dans le livre pour le prochain lecteur et partagez vos découvertes et vos oublis avec le #PartageLitt. C’est le moment parfait pour faire du ménage dans votre bibliothèque et offrir ces livres que vous ne relierez plus. De mon côté, j’ai classé mes livres, il y a quelques jours et j’ai empilé 4 boites de livres à donner! Ça me ferait donc vraiment plaisir d’offrir à de futurs lecteurs le plaisir de découvrir de nouveaux livres et j’espère aussi en trouver! Ce phénomène du Bookcrossing Ça ne date pas d’hier ce concept de partager les livres, de les faire vivre. Certaines personnes croient fermement et avec raison, que les livres doivent vivre, être lus, partagés et ne pas vivre seulement …

Le lâcher-prise littéraire ou #slowreading

Culte de la performance et pression sociale, notre monde va de plus en plus vite et nous sommes saturés d’informations et de nouvelles provenant de partout, à tout moment. Pas étonnant que des mouvements comme le slow food, le slow travel et plus près de chez nous, le slow toute (#slowtoute sur Instagram), nous ramènent à l’ordre et nous rappellent qu’il est possible, et surtout important, de ralentir la cadence pour mieux apprécier et vivre le quotidien. La littérature ne fait pas exception à cette tendance du «vivre doucement» et du lâcher-prise, le slow reading est un mouvement qui pousse ses adeptes à contempler et à apprécier davantage l’expérience de la lecture. Pour certains, le slow reading ce n’est pas seulement prendre le temps de lire, mais bien un exercice de concentration et une façon de s’immerger dans une lecture pour mieux en être critique. Pour d’autres, il s’agit d’une forme de méditation et de contemplation. Dans les deux cas, c’est prendre le temps de savourer la lecture, mot par mot, phrase par phrase. Comprendre …

Le garçon sans visage; une perle jeunesse à découvrir

J’ai découvert Le garçon sans visage de l’auteure française Kochka alors que j’entamais mon dernier stage en enseignement. Mon enseignante associée se faisait un devoir de faire découvrir à ses élèves des ouvrages qui s’éloignaient de leurs lectures habituelles, d’ouvrir leur horizon sur quelque chose de différent, de jamais lu, de jamais vu. Puisque j’étais alors en charge de la classe, c’était à moi de faire connaître les ouvrages aux enfants dans le cadre d’un cercle de lecture. Avant de le présenter aux élèves, je m’étais empressée de lire cette plaquette à la couverture colorée et invitante. Puisqu’elle m’avait parlé du Garçon sans visage avec les yeux lumineux et le sourire aux lèvres, je me doutais que mon mentor devait avoir mis la main sur une perle rare en littérature jeunesse. Et je ne m’étais pas trompée. C’est dans un parfum de rose que s’ouvre ce court roman jeunesse écrit par Kochka. Ce livre aux mots aussi doux qu’un bouquet de fleurs, aussi bons pour l’âme que peut l’être un amour de jeunesse, place son …

La garçonnière : amour, ambiguïté et (ben) des shots de vodka glacée

Lors du lancement des coffrets littéraires du Fil rouge, il y avait une petite bibliothèque éphémère où les gens pouvaient y déposer un livre, pour ensuite en prendre un. Ce fantastique petit espace d’échange m’a permis de mettre la main sur le livre La garçonnière, de Mylène Bouchard. Je ne connaissais pas du tout l’auteure, mais la couverture m’avait tapée dans l’œil. Je l’ai pris. Et voici ce que j’en pense. Ce dense récit est celui de Mara et de Hubert; celui de la longue route entre Péribonka et Noranda; celui des correspondances sans réponses et d’un amour voué à l’échec, et ce, dès le début. Il faut être tenace pour continuer le livre après en avoir lu quelques pages : c’est long avant d’embarquer dans l’histoire, avant de s’y attacher. Les descriptions des lieux sont longues et redondantes, beaucoup de name-dropping d’endroits et de traditions qui me sont complètement étrangers, etc. Par contre, cette incertitude de tenir un bon livre entre les mains s’envole dès qu’entrent en scène les personnages de Mara et Hubert. Ils …