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Ma première animation de club de lecture

Lorsqu’on m’a proposé d’animer le club de lecture du Fil Rouge pour le printemps et l’été 2018, j’étais très enthousiasmée par ce nouveau défi qui me permettrait d’unir mes habiletés en animation et mon amour de la lecture. C’est donc le samedi 26 mai que j’ai animé mon tout premier club de lecture au Chichi Café de Longueuil! Nous étions cinq amatrices de livres et de bon café rassemblées autour de l’oeuvre de Marie-Renée Lavoie, La petite et le vieux. La petite et le vieux La petite, c’est Hélène, une gamine de huit ans qui a le coeur sur la main et une tête débordante d’imagination. Elle porte une admiration sans borne à Lady Oscar, un personnage de dessin animé qu’elle suit religieusement. Le roman est écrit selon sa perspective, avec une grande tendresse et une certaine naïveté d’enfant qui nous touche droit au coeur. Elle est définitivement courageuse, débrouillarde et très mature pour son âge. Le vieux, c’est Roger, le nouveau voisin d’Hélène et sa famille. Il est vulgaire, parfois impoli, mais au fond de lui, il veut …

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Mardi comme mardi : Toujours de trop

Mardi comme mardi est une autofiction et le premier roman de Michèle Nicole Provencher. Dans une trame narrative dramatique, l’autrice désarticule sa jeunesse avec une touche d’humour. Par  dramatique, je ne veux pas laisser entendre que c’est un livre qui fait brailler, non; c’est plutôt l’histoire d’une jeune fille plus-ou-moins rejetée par sa famille à la suite de la mort de sa mère. Elle doit apprendre à vivre sa vie à sa façon au détriment de sa «nouvelle» famille adoptive. Privée d’un amour maternel, Michèle ne trouvera celui-ci nulle part, à défaut d’avoir bien cherché. C’est une histoire d’auto-suffisance au niveau de l’amour, de bien s’entourer et de choisir sa famille, contrairement au dicton qui dit: « on ne choisit pas sa famille». Ce que raconte Michèle Nicole n’est pas atroce, mais c’est pourtant teinté de tristesse et parfois de désespoir. L’autrice réussi à traiter cette tristesse avec humour, ne rendant pas la lecture du roman lourde, au contraire; c’est un livre fort agréable à découvrir. « Je me suis toujours vue comme le genre …

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Juicy: un bonbon sûrette qui chatouille le palais

Quand ça pétille comme ça dans le soleil californien, pas le choix de se sucrer les lèvres dans le mousseux et de se laisser prendre par la légèreté satinée des mots de Mélodie Nelson. Dans un cocktail d’expressions franchouillardes et de trash rose nanane, elle raconte le parcours d’Alexis, une Miss Teen America qui tombe amoureuse d’un has been à la coiffure douteuse, qui se fait prendre à la frontière mexicaine avec du crystal meth, qui investit le monde de la porno et qui n’oublie jamais, jamais de s’occuper de la garde-robe de son chihuahua.  Cherrylicious, c’est le nom du chien, accompagne Alexis dans les succès et les revers de fortune, les péripéties amoureuses et la lente prise de conscience que sa mère ne l’aime peut-être pas. La narratrice se glisse dans un roman d’apprentissage qui court-circuite le classique pour s’enrouler dans l’excès, celui des amours qui font mal et des belles choses qui consolent. Alexis est un personnage volontairement caricatural, mais la prose de Nelson est si vivifiante qu’elle lui donne des nuances presque …

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La littérature naît de la main aussi

Que dire du nouveau livre de Dany Laferrière, son trentième en carrière, mais surtout son premier depuis sa nomination à l’Académie française? Autoportrait de Paris avec chat, «une oeuvre imposante» que j’ai pensé quand je l’ai eu dans les mains et pas juste par sa forme surdimensionnée. Une oeuvre nouveau genre, un livre oeuvre d’art, un objet littéraire non identifié. C’est un objet littéraire oui : un roman dessiné, un fouillis de mots, de dessins, un ramassis de petites pensées, de récits éparpillés. Un carnet où il s’est permis d’explorer une forme d’écriture différente où il mêle la calligraphie au dessin. Une oeuvre artisanale Un livre 100% écrit à la main, et avec les dessins de l’auteur en plus. Think outside the box, j’ai envie de dire. Qu’est-ce que la littérature? Sous quelle forme naît-elle? Pourquoi ne pas se permettre de la vivre, de la ressentir, de la dessiner, de la faire naître d’un trait de crayon plutôt que des touches d’un clavier? C’est un travail intellectuel écrire, mais ici, on parle surtout d’un travail physique, un …

Griffintown – Un western moderne !

C’est en direct de mon appartement en plein cœur du quartier Griffintown que j’ai choisi de vous parler de ma récente lecture: Griffintown de Marie Hélène Poitras. Un roman qui était dans ma PAL depuis un moment déjà mais par lequel je me suis récemment laissée tenter. Peut-être puisque je quitterai ce quartier que j’habite depuis 1 an en juillet prochain et que je me sens déjà un peu nostalgique, j’ai eu envie de vous partager mon amour pour ce petit coin et ma critique sur ce roman de type western moderne que nous propose Marie Hélène. Un peu d’histoire… Si vous n’êtes pas familier avec ce coin, sachez qu’il s’agit en fait simplement d’un des quartiers les plus populaires en ce moment de la ville de Montréal et qu’il se situe entre le Vieux-Montréal, la Petite-Bourgogne et Pointe St-Charles. Véritable boom immobilier, et champs de condos aujourd’hui, Griffintown n’a pas toujours eu cette allure qu’on lui connait maintenant. Ancien quartier ouvrier, aujourd’hui déserté par les industries et ses occupants, on raconte bon nombre d’histoires de fantômes et de quartier hanté quand on …

Prendre corps ou comment le déconstruire pour mieux l’habiter

J’attendais Prendre Corps de Catherine Voyer-Léger comme certains attendent la prochaine saison de Games of Thrones, c’est-à-dire avec beaucoup  d’impatience. C’est que j’ai été marqué par ma lecture de ces deux premiers recueils de textes: Détails et Dédales ainsi que Désordre et Désirs. Pour reprendre les mots de Fanie, qui a su si bien décrire ce que j’ai aussi ressenti durant ma lecture; L’écriture de Voyer-Léger, nourrie d’humour et d’autodérision, dégage une énergie survoltée; on embarque volontiers dans son rythme soutenu et on la suit avec une grande fluidité et un enthousiasme renouvelé. […] Sans nous prendre par la main, la maîtrise de ses moyens littéraires permet à l’écrivaine de capter notre attention et de l’entraîner dans un dédale de réflexions s’entrecroisant, se répondant autour d’une sorte d’armada de désirs. Désirs d’observer, d’interroger, de sentir, de comprendre; désir d’investir le corps, de nommer les choses, de les voir se déployer autrement, de vivre; mais peut-être surtout, désir d’être lue, et donc d’interagir, de voir son avion de papier se faire cueillir par des mains, inconnues peut-être, pour …

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La chute d’une société : Maître Glockenspiel de Philippe Meilleur

Lauréat du prix Robert-Cliche en 2017, Philippe Meilleur présente un premier roman digne du journaliste satirique en lui. Fondateur du site Le navet, il possède une facilité déconcertante à parodier le monde qui l’entoure. Son œil aguerri de journaliste lui permet de critiquer socialement, dans son roman qui tend vers l’allégorie, l’univers dans lequel nous vivons. Créé en 1979 pour honorer la mémoire du grand avocat, juge et homme politique disparu l’année précédente, le prix Robert-Cliche, le plus prestigieux de la relève du roman québécois, a aidé à lancer de brillante façon la carrière de plusieurs auteurs importants de notre littérature. Maître Glockenspiel est plus qu’un miroir sociétal, c’est une dystopie totalitaire qui a la capacité de nous faire réfléchir sur notre monde. Dès les premières lignes, on se demande dans quel univers on vient d’atterrir. « Si Maître Glockenspiel rêvait depuis longtemps d’être assassiné, l’envie n’avait jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. Perché au balcon du dernier étage de son palais, l’empereur astiquait sa bombe nucléaire préférée, Klaria. » Maître Glockenspiel… Personnage plus grand que nature, …

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L’aphélie des amours

J’ai une confession à faire : je n’ai pas lu Les filles bleues de l’été, malgré l’immense succès que ce roman a eu à sa sortie en 2014. Pourtant, je n’ai pas hésité une seconde lorsque j’ai vu le nom de Mikella Nicol à la librairie. Je savais qu’Aphélie allait me plaire. Pour un corps céleste, l’aphélie représente le point de sa trajectoire le plus éloigné du Soleil. (Épigraphe) Ce roman intime sur fond de canicule nous présente la complexité des relations humaines.  Le personnage principal, narratrice sans nom, nous fait entrer dans son univers de solitude. Au travers de ses interactions avec les gens qui gravitent autour d’elle, on découvre son mal-être constant, sa volonté de plaire tout en s’éloignant des autres. Il ne s’agit pas d’un roman d’action, plutôt d’un récit de compréhension de soi. Réécrire le déjà-vu L’amour, au centre de toutes les réflexions et pourtant le point tournant de toutes les déceptions, ce sujet inépuisable et pourtant raconté mille et une fois, est ici présenté comme l’inaccessible constellation. On suit les …

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À toi : le témoignage d’une survivante

Témoignage d’une survivante de la violence conjugale, ce texte À toi, c’est l’histoire de l’autrice elle-même, Alice Fontaine. Dès les premières pages, je me suis laissé entraîner dans l’histoire d’Alice. Rapidement, j’ai eu envie de voir jusqu’où cette relation irait, je désirais comprendre comment une relation entre des enfants, car leur relation a commencé vers l’âge de 13 ans, a su devenir celle de trop nombreuses années. Les premières pages sont précises, claires, on sent la délivrance qu’a nécessairement besoin l’autrice pour se libérer un peu de cette histoire qui a contrôlé bien trop son existence d’adolescente et de jeune femme. Courageuse et résiliente, ce sont les mots qui me viennent en tête en écrivant ces mots. L’autrice est une survivante de la violence et c’est sans doute ce qui m’a interpellée dans ce texte, le sentiment dès les premières pages de l’importance de ce texte pour elle, de l’importance de guérir par l’écriture d’une histoire douloureuse. Je n’ai pu faire autrement que de faire des rapprochements avec l’œuvre d’Ingrid Falaise, Le monstre. Ces textes …

Entrevue avec les fondatrices de Dent-de-Lion, une nouvelle maison d’édition de littérature jeunesse féministe intersectionnelle

Voici un nouveau projet pour le monde de l’édition québécoise qui mérite qu’on s’y attarde. C’est avec bonheur qu’on voit naître et briller de beaux projets féministes et inclusifs comme celui-ci. Nous avons posé quelques questions aux cofondatrices de Dent-de-lion pour vous faire découvrir cette maison d’édition. En voici l’intégralité : Comment décririez-vous Dent-de-lion en quelques mots? Dent-de-lion est une maison d’édition de littérature jeunesse féministe intersectionnelle constituée en OBNL. Les livres que nous souhaitons éditer afficheront des personnages non stéréotypés, des quêtes narratives non genrées et une juste représentation de la diversité familiale, culturelle, raciale, sexuelle, corporelle et fonctionnelle, en prenant grand soin de ne pas gommer les enjeux spécifiques de chacune de ces formes de diversité. Pourquoi avoir choisi ce nom? Dent-de-lion est une autre appellation pour le pissentlit. (L’anglais dandelion est un emprunt au français.) Nous admirons la force de celle que l’on appelle « mauvaise herbe » pour sa ténacité, son entêtement à renaître et à survivre aux bétons et aux sarclages les plus rigoureux. Qui est derrière ce projet ? …