Leçons d’écriture avec Patrick deWitt, auteur du Best-Seller Les frères Sisters, autour de son nouveau roman
« Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater que le personnage devenait seulement lui-même en cours d’écriture.»
« Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater que le personnage devenait seulement lui-même en cours d’écriture.»
10 février 2017. Lancement du deuxième magazine papier des Filles Missiles au Quai des brumes. Il est possible de voir certaines auteures au bar, devant le stand de vente, éparpillées un peu partout… Les femmes ne sont pas discrètes, elles prennent toute la place. Puis des sifflements, des cris, des gorges qui se déploient : une performance. Le thème de ce second magazine est MAGIE. Après les lectures, la soirée s’étire encore un peu, les gens se donnent des câlins, les esprits un peu plus embrumés que tantôt s’entremêlent et c’est dans le métro, direction Honoré-Beaugrand, que je commence ma lecture. (En pensant encore au one-piece rose vraiment #goal de Marie Darsigny) Malgré sa sombre couverture, l’intérieur du magazine déborde de couleurs. On dirait presque que des paillettes se déposent sur nos doigts en tournant les pages. Les illustrations sont signées par Véronique Lévesque-Pelletier, Camille Monette-Dubeau, Sophie Latouche (qui a aussi fait la couverture), Charline Bataille et Geneviève Lovestruck. Dans ces images, il est question du quotidien, de douceur, d’enjeux féministes (obviously), de rage et de …
Hochelaga pour moi, c’est comme une chanson de Bernard Adamus : puissant, poétique, beau et laid en même temps, mais surtout, profondément réaliste. J’ai découvert Hochelaga sur le tard. J’ai grandi à Outremont, et l’est de Montréal m’apparaissait comme une contrée lointaine pendant bien longtemps. Il y a un an, j’ai atterri sur l’avenue Bourbonnière à deux pas de la promenade Ontario et très rapidement, Hochelaga a pris sa juste place dans mon cœur. Les gens qui ne connaissent pas bien ce quartier s’imaginent beaucoup de choses; il inspire beaucoup de clichés. On dit que le quartier n’est composé que de miséreux et qu’il vaut mieux ne pas trop s’attarder à se promener le soir, à la sortie des bars. On dit aussi que les « bobos » l’ont envahi et font monter le prix des loyers. Même si de nombreux stéréotypes puisent leur fond d’une vérité, c’est restreindre énormément la richesse de ce quartier que de croire qu’il ne se résume qu’à ça. L’univers dépeint par les chansons de Bernard Adamus est sale, mais imprégné d’amour et de …
Connaissez-vous le questionnaire de Proust? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaître quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que l’idée m’est venue de créer un questionnaire Le fil rouge où l’on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires. Pour cette édition d’Autour des livres, on vous présente une de nos collaboratrices, Marion! 1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture? Ma mère a toujours beaucoup lu, et je me souviens que j’étais très curieuse de la grande bibliothèque qui était, à ce moment-là, au premier étage, et qui était …
J’me souviens encore du seul et unique examen que j’ai coulé. J’étais en cinquième année. C’était un test sur les divisions. Un test surprise. Quand madame Diane avait lancé avec un p’tit sourire narquois qu’on serait évalué là, maintenant, tout de suite, sur ce qu’elle nous avait enseigné la veille, j’ai buggué. Les autres soupiraient. Les autres tappaient du crayon nerveusement. Mais moi. J’ai buggué. Beaucoup. J’ai cru que le monde s’effondrait. J’étais pas préparée. D’habitude, j’étudiais, me pratiquais jusqu’à temps que ce soit ancré en moi comme si je l’avais toujours su. Comme si j’étais née en sachant diviser des nombres compliqués. Mais là, je ne pouvais pas, j’étais impuissante, je n’étais pas prête, je ne me souvenais de rien. Les mains moites. Le pied droit nerveux. Les yeux pleins d’eau. La prof qui passait d’un pupitre à l’autre en s’assurant de déposer face contre table le bout de papier qui me faisait trembler l’intérieur. Elle est arrivée à mon pupitre. Elle a déposé le test devant moi. Elle a dit : dans 4, 3, …
J’ai toujours pensé que les veines à fleur de peau sont jolies à voir. T’es pas heureux. Même les yeux fermés, je parie que t’essaie de voir des tas de trucs. (…eux) je voudrais les avaler cru et les bercer au fond de moi. Écrit en 1976, vendu à plus d’un million d’exemplaires en à peine 6 mois, premier roman de Murakami Ryü… Bleu presque transparent est le livre que je ne voulais pas lire. Et vous savez, si vous avez lu mon dernier article Le grand cahier, que je peux avoir la couenne dure. Pour vous situer, Transpotting a été écrit en 1993 et réalisé en 1996, Requiem for a dream est sorti en 2000… et en comparaison, ils semblent être des bébés de maternelle. Pas de farces! Tiens, pour vous mettre dans l’ambiance, je vous propose de réécouter la trame principale de Requiem… prenez 2 minutes. Requiem for a dream Je suis bien entendu au courant des critiques, très nombreuses, qui ont été écrites sur ce livre. Je tentais de ne pas les lire depuis si longtemps, persuadée que chaque « adulte » …
Les sessions universitaires, bien souvent synonyme (lors des mi et fins de trimestres!) d’absences de tous moments de répit. Angoisses, courses contre la montre et cacophonies générales ne nous laissent guère le temps de souffler, ne serait-ce que l’espace d’un court instant! Ainsi, à l’exception d’ouvrages, manuels scolaires et textes académiques, il m’est plutôt difficile d’assouvir mes petites envies littéraires en entamant la lecture de nouveaux romans, particulièrement lorsqu’essais, révisions et examens se présentent tous en même temps au pas de ma porte. Qu’à cela ne tienne! De doux moments de détente (qui se transforment pour ma part en véritables petits moments de procrastination, oups…) s’imposent tout de même! De ce fait, mes découvertes se sont depuis plutôt dirigées vers de petits ouvrages illustrés : véritables baumes à toutes nos petites et grandes angoisses, ces titres (simples et rapides à lire), devenus de véritables coups de cœur, m’ont tenu compagnie lors de ces pauses bien méritées! Que vous les dévoriez lors du brouhaha de la vie quotidienne ou simplement lors de vos escapades estivales, ces …
«Je déteste le ballet.» «Je déteste les samedis.» «J’ai mal au cœur en voiture.» «Les arabesques, c’est grotesque.» Ada est une petite fille grincheuse, surtout le samedi, parce que c’est le jour de son cours de ballet… et elle DÉTESTE LE BALLET ! Alors qu’elle tente de reproduire une pirouette demandée par sa professeure de danse, elle dévale malencontreusement, tchah, tchah, BOOM, clang, PFOUF (!) jusqu’à l’extérieur de la salle pour finalement heurter un homme qui lui semble porter un drôle de pyjama. L’homme en question, épaté par ses pirouettes spectaculaires, lui demande de venir en faire la démonstration dans son cours. Les enfants présents sont impressionnés par ses prouesses car il faut bien l’avouer, c’est du grand karaté! Et voilà qu’un sourire se dessine enfin sur le visage de l’attachante petite râleuse… Publié aux Éditions La Pastèque, cet album d’Élise Gravel fait tomber les barrières des stéréotypes de genre. Loin de l’image de la petite fille douce et calme, Ada est boudeuse, râleuse et explosive! L’histoire démontre aux enfants l’importance de faire ce que l’on …
La gifle de Roxanne Bouchard est un petit bijou. Je vous le dis tout de suite. Méconnu de l’auteure dont les autres titres ont fait plus de bruit – Whisky et paraboles, Nous étions le sel de mer, le monologue amoureux J’t’aime encore – c’est un « mini » roman qui a l’aplomb d’une brique de 500 pages, mais la légèreté de la courte nouvelle, la puissance d’un raz-de-marée et le goût décadent, mais fin d’un dessert de chez Juliette et Chocolat. En bref, c’est du béton, mais aussi du bonbon pour l’esprit, attachez votre tuque, vous risquez d’être échevelé! Le roman met d’abord en scène l’histoire rocambolesque de François « Francesco » Levasseur, peintre médiocre et coureur de jupons. Les péripéties autour de sa vie d’artiste, sa famille italienne et ses aventures amoureuses lui réservent un lot de surprises et de désagréments. On peut le dire, François Levasseur a un don inné pour se mettre les pieds dans les plats, mais surtout une croyance aveugle en la vie et en sa « luck ». François Levasseur n’est pas …
Pourquoi mettre encore comme contrainte un «roman écrit par une femme» pour le mois de mars ? Je ne vous le cacherai pas, je suis féministe et c’est l’une des valeurs du Fil rouge. Vous pourriez constater que lorsque nous nommons des classiques, ce sont souvent des livres écrits par des hommes qui nous viennent en tête. Faites le test vous-même. Je juge important de souligner le travail de toutes ces femmes québécoises et c’est pourquoi je vous invite à lire un livre écrit par une femme. Je vous invite également à partager vos lectures sur notre groupe «Un livre québécois par mois», ainsi que sur instagram avec le #lefilrougelit ! Les lectures ou suggestions des fileuses : Ma lecture sera Partir de rien de Maude Nepveu-Villeneuve. Tout simplement parce que c’est un roman que j’ai reçu dans l’un des coffrets littéraires du Fil rouge. Je me dis que ça doit être un bon choix ! La lecture de Martine : « Ce mois-ci est définitivement le plus facile! Il suffit simplement que ma vie continue …