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« Amanita Virosa » d’Alexandre Soublière, un roman d’amour noir moderne

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Amanita Virosa : Amanita virosa, de son nom vernaculaire Amanite vireuse, aussi appelée Ange de la mort, ou Ange destructeur, est un champignon basidiomycète mortel du genre Amanita de la famille des Amanitaceae. (Source : Wikipédia)

Le titre choisi par Alexandre Soublière est plutôt mystérieux aux premiers abords. On se demande premièrement ce que ça veut dire, à moins bien entendu que vous soyez mycologue, soit un spécialiste des champignons. En fermant le roman, on comprend un peu plus.

D’emblée j’avoue que j’avais été parmi ces lecteurs qui attendaient la prochaine oeuvre d’Alexandre Soublière avec impatience, mais peut-être pas pour les mêmes raisons que tous. J’avais lu Charlotte before Christ et même si j’avais bien aimé ma lecture, il y avait une immaturité dans l’écriture qui me chicotait. Bien sûr, j’avais compris le langage jeune et franglo et j’étais entièrement d’accord pour dire que cela s’intégrait parfaitement aux personnages et à leur contexte. Toutefois, je trouvais l’écriture très nombriliste et un peu trop empreinte de la génération Yolo.

En ouvrant Amanita Virosa, je souhaitais intérieurement ne pas être bloquée par l’écriture et ce ne fût, heureusement, pas le cas. J’ai senti une très grande évolution chez Soublière et honnêtement, ça a grandement amélioré mon expérience de lectrice.

Voici donc un peu le contexte du roman : Winchester Olivier et Samuel Colt créent une société du nom de Hyaena qui vous donne accès à toutes les informations personnelles de vos fantasmes. Suffit de commander des vidéos, des photos, des copies SMS de vos obsessions et Hyaena saura vous combler. Infraction dans la maison de la personne, trouvaille dans l’ordinateur et même vidéo intime, tous les moyens seront utilisés pour franchir l’infranchissable. À l’ère Internet, la compagnie offre tout ce que vous désirez, et ce, sans aucun scrupule d’intimité ou de privé.

Il y a bien entendu, sous l’aspect « normal » de cette entreprise, une critique de cette société de l’information, des réseaux sociaux, de ce besoin de s’exposer en ligne, de se créer une identité numérique cent fois améliorée.

Le personnage principal Winchester Olivier, un être dur à cerner qui adore les documentaires animaliers et qui boit seulement de l’eau de pluie, finira par être obsédé, puis amoureux d’une cliente, la chanteuse Elsa. S’ensuivra une fascination envers cette femme complexe et interdite. C’est à l’image des romans d’amour noirs que leur idylle sera synonyme d’un besoin profond de s’aimer. Ensemble, Winchester et Elsa élèveront leur désir à leur obsession mutuelle.

Souvent très sombre, cru et érotique, le récit nous entraine dans une aventure très près des romans d’action, malgré les thèmes très intérieurs et intimes : amour, passion, désir. La lectrice que je suis s’est sentie dépassée parfois par les événements, qu’on ne peut réellement pas prédire. Chaque page tournée est un Nouveau monde possible, ce qui m’a plu et déplu à la fois. On saute souvent d’une émotion à l’autre, on ne peut pas dire que lire Amanita Virosa est digne des romans d’été.

Au final, je suis agréablement surprise de la plume de Soublière qui est effectivement (comme plusieurs critiques l’ont nommé) une voix très talentueuse de notre génération (je ne peux écrire cela sans penser à Hannah de Girls qui veut tant l »être, cette voix de sa génération!). Peut-être que le récit m’a touchée et fait réfléchir à cette ère du cyberespace parce que je suis entièrement dans cette société de l’image, étant dépendante de mon Mac et mon Iphone. Je serai curieuse de savoir ce qu’un-e lecteur-trice moins pris-es dans cette ère penserait de ce roman où les réseaux sociaux et la porno côtoient le quotidien.


Le fil rouge tient à remercier Johanne Paquette des Éditions Boréal pour la copie de presse

Critique de « La Fille » de Tupelo Hassman

C’est ma copine Camille qui a mis ce livre entre mes mains, entre deux travaux à la fin de la session dernière. Je n’avais pas beaucoup de temps pour lire à ce moment-là, et j’avoue qu’après avoir remis mes travaux, je n’avais qu’une envie: lire n’importe quoi qui ne me demandait aucun effort intellectuel. Je m’attendais en effet à ce que ce roman m’impose un certain effort de lecture, ce qu’on nomme souvent « une lecture exigeante ». Je repoussais cette lecture, donc, en me disant que je l’ouvrirais quand j’aurais enfin pris un peu de soleil et bu quelques verres de mojitos.

girlchild-cover-fullPourtant, lors d’une soirée où je ne trouvais plus rien à lire de bien bien excitant, je me suis lancée en me disant: tant pis, si c’est trop intense, je le referme et je lirai mon Elle Québec. Surprise: j’ai lu pratiquement le quart sans être capable de m’arrêter! Je passais d’un chapitre à un autre sans me rendre compte que j’étais complètement absorbée dans ma lecture. C’est l’écriture de Tupelo Hassman qui surprend (positivement). S’il s’agit de son premier roman (publié sous le titre original de Girlchild, en 2012), l’auteure américaine s’est déjà forgé un style qui lui est propre.

La Fille raconte l’histoire de Rory Dawn, une jeune fille de 11 ans qui vit dans une banlieue composée de trailer park à La Calle, au Nevada. C’est de la bouche de la protagoniste que nous apprenons sa vie, ou plutôt sa survie, dans « une lignée d’arriérées », d’une mère alcoolique et serveuse au bar du coin et d’une grand-mère qui passe son temps dans les machines à sous. L’originalité du roman réside dans le choix d’Hassman de donner la voix à son héroïne: si le roman est traversé par l’humour, la parole de Rory demeure très touchante parce que si près de la réalité. L’auteure dépeint tout un pan de la société américaine avec une sensibilité incroyable, dans le choix des mots, dans le choix de dire ou de ne pas dire. La lectrice trouve des pages presque entièrement noircies, celles où Rory raconte les moments où elle se trouve seule à la salle de bain avec le quincaillier du coin… On y retrouve que des extraits, des mots coup de poing.

Plus que la simple histoire d’une jeune fille racontée avec le langage qui lui est singulier, c’est la société américaine que dépeint Hassman, celle d’une classe sociale de laquelle il n’est pas facile de sortir, où les travailleurs et travailleuses sociaux dictent notre manière de vivre. Le roman contient d’ailleurs des extraits du rapport de la travailleuse sociale qui suit la famille de Rory: la construction du livre devient ainsi un collage, un portrait troublant de cette famille. Pourtant, Rory sera-t-elle capable de s’en sortir? Peut-être puisqu’elle possède le Guide de survie de la jeune scout, qui l’aide à suivre des règles dans son monde qui n’en a aucune, qui pourra peut-être donner un sens à sa vie dans la pauvreté, l’abus sexuel et le manque d’éducation.

Un livre vraiment touchant, à lire au détriment de tous les Elle Québec.

« Plus léger que l’air » de Simon Boulerice, ou l’incroyable légèreté de lire

Ce n’est plus un secret: je suis complètement fan de littérature jeunesse, particulièrement lorsque celle-ci s’illumine de belles images. Peut-être parce que je suis moi-même demeurée enfant, c’est un genre qui me parle beaucoup et qui m’impressionne souvent de par la qualité et l’intelligence de ses textes. Certaines créations se démarquent du lot. Le dernier ouvrage jeunesse de Simon Boulerice, Plus léger que l’air, m’a laissée bouche bée, soufflée par un vent nouveau.

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Simon Boulerice, auteur originaire de la Rive-Sud de Montréal et comédien de formation, est à la fois prolifique et touche-à-tout: romans pour adultes, poésie, pièces de théâtre, théâtre jeune public, bandes dessinées, romans jeunesse et autres curiosités. Doté d’un imaginaire foisonnant et d’un humour surréaliste, son terrain de prédilection est celui de l’enfance, dans lequel il s’évertue à charmer jeunes et moins jeunes. Plus léger que l’air, sa toute dernière création parue en février 2015 aux Éditions Québec Amérique, collection Petit Poucet, illustrée par la talentueuse Agathe Bray-Bourret, est aussi léger et optimiste qu’un ballon gonflé d’hélium, littéralement.

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L’histoire est celle de Junior, surnommé Bouboule par ses camarades, un garçon rondelet qui n’aime que manger. Son rêve: danser le ballet. Improbable? Malgré qu’on rit de ses ambitions à l’école, Junior s’empare d’un tutu magique et d’une bouteille d’hélium afin de réaliser sa grande aspiration; s’envoler. Sauf qu’il ne faut surtout pas oublier que tout ce qui monte finit toujours par redescendre! Boulerice propose un univers farfelu et rigolo, magnifiquement bien tissé et présenté. Par exemple, détail intéressant, la mise en page du texte met à l’honneur quelques mots clés en lettre « ballounes », ce qui me produisait comme un effet d’intonation mentale très drôle lors de la lecture. Le style d’écriture est vif, délié, simple, rempli de petites perles d’invention.

Dans Plus léger que l’air, la thématique de la légèreté est exploitée à fond et de manière remarquablement judicieuse: l’envol, le ballet, la mère astronaute, le père clown avec ses bonbonnes d’hélium, etc. Mêmes les illustrations de Bray-Bourret, réalisées à l’aquarelle, évoquent aussi la légèreté de par leurs jeux de transparence. L’ouvrage brille de par la symbiose qui coordonne avec agilité tous les éléments entre eux, tant dans les motifs de la trame narrative que dans les jeux de langage et les images. L’envol est omniprésent sans peser bien lourd.

En fait, seul contrepoids à toute cette légèreté est l’embonpoint de Junior, obstacle qu’il surmontera pour décrocher son rêve. Ce que j’ai particulièrement aimé du texte de Boulerice, est qu’il passe outre les préjugés, les cases, les stéréotypes. Oui, on peut être un gars et vouloir danser le ballet, et même être gros et pouvoir le faire. D’ailleurs, de par sa thématique de la danse au masculin, Plus léger que l’air fait écho à la pièce de théâtre autobiographique Simon a toujours aimé danser, produite par Boulerice en 2007, l’auteur ayant lui-même rêvé danser et chanter lorsqu’il était enfant. Et oui, une maman peut être astronaute et voler à la rescousse de son fils (props à la maman super-héroïne!). Boulerice propose d’autres modèles aux jeunes, d’autres possibilités en périphérie de ce qui leur est traditionnellement proposé. Son message est encourageant et inspirant, sans être édifiant ni moralisateur; on reste dans la légèreté!

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Une lecture remontante à offrir à l’enfant en soi. Sourire garanti et envolée potentielle…alors prenez-garde à redescendre! Plus léger que l’air, ou comment ouvrir un livre et se sentir soudainement (et durablement) hop-la-vie.

La joie d’être…humain!

Je l’avoue : je suis une perfectionniste.

Bon, okay, je ne le suis pas du tout en ce qui concerne le ménage, la cuisine ou « insérez ici toute tâche qui m’exaspère et me donne envie de crier » ; cependant, en ce qui concerne mes relations avec les autres, mon écriture, mes travaux académiques ou mon travail, j’ai tendance à toujours me mettre la barre haute. Si vous êtes comme moi, lire ici « exigeant envers vous-mêmes », vous avez peut-être tendance à culpabiliser lorsque vous pensez à certaines choses, agissez d’une certaine façon ou brûlez d’envie d’adopter un comportement qui ne cadre pas du tout avec ce que les autres perçoivent de vous.

Vous vous sentez peut-être menacé par une personne que vous aimez beaucoup qui tente d’entrer dans votre cercle d’amis ; vous entretenez peut-être de l’agressivité ou du ressentiment à l’égard d’un proche pour qui, en temps normal, vous éprouvez une grande affection ; vous vous considérez peut-être comme une personne pacifique et vous ne comprenez pas pourquoi il vous prend des envies de meurtre lorsque certaines personnes autour de vous commettent certains gestes en apparence insignifiants. Vous êtes reconnu comme étant un individu qui ne juge pas, mais vous allez potiner allègrement quand vous en avez l’occasion ; vous avez un tempérament doux, mais dans votre tête, vous distribuez des claques sur la gueule à tout vent ; vous êtes souvent modeste, mais parfois, vous êtes tellement fier de vos accomplissements que vous avez envie de vous pavaner devant tout le monde.

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Vous savez quoi? On appelle ça être humain.

Ben oui. Tout simplement. Vous n’êtes pas différent de moi, de votre meilleure amie, de votre frère ou de votre voisin. Nous vivons tous avec notre complexité, nos contradictions, nos émotions, nos hormones. Pas de culpabilité ou de honte à y avoir : en dedans, nous sommes tous pareils.

C’est bête, mais jusqu’à tout récemment, j’avais tendance à me sentir mal de ne pas toujours bien cadrer avec cette image que je croyais devoir projeter en permanence aux autres. Mais en discutant avec plusieurs de mes amies, j’ai fini par réaliser que nous étions toutes ainsi, à nous sentir parfois mal de ressentir certaines émotions, de dire certaines choses, d’en penser certaines autres. Trop souvent, on se sent mal d’être humaines, finalement. Au fil de mes conversations avec elles, j’ai bien compris que nous ressentions toutes un certain soulagement en constatant les faiblesses et les travers des autres, parce que ça nous faisait réaliser que c’était parfaitement normal.

Pire encore : on réalisait qu’être pleines de défauts et se laisser aller à notre côté sombre, parfois, c’était assez agréable! (Ouh, le scandale.)

À la lumière de tout ça, j’ai décidé de me donner une chance, d’être plus indulgente envers moi-même. De me laisser être complexe, contradictoire ou même terrible, parfois (qui sait…)! Alors si vous aussi, vous avez tendance à vous taper sur les doigts quand vous nourrissez des pensées moins glorieuses ou que vous agissez de manière inhabituelle, arrêtez-vous quelques instants et pensez à ceci : on est tous humains, avec ce que ça implique de bon comme de mauvais… et le comprendre, ça aussi, ça fait du bien.

Comment trouver la femme idéale ou le théorème du homard

Ce livre au titre franchement très accrocheur est définitivement un must à lire. Je suis tombée sur  celui-ci, je l’admets, avec près d’un an de retard sur sa parution originale. Merci à mon amie Caroline qui m’a dit que je devais absolument le lire, car croyez-moi, une fois que vous le commencerez, c’est impossible de s’arrêter.

Pinterest. Comment trouver la femme idéale ou le théorème du homard est un roman charmant et franchement très drôle. Don Tillman, le personnage principal, est un professeur de génétique qui, selon toutes vraisemblances, vit avec le syndrome d’Asperger et ce, malgré le fait que celui-ci ne sera jamais diagnostiqué dans le livre. Faire la lecture de ce roman vous permettra sans aucun doute de vous faire une bonne idée de comment les gens qui ont ce syndrome doivent se sentir quotidiennement à un point où on se demande parfois si même l’auteur Graeme Simsion lui-même n’est pas Asperger tellement c’est bien écrit. Si vous saviez le nombre de fois où je me suis dit Wow… c’est fou de penser toujours (trop) comme ça ou Oh non il n’a pas dit ça à voix haute! Don Tillman est rempli de bonnes intentions, mais on ne compte plus le nombre de maladresses qu’il effectue tout au long du roman. Il calcule ses journées, voire ses semaines à la minute près, laissant peu de place à la spontanéité et il utilise un système de repas normalisé qui lui permet de savoir exactement ce qu’il mangera chaque soir de semaine, et tous les mardis il mange du homard, d’où le titre du roman.

J’ai parcouru le web afin d’en apprendre davantage sur le fameux syndrome d’Asperger. Saviez-vous qu’uniquement en 2013, on comptait environ 31 millions de personnes qui vivaient avec cette différence dans le monde? Celle-ci se caractérisant entre autres par un manque à s’intégrer en société, à gérer, contrôler et comprendre ses émotions et surtout celles des autres, et à sur-développer un intérêt marqué pour quelque chose en particulier (ex: la génétique dans le roman) au point d’en devenir un expert reconnu. Un autre fait étonnant, c’est que c’est seulement dans les années ’90 que les premiers diagnostics ont été posés sur des gens possédant cette différence, ce qui fait qu’encore aujourd’hui bon nombre d’adultes Asperger n’ont jamais eu de diagnostic officiel. D’ailleurs, après avoir lu le livre peut-être reconnaitrez-vous des gens autour de vous possédant certaines caractéristiques du personnage principal ou même en vous-même qui sait ?

Pour en revenir au roman, Don le personnage principal y recherche tout au long de l’histoire sa femme idéale. L’opération épouse, comme il la nomme lui-même, doit lui permettre de rencontrer la compagne parfaite. Cependant, Don a tellement de critères et un questionnaire à compléter si rigoureux que sur 100 candidates, et bien 100 s’avèreront inadéquates. Jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance de Rosie, qui est non seulement la plus totalement inadéquate de toutes, mais en plus celle-ci fume, boit et travaille dans un bar, ce qui fait d’elle une candidate complètement incompatible. Par contre, c’est justement avec cette totale incompatibilité que notre professeur tombera en amour au point de faire de la candidate la plus inadéquate, la candidate la plus parfaite de toutes.

Cette histoire m’a évidemment fait réfléchir à tous les sites de rencontres et applications de ce monde pour trouver l’amour de nos jours, car comme Don, après avoir passé les photos et descriptions d’une centaine, voir de centaines de personnes, il arrive parfois à des gens d’être toujours aussi déçus. Et si la réponse, comme dans le roman, se trouvait justement en la personne qui, selon nous, était la plus inadéquate de toutes au départ ?

L’été de la poésie

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Un été sans les hommes, c’est la période où Mia entreprend de se retrouver et ce, au sein de sa mère dans un centre de retraités au Minnesota. En découvrant l’infidélité de son mari avec une plus jeune, Mia débarque en psychiatrie. Cette trahison avec son Boris, son tout, l’a ramenée à des tourments bien plus profonds qu’elle-même. Après quelques mois à déprimer et à sombrer dans l’apitoiement et le désespoir, elle se tourne vers un été inclusivement féminin. Cette poétesse et grande intellectuelle enseignera la poésie à un groupe de jeunes filles tout en se liant d’amitié avec des amies de sa mère. Sa relation avec cette dernière comme avec sa fille viendra ponctuer le récit de réflexions entourant la féminité, l’amour de soi et les relations maternelles. Quoi que prévisible, la scène du « femme trompée par son mari », on s’attache rapidement à Mia, cette femme terriblement inspirée par la poésie et par les mots.

« Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas dit : Je ne veux plus jamais te revoir, ni : C’est fini mais, après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s’entrechoquaient comme des grains de pop-corn dans un four à micro-ondes. »

Écrit dans une langue poétique ponctuée d’humour et de réflexions sur l’amour de soi, sur les relations amoureuses et sur les rapports entre femmes, ce roman nous entraîne dans un véritable voyage vers soi. Suite à son séjour à l’hôpital, on découvre que Mia a beaucoup de choses à nous apprendre, ne serait-ce que par sa volonté d’être bien avec elle-même avant de pouvoir être bien avec quelqu’un d’autre. Elle enseignera la poésie et la création à de jeunes adolescentes et sera consciente des tourments vécus par ces dernières. Cet été sera l’occasion parfaite pour s’interroger sur ce qu’elle est, ce qu’elle veut et ce qu’elle pense réellement. Entourée de femmes, cet été sans hommes lui apportera davantage que du bon temps, elle tombera au plus bas et se retrouva en psychiatrie, mais sortira tout de même grandie de cette expérience. J’ai bien apprécié le fait que les tourments mentaux de Mia ne soient pas diminués ou affaiblis, on comprend dès les premières pages à quel point la trahison de son mari l’a chamboulée et l’amène à réellement s’enfoncer. Toutefois, le personnage de Mia est parsemé d’indépendance, de résilience et surtout, d’un grand désir de découvrir. Voilà pourquoi les moments les plus simples avec sa mère et ses amis seront synonymes d’apprentissage et de poésie.

J’ai beaucoup aimé ma lecture même s’il ne s’agit pas d’un roman des plus actifs dans le sens que la plupart des événements sont vécus de l’intérieur, dans les pensées de Mia. Bref, un roman de l’introspection comme je les adore.

La rentrée littéraire 2015: Les choix d’Elizabeth

Voici mes huit suggestions coups de coeur (lire ici : je harcèle mon libraire pour être la première à mettre la main dessus) de cette rentrée littéraire 2015!

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Éditions de l’Olivier

L’infinie comédie – David Foster Wallace
Près de 20 ans après sa publication, et une saga interminable de droits étrangers, il est maintenant possible de se procurer une copie en français d’Infinite Jest, LE roman culte de la fin des années 1990. David Foster Wallace est maintenant une icône de la littérature américaine et c’est grâce à cet ouvrage qu’il s’est fait le plus remarquer. Un roman contemporain mettant en scène la famille Incandenza et leur fils Hal, un adolescent surdoué. À vous de découvrir la vision de l’Amérique de Wallace à travers les quelques 1480 pages de ce roman tant attendu.
Éditions de l’Olivier. En librairie depuis le 25 août.

 

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Le Quartanier

L’année la plus longue – Daniel Grenier
Probablement le roman québécois dont on entend le plus parler ces temps-ci, L’Année la plus longue raconte l’histoire d’Albert, un homme énigmatique qui vieillit une fois tous les quatre ans. Un roman prometteur de Daniel Grenier (Malgré tout on rit à Saint-Henri). À noter : ce roman remporte haut la main mon concours personnel de «Plus belle couverture de la rentrée littéraire 2015».
Le Quartanier. En librairie depuis le 25 août.

 

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Journal d’un étudiant en histoire de l’art – Maxime-Olivier Moutier
Difficile de passer à côté d’une nouvelle publication de Maxime-Olivier Moutier. L’homme de Marie-Hélène au mois de mars présente cette année Journal d’un étudiant en histoire de l’art, où il y raconte son retour aux études en 2008. Le psychanalyste ne s’en cache pas, l’autofiction est son genre de prédilection, et c’est aussi ce qui fait que je retourne sans cesse vers ses publications. (Oui, je suis groupie).
Le Marchand de feuilles. En librairie depuis le 14 août.

 

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Boréal

Amanita Virosa – Alexandre Soublière
Alexandre Soublière s’était fait remarquer en 2012 après la publication de son premier roman Charlotte Before Christ. Il récidive cette année avec un roman tout aussi remarquable où les deux personnages principaux Winchester Olivier et Samuel Colt sont les deux associés à la tête d’une compagnie perverse qui vous permet d’espionner ceux que vous désirez dans le total anonymat. Un roman noir, romantique, surprenant.
Éditions du Boréal. En librairie depuis le 25 août.

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Alto

Au péril de la mer – Dominique Fortier 
Dominique Fortier (Du bon usage des étoiles) nous arrive cet automne avec Au péril de la mer, un récit où une romancière rencontrera un peintre qui a trouvé refuge au Mont Saint-Michel afin d’oublier la femme qu’il aimait. Connaissant la plume rêveuse de Fortier, ce livre ne pourra que nous transporter loin pour mieux nous ramener à bon port.
Éditions Alto. En librairie le 15 septembre.

 

beigbeder

Grasset

Conversations d’un enfant du siècle – Frédéric Beigbeder
On en sait très peu pour l’instant sur ce nouveau livre de Frédéric Beigbeder. Ce qu’on sait de lui par contre, c’est qu’il aime justement parler de lui… et de livres. D’après ce que j’ai pu comprendre, Beigbeder s’est imaginé converser avec différents auteurs et nous offre ici les transcriptions de ces conversations. Heureusement pour nous, ce que Beigbeder fait le mieux, c’est de parler des livres. Gageons que notre «pile à lire» grandira un peu suite à la lecture de Conversations d’un enfant du siècle.
Éditions Grasset. En librairie fin septembre.

 

Nightlife.ca (Cr : Julie Artacho)

Nightlife.ca (Cr : Julie Artacho)

Les maisons – Fanny Britt
Fanny Britt, nous la connaissons pour les deux TRÈS bons ouvrages Jane, le renard et moi avec Isabelle Arsenault et Les tranchées, essai sur la maternité. C’est donc dire que son premier roman est attendu de plusieurs. Les maisons raconte l’histoire de Tessa, une chanteuse devenue courtière immobilier… On y parlera de rêves oubliés et de la peur de vieillir dans l’amertume. On en sait peu pour l’instant, mais gageons que sous la plume de Britt, ce roman sera mémorable.
Cheval d’août. En librairie fin octobre.

JCLattès

JCLattès

D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan
Ah Delphine… Tu nous a reviré le coeur de tous les bords avec Rien ne s’oppose à la nuit, ton dernier roman. La barre est haute pour nous épater, on en convient. Dans D’après une histoire vraie, De Vigan nous raconte la rencontre qu’elle a eu avec L., celle qui a bien failli lui enlever le goût d’écrire à jamais, le cauchemar de l’écrivain.
JC Lattès. En librairie début septembre.

 

5 raisons de tenir un journal

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J’ai reçu mon premier journal à l’âge de 9 ans. C’était le typique journal intime muni d’un cadenas, avec une tonne de brillants sur la couverture et un arc-en-ciel de crayons gels pour l’accompagner. Depuis ce temps, je n’ai jamais arrêté d’entretenir un journal. Il y eu des années où mon écriture fut très sporadique, mais depuis quelques temps, y écrire à chaque jour fait partie  de ma routine.

Même lorsqu’on aime écrire, prendre le temps de mettre ses pensées sur papier, jour après jour, n’est pas un exercice qui est toujours très plaisant, mais je crois vraiment aux bienfaits de l’écriture quotidienne, ne serait-ce que pour démêler un peu ses pensées et faire le vide.

Pour me motiver à continuer et peut-être vous inciter à commencer, voici cinq raisons d’écrire quotidiennement.

P.S je vous invite aussi à lire cet article sur les pages du matin.

  • Écrire pour faire le point. Faire le point sur sa journée, sur quelque chose qui nous a tracassé. Pour prendre un peu de recul face à une certaine situation.
  • Écrire pour se voir évoluer. Écrire chaque jour est une des manières les plus efficaces  pour prendre conscience de son évolution et se rendre compte des avancements de notre vie. Sur une base quotidienne, il est parfois dur de se rendre compte du chemin fait. En gardant des « archives » sur notre vie, il est plus simple, et tout aussi motivant, de se rendre compte que finalement, ça finit par avancer.
  • Écrire pour sortir de sa tête. Quand la tête déborde d’anxiété, de questionnements ou de mille et une choses à faire, le fait de tout mettre sur papier est presque thérapeutique. En mettant sur papier tout ce qui se brasse dans notre tête, on prend un instant pour y penser et vivre l’angoisse, on l’écrit et on passe à autre chose. Pas question de laisser tout ça ruminer indéfiniment, une fois sur papier, on lâche prise.
  • Écrire pour mettre en mots ce qu’on n’ose pas dire. Tout le monde a des choses qu’ils n’ose pas dire, qu’il n’est pas prêt à dire ou qu’il ne sait comment dire. Le fait est que de garder tous ces trucs en dedans n’est pas super sain. En écrivant, on se permet d’accepter certaines pensées et parfois même de s’en libérer.
  • Écrire pour le plaisir… et pour rire de soi. Bien qu’écrire ait plusieurs bienfaits, si on n’y trouve pas de plaisir, ça ne sert a rien. En plus, c’est l’occasion parfaite pour rire un peu soi, de son attitude désespérée face à nos crushs du primaire et du gros drama typique du secondaire.

En parlant de rire de soi….

 

 

 

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMon tout premier journal intime

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa fois où je pratiquais mon autographe pour le moment où j’allais devenir une starzzz et mon opinion très critique sur Pikachu.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMa belle plume sans fautes, une forte utilisation de la lettre K et puis ça l’air que je jouais au céJep …..ouin ! ( J’étais en seconde 1)

La rentrée littéraire 2015: Les choix de Gabrielle

La rentrée littéraire: le moment où ma liste de livres à lire s’allonge sans fin… Pour mon plus grand plaisir! Voici quelques romans qui se retrouveront sur ma table de chevet dans les prochains mois.

ALTO-Turcotte-Tubereuse-COUV.inddLe parfum de la tubéreuse d’Élise Turcotte

J’ai découvert Élise Turcotte en lisant
Le bruit des choses vivantes pour un cours universitaire. La plume de Turcotte m’avait alors éblouie : je plongeais dans un univers de l’intime, à travers une écriture qui touche en plein cœur. Rien ne m’a déçue dans les romans qui ont suivi (notamment Pourquoi faire une maison avec ses morts et Guyana) et je n’en attends pas moins du dernier, Le parfum de la tubéreuse, paru le 25 août dernier. On devine l’atmosphère politique car, nous dit la quatrième de couverture, « à l’horizon le printemps rougit », mais je suis surtout interpellée par l’aspect de plaidoyer pour l’enseignement de la littérature qui se fait l’emblème de ce roman. Pour une future enseignante de littérature, il va sans dire que je vous en reparlerai sans doute bientôt!

Un amour impossible de Christine Angottéléchargement

Christine Angot, on l’attend comme on attend le (ou la, ici) pape. Enfin, moi, je l’attends comme ça! Je vous avais parlé ici de son roman Une semaine de vacances qui abordait la relation incestueuse d’un père avec sa fille. Angot ne quitte pas le terrain dans Un amour impossible, certes, mais elle aborde cette fois la place de la mère dans l’histoire. Il y sera question de l’amour de la fille pour sa mère, mais aussi de la rage qui l’habite face à ce modèle féminin qui refuse de porter plainte et de réclamer de pension alimentaire. À la lecture des premières pages, j’ai bien l’impression qu’Angot ne me décevra pas. À condition de s’abandonner dans un univers qui nous confronte à nos pires troubles…

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Délivrances de Toni Morrison

Toni Morrison n’a plus besoin de présentation. Les magnifiques Beloved et Home ont sans contredit marqué l’imaginaire littéraire. Pour Délivrances, son nouveau roman paru le 20 août dernier, Morrison exploite à nouveau le thème qui lui est si cher, soit la mémoire du peuple afro-américain. Cette fois, l’auteure ancre son récit à l’époque contemporaine, à travers le personnage de Lula Ann, devenue Bride en se créant une nouvelle identité. Trop noire pour sa mère, elle fait sa vie en devenant quelqu’un d’autre. Sous la plume de Toni Morrison, cette histoire s’annonce d’une beauté et d’une qualité fascinante.

Je veux une maison faite de sorties de secours dirigé par Claudia Larochelle

Pour l’instant, nous en savons peu sur cet ouvrage collectif dirigé par Claudia Larochelle, simplement qu’il sera consacré à la figure emblématique de Nelly Arcan, de sa vie et de son œuvre. On y trouvera des réflexions de Danielle Laurin, Catherine Mavrikakis, Robin Aubert, Marie Brassard, Édouard H. Bond, Nancy Huston et Mélikah Abdelmounen. Ce paysage saura sans aucun doute rendre hommage à l’auteure phare de notre paysage littéraire québécois, partie trop vite. À suivre en octobre! En attendant, lisez entre autres l’avis de Martine sur Folle et Putain.

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La petite femelle de Philippe Jaenada

Pour être honnête, ce livre ne faisait pas partie de mes grandes attentes de la rentrée, ne connaissant pas du tout cet auteur. Or, en faisant des recherches sur les ouvrages incontournables de l’automne, j’ai croisé à plusieurs reprises ce titre, qui de prime abord ne m’intéressait pas du tout (pour une féministe, La petite femelle n’a pas grand écho…). Toutefois, c’est en lisant quelques résumés et critiques de l’ouvrage que je me suis rendue compte que c’est tout le contraire, en fait : Jaenada veut redonner à cette femme la place qui, selon lui, lui revient dans l’histoire française. Dans les années 1950, Pauline Debuisson a assassiné son amant de trois coups de fusil. Si elle a été démolie par les médias de l’époque, Jaenada la voit plutôt comme une jeune femme émancipatrice avant le temps, qui voulait revendiquer la place des femmes dans la société. On annonce ce livre comme une sorte d’enquête policière à laquelle se greffe un portrait historique passionnant… Mais il faudra le lire pour faire son opinion.

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker

Après l’incroyable roman La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, c’est avec fébrilité et grande excitation que j’attendais le retour de Joël Dicker. Enfin, il a annoncé la semaine dernière sur son compte Twitter que son nouveau roman Le Livre des Baltimore, allait paraître le 1er octobre prochain. Aucune autre information n’est disponible, de quoi angoisser la fan que je suis! Aura-t-on droit au retour de l’écrivain Marcus Goldman? Vous le saurez, sans aucun doute, car je serai la première à courir me le procurer et vous en reparlerai aussitôt!

Journal d’une femme artiste à Percé – Partie IV-

Assise face à l’île (Bonaventure), les dentelles de la mer frôlent presque mes orteils déjà salis de sable rocailleux. J’ai peine à tenir le crayon, mes mains sont encore ankylosées après la trop longue baignade dans l’eau glacée. L’île comme une baleine pleine et immense. Est endormie. Le vent frais, traversé de courants chauds, se pose sur ma peau. Je frissonne. Les vagues sont puissantes, bruyantes, hautes. Elles me font chanceler, délirer, même. Le spectacle est saisissant, comme l’est chaque fois le premier contact avec l’eau.

Depuis le début de l’été, je cherche à dire et à montrer Percé à ma manière. Aujourd’hui, à nouveau dégagée du passé et propulsée dans le présent, je comprends qu’il n’y a rien à dire, rien à montrer.
Mais tout à vivre.

Tout ce qui passe devant mes yeux, sur ma peau et dans mon cœur est d’une beauté sans mot et sans image.

Semblable aux rencontres que j’ai réalisées ici.
Des parcelles d’âmes à découvrir et à redécouvrir tous les jours. Qui me permettent de grandir et de me transformer.
*
J’ai longtemps suivi le courant. Celui de ne pas prendre le temps de me rencontrer réellement et de vouloir très fort fuir, me fuir, à l’autre bout du monde en espérant me voir apparaître dans quelques cafés ou galeries d’art.
Pour l’instant, ça va. Ma vraie place est en moi. Il m’arrive encore de vouloir me fuir, mais je reviens toujours vers moi. Vers mon île, pour l’habiter et m’y construire.
*
Installée, pour l’été, à quelques kilomètres de là où je suis née, je passe ici comme si c’était la première fois. Regard d’étrangère. De voyageuse. De voyeuse (curieuse).

Percé est création, il y a bien sûr les artistes dont je fais l’éloge depuis quelques articles déjà, mais la création est absolument partout. Dans chaque personne, une brillance nouvelle, une vision différente de la vie ou un désir de se réaliser d’une quelconque manière.

Il y a toi, homme bionique de passage que j’ai vu se lever et danser et rire. Et toi, petite femme théâtrale qui glisse à mon oreille des secrets à faire rougir, juste pour m’entendre éclater de rire. Il y a toi, te voir manger ton rouleau printanier avec un couteau et une fourchette, assis bien droit, comme s’il n’y avait rien de plus normal. Et toi, qui cherche à créer la mie de pain parfaite (tu vas l’avoir!). Merci de m’avoir permis d’élaborer encore plus ma culture générale (je sais maintenant que les chats sont les plus populaires de l’Internet, que les arbres ont une durée de vie et que les méduses sont immortelles). Merci à toi, ma coloc, qui m’a ouvert les bras comme une grand-maman pour sa petite fille. Merci à toi pour ta belle folie de sirène (les planètes se sont alignées tout l’été!) et à toi pour ta force tranquille d’œil de lynx. Merci à toi d’être toujours si accueillant lorsque je vais boire ma bière sur la terrasse d’un nouvel espace-temps. Et surtout MERCI À TOI POUR TOUT ! La confiance, les partages, les folies, les fous rires, les cours de cuisine et pour m’avoir offert une si belle place dans ton univers.

Percé, ce sont les gens qui y vivent et les gens qui s’y amarrent. Et pour l’instant, mon île s’est amarrée au quai de ce village.
*Je salue tous les gens qui ont croisé ma route pour un instant ou pour peut-être plus longtemps!*
*
Je suis dans un moment de ma vie où je ne sais pas quel chemin prendre pour la suite. Cet été a été un cadeau que je n’attendais pas. Et j’essaie d’enregistrer le plus d’informations, de sensations, d’émotions et de souvenirs possibles.
*
Appelée
Happée par la mer
Ne plus rien vouloir d’autre au monde que les vagues sur mes cuisses encore blanches
À cause de l’été avancé sous la brume et les orages
Monstres en mouvances
Irrégulières
Comme dans mon rêve
Atterrir en bordure d’océan
Pour longer l’infini

Me laisser prendre
Et m’enfoncer encore aux creux des pierres colorées
Jusqu’à ne jamais vraiment disparaître

La plage de l’anse, avec moi comme seul voyageur
Exister sans regard
Entendue, par la mer, dans mes soupirs

Partir en tête
Sans jamais revenir
Et sans aucune trace
*
Je ne sais pas si c’est le fantôme de Guité, si c’est l’île ou le rocher, si c’est le vent ou les vagues sur mes pieds, je ne sais pas si c’est le parfum dans l’air, les rires ou les regards échangés, je ne sais pas si c’est la brume ou la lumière de 17h sur la mer, la lune ou le cri des corneilles, je ne sais pas si c’est pour chaque rencontre nouvelle, qui s’inscrit en moi au marqueur indélébile, ou les échanges, qui ne sont jamais assez longs, je ne sais pas si c’est tout ça ou encore tout ce qu’il est possible de créer, de découvrir et d’absorber encore, mais je sais que mon histoire d’amour avec Percé vient à peine de commencer.