Year: 2016

Lire Lolita à Téhéran : ode à la littérature sur fond de guerre

En traduisant la liste de Rory, ce titre m’a interpellée. J’ai tout de suite eu envie de le lire. Aimant les livres qui parlent de littérature et d’histoire — sans pour autant être un roman historique — j’ai rapidement su que ce livre allait me plaire. En plus, on y raconte l’histoire d’une femme forte, un récit autobiographique; manifestement, ça augurait bien pour moi. Je l’ai lu, par bribes, en y revenant toujours. C’est le type de roman qu’on peut déposer sur sa table de chevet, le temps d’en lire un autre, et y revenir sans y avoir perdu ni le fil, ni le goût. Après avoir dû démissionner de l’Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans, sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d’autres venaient de milieux progressistes et laïcs; plusieurs avaient même fait de la prison. Cette expérience unique leur a permis …

Une ode rosée à ses racines

Dans ce petit livre d’un vieux rose réconfortant, on plonge avec douceur et avidité. Marianne Ferrer, l’illustratrice du livre, y raconte comment son enfance, sa famille, a forgé son identité et ses racines. C’est une petite ode à ce qu’on est, d’où on vient, ce qui nous influence et ce qui nous permet d’être tout simplement soi. Ce livre accordéon s’ouvre et prend toute la place, le temps qu’on s’y immerge complètement. La tête entièrement dans l’histoire de Racines, dans ses magnifiques illustrations et la douceur de ses mots, j’admirais le travail et la motivation derrière chaque page. J’ai beaucoup aimé cette lecture, courte, certes, mais pas moins marquante. Il faut des ouvrages minimalistes comme celui-là, qui par l’intimité et la délicatesse de l’objet comme des mots, nous ébranlent et nous font du bien, vraiment. Une histoire d’amour qui traverse les montagnes, un grand-père passionné et l’héritage d’une mère… Marianne Ferrer tisse une fresque tendre et intimiste dans un superbe livre-objet qui retrace les moments marquants de son histoire familiale. Elle transcende le temps et …

Le temps des fleurs et des femmes


La curiosité est un vilain défaut à bien des égards. 
Qui n’a pas déjà mis sa main sur le four alors que tout le monde vous l’avait strictement défendu ? Bien qu’on nous enseigne rapidement ce qu’il faut ou ne faut pas faire, l’interdit reste la plus terrible sensation. 

L’appel du mal nous fascine, parce qu’il est l’acte d’un être humain, notre égal. C’est un miroir qu’on ne veut pas observer, de peur de s’y attarder trop longtemps et de s’y perdre. L’horreur, c’est la théorie du 50/50. Car en chaque être humain, il y a une moitié de bon, et une moitié de mal. Si nous tendons généralement vers la lumière, certains n’y retrouvent aucun confort. 
Qu’est-ce qui déclenche cette animosité ? Cet appel du chaos ? Qui peut commettre de tels actes ? Quand le fissure apparaît, quelle marque peut-elle laisser sur nos proches et sur les générations à venir ? C’est ce qui fait du roman The Girls un récit aussi fascinant. 
Pourquoi sommes-nous appelés par le mal ? Quel est son pouvoir de persuasion sur nous ? Mais …

Carnet de l’apprenti écrivain ou comment apprendre à se connaître par des exercices d’écriture

Cette fois-ci c’est mon petit côté adolescente qui s’est extasié devant ce Carnet de l’apprenti écrivain, rempli d’une foule d’activités liées à l’écriture. Ce que j’aime de ce type d’ouvrage c’est la possibilité d’ouvrir quelques pistes d’écriture en ne sachant pas du tout où elles peuvent me mener, ainsi que le plaisir de partager ces activités avec d’autres quand le moment est propice à ce genre de partage. J’aimerais partager ma passion avec vous et vous dire que, pour être écrivain, il n’y a pas de secret : il faut écrire. Et pour cela, bien sûr, il faut le vouloir! Susie Morgenstern Carnet de l’apprenti écrivain, publié aux éditions De la Martinière jeunesse, écrit par Susie Morgenstern et illustré par Theresa Bronn. Pour vous, je vais me prêter au jeu d’écrire spontanément à partir de trois activités pointées au hasard. Gertrude Stein : Écrire et lire sont, pour moi, synonyme d’exister. 1- Exercice (ou invitation) : Pendant toute une journée, notez tout ce qui vous semble indispensable pour vivre : amis, lieux, objets, courrier… Réalisée le 27 octobre alors que …

Prix littéraire des collégiens 2017 : titres en lice

Le 11 novembre avait lieu le dévoilement des finalistes du Prix littéraire des collégiens 2017. Le Prix littéraire des collégiens permet à plus de 700 jeunes lecteurs et lectrices d’une cinquantaine de cégeps et de collèges de partout au Québec de lire des ouvrages québécois et de leur décerner le Prix. Il cherche à : Promouvoir la littérature québécoise actuelle auprès des étudiants des collèges et des cégeps en encourageant l’exercice du jugement critique à travers la lecture. Récompenser une œuvre originale écrite en français par un auteur ayant la citoyenneté. Reconnaître la qualité et la pertinence d’une œuvre dont l’autonomie narrative est claire; à cet égard, les titres d’une suite ou d’une série sont exclus. Cette année, les cinq titres en lice sont les suivants : Les maisons de Fanny Britt (Le cheval d’août), paru le 26 octobre 2015 Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour …

Christian Guay-Poliquin : Mon nouveau coup de cœur des Éditions La Peuplade

Les Éditions La Peuplade sont pour moi une réelle révélation. Ukraine à Fragmentation, Nirliit et Niko ont fait partie des mes coups de cœur de la dernière année. Encore une fois, j’ai été emballée par des titres publiés par cette maison d’édition en lisant les deux romans de Christian Guay-Poliquin, Le fil des kilomètres (réédité par BQ) et Le poids de la neige. J’ai commencé par la lecture de ce dernier qui a fait son entrée en librairie cet automne. Avant même de l’avoir terminé, je savais qu’il fallait me procurer son premier roman pour poursuivre mon plaisir. Le fil des kilomètres Dans Le fil des kilomètres, nous suivons le périple d’un homme qui retourne dans son village natal, un ancien village minier où il n’a pas mis les pieds depuis 10 ans. Alors que ce dernier cherche à revoir son père malade, le lecteur l’accompagne sur la route du kilomètre 0 au kilomètre 4736. L’atmosphère est lourde et angoissante. La chaleur accablante étouffe et une panne d’électricité dure depuis plusieurs jours. Le chaos commence à régner. Des magasins sont dévalisés, des …

L’audace d’être un littéraire

Des études littéraires? Pourquoi? À ma première journée universitaire, j’ai eu un cours de création littéraire. D’entrée de jeu, le professeur nous a demandé pourquoi nous avions choisi des études littéraires. Quelqu’un a dit que c’est parce qu’il aimait lire, un autre, qu’il aimait écrire. Mais le professeur a insisté. Pourquoi sommes-nous ici? La classe est restée silencieuse un moment. Je pense que personne ne le savait vraiment. Le professeur a continué de nous regarder avec un sourire en coin. Et il a fini par nous dire : « Mais c’est parce que vous êtes audacieux! » Au début, je pense que personne n’a vraiment compris. Audacieux de quoi? Pourquoi? Il nous a expliqué sa façon de voir les choses, mais voici ce que j’en ai retenu. Parce qu’il ne peut en être autrement. Choisir d’étudier en Littérature, c’est sans cesse se faire demander « Pourquoi? » On ne demande pas à un étudiant en médecine pourquoi il a choisi cette branche : c’est bien évidemment parce qu’il veut améliorer la vie des gens. Un étudiant …

Harry Potter et l’enfant maudit : De petites attentes et de grandes déceptions

La sortie d’un livre de la série Harry Potter fait partie de mes plus beaux souvenirs d’enfance. Je passais absolument toutes mes vacances de Noël emmitouflée sous les couvertures en compagnie de mon trio d’humains fictifs favori. Je sais pertinemment que plusieurs personnes de ma génération ont été exactement dans la même position, c’est-à-dire dans l’attente interminable de la suite des aventures à Poudlard. Or, apparemment toute bonne chose à une fin et un jour le septième livre est apparu. Pour être franche, j’étais tout à fait satisfaite de la série de A à Z. Dans ce cas, pourquoi vouloir aller remettre du glaçage sur un gâteau où se trouve déjà la cerise? Les Potterheads comme moi auront déjà compris que je fais allusion à la pièce de théâtre Harry Potter et l’enfant maudit qui a été publiée en français il y a quelques semaines. D’abord présentée sur scène à Londres, le texte de la pièce a été publié le 31 juillet 2016 (certains auront compris l’importance de cette date) dans sa version originale en …

Une fileuse au Salon du livre : mes conseils pour aborder nos auteur-e-s

Depuis près de 10 ans, je vais religieusement au Salon du livre de Montréal. Au départ, j’y allais principalement pour rencontrer Anne Robillard et ses chevaliers d’émeraude (ou encore ses agents secrets de sa série A.N.G.E. Oui! oui! J’ai beaucoup admiré cette auteure lors de mon secondaire). Mais à force d’y aller, j’ai pu constater que je pouvais rencontrer d’autres auteur-e-s dont je lisais les romans. Cette année, le Salon du livre de Montréal se tiendra du 16 au 21 novembre 2016. Je suis déjà impatiente d’y aller, je compte presque les dodos! Et comme à chaque année, le Salon du livre se tiendra à la Place Bonaventure (au métro du même nom). À force d’y aller, j’ai quelque-uns-e-s de mes ami-e-s qui me demandent des conseils, surtout en ce qui concerne la manière d’aborder un-e auteur-e. Je suis une personne très timide, il m’est alors souvent difficile de faire les premiers pas, mais dans ce genre de contexte je trouve que c’est plus facile. Et au pire, la seule chose que tu auras dite …

Un mot vaut mille images

Je n’ai pas encore de titre, de profession, de corps de métier, bref de carrière officielle, mais une chose est sûre : dans toutes les sphères de ma vie, j’ai besoin d’utiliser ma créativité. Mais parfois, sous la pression, elle tombe en panne. C’est alors que je me tourne vers les mots pour me guider. J’ai réalisé seulement récemment que les mots, les miens ou ceux des autres, étaient ma bouée de sauvetage lorsque les idées se perdent dans le brouillard. Pourtant, ce n’est pas d’hier que j’ai ce réflexe. Au cégep, le thème donné pour notre travail de fin d’études ne m’inspirait pas du tout, alors j’ai simplement sorti des expressions et des phrases en lien et j’ai décidé de les illustrer. Curieuse de cette découverte, je me suis demandé en quoi les mots m’étaient rassurants. Je crée principalement des images : je suis photographe et designer textile. Les images des autres m’inspirent donc beaucoup. Mais je suis aussi amatrice de littérature (sinon je n’écrirais pas sur ce blogue!), de musique, de danse et …