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Sublimer une peine de cœur par la création

Sublimation :

Transformation des pulsions internes en des sentiments élevés, en de hautes valeurs morales ou esthétiques. (Larousse)

On a tous déjà entendu l’idée selon laquelle il faut souffrir pour créer une bonne œuvre. Dans un certain sens, c’est vrai. Un grand nombre de films, d’albums (Apprentie guerrière de Fanny Bloom, Des histoires de fantômes d’Hôtel Morphée, Le couloir des ouragans de Viviane Audet), de recueils de poèmes et de romans (Voyage léger de Mélissa Verrault) traitent, entre autres, du deuil amoureux. Pour la majeure partie de ces artistes, je ne crois pas que le thème du deuil ait été un choix, mais plutôt une sorte de grande pulsion de vie pour contrer la mort d’une partie d’eux.

L’Homme est de nature créative et inventive (je ne suis pas seule à le clamer haut et fort) et ce, depuis la nuit des temps humains. C’est dommage de voir autant de gens le nier catégoriquement et fuir comme la peste les opportunités de création. Les artistes, eux, le savent et savent comment utiliser à bon escient ce côté naturel et canalisant d’eux. Ils fabriquent des objets visuels ou auditifs à partir d’émotions abstraites et invisibles à l’œil nu, d’une idée ou d’un concept. Ils découvrent les symboles, les mots et les sons pour parler d’eux et à partir de tout ça, ils créent une trame et classent les morceaux d’un casse-tête parfois difficile à caser.

Le projet d’un album, d’un roman, d’un film ou d’une série de tableaux propose d’abord un cheminement par lequel le créateur franchit plusieurs étapes du deuil. Et de cheminer à travers quelque chose de quand même beau, par la création, rend l’expérience presque bonne et enrichissante. À la fin, un produit final existe, quelque chose de concret puisé directement au fin fond de ses tripes pis de son cœur brisé. De créer ce truc à partir de ses grandes émotions, c’est ça, la sublimation. Sublimer est sain et naturel. Passer par une dure période et en ressortir grandi avec une partie de toi que tu es fier de présenter aux autres, ça redonne confiance.

J’ai eu connaissance du terme «sublimer» pour la première fois au même moment où, tristement, j’entamais ma toute première peine d’amour. En pleine catastrophe. Le genre de peine qui te permet d’hésiter à savoir si tu seras capable de continuer de vivre ou pas. Et si oui, comment et pourquoi. Par la sublimation, bien-sûr. Et je peux vous assurer que j’ai «utilisé» cette peine jusqu’à la toute dernière goûte pour me réaliser.

À cette époque, c’était pour moi le festival des premières fois. Avec toute la gamme d’émotions nouvelles qui me traversaient le corps et l’esprit. La mélancolie, parmi tant d’autres, m’a souvent provoquée en duel, ça a été long pour moi avant de gagner la guerre contre elle. Ce grand vide, impossible de le remplir. Je préférais dormir pour rêver ou écrire pour essayer, en vain, de trouver les mots capables de la transcender.

J’écrivais à mon journal intime comme une demeurée. Mais je ne lui disais absolument rien. Je tournais sans cesse autour du pot. Je ne savais pas comment dire les choses, les vraies affaires. Alors je continuais de noircir les pages de presque rien du tout, de phrases vides, d’images clichées et d’esquisses de personnages sans visages aux épaules lourdes.

Tranquillement, j’ai commencé à transposer le «je» du journal intime sur une «je» inventée, mais toujours fortement inspirée de moi. Je la mettais dans des situations peu enviables pour tester ses limites physiques. Dans un monde onirique, je la lançais sans arme, nue ou presque, et je lui interdisais toute forme d’aide.

Je me suis radoucie en cours de route. Je voulais qu’elle souffre autant que moi, oui, mais je ne pensais pas à sa mort physique. J’ai mis, sur sa route, un grand arbre, sous lequel elle pouvait s’asseoir et y laisser filer les heures. Je me suis surprise à chercher cet arbre. Je l’ai trouvé et je l’ai apprivoisé, comme un ami. Le contact de la nature, silencieuse, battait au rythme de mon cœur et de mes mots que je couchais sur tous ces bouts de papier. Ensemble, «je» et moi, on a tranquillement réapprit à vivre.

J’ai publié, à compte d’auteur, Rêve pathétique véritablement hurlement de l’âme, un récit initiatique. J’ai partagé mon histoire avec les gens. Ils reconnaissaient en mes mots, des douleurs qu’ils avaient ressenties eux aussi dans le deuil d’un être cher, d’un amour, de leur corps ou de toutes ces autres pertes et ces autres deuils qui passent dans nos vies.

Plusieurs années plus tard, planait au-dessus de ma tête un nouveau revirement complet de ma vie. Au même moment, je renouais avec l’écriture. Inconsciemment, je me suis lancée dans l’histoire d’un protagoniste dont plusieurs facettes de la vie étaient en grand changement. Et même si je ne racontais pas directement mon histoire telle que je la vivais, il n’empêche que les symboles et les thèmes exploités reflétaient mes émotions, mes questionnements et mes bouleversements du moment.

Cet épanchement éperdu et cette concentration fixées sur nos émotions et nos maux ont peut-être une saveur pathétique. Mais pourquoi ignorer ce besoin de se délivrer en créant? Pourquoi ne pas utiliser ces émotions comme carburant? La création tient en grande partie son inspiration dans la sublimation d’une émotion, se transforme en acte créatif et devient un objet culturel. Nous montrons férocement une part fragile de nous.

L’état dans lequel nous plonge la rencontre ou la perte d’un amour est une source infinie d’inspiration. Et tout n’a pas été dit, détrompez-vous. Parce qu’on vit tout ça à notre petite et grandiose manière.

Et pour ce qui est de souffrir pour être bon, je ne crois pas que ce soit nécessaire. On peut sublimer toutes les émotions et les grands moments de notre vie, beaux ou laids, et créer de fantastiques œuvres qui nous ressemblent.

Bonne sublimation à tous et à toutes ! Ah et ne vous en faites pas, on n’est pas faits en chocolat, on peut survivre à une ou plusieurs peines de cœur.

La méditation – Un espace à soi

Il y a deux ans, mon coeur a commencé à palpiter. De grosses palpitations. J’ai commencé à avoir des crampes dans le pied gauche, et puis c’était tout mon côté gauche qui irradiait de spasmes. En même temps, j’avais une douleur à la poitrine qui ne démordait pas. Après quelques visites (d’urgence) à l’hôpital, qui se sont avérées inutiles, je me suis rendue à l’évidence. J’étais plongée dans une angoisse perpétuelle. C’était littéralement invivable, crise de panique après crise panique, la peur de mourir me collait à la peau, peau que je ne pouvais malheureusement pas quitter. J’étais prisonnière de moi-même, de mon corps qui disjonctait, de ma tête qui perdait sans cesse la carte. Mais le vrai problème avec les crises de panique, c’est que chaque fois que t’en fais une, ton cerveau « oublie» qu’il s’agit seulement d’une crise et tu crois fermement que c’est la fin de ta vie. On est vraiment mal foutu. J’ai essayé l’ostéopathie, la massothérapie, la chiropractie, les suppléments de magnésium, j’ai acheté des roches spéciales (malachite, quartz), fait plus de yoga, j’ai consulté en psychologie. C’était rendu que j’avais peur de sortir seule de chez moi, no joke. Puis, je me suis initiée à l’Ayurvéda, cette grande médecine millénaire indienne, et par ma thérapeute, j’ai été initiée à la méditation védique (de ayur-véda).

Cette forme de méditation consiste en la répétition mentale d’un mantra qui est assigné personnellement par un enseignant; ce mantra est secret et doit le rester car il perdrait de sa puissance s’il était prononcé, étant conçu pour rester en tête. Pour les curieux, le mantra est en fait un mot sanskrit qui ne veut absolument rien signifier, mais dont la sonorité devient véhicule qui conduit à l’état de «sommeil éveillé» qu’est la méditation. La méditation védique se pratique deux fois par jour, idéalement matin et soir, durant vingt minutes.

Je peux dire que dès ma première méditation, mon esprit a transplané de dimension. Dès ma première pratique, j’avais cette impression d’un état océanique, d’être en marge du monde; plus que jamais en moi. Comme une descente en sous-marin dans des profondeurs internes encore inexplorées. Une sorte d’apaisement que j’associe au fait d’être bercé lorsqu’on est nouveau-né. Voici quelques améliorations que j’ai remarquées suite à mes premières méditations et celles que j’ai pu constater à long terme, car cela fait maintenant un an et demi que je pratique. Je ne crois pas que seule la méditation est en cause de ces changements, mais elle m’a indéniablement métamorphosée.

Dans l’immédiat :
– Disparition des palpitations cardiaques
– Disparition des pensées phobiques intrusives (ex : «j’ai un problème cardiaque»)
– Arrêt complet des crises de panique
Sur le long terme :
– Nul besoin de boire de stimulants (café, thé)
– Meilleure qualité du sommeil
– Meilleure concentration
– Stabilité émotionnelle et capacité de résilience améliorée
– Énergie supplémentaire!

Démystifier la méditation : 5 préjugés sous la loupe

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Même si elle est de plus en plus populaire et pratiquée en occident, la méditation est selon moi encore stigmatisée et méconnue par la grande majorité des gens. Je pense que pour désirer l’essayer, il faudrait d’abord la présenter davantage et surtout, la démystifier, car elle est victime de nombreux stéréotypes et préjugés douteux à saveur new age. Oui, la méditation a une essence spirituelle, mais elle a surtout de véritables et concrets effets physiques et psychiques. Elle m’a sauvée des médicaments anxiolytiques et antidépresseurs (que j’ai toujours refusés), je pense qu’elle pourrait potentiellement aider tout le monde qui voudra bien s’y adonner, et pas juste les angoissés finis. Je vais donc tenter d’éclaircir ici quelques-uns des mythes déjà entendus à son sujet…

1- Ça prend du temps
Tout dépend de notre définition de «prendre du temps», c’est un pensez-y bien; 40 minutes à flâner sur Facebook ou 40 minutes de repos inégalé, qui de plus, nous feront gagner en concentration et en productivité, et qui réduiront le temps de travail? Et au fond, la durée de nos méditations est à notre discrétion, on médite durant le temps que l’on veut (et peut)! Si on le souhaite, on peut tout aussi bien méditer une dizaine de minutes par jour, cinq minutes; je pense que déjà cela fait une différence. Pour ceux qui se demandent comment je fais pour « endurer » 20 minutes deux fois par jour, assise les yeux fermés sans rien faire, eh bien, cela passe vraiment vite. On perd carrément la notion du temps.

2- C’est du temps perdu
Est-ce que l’on dit que voyager ou aller au spa est du temps perdu? Je peux affirmer qu’au final, les 40 minutes par jours investies dans la méditation mon rapporté gros! J’irais même jusqu’à dire que méditer est un temps gagné, car c’est un temps évadé qui n’appartient qu’à soi et qui, en bout de ligne, nous permet d’être plus réceptif aux autres, à la vie, à nos tâches quotidiennes et nos créations. Méditer nous inscrit dans le moment présent, présent qui est le contraire d’un temps perdu.
3- C’est compliqué
Rester confortablement assis, fermer les yeux, répéter (ou non) un mantra, respirer. Compliqué? Tout le monde peut méditer, même un jeune enfant. L’objectif: faire le moins d’efforts possibles! Rien n’aura jamais été aussi simple. Mais j’avoue que la simplicité de l’inertie peut avoir l’air complexe tant elle est aux antipodes de nos mentalités formatées par nos modes de vie contemporains occidentaux.

4- Faut avoir un endroit « zen »
Je médite chez moi, dans ma cours, dans le bus, le métro, à la bibliothèque, dans un parc, en auto (quand je ne conduis pas!) Même quand ça parle autour de moi, qu’il y a du monde. Cela peut sembler intense mais l’impression d’insularité méditative est telle que l’on sombre dans une forme d’insonorisation agréable, comme si les bruits de la vie s’éloignaient en sourdine. On peut vraiment méditer n’importe où, cela n’empêche pas le monde de vivre autour de nous et nous, de toute façon, nous sommes quelque part ailleurs, à l’intérieur.

5- J’ai déjà essayé le yoga et j’ai pas aimé ça
Pas de problème, ça n’a rien à voir! Oui, les deux viennent de l’Orient et font très grano-zen, mais là s’arrête la ressemblance. Le yoga peut impliquer une forme de méditation, mais la méditation n’est pas le yoga. Même pas besoin de s’assoir en lotus pour méditer! C’est vraiment autre chose, et je le répète, il s’agit de rester assis les yeux fermés et de respirer. C’est tout. Pas besoin de skills d’équilibre ou de tapis – le matin je médite assise dans mon lit.

6- Ça prend de la discipline
Je mentirais si je disais que ça n’en prend pas un peu, surtout au début, mais j’appellerais plutôt cela de la volonté. Volonté d’intégrer cette pratique à notre hygiène de vie, car au bout d’un certain temps elle s’y installe toute seule, comme de se laver les dents ou de se brosser les cheveux. Le sentiment que la méditation procure devient en quelque sorte addictif, notre corps et notre esprit vont vouloir définitivement recréer cet état sur une base quotidienne. Plus besoin de discipline rendu-là, la méditation s’impose d’elle-même, elle fait partie intégrante de notre vie. Bien sûr, on peut sauter des jours, des semaines, des mois; ce n’est PAS une religion et cela n’entraîne aucune conséquence. C’est avant tout un lieu de bien-être aux portes toujours ouvertes comme un espace à soi où rien ne peut nous atteindre, et que la conscience même de la disponibilité de ce refuge en nous fait en sorte que, même lorsque l’on n’est pas couramment en train de méditer, l’apaisement est là, émanant du fait qu’il y aura toujours un endroit bien tranquille pour nous accueillir.

Sur ce, j’espère vous avoir inspiré à essayer, ne serait-ce qu’une seule fois, n’importe quelle forme de méditation! Il faut surtout se rappeler que l’important, c’est d’apprécier l’expérience méditative et que peut-être celle-ci ne vous conviendra pas. Pas plus grave que ça.

Cette méditation qui m’a sauvée, puisse-t-elle aider des multitudes d’autres adaptes…Namasté!

L’inspiration (partie 2): quand elle s’éclipse, quand elle revient

Dans mon dernier article, j’abordais la question de l’inspiration, puisée dans les arts et dans tout ce qui nous entoure. Cependant, et la plupart d’entre vous l’ont sans doute déjà expérimenté, on a parfois toutes les bonnes intentions du monde, toute la motivation requise pour créer… mais il ne se passe absolument rien. Rien, rien, rien. La fameuse page blanche, quoiqu’on fasse.

Ceux qui valsent régulièrement avec l’inspiration savent qu’elle est une partenaire volage. Elle semble n’avoir ni Dieu, ni maître et s’amuse parfois à nos dépens. Parce que souvent, on s’assoit avec le crayon à la main, on a le temps de travailler, on est prêt à faire progresser notre projet… et elle se pointe le bout du nez pour repartir aussitôt, si elle n’est pas plutôt restée cachée pour nous bouder en paix, sans que l’on sache pourquoi. Et, encore plus souvent, elle décide de venir nous rendre visite et entreprend de nous titiller l’esprit comme jamais, alors qu’on se trouve au travail, au volant, dans l’impossibilité de profiter de sa soudaine générosité (presque perverse, vous en conviendrez).

M’ouais. L’inspiration est une garce… mais c’est aussi une précieuse alliée. La meilleure que l’on puisse avoir. Quand on réussit à tenir le crayon en main au moment où elle passe, quand sa passion ne fait qu’un avec la nôtre, quand son énergie se répercute jusque dans notre art… c’est là que la magie opère. On ressent une espèce d’euphorie lorsqu’on se laisse transporter par l’inspiration: c’est souvent l’indice que notre travail va progresser, que nos idées vont fleurir, que notre création va devenir de plus en plus précise. Et lorsque, doucement, l’inspiration nous relâche et nous quitte jusqu’à la prochaine fois, on sent les traces euphoriques qui perdurent, pendant plusieurs heures, parfois plusieurs jours. La vague de l’inspiration persiste, elle nous donne parfois de petits regains de motivation, même lorsqu’elle s’est évanouie depuis un temps. Mais si elle tarde à montrer à nouveau le bout de son nez, alors c’est la déprime, la colère, le marasme qui revient en force…

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Pourquoi? POURQUOI?

On ne peut pas forcer l’inspiration, ni la commander. Elle vient quand elle veut, repart quand elle en a assez. Cependant, je pense qu’on peut l’encourager. L’inciter à venir avec des appâts, lui indiquer notre réceptivité. Parfois, ça fonctionne.

De mon côté, lorsque je veux attirer l’inspiration, je sais que je me dois d’être dans un bon état d’esprit (lire ici: ne pas être trop fatiguée ou de trop mauvais poil). J’essaie de l’aider à se manifester en allant faire une promenade, parce que les sons, les odeurs et les images peuvent servir de déclencheurs et lui donner envie de venir me visiter. Tel que je l’avais mentionné dans mon article précédent, j’essaie aussi d’écouter de la musique, souvent en lien avec l’état d’esprit que je recherche pour ma création (joyeux, triste, sombre, dramatique, sensuel, etc.) Et si, malgré tous mes bons efforts, elle n’est toujours pas au rendez-vous…

Ah! La garce.

Je vais le penser pendant un temps, ça, c’est certain. Mais lorsqu’elle reviendra, je vais l’accueillir comme on accueille le printemps, avec la joie et l’enthousiasme de celle qui n’espérait plus. Parce que c’est comme ça, avec l’inspiration. Marcher chaque jour sur le fil ténu entre l’amour et la haine. Sachant qu’à tout moment, on peut basculer… mais que quoi qu’il arrive, on reviendra toujours de l’autre côté. Au moins pour un temps.

Et vous, quelle est votre relation avec l’inspiration?

Un duplex, Paris et de vieilles amies

r_663_sCe premier roman de la cinéastre Éléonore Létourneau raconte l’histoire de deux amies: Marie et Véronique. Ayant été à une époque extrêmement proches, elles ont décidé d’acheter un duplex ensemble. Toutes les deux célibataires, rêveuses, ambitieuses et cinéastes, elles rêvaient de faire des films pour changer le monde. Véronique et Marie, ce sont les amies qui rêvassaient et qui rêvaient…

S’ensuit des chums, des contrats, des projets qui ne déboulent pas et un silence tranquille qui s’installe entre les deux amies, dans le duplex. Le roman met l’accent sur Véronique principalement. Écrit au Je, on entre entièrement dans les pensées et les tourments de Véronique. Cette dernière se trouve à devenir de plus en plus déprimée et maussade à tous les niveaux de sa vie. La réalité la mène à comprendre que ses vieux rêves ne se réaliseront pas. Son scénario tant de fois travaillé et retravaillé ne sera jamais un film. Elle avance dans une vie qui n’est pas la sienne, dans une ville qui la déçoit, dans un Montréal après le printemps érable.

J’ai adoré le fait qu’Éléonore ait réussi à nommer et à recréer l’ambiance du printemps, tout comme la rigidité lorsque celui-ci s’est éloigné. Son écriture traversée de poésie arrive à pointer du doigt les moindres émotions avec simplicité et justesse.

« Les rues s’étaient vidées; les étudiants étaient rentrés en classe et se dépêchaient d’apprendre, pendant que la majorité silencieuse oubliait le tintamarre des casseroles de vingt heures et réajustait la cadence de son quotidien à celle de téléromans sans envergure. Nous avions porté à bout de bras une utopie qui avait fini par mourir dans l’urne, suivant d’un peu trop près les projections les plus pessimistes. C’était exactement comme si rien ne s’était passé.»

Le roman nous emporte ensuite à Paris, où Véronique a décidé d’aller se sauver pour mieux se comprendre. Pour retrouver une parcelle d’elle-même dans un Montréal, ou plutôt un duplex, où il n’y a absolument plus rien. J’ai eu l’impression que Véronique c’était toute une génération; des envies, des rêves, de la liberté, du succès et pourtant un si grand nuage gris au dessus de la tête. Véronique, c’est moi par moment et par d’autres, c’était toi.

Le genre de crise existentielle que vivait Véronique était sentie, on savait très bien dans quel trouble elle se trouvait. À passer des journées entières dans un petit studio de Paris pour essayer de remettre de l’ordre dans sa tête et dans sa vie, Véronique se perdait de plus en plus… La quête professionnelle comme personnelle du personnage était fort bien écrite et sentie. Néanmoins, les non-dits en lien avec ses relations amoureuses nous empêchent un peu de concevoir celles-ci.

Notre duplex, qui me semblait jusqu’à la toute fin être une histoire d’amitié m’a incroyablement déçue à ce niveau; l’amitié de Véronique et Marie est banale, faible et blessante. Empreinte de jalousie, d’hypocrisie et de vengeance, leur vraie amitié est inexistante. On ferme le livre en totale déception avec le happy ending imaginé, Véronique et Marie n’étaient pas les amies qu’on espérait. On termine aussi avec une grande empathie pour Véronique à qui l’on souhaite tant de perdre ce petit nuage gris au dessus de la tête. Et avec une haine justifiée pour la vilaine Marie…

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Notre duplex, Éléonore Létourneau
Collection quai n0.5 , éditions YXZ, 2014
978-2-89261-861-7, 148 pages

Les histoires qui ont plusieurs vies

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J’aime l’odeur du roman neuf fraîchement acheté à la librairie. Ça sent un mélange de pages qui viennent d’être imprimées et de mots qu’mes yeux ont hâte de lire.

Par contre, avec ma passion pour la littérature, si j’achetais tout en magasin, mon portefeuille me ferait la baboune souvent. Heureusement, il existe une alternative pour combiner «bibliothèque garnie» et «compte bancaire heureux» : les librairies d’occasion.

Elles sont si faciles à trouver. Si accessibles. Si abordables. Montréal est remplie de ces petites mines d’or. Détrompez-vous, elles ne sont pas uniquement réservées pour ceux qui ont un budget limité, au contraire. Tout l’monde gagne à y aller.

J’adore me promener longtemps entre les longues rangées de livres pas chers.

Je trouve qu’on a pas assez le réflexe de visiter ce genre d’endroits. Pourtant, on peut y faire d’excellentes découvertes. Il y en a pour tous les goûts. Évidemment, il faut souvent fouiller.

Les librairies d’occasion sont parfaites pour les étudiants à la recherche de romans classiques pour leur cours de littérature. Personnellement, j’y ai trouvé la plupart de mes livres obligatoires.

Depuis, j’y vais pour mon propre plaisir, pour acheter mes prochaines trouvailles littéraires. J’éprouve un joyeux plaisir à tourner des pages qui ont déjà été tournées.

Un livre, c’est magique. Ça apporte beaucoup à l’âme d’un lecteur, mais j’ai l’impression que le lecteur lui-même y laisse également une petite partie de son âme dans le papier. Une petite partie qui dit «salut, j’suis passé par ici, je l’ai lue cette histoire-là».

C’est comme un échange.

J’aime me procurer des livres qui contiennent plusieurs âmes. Ça m’donne presque l’impression de partager un moment avec les personnes qui l’ont tenu entre leurs mains avant moi.

Il m’arrive aussi de faire le ménage de ma bibliothèque et d’aller donner mes vieux romans à ces librairies. J’les jette pas. J’serais pas capable de faire ça, de toute façon. Je préfère leur offrir une autre vie.

Je donne au suivant.

Parallèlement, je continue d’acheter les livres plus récents en magasin, parce qu’ils sont souvent plus difficiles à trouver dans les librairies d’occasion.

Mais «nouveauté» ne veut pas dire «meilleur».

Je trouve important de ressortir les histoires qui ont été mises un peu de côté avec les années, celles qui sont restées dans le passé, celles qu’on a parfois oubliées. Celles dont on a pas beaucoup parlées mais qui gagnent à être lues, celles qui ont été racontées par la plume d’un auteur pas très connu, celles qui ont touché des cœurs et qui brûlent d’envie de toucher le nôtre aussi.

C’est pour ces raisons que les livres usagés sont mes préférés.

La danse des obèses

 

11046914_632342760204940_448698800_nJe me suis procurée ce roman suite aux conseils de ma libraire de La librairie de Verdun. Je suis une verdunoise (même si je n’y habite plus depuis quelques mois) et mon cœur le restera toujours. Bref, ma libraire m’a convaincue dès qu’elle m’a dit que l’auteur de ce roman était l’un des libraires de la librairie.

Et puis, lorsque nous regardons la première de couverture, nous pouvons nous dire que la maison d’édition Leméac a réussi son travail. L’image est communicatrice et magnifique. Le titre est aussi très accrocheur à mon avis. C’est l’une des raisons de ce choix de lecture.

L’histoire se passe dans un Montréal actuel. Nous rencontrons un personnage dans la trentaine qui se cherche. Cet homme se trouve laid, parce qu’il est obèse. Il ne se retrouve pas dans son propre corps qui dit ne pas lui appartenir. Émile embarquera dans une aventure folle, dans «La danse des obèses» de Monsieur Jean-Marc Hudson. Ce dernier est un artiste très populaire dans l’univers de l’art visuel (photographe, peinture,) C’est lors de la fête de celui-ci, par la danse des obèses qu’il aura organisée, qu’il fera la rencontre d’Émile et qu’il en tombera amoureux.

Tout au long du roman, nous suivons Émile dans ses erreurs, ses aventures, ses amours, ses peines, etc. Ensemble, nous tentons de découvrir qui il est sous cette tonne de graisse.

«Je dansais. Une vraie danse, celle qui te saisit et te possède, qui te dénature. Chaque son, chaque instrument, chaque rythme correspondaient à un membre de mon corps, et ensemble ils bougeaient en parfaite harmonie. L’extase. Le vide. Le véritable vide. Comme si la musique était un grand trou noir qui m’aspirait et je tourbillonais dans son ventre, perdu dans le néant du rythme démoniaque qui venait frapper mon être. J’ai dansé, inlassablement, trempé de sueur, la mienne et celle de tous les autres autour de moi. Plus je dansais, plus je recevais l’énergie des autres comme un cadeau, comme une contagion. Nous sautions, à l’unisson, comme si nous formions une seule et même cellule. Une tribu en danse, hantée par le même démon. Interdépendants dans le reggaeton infernal qui martelait nos oreilles. » (p.129)

Puis, il est facile de se retrouver dans ce roman, parce que chacun d’entre nous vivons, à un moment de notre vie, un certain malaise avec notre corps. Nous pouvons aussi avoir le sentiment qu’il ne nous appartient pas. Je vis avec des formes, ces formes qui ne me portent pas toujours bonheur. J’apprends à vivre avec et à les accepter. Je me suis reconnue dans le personne d’Émile. Lorsque l’auteur, Patrick Isabelle, parle des mouvements du corps lourd, je sentais mon corps bouger dans les mouvements du personnage. Son écriture fluide nous emporte dans ce sentiment de malaise avec ce corps.

Je peux confirmer que je continuerai à faire confiance à ma libraire !

Quand tu as le choix entre rester assis ou danser, j’espère que tu danses!

Avant de commencer votre lecture, je vous invite à démarrer cette chanson d’où provient le titre de l’article, elle est un peu « kitsch » mais elle reste dans la tête. Elle est citée au début du livre dont je vais vous parler aujourd’hui et depuis, je ne peux pas m’empêcher de la chanter (I hopeeeee you dance!). Je trouve aussi que c’est tellement joli comme citation et j’ai bien l’intention de la mettre en pratique aussi souvent que possible.

Ça m’a pris 1 petite journée lire le dernier livre d’Oprah Winfrey, «What I know for sure» ou «Ce dont je suis certaine» en version française. Je l’ai lu en français (et oui!), je sais, honte à moi, mais je me dis toujours dans ce temps-là que je crée de l’emploi pour les traducteurs de ce monde!  C’était VRAIMENT bon. Peut-être parce que je suis en grande introspection présentement, voir l’article ici que j’ai publié en début du mois de mars, mais ce livre m’a réellement fait un bien fou (bibliothérapie, bonjour!). Le style du livre est particulier, il n’est pas comme les livres de croissance personnelle que j’ai lus à ce jour. En fait, il représente un peu un «best of» de la chronique «What I know for sure» paru pendant quatorze ans dans le magazine «O.» qu’Oprah a écrit. Le livre est segmenté en différentes parties de ce qu’elle a appris au fil du temps et ce dont elle est certaine dans sa vie, on y parle entre autres de la joie, de la résilience, de l’émerveillement, des relations, de la gratitude, des possibilités et du pouvoir.

Le livre commence comme suit: en 1998 lors d’une entrevue télévisée, le défunt Gene Siskel  du Chicago Sun Times demande à Oprah, «Dites-moi de quoi êtes-vous certaine?». Alors en promotion pour un film, celle-ci lui demande, «Ce dont je suis certaine,  par rapport au film?», lui de rétorquer «Non vous savez ce que je veux dire – au sujet de vous, de votre vie, de quoi que ce soit, de tout…». Il s’en suit une belle introduction sur ce que devrions-nous être certains dans nos vies justement? C’est une très bonne question, non? Pensez-y quelques instants, de quoi êtes-vous réellement certain(e) dans votre vie présentement?

Je dois vous avouer un petit secret avant de continuer de vous parler du livre. Je ne suis pas une véritable fan d’Oprah. En fait, je la connaissais très peu avant de lire son livre. Bien sûr, je n’habite pas dans une caverne, je connais Oprah Winfrey, mais ce que je veux dire, c’est que je ne m’étais jamais vraiment intéressée à l’ampleur du phénomène. J’ai fait mes recherches et j’avoue que j’ai été étonnée d’apprendre tout ce que j’ai découvert. Tout d’abord, c’est une des femmes les plus riches et plus puissantes du monde, ça on le savait tous, je crois!  C’est aussi un modèle pour bon nombre d’hommes et de femmes à travers le monde. C’est une femme aux multiples talents: animation, écriture, cinéma, etc. Elle a révolutionné l’histoire afro-américaine. Elle a chapeauté pendant 25 ans son talk show «The Oprah Winfrey show» qui est à ce jour l’émission la plus regardée de l’histoire aux États-Unis. Elle a aussi lancé son propre réseau de télévision, elle a été nommée aux oscars, a publié 2 magazines et coécrit 5 livres. Selon CNN et Time.com, il s’agit bien de la femme la plus influente au monde. Rien de moins! Comment ne pas être impressionné ou du moins inspiré après avoir appris tout ça ? Surtout que selon son histoire, elle n’était pas du tout destinée à une vie rose et parfaite.  Disons que la vie ne lui avait pas fait de cadeau et qu’elle a su relever l’ensemble des défis sur sa route avec brio! Je l’avoue maintenant, je suis en train de devenir une fan finalement! Madame Winfrey, vous m’avez conquise!

Bon revenons-en au livre. J’ai trouvé particulièrement qu’il permettait de voir la femme qu’elle doit être vraiment dans la vie ou du moins une parcelle de celle-ci. Son livre est très touchant et très vrai, il va toucher vos cordes sensibles c’est certain. Il est rempli d’anecdotes et de moments magiques. J’ai pleuré (beaucoup), en le lisant et je n’ai jamais autant plié de pages dans un livre (ce que je ne fais jamais habituellement!) D’ailleurs, je vous invite à en faire la lecture avec un crayon ou quelque chose pour prendre des notes, car c’est évident que certains passages vous marqueront et vous aurez envie d’y revenir plus tard. Il deviendra sans contredits un de mes classiques.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici quelques-uns des extraits du livre que j’ai préférés (car je suis certaine qu’ensuite vous y plongerez à votre tour!):

Chaque fois que j’ai une décision difficile à prendre, je me pose la question suivante qui dit: qu’est-ce que je ferais si je ne redoutais pas de faire une erreur, de me sentir rejetée, d’être ridiculisée ou de me retrouver seule? Je sais avec certitude que, lorsque nous faisons abstraction de la crainte, la réponse que nous cherchons émerge dans notre esprit.» – Il s’agit de 2 petites phrases toutes simples qui me sont pourtant restées longtemps dans la tête après ma lecture.  Cela va fortement avec le processus dans lequel je suis présentement de trouver ma véritable passion et je compte utiliser ce conseil dans le plus d’occasions possibles.

Si la vie ne vous enseigne rien d’autre, sachez une chose lorsque la chance vous sourit, profitez-en. » – Pour celle-ci, je dois dire que je la mets déjà en pratique puisque je suis une fille assez chanceuse dans la vie. J’ai eu l’occasion de profiter de ma chance à quelques reprises et ça m’a toujours bien servie. Je trouvais la phrase plus que parfaite pour expliquer l’importance de suivre sa chance.

« S’il n’y a rien d’autre dont je suis certaine, je sais à tout le moins que les grands miracles que nous attendons se produisent sous nos yeux, à tout moment, à chacune de nos respirations. Ouvrez les yeux et le cœur, et vous vous mettrez à les voir. » – J’aime tellement ce petit bout, parce que je trouve trop souvent que nous ne sommes pas assez réceptifs à tout ce qui nous entoure et aux actions que l’on fait quotidiennement pour profiter de la vie et de chaque instant.

Ce dont je suis certaine, c’est que le dernier livre d’Oprah Winfrey vaut vraiment la peine d’être lu. Sur ce, je vais justement aller tenter de profiter de la vie au maximum comme Madame Winfrey nous le suggère si bien et je vous invite à faire la lecture de ce livre dès maintenant! Il a probablement la réponse que vous cherchez depuis longtemps ou il vous permettra d’y voir plus clair un peu et ça, j’en suis (presque) certaine! 😉

Disney nous a menti

« This is not a women’s issue, this is not an Aboriginal issue. This is a human tragedy, and this is a national disgrace. »

– Dawn Harvard, 4 octobre 2013

Il y a des choses dans la vie que j’ai de la difficulté à comprendre ou à accepter. La majorité d’entre elles sont plutôt inoffensives, bien qu’extrêmement énervantes. Les gens qui parlent en classe sans lever la main. Les clients qui ne me répondent pas lorsque je leur dis bonjour. Les documents officiels en Comic Sans MS ou en Papyrus.

Mais il existe d’autres sujets, définitivement plus dangereux ou insidieux, qui me font perdre toute foi en l’humanité. L’intimidation. Le racisme, le sexisme, disons l’intolérance. L’anti-intellectualisme. Et le sujet dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est-à-dire l’absence d’enquête indépendante sur les meurtres et disparitions de femmes amérindiennes et innues au Canada depuis 1980. Et je pense que cela devrait vous fâcher aussi.

Dans son essai Sœurs volées: Enquête sur un féminicide au Canada, Emmanuelle Walter, une journaliste indépendante installée au Canada depuis quelques années, a constaté le vide médiatique entourant les disparitions et meurtres de femmes amérindiennes et innues. Elle a donc commencé à s’intéresser au sujet, en partant du cas de la disparition simultanée de Maisy Odjick et Shannon Alexander dans la réserve de Kitigan Zibi, une réserve algonquine limitrophe à la ville de Maniwaki le 6 septembre 2008.

Elle reconstitue les événements dans les vies des deux jeunes filles avant leur disparition à partir des témoignages des membres de leur famille, mais également à partir des documents officiels qui sont parus à propos des 1 181 femmes autochtones disparues ou assassinées depuis 1980 au Canada. 1 017 d’entre elles sont mortes, 164 toujours portées disparues.

Le récit se dévoile indice après indice comme dans un roman policier, mais sans le dénouement de l’histoire, ni mobile, ni plaisir de lecture. Parce que bien sûr, il n’y a rien de plaisant à constater non seulement les lacunes du système policier canadien, mais encore plus la violence systématique et institutionnalisée qui sévit contre les communautés autochtones. Emmanuelle Walter redonne à Maisy Odjick et Shannon Alexander, ainsi qu’aux autres femmes dont nous croisons le chemin au fil de notre lecture, ce que les médias traditionnels n’ont pas pris le temps de montrer à leurs lecteurs et spectateurs: leur humanité.

Elle montre des jeunes femmes qui, comme toutes celles de 16 ou 17 ans, ont des relations difficiles avec certains membres de leur communauté, mais qui sont également (surtout) aimées par celles-ci. Qui ont des projets, des amis, des secrets. Mais qui ont aussi la vie devant elles.

Il fallait peut-être le regard d’une journaliste étrangère pour pouvoir critiquer avec un peu plus de recul le passé colonial du Canada, duquel il ne s’est pas encore séparé. Pour faire réaliser à des femmes privilégiées (dont elle fait partie) à quel point elles sont avantagées et prendre conscience des inégalités qui existent au sein d’un pays dont plusieurs vantent la tolérance. Critiquer également le mépris et la condescendance observés de la part des services policiers contre la méfiance des communautés autochtones envers ceux-ci, qu’ils associent aux pensionnats où ils ont perdu trop des leurs. L’absence de communication entre les policiers des réserves et ceux de la GRC. Les membres des familles des disparues qui se sentent abandonnés par un système politique qui, en plus de ne pas les représenter, continue de leur refuser une enquête indépendante pour parler des phénomènes sociologiques derrière toute cette violence envers elles, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur des réserves. La quasi absence de représentation dans les médias, même lorsqu’elles meurent ou disparaissent. Le blâme qui est jeté sur les victimes plutôt que sur les criminels.

Ce que j’ai trouvé particulièrement juste de son approche est justement qu’elle ait amplifié la voix des familles des victimes comme Laurie, la mère de Maisy, mais également sa grand-mère Lisa, sans parler au-dessus d’elles. Walter relève simplement la vulnérabilité des femmes autochtones, mais aussi leur «empowerment», leur ténacité, leur combat contre le mépris et l’ignorance. J’ai particulièrement apprécié également que la majorité des textes sur lesquels elle s’appuie soient des écrits de femmes autochtones, notamment une entrevue et le rapport universitaire de Maryanne Pearce, elle-même victime de cette violence institutionnalisée, et qui s’intitule An Awkward Silence: Missing and Murdered Vulnerable Women and the Canadian Justice System (vous trouverez le lien à la fin de l’article). Soeurs volées constitue vraiment un bon premier pas vers le début d’une compréhension d’un sujet qui est malheureusement peu représenté dans les médias traditionnels et qui mérite définitivement plus l’attention de la population en entier. (L’essai a au moins éveillé mon indignation!)

En effet, les seuls lieux où les femmes autochtones sont surreprésentées sont dans les rapports policiers qui font état des meurtres ou de disparitions. Par exemple, les femmes autochtones représentent 3% des meurtres en Saskatchewan alors qu’elles ne sont en réalité que 1% de la population de la province.

J’aurais tant aimé connaître ces faits avant! Peu de cours nous sont donnés sur les communautés amérindiennes au Québec, si ce n’est les premières séances du cours obligatoire d’histoire du Québec et du Canada en secondaire 4 (qui est maintenant donné en secondaire 3, si je ne m’abuse). Et puis encore, ce n’est souvent qu’un moment pour montrer la colonisation des Premières Nations, qui est loin d’être glorieuse. J’ai l’impression que nous avons tellement honte de cet élément de notre passé que nous faisons tout pour l’ignorer, pour ignorer la souffrance qu’elles doivent endurer, encore aujourd’hui. Sœurs volées m’a fait réaliser que ce dont les Amérindien·ne·s souffrent le plus, c’est de notre ignorance. Par exemple, j’ai entendu trop souvent des commentaires sous-entendant que parce qu’ils·elles ne «payent pas de taxes», ils·elles seraient privilégié·e·s, venant de la part de gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une réserve amérindienne.

L’un des chapitres me semble particulièrement pertinent à propos de l’histoire des Premières Nations enseignée dans les écoles québécoises. À partir de la page 143, Emmanuelle Walter illustre les différences entre le statut et l’importance accordée aux femmes autochtones lors de la colonisation et aujourd’hui en comparant Amber Alyssa Tuccaro (décédée en 2010) et Thanadelthur (décédée en 1717), toutes deux appartenant au peuple déné, vivant dans le nord-ouest du Canada. Thanadelthur était nécessaire pour la traite des fourrures, elle qui était à la fois interprète, guide, diplomate et leader. Sa mort, pour des raisons de maladie le 5 février 1717, fut considérée comme une perte incroyable à la fois pour son peuple et pour les colons. Au contraire, le corps d’Amber a été retrouvé un peu par hasard en 2012 par des hommes à cheval. Son cadavre montrait des signes de violence évidents. En 2012 également, la GRC a fait paraître un enregistrement audio d’Amber et de son ravisseur datant de la date de sa disparition, le 18 août 2010, qui présentait Amber comme ayant été amenée contre son gré près de Fort McMurray. Nous ne savons toujours pas qui a tué Amber Alyssa Tuccaro.

La comparaison m’a semblé juste, puisqu’elle fait état du changement de statut des femmes amérindiennes au Canada. Certes, les femmes comme Pocahontas et Thanadelthur sont des exemples problématiques à plusieurs égards, elles qui ont été «facilitatrice[s] de la colonisation» (p.144), mais elles montrent toutefois les pertes incommensurables que le statut des femmes autochtones a subi depuis 1717. Elles qui étaient considérées comme indispensables pour le bon fonctionnement de la société ne sont plus vues que comme des stéréotypes ambulants de la toxicomanie et de la prostitution, même lorsqu’elles ne sont rien de tout cela.

Bien entendu, il n’existe pas de solution miracle à toutes ces injustices, je ne révolutionne rien par cet article. Par contre, l’élocution de Connie Greyeyes devant le Parlement canadien (qui est reproduit en annexe de l’essai) m’a tellement touchée que je ne pouvais pas rester muette devant cette tragédie humaine qui se passe sur le territoire que j’habite. Le poème d’Helen Knott, « Tes yeux font une courbe autour de moi », qu’elle récite à la fin de son élocution, y est pour beaucoup.

« Tu me vois au bar,

une blague de plus

pour toi et tes amis,

une

squaw

de plus,

mais si tu veux baiser,

je serai ta Pocahontas »

(Vous trouverez à la fin de cet article une version vidéo du poème, malheureusement qu’en anglais.)

Le mot de la fin va vous sembler comme étant la suite de paroles les plus «quétaines» du monde, mais c’est parfois nécessaire. Souvenons-nous des paroles de Socrate (très sage pour quelqu’un qui n’a vraisemblablement jamais existé) : «Je sais que je ne sais rien ». Sachons avouer notre ignorance, et renseignons-nous! J’ai lu récemment sur les internets une phrase qui m’a beaucoup ébranlée: «l’ignorance est un privilège». Refusons collectivement ce privilège, et apprenons à connaître l’Autre plutôt que de le rejeter systématiquement. Et Sœurs volées est un bon endroit pour commencer, puisqu’il traite d’un sujet qui devrait nous toucher bien plus qu’il ne le fait sur le terrain: le respect des droits humains fondamentaux indépendamment de nos différences.


Liens et références

Le site du livre

Vous y trouverez entre autres dossiers de presse, articles en lien avec les disparitions récentes, vidéos, une galerie de photographies de Rémi Leroux ainsi que le premier chapitre du livre.

An Awkward Silence : Missing and Murdered Vulnerable Women and the Canadian Justice System

Il s’agit d’un lien qui vous permettra de télécharger un document de Maryanne Pearce, qui s’est penchée sur le sujet dont traite Sœurs volées. Emmanuelle Walter s’y intéresse largement dans son essai. (Que disponible en anglais.)

De Ciudad Juarez à l’autoroute des larmes : ces femmes autochtones que l’on tue en toute impunité

En cliquant sur ce lien, vous pourrez télécharger cet article de Marie France Labrecque, qui a également publié l’essai Féminicides et impunité : Le cas de Ciudad Juarez chez Écosociété en 2013, disponible ici.

Your Eyes They Curve Around Me, Helen Knott

(« Tes yeux font une courbe autour de moi »)

Ce poème a été traduit dans un des annexes de l’essai , soit le discours touchant de Connie Greyeyes, prononcé devant le Parlement du Canada le 4 octobre 2013.


Sœurs volées : Enquête sur un féminicide au Canada

Emmanuelle Walter

Lux éditeur, 24,95$

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Histoire d’une fille végétale (suite) – Inventaire de mes essentiels

Qu’est-ce que ça mange, une végétalienne, en hiver? Souvent, lorsqu’on apprend que je suis végétalienne, c’est la question classique que l’on me pose. Qu’est-ce que tu manges? Question légitime pour le non-initié pour qui, à prime abord, une vie sans produit animal ressemble plus au verre à moitié vide que celui à moitié plein. Question à laquelle je réponds, invariablement : des tonnes d’affaires!

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Mais en quoi consiste donc cette « tonne d’affaires », me demande-t-on ensuite. Des orgies de fruits et de légumes composent mon quotidien, pour être honnête. Et cela me plaît énormément. (by the way, les photos, c’est de la vraie bouffe que je me suis faite, pour vous donner une idée…) Je mange souvent les aliments sous forme crue sans être crudivore, car j’aime l’énergie et la lumière que cela procure. J’aime aussi le concept de pouvoir manger des quantités énormes et de se sentir bien après. Et ce n’est vraiment pas la variété qui manque! Toutefois, comme tout le monde, j’ai mes favoris. Ces chouchous dont je ne saurais me passer, que je pourrais littéralement manger à l’infini et qui me mettent en état d’urgence lorsqu’ils viennent à manquer dans mon frigo. Des aliments nourrissants, délicieux, pas trop dispendieux (en général), polyvalents, parfaits quoi. Petit inventaire de mes essentiels, de ce que j’en fais, et où je les déniche.
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1. Les bananes
Nature, en smoothie, en « nice cream », séchées, les bananes sont un pilier de mon alimentation. Trois par jour, en moyenne. Elles débutent ma journée dans mon bol de fruits, la poursuivent en collation et la terminent en dessert. Elles sont portatives, pré-emballées, denses en calories, soutenantes, je les aime très mûres, très sucrées et presque noires (d’où mon surnom d’Amélie Nothomb). J’en garde tout le temps autour d’une vingtaine chez moi. Ce sont mes munitions privilégiées. Le meilleur moment pour les manger est lorsque leur pelure est complètement jaune, sans trace de vert, et qu’elles sont bien picotées de taches brunes. Elles sont alors au maximum de leur valeur nutritive, à leur plein potentiel gustatif aussi. Je dois confier ici que je n’ai pas toujours apprécié les bananes : un jour, quand j’étais ado, je suis tombée sur une banane avec une larve dedans et ça ma buggée vraiment longtemps. Pis un moment donné, ça a passé.
2. Les pommes
J’adore les pommes depuis toujours. Jamais rencontré de ver ou de larve à date. Leur texture fraîche et croquante me fait chavirer. Je les mange toujours crues, entières, avec la pelure. Je les achète bio car c’est l’un des fruits les plus contaminés par les pesticides (je n’achète pas tous mes fruits bio, mais les pommes oui). Pour la liste des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides versus les plus safe, cliquez ici. Mes variétés de pommes préférées sont les Golden Russet (variété ancienne et malheureusement très peu cultivée aujourd’hui, à la robe jaune et à la chair au parfum de poire épicée), les Honey Crisp, les Pink Lady, les Fuji et les jaunes délicieuses. Oui, j’aime les pommes sucrées. Mais j’aime aussi le vinaigre de cidre de pomme non-pasteurisé, un super détoxifiant naturel. Comme pour les bananes, j’achète mes pommes en grande quantité dans certaines épiceries d’alimentations naturelles (Avril, Exo Fruits) qui font des rabais sur les fruits jugés trop moches pour être vendus. J’en ressors toujours avec de méchants bons deals!
3. Le sirop d’érable
Ai-je vraiment besoin de vanter le sirop d’érable? J’en mets partout, c’est le sucrant que j’utilise : smoothies, vinaigrettes, sauces, soupes. Récemment, j’ai découvert le sirop de bouleau, bien différent, mais tout aussi délicieux, avec un goût hésitant entre le sirop d’érable et le vinaigre balsamique. À essayer chez les produits Forêt et papilles!
4. La poudre de caroube
La poudre de caroube, c’est mon chocolat. Mais qu’est-ce que c’est? C’est une poudre brune issue d’une plante, qui sent et goûte à s’y méprendre comme le cacao, mais sans la caféine et donc non-stimulante. Bonus : la caroube est bourrée de minéraux, de vitamines et de fibres. Elle renferme, entre autres, une bonne dose de calcium, ce qui en fait ma source principale. Je ne consomme pas de chocolat, mais de la caroube, emmène-moi-en! Mon « lait au chocolat » que je bois chaque matin est composé de trois cuillères à soupe de poudre de caroube, de deux bananes et de beaucoup d’eau. J’achète ma poudre en vrac, beaucoup moins chère, chez Rachelle-Béry ou chez Tau.
5. La levure alimentaire
La levure alimentaire, c’est mon cheese. Pour vrai, ça donne vraiment une touche fromagée aux recettes, et le goût particulier de la légendaire sauce Dragon du resto Aux Vivres est dû à cette fameuse levure. En poudre ou en flocon, je l’ajoute à presque toutes mes recettes salées. Exquis sur une salade. En plus, c’est une bombe de B-12 et de vitamines D. Toutes les épiceries santé en vendent, j’achète la marque Yellow Superfood.
6. Les dates et figues séchées
Ce sont mes bonbons, point. Mes favorites sont celles du Costco. Les figues sont bio et moelleuses, les dates tendres, mielleuses et translucides. Parfaites.
7. Le riz (brun, blanc, rouge, noir!)
Un autre pilier de ma vie. Parce que le riz, tout comme les bananes, est l’un des aliments les plus consommés sur la planète. Si ce n’est pas le plus consommé, faudrait que je vérifie ça. Il y a quelque chose d’universel dans le riz, de réconfortant. Et tellement de variétés. Le Black Japonica et le sauvage de la marque Lundberg sont les riz qui me charment le plus. J’aime le quinoa, mais je reviens toujours au riz. Un essentiel pas cher du tout et toujours délicieux.
8. Les bleuets sauvages congelés
Dans son allée des surgelés, Costco vend de gros sacs de petits bleuets sauvages cultivés sans pesticides. Moi je les aime ben gros.
9. Les…patates! (douces, jaunes, blanches, rouges, bleues, grelot, name it)
Je suis une bouffeuse de patates de toutes sortes, avec un penchant pour les patates douces. Souvent, j’ai des rages de patates, alors je m’en coupe un bon bastion (six ou sept) et les mets au four, comme ça, tout nu, sans huile, sans sel. Peur que cela soit sans goût? Honnêtement, il faut l’essayer tel quel pour constater comment c’est bon au naturel, qu’on n’a pas besoin de rien ajouter. Des repas de patates, c’est un régal, et inutile de souligner à quel point ce n’est tellement pas cher!
10. La laitue romaine
Sérieusement, je mange deux têtes de romaine par jour. Minimum. Je suis une adepte-accro de salade. De grosses salades. La romaine est très nutritive, et elle aussi je l’achète bio pour les mêmes raisons que les pommes. J’y mêle des feuilles d’épinards, de mâche, de roquette ou de kale.
11. Les avocats
J’utilise les avocats bien mûrs comme vinaigrette pour mes salades. C’est mon incontournable. Je procède en écrasant et en massant à mains nues mes tranches d’avocat contre ma salade, en plus cela en attendris les feuilles. J’ajoute ensuite sirop d’érable (ou de bouleau), vinaigre de cidre de pomme et levure alimentaire et Ta-dam! Selon moi, l’une des meilleures combinaisons de goût au monde est celle du riz blanc japonais et de l’avocat. Comme dans les sushis.
12. Les noix du Brésil
Les noix du Brésil sont les seules noix que je mange, mais mon dieu que je les aime! Leur goût terreux est unique, complexe, et une seule noix couvre les besoins en sélénium pour une journée. J’achète celles de la marque Artisan Bio à mon épicerie Métro.
13. Les algues wakame
Ma découverte 2014 : des petites algues séchées auxquelles il suffit d’ajouter un peu d’eau bouillante pour qu’elles se déplient et s’ouvrent instantanément comme des fleurs. Vous les avez probablement déjà rencontrées car ce sont les algues traditionnellement utilisées dans les soupes miso. Je les ajoute à mes salades, soupes, bols de riz. On les trouve dans les épiceries santé et certaines épiceries conventionnelles. Et sûrement au quartier chinois, mais je n’ai pas vérifié. Je les achète au marché Ségal sur St-Laurent parce qu’elles y sont drastiquement moins chères qu’ailleurs.

Voilà, cela fait le tour d’horizon de mes essentiels, en espérant que cet inventaire vous invitera à la découverte! Ces essentiels font partie de ma vie, peut-être de la vôtre aussi. Et vous, de quoi est composé votre nécessaire de survie?

Matilda et le pouvoir des livres

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Extrait du film Matilda, 1996

Matilda est un de mes personnages féminins préférés, un peu comme Fifi Brindacier. Enfant, je me suis beaucoup inspirée d’elle et je voulais tellement être elle ou sa meilleure amie, tsé. Elle était, à mes yeux, une petite fille avec une grande force, beaucoup d’humour et surtout si intelligente! En relisant l’oeuvre de Roald Dahl, un des auteurs les plus importants de la littérature jeunesse, j’ai réalisé que j’aimais encore plus Matilda. Son amour des mots, des livres, de la connaissance me rejoint et me fascine.

Ce roman de Roald Dahl est sans aucun doute un hymne à la littérature. Écrit en 1988, il est devenu un réel classique de la littérature jeunesse, car il est lu et relu et édité et réédité. On doit aussi les merveilleux Charlie et la chocolaterie et James et la pêche géante à Roald Dahl, un auteur jeunesse des plus talentueux. Personnellement, ce que j’apprécie réellement de son oeuvre est le fait qu’il n’est jamais moralisateur et qu’il donne de l’importance à l’innocence, à la magie et à la liberté des enfants.

Il cherche véritablement à donner envie aux lecteurs de Matilda d’aimer la lecture. Tout le roman rend hommage au monde des livres, à l’imaginaire, à la liberté que cela procure.  Le personnage principal, Matilda, est une jeune fille passionnée de littérature, de livres et de lecture. Elle adore lire, c’est son activité préférée et ce qui lui permet de s’évader et d’oublier à quel point sa vie familiale est nulle et déficiente :

« Les livres la transportaient dans des univers inconnus et lui faisaient rencontrer des personnages hors du commun qui menaient des vies exaltantes. Ainsi navigua-t-elle sur d’antiques voiliers avec Joseph Conrad, explora-t-elle l’Afrique avec Ernest Hemingway et l’Inde avec Rudyard Kipling. Ainsi assise au pied du lit, dans sa petite chambre d’un village anglais, visita-t-elle de long en large et de haut en bas le vaste monde. (p.23 )»

Matilda a des problèmes personnels sérieux, elle a les pires parents qu’un enfant peut avoir. Son père est un misogyne frustré, menteur et en plus complètement stupide, tandis que sa mère est une femme sans ambition ultra superficielle. Ce ne sont pas de très bons exemples pour une jeune fille comme Matilda, mais elle réussi quand même à devenir quelqu’un de très intelligent rempli d’ambitions et il faut dire que cela arrive principalement grâce aux livres. Elle rentre à l’école en ayant déjà lu des centaines de livres, en sachant lire et compter. Elle est véritablement la fille la plus intelligente de sa classe dès la première journée. Elle est d’ailleurs une inspiration pour les élèves de sa classe qui admirent ses connaissances en littérature, en calcul mental et en lecture. En ce sens, l’auteur crée chez les lecteurs une envie de ressembler au personnage principal et donc d’aimer les livres et le pouvoir de ceux-ci. La décision de Dahl de prendre des classiques destinés aux adultes tels que Oliver Twist, Les raisins de la colère, Le vieil homme et la mer, La ferme des animaux et de les faire lire aux enfants comme Matilda est bien entendu de promouvoir les classiques et de démontrer que les enfants sont assez intelligents pour égaliser les adultes.

Matilda utilise la lecture pour sortir de son quotidien et c’est ainsi qu’elle apprend des tonnes de choses qui lui permettent de rêver d’autre chose. Son intelligence et sa curiosité intellectuelle, comme littéraire, font d’elle une enfant presque prodige… mais surtout allumée, curieuse et fascinante.  Tel est le pouvoir des livres!

Et vous, quel livre ou personnage vous a permis de vous évader du quotidien ?

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DAHL, Roald. « Matilda », Collection : Folio jeunesse, Éditions Gallimard, France, 234 pages, 1994.