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L’inspiration (partie 1) : arts et interdépendance

Que vous soyez artiste ou pas, les arts occupent une place importante dans votre vie, parfois même à votre insu. Après tout, chaque jour, vous écoutez de la musique, visionnez des films, lisez des livres, admirez des graffitis ou de superbes photographies! Il semblerait que souvent, on ait tendance à oublier que les arts sont partout et, n’en déplaise à certains, qu’ils sont importants. Et pour les artistes, leur importance est encore plus grande, considérant que les arts occupent une immense partie de leur quotidien, que ce soit sous forme de gagne-pain ou de passe-temps.

Mon art à moi, c’est l’écriture. Comme des millions d’autres auteurs, j’ai un besoin constant de me plonger dans mes univers afin de mieux jeter sur papier les récits qui traversent mon imaginaire. En me développant en tant qu’auteure, je réalise que l’inspiration est essentielle pour progresser, qu’elle peut se trouver partout… et plus particulièrement dans l’art, quel qu’il soit.

Personnellement, je sais que ma créativité fleurit à travers l’écoute de la musique. Instrumentale, elle peut m’aider à me plonger dans l’ambiance qui conviendra au type de texte que j’écris tout en l’écoutant; orchestrale, intense et parfois violente, elle accompagne mes promenades au grand air et me permet de visualiser des scènes qui trouveront leur place dans mes récits à venir; sensible, elle me dévoile des paroles qui m’inspirent des récits, des fragments, des personnages.

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Mon écriture ne pourrait pas être ce qu’elle est si la musique n’existait pas. En plus d’être (évidemment) un art à part entière, elle est pour moi un formidable instrument de travail, les pièces musicales me restant en tête longtemps après l’écho des dernières notes, prenant racine en moi pour éveiller mes idées, mon inspiration.

Bien sûr, il n’y a pas que la musique pour m’inspirer. Il y a les autres livres, dont les styles, les personnages ou les trames narratives m’aident à mieux cerner mes propres besoins et créer mes propres agencements; il y a les arts visuels, dont la beauté des scènes dépeintes ou l’intensité des couleurs peut m’évoquer un passage précis, dans lequel le personnage pourrait se trouver dans un environnement semblable.

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© Audrey Samson

Mais surtout, il y a l’art ultime, celui qui est partout autour de nous et dont on oublie souvent la présence: celui de la nature. Un souffle de vent qui fait tourbillonner les feuilles d’automne, l’éclat du soleil dans un ciel sans nuages, l’odeur de la terre mouillée après une puissante averse, les coloris des fleurs et des bourgeons au printemps, l’effet vivifiant d’une bouffée d’air glacial. Un monde d’odeurs, de sons, de beauté, de force et de fragilité: là réside le cœur de toute inspiration, je pense.

Clinique de livre: la nostalgie du voyage

Nous sommes nombreux à aimer voyager et à avoir souvent peu les moyens pour pouvoir partir loin et aussi souvent que nous le souhaitons. Pour les nostalgiques du voyage, je vous propose quelques lectures qui vous donneront encore plus l’envie de partir. Et puis, lire un livre, c’est déjà voyager!

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#01 LA FROUSSE AUTOUR DU MONDE – Bruno Blanchet

Monsieur Blanchet est un homme qui a beaucoup d’énergie. Nous pouvons le retrouver dans les journaux, à la télévision, etc. Monsieur Blanchet est un homme avec un long parcours de vie. Ses voyages lui ont apporté encore plus d’expérience. De mon côté, je l’ai connu sous le nom de M. Gagouri; un petit clin d’œil à son jeu d’acteur dans la célèbre émission «Radio Enfer».

La Frousse autour du monde est tout d’abord apparue sous forme d’articles publiés dans le journal LaPresse. L’idée était simple, suivre les aventures de Bruno Blanchet dans chaque pays, ville, monument, peuple qu’il visite. En tout, il y a quatre tomes. Parfois, ses aventure se suivent, alors que pour d’autres nous voyons les dates se distancer. Mais nous retrouvons une suite et nous en redemandons encore et encore. La Frousse est le journal de voyage de Bruno Blanchet. Lorsque nous lisons ses articles très personnels, nous rions avec lui ou de ses maladresses. Nous gardons le sourire, ou pleurons. Dans les derniers tomes, nous faisons la connaissance de son fils et de sa nouvelle vie à Bandkok, où il a ouvert un restaurant de poutine! Cette lecture est parfaite pour nous donner des envies de voyage, ainsi que des conseils. Puisqu’il ne part qu’avec un simple sac à dos.

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#02 INTO THE WILD – Jon Krakauer

Est également l’un des plus beaux films que j’ai pu voir de ma courte vie ! En plus d’avoir un réalisateur merveilleux, des acteurs talentueux, mais surtout une bande sonore à couper le souffle. Ma préférée, dont il m’est impossible de me lasser. Bref, c’est un film à voir ! Mais Into the wild est d’abord et avant tout un livre. Un livre qui raconte plusieurs histoires d’hommes et de femmes qui se sont réellement passées. Je le crois, à un certain moment de notre vie, nous souhaitons découvrir l’ouest canadien ou américain. Pour Christopher McCandless, ce fut l’Alaska. Ce livre est principalement basé sur son histoire, racontée par sa petite sœur. Cependant, nous retrouvons d’autres histoires de personnes qui sont parties à la conquête de l’ouest. Certains ont vécu très longtemps loin de la société, à l’état sauvage. L’objectif est principalement de se retrouver dans leur solitude. Leur histoire est fascinante et nous fait rêver. Elle nous donne envie de faire de même. De tout quitter et partir vers le pacifique.

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#03 VOLKSWAGEN BLUES – Jacques Poulin

Volkswagen blues est un célèbre roman écrit par Jacques Poulin. Tout comme dans Into the wild, nous retrouvons la conquête vers l’ouest. Dans cette aventure, Jack Waterman, un écrivain, nous emmène à découvrir le Canada et quelques États des États-Unis. Malgré que ce roman est souvent une lecture obligatoire à l’école, la lecture est intéressante, puisqu’elle nous emmène à réfléchir sur qui nous sommes. Le personnage principal est à la recherche de son frère disparu suite à sa conquête de l’ouest. Dans cette passade, nous rencontrons mon personnage préféré, et celle qui m’a fait aimer le roman: la Grande sauterelle. Cette jeune femme a des origines amérindiennes. Ce qui nous permet d’être sensibilisé à l’histoire de son peuple. Surtout à celle des femmes autochtones. Elle est également une grande amoureuse des livres. C’est avec elle que nous découvrons de grandes bibliothèques et suivons les traces du frère de Jack. Aujourd’hui nous pouvons lire la suite de cette histoire et retrouver la Grande Sauterelle dans L’homme de la Saskatchewan.

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#04 L’OMBRE DU VENT – Carlos Ruiz Zafron

L’ombre du vent est un VRAI coup de cœur. Il est rare que je tombe en amour avec un livre de cette manière. Je l’ai acheté à des ami-e-s ou je le leur ai fait acheter. Ce roman est délicieux. Il est à partager, à découvrir et à redécouvrir. Je n’ai jamais mis les pieds à Barcelone, mais après cette lecture, je le veux !

Ainsi, nous nous retrouvons dans la ville de Barcelone en Espagne. Daniel Sempere se fait conduire par son père au Cimetière des Livres Oubliés, une bibliothèque secrète. Dans cette bibliothèque nous retrouvons divers romans, dont l’un d’eux est particulièrement intriguant. Suite à la lecture de ce livre, Daniel souhaite lire d’autres romans de l’auteur. Mais cela se trouve à être impossible, puisqu’ils ont tous été détruits… et que l’auteur ne semble jamais avoir existé.  Nous partons alors à la conquête de cet écrivain et ses autres œuvres. Nous sommes enveloppés de mystère et pris dans un brouillard. Il y a également une très belle histoire d’amour…

Une fois, Einstein a dit…

E= MC², c’est bien une des seules choses, dûe à son caractère iconique, que je connais sur Albert Einstein. J’ai n’ai pas l’intention de faire l’éloge de ma grande incompétence face aux sciences, pas plus que celle de mon ignorance. Outre ses maintes réussites en tant que physicien, il aurait aussi dit, selon les interwebs, «Je n’ai aucun talent spécial. Je ne suis que passionnément curieux»

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Cette phrase m’a réconfortée dans bien des moments de ma vie et continue de le faire à ce jour. Je l’ai parfois utilisée comme excuse, faute d’avoir mieux à dire, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y avait pas de honte à y avoir. Honte de quoi? Honte de ne pas avoir de passion bien définie. Passion, c’est un bien grand mot à mes yeux, un mot précieux qu’on n’étiquette pas sur tout ce qui nous intéresse ou pique notre curiosité. Loin de moi l’arrogance de dire que je me passionne pour, disons, la photographie, alors que je ne sors mon appareil photo qu’en voyage et qu’il fait tout le boulot pour moi.

Par contre, il y a beaucoup de trucs qui m’intéressent et quand je m’intéresse à quelque chose, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, ni à demi-mesure. Cette attitude, qui chambranle un peu sur la ligne entre intérêt et fixation, je tiens ça de mon père. Mon père aux milles et un intérêts, un grand curieux que j’ai vu faire des recherches exhaustives sur des tonnes de sujets, passer des soirées à écouter des vidéos sur certains instruments de musique, regarder des plans de yourtes, ou bien lire sur les avions. Des fois ça passait, des fois ça restait, des fois ça part et ça revient. Avec le temps, je me rends compte que je suis pareille et, bien qu’en surface il n’y ait rien de mal à ça, j’ai souvent associé mon attitude à un vide, à un manque de passion, à une espèce de quête éternelle ou je ne sais trop, et l’attitude des gens face à cela n’a jamais vraiment aidé non plus.

Le truc avec mon père, nos intérêts (que je n’appellerai plus fixations parce que je trouve ça trop péjoratif) et moi, c’est qu’on en parle, on en parle beaucoup, souvent et, des fois, tout le temps.

Avant, je ne voyais pas le fait d’en parler comme un problème (ça n’en est pas vraiment un), mais je me rends de plus en plus compte que les gens me le reproche parfois. Que ce soit un petit commentaire sur la fréquence de mes mentions ou une implication sur le fait que je n’en parle plus, c’est souvent l’avis des autres qui a donné à mes intérêts une impression d’invalidité.

Voyez-vous, ce n’est pas parce que mes intérêts viennent par vagues, passes, blocs (au choix), qu’ils frappent fort et s’essoufflent parfois, ce n’est pas parce qu’ils sont quelques fois plus silencieux ou très bruyants qu’ils sont moins valides, moins vrais ou bien moins importants que quelqu’un qui est fasciné par la science depuis qu’il a 8 ans, par exemple.

Dans la vie, il y a bien des cases, des boîtes dans lesquelles on nous dit qu’il faut rentrer ou bien dans lesquelles on s’y force nous même et, parfois, j’ai l’impression que la façon dont j’envisage et aborde les trucs qui m’intéressent ne cadre pas dans LA définition. La définition en majuscule, la PASSION, comme si on devait se restreindre, mettre tous ses oeufs dans le même panier ou peut-être dans deux, des fois.

Peut-être que j’exagère, peut-être que j’en mets trop, mais quand je me mets à penser à tous ces gens qui disent «branche-toi donc» ou toute la pression des choix, la critique faite à ceux qui changent souvent de métier, de sphère de travail, le côté péjoratif qu’on attribue aux gens «girouettes», je me dis alors qu’être passionnément curieux, pour reprendre les termes de Einstein (de la traduction en fait), n’est pas vu comme une simple exploration, ni comme une curiosité, mais comme une instabilité, comme une incapacité à choisir et je trouve ça à la fois injuste et triste.

Peut-être que c’est un complexe bien personnel que je ressens  face à ça, mais si cette citation d’Einstein est si populaire, ce ne doit pas être parce que je suis la seule.

Einstein a aussi dit plein d’autre belles choses réconfortantes qui sont bien plus simples à comprendre que l’équivalence entre la matière et l’énergie d’un système.

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Le célibat, ou «vivre sur une île déserte»

Durant mon adolescence, j’ai lu les huit livres de la série Le journal d’Aurélie Laflamme plus d’fois qu’le nombre de doigts que j’ai sur ma main gauche. J’connaissais plein d’passages par cœur (surtout dans le premier tome, que j’avais étudié de A à Z parce que j’voulais FULL être choisie pour jouer Aurélie au cinéma, sachant quand même que j’allais pas être prise en raison de ma taille de nain d’jardin et de mon manque de talent en acting).

Dans l’fond, le seul point commun qu’j’avais avec Aurélie Laflamme, ç’tait que j’étais un peu extraterrestre à mes heures.

Des fois beaucoup, même.

J’pense que c’est pour ça qu’j’ai aimé lire les huit romans à ç’point-là. J’arrivais vraiment à m’identifier à Aurélie (mais pas physiquement, vous aurez compris). India est bonne pour créer des personnages comme ça.

Des personnages comme moi.

Comme vous.

Comme un peu tout l’monde.

Mon bout préféré d’la série (après le french de Nicolas, quoique… Tommy…), ç’tait celui des post-it. J’avais même fait l’coup à ma mère, qui l’avait pas trouvé si drôle que ça au début, mais qui avait fini par rire et me dire que j’avais toujours des idées originales.

J’lui ai jamais dit que l’idée venait pas d’moi.

J’m’excuse.

Bref, j’étais une petite fille pareille que les 650 000 autres petites filles québécoises qui avaient acheté les livres de la série.

Encore aujourd’hui, je me tiens à jour dans les nouveaux ouvrages que publie India Desjardins.

Ça fait que, en 2012, j’étais certainement une des premières à acheter la bande dessinée La célibataire.

J’ai jamais été une grande fan de BD, mais j’ai définitivement eu un coup d’cœur pour celle-ci. Son seul point négatif, c’est qu’on voudrait qu’elle soit plus longue.

J’avais vieilli de six ans depuis la sortie du premier tome du journal d’Aurélie Laflamme et, encore une fois, je me suis reconnue dans les faits et gestes de la Célibataire. Même si j’étais en couple, dans ç’temps-là. Parce que, malgré son titre qui pourrait nous donner cette impression, «ne pas être dans une relation», c’est pas un critère pour lire la bande dessinée.

On y voit le quotidien d’une jeune femme célibataire drôle et maladroite qui essaie à tout prix d’oublier l’Ex, de se faire un nouvel amoureux et, de ce fait, se débarrasser des désavantages du célibat (parce que des fois y’a des robes qui sont difficiles à attacher toute seule, celles avec un maudit zipper qui mesure trois mètres dans l’dos).

Les dessins sont vraiment bien faits. J’adore le trait de crayon de Magalie Foutrier (et aussi ses goûts vestimentaires, ç’a l’air, parce que les personnages ont une plus belle garde-robe que moi).

C’est coloré.

C’est rafraîchissant.

C’est cute pis ça fait sourire.

Je l’ai dévorée en un après-midi.

J’ai été triste quand je l’ai terminée.

Et là, BAM.

2014 est arrivé avec mon célibat et le tome 2.

Survivante, son nom. J’vous montre une p’tit extrait, que j’ai trouvé sur le blogue officiel de La célibataire.

Je sais pas si ça avait un lien avec ma pas-vie-d’couple, mais j’ai trouvé la BD encore plus drôle que la première.

J’irais même jusqu’à dire que j’ai trouvé ça encore plus l’fun que d’manger un pot d’crème glacée à la cuillère. La lecture de cette bande dessinée est plus bénéfique aux réparations des bobos du cœur (et, en prime, ça nous fait pas prendre plein d’calories inutiles).

Dans ce deuxième tome, on peut lire des anecdotes sur l’amour 2.0, les filtres qui peuvent prédire notre âme sœur, la définition de l’homme parfait, les sous-vêtements trop chers et les dates «pro bono».

Pis on compare le célibat à une île déserte.

Avec encore des illustrations qui font du bien aux yeux.

Gros coup d’cœur littéraire pour ce tome-là aussi.

Magalie et India forment une équipe parfaite.

J’ai déjà hâte de voir leur prochain travail (j’dis ça en croisant les doigts qu’y’en aura d’autres).

Bonne lecture !

Un jukebox dans la tête

1679480-gfJacques Poulin est sans contredit un écrivain incontournable de la littérature québécoise. À l’instar des grands tels que Hébert, Tremblay et Ducharme, il arrive à nommer avec simplicité l’intériorité humaine. Rien de moins!

La plupart des lecteurs ont connu Jacques Poulin pour l’énigmatique Volkswagen Blues, le livre de la route québécois. Personnellement, c’est avec Les grandes marées et Volkswagen Blues que j’ai été transportée dans l’écriture de Poulin. Lorsque j’ai su que l’auteur publiait un nouveau roman en 2015, j’ai tout de suite voulu le lire. Il faut dire qu’il sait se faire désirer Poulin… car comme le dit son personnage de Jack Waterman dans Un jukebox dans la tête, les vrais écrivains ne publient pas à chaque année !

En effet, dans Un jukebox dans la tête, on y raconte l’histoire de Jack Waterman, un écrivain à succès (non populaire, mais plus critique et littéraire!) qui vit dans le Vieux-Québec. Ce dernier vit une existence disciplinée jusqu’au moment où il croisera les yeux de la belle rousse de l’ascenseur. Elle lui dira les mots que tout écrivain rêve d’entendre  :

« J’ai lu tous vos livres et… je vous ai fait une petite place dans mon coeur. »

Cette rencontre inspirée d’une vraie conversation vécue par Jacques Poulin viendra chambouler la vie de Waterman qui sera charmé dès les premiers instants. Cette belle rousse du nom de Mélodie deviendra au fil de leurs discussions et leur amitié, une personne très chère aux yeux de Jack. Ils passeront de longs moments à s’écouter se raconter des anecdotes de leurs vies. Malgré la grande différence d’âge qui les sépare, ils seront reliés par une relation amicale près de l’amour. Sans nécessairement consommer leur désir, ils vivront des moments de pure tendresse. Néanmoins, leur existence n’est pas toute rose. Mélodie racontera des souvenirs douloureux de son enfance et de sa jeune vie d’adulte. Elle parlera de son besoin de fuir vers San Francisco et j’oserais même dire qu’un petit instant de suspense sera créé par l’écriture de Poulin. Le récit de Mélodie est empreint de mystère, de coïncidences douteuses et viendra mener le déroulement du récit. Quant à Jack, il l’écoutera attentivement et avec beaucoup de respect dans ses monologues, qui délivreront Mélodie un peu de ses tracas. Il lui racontera ses voyages, ses premières expériences en tant qu’écrivain et les drames de sa vie. Mélodie sera la petite musique dans sa tête, son petit jukebox momentané qui viendra donner sens à sa solitude le temps d’un instant.

J’ai été conquise par ce roman et par la plume de Poulin. Il réussit avec brio, simplicité et tant de douceur à créer des relations fortes, tendres et enviables. La patience dans l’écoute de Mélodie comme dans celle Jack vient redonner du sens à leur nouvelle amitié, à leurs parcours et de manière encore plus vague, à l’union. Bien entendu, il y a des rapprochements à faire avec Jacques Poulin compte tenu que le personnage a le même métier et âge, mais il est important de se laisser charmer par Jack Waterman. Les réflexions sur le monde de l’édition et les auteurs populaires étaient aussi très drôles. Waterman nous donne même des conseils pour devenir un écrivain connu. Loin du sarcasme ou du cynisme, on ne peut faire autrement que d’y reconnaître quelques auteurs!

J’aurais envie de terminer en disant que je garderai une place dans mon coeur pour Un jukebox dans la tête, mais j’aurais peur d’être clichée…

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Un jukebox dans la tête, Jacques Poulin, Leméac, 2015

Défi minimaliste: bilan d’un mois inachevé

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Le titre dit tout, je n’ai pas terminé le défi.

Pourquoi? Et bien je n’étais pas vraiment préparée, je n’ai pas pris le temps, c’était plus dur que ça en avait l’air.

En débutant le défi, je me disais que le minimalisme c’était vraiment une question matérielle, que une fois que j’aurai réussi à me défaire de quelques unes de mes possessions, j’aurai réussi. C’était plutôt naïf de ma part et j’ai réalisé, au cours de février, que le minimalisme, c’est beaucoup plus que donner la moitié de son linge et de ses livres.

Au fil de mes lectures et des vidéos que j’ai écoutés, j’en ai appris plus sur ce qu’était et représentait le minimalisme et surtout, ce qu’est le minimalisme pour moi. En ce sens, je dirais que ce défi est réussi.

Il est clair que, pour ce qui est du défi lui-même, je n’ai pas vraiment réussi. J’en retire tout de même beaucoup et je n’ai pas fini d’explorer cette philosophie de vie. Je ne sais pas encore totalement quel forme tout cela va prendre. Pour le moment, j’en suis encore à faire le tri de mes biens matériels et laissez-moi vous dire que la quantité de trucs dont je ne me sers pas est assez phénoménale et s’en départir m’enlève un espèce de poids sur les épaules. Plus de place et surtout moins de stress et de culpabilité si j’achète quelque chose de nouveau en pensant que j’ai déjà tout plein d’autres trucs chez moi. Ça ne veut pas dire que je me donne le droit d’aller dépenser pour remplacer tout ce que j’ai donné, loin de là. Ça me fait plutôt réaliser tout l’argent perdu dans des trucs que je n’ai jamais lus et ne lirai jamais ou bien dans du linge que je n’ai porté qu’une fois, etc.

Le minimalisme, c’est aussi, et majoritairement, ce qui se passe entre les deux oreilles. Mieux choisir les pensées auxquelles on donne de l’importance, ne pas laisser sa tête se remplir de tout un tas de trucs inutiles (je ne parle pas de fun facts, mais plutôt d’angoisses et de négativité). Bref, c’est un aspect du minimalisme que j’essaie, tant bien que mal, d’explorer. Je vous tiendrai fort probablement au courant, au fil de mes avancements.

En attendant, je vous laisse à quelques uns de mes liens favoris sur le sujet.

P.S  Les liens sont tous  en anglais.

Chronique « Écrire l’indicible » : Tom est mort de Marie Darrieussecq: le «devoir de mémoire» transposé

Cette chronique vous présente des récits qui traitent de sujets difficiles, mais qui se doivent d’être partagés, que ça nous touche de près ou de loin. Parce que l’écriture permet de tout dire.

Je n’ai pas d’enfants. Pas encore, en tout cas. Or, après avoir refermé le livre de Darrieussecq, je ne suis plus certaine d’en vouloir. J’ai été envahie d’une crainte. Comment avoir des enfants sans s’inquiéter de leur sort 24 heures sur 24, 7 jours sur 7? Comment vivre avec ces doutes, ces peurs, ces angoisses au quotidien? Comment aimer trop fort sans empoisonner ces petits êtres qui ont poussé en nous? Et s’il leur arrive quelque chose, comment peut-on survivre?

Car il est bien question de survie, dans Tom est mort. Darrieussecq a mis en récit la perte d’un enfant, celle d’une mère qui perd son fils Tom, alors âgé de 4 ans et demi. Nous traversons avec la narratrice toutes les étapes du deuil, du choc au mutisme, de la colère à l’apaisement. On lit ce récit d’une femme démolie, qui, malgré les groupes de discussion vers lesquels elle se tournera pour un peu de consolation, ne trouve soulagement dans rien: l’image de Tom à la morgue reste plus forte, malgré le support de Stuart, son mari, celui qui a dû l’épauler malgré son propre deuil. Deux autres enfants sont également présents dans le récit: on lit la culpabilité de leur mère de ne pas avoir su prendre soin d’eux, de ses petites lucioles qui auraient pu lui redonner espoir dans les moments les plus difficiles.

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Le sujet est pénible, certes. On ne peut plonger dans cette œuvre sans y être préparé et il peut être difficile de concevoir que l’on puisse traverser ce livre et l’apprécier. C’est l’écriture qui est si belle, si poétique, qu’elle nous aide à regarder ce que nous ne voudrions pas voir. Un peu comme lorsqu’on parle d’Auschwitz ou de l’esclavage, si une telle comparaison est possible. La mort d’un enfant est insoutenable, indicible, mais Darrieussecq nous apprend que l’on doit se souvenir. Que ce «devoir de mémoire» si souvent évoqué pour parler des grandes catastrophes de l’humanité se plaque au souvenir d’un enfant mort, de la catastrophe de cette femme. Darrieussecq raconte aussi la peine des autres. La femme compare: est-ce pire de perdre un enfant subitement, alors qu’il est jeune, ou de perdre un enfant qu’on a vu grandir pendant 15 ans, 30 ans, 50 ans? L’écrivaine nous apprend que la souffrance de cette perte est universelle. Je dirais même qu’elle touche ceux qui ne peuvent même pas la vivre encore, mais qui peuvent comprendre tout le mal provoqué par cette mort.

D’ailleurs, cette dimension est intéressante si l’on considère que ce livre a été au cœur d’une polémique littéraire. Tom est mort est paru après le livre Philippe de Camille Laurens, qui y racontait la perte de son enfant à deux heures de sa naissance, suite à des complications. Or, Marie Darrieussecq n’a jamais vécu la perte d’un enfant. Laurens a donc considéré le livre de Darrieussecq comme un plagiat psychique… Les deux auteures se sont ensuite lancées des flèches à travers des textes littéraires. Sans entrer dans tous les détails (je vous invite à lire ceci pour plus d’infos), cette querelle pose évidemment bien des questions quant à la place de la littérature et au rôle qu’a l’écriture dans la compréhension de ce genre d’événements trop douloureux.

Mais qu’y a-t-il à comprendre? Si ce livre est écrit comme une tentative de raisonnement à rebours, pour donner un sens à cet événement, Tom est mort, nous dit le titre. Pourtant, je conserve beaucoup de ce livre. Il m’a appris qu’aussi pénibles soient les souvenirs de ceux que l’on perd, ils permettent, au final, de préserver un amour inconditionnel pour ces êtres qui nous quittent. Tom ne mourra jamais dans le cœur de sa mère, qui a survécu et qui s’est donné le devoir de ne pas l’oublier. Philippe non plus, d’ailleurs.

Hommage aux grands-parents

J’ai eu la chance, le mois dernier, de lire en exclusivité le premier roman jeunesse de Normand Boisvert, intitulé Vert de peur. (Je suis tellement V.I.P., cela m’émeut.) C’est une de mes collègues, qui connaît mon engouement pour la littérature jeunesse, des cartonnés aux romans post-apocalyptiques si populaires auprès des jeunes adultes d’aujourd’hui (dont je fais partie, j’imagine), qui m’a conseillé celui-ci. Ce n’est pas pour rien que je porte fièrement un macaron où on peut lire «J’ai 5 ans», hein.[1]

Je vous fais un très bref résumé de Vert de peur: le grand-père de Julien, Marcel, est placé dans un foyer d’accueil puisqu’il souffre depuis quelques mois de la maladie d’Alzheimer. Julien est désespéré, puisque son grand-père est aussi son meilleur ami, son confident. Son papi, tout aussi désespéré d’être placé en foyer d’accueil, entraîne son petit-fils, ainsi que les lecteurs, en plein cœur de la forêt où vivent de monstrueuses créatures et où ils apprendront à s’aimer encore et toujours plus.

Je ne vous en dis pas plus… à propos du récit. Par contre, j’ai envie de partager avec vous la raison pour laquelle il m’a touchée: mes grands-parents et arrières-grands-parents, depuis ma plus tendre jeunesse, sont pour moi, comme pour Julien, à la fois des modèles et des confidents.

De magnifiques souvenirs ont ressurgis dans ma mémoire à la lecture de Vert de peur. Moi qui allais me coucher aux côtés de ma Grand-Maman Bond en revenant de l’école, dans son minuscule lit simple, alors qu’elle faisait sa sieste quotidienne. Les fébriles vendredis après-midi quand ma grand-mère Louise venait me chercher à l’école pour aller à son chalet à Val-David, associés aux montagnes orangées des Laurentides lorsque le soleil se couche. Les innombrables parties de cartes jouées contre mon arrière-grand-papa Fred, malheureusement décédé il y a de cela quelques années, à l’âge plus que vénérable de 101 ans. Le parfum frais du gin tonic. Les petits gâteaux glacés. Les soupers du dimanche de Pâques.

Ce sont ces souvenirs empreints d’émotions diverses qui m’habitent encore et toujours, et cette complicité que je partage encore avec mes deux grands-mères, qui sont revenus me hanter délicieusement. Et la détresse de Julien lors de l’éloignement de son papi Marcel m’a ébranlée, moi qui voit régulièrement mes deux petites grands-mamans, moi qui ne peut imaginer sans un motton dans la gorge et le souffle coupé qu’un jour elles ne seront plus là pour me faire essayer leurs manteaux ou leurs robes de chambre qu’elles ne portent plus. Pour préparer des soupers pour au moins quinze personnes de plus que le nombre d’invités. Pour tout simplement m’aimer et me faire rire. Pour me rassurer quand je suis anxieuse (donc tout le temps).

Et ces souvenirs, ils sont dans Vert de peur. Ils sont là quand Marcel appelle son petit-fils. Quand il veille sur lui, de près ou de loin. Quand il partage avec lui ses souvenirs. Quand, tout autour d’eux, le parfum du cèdre est omniprésent.

Ce roman a su trouver la petite-fille en moi, qui était plus près que je ne l’avais cru, mais je crois qu’il saura rejoindre mes merveilleux grands-parents, qui sont plus près de l’autre facette du récit, celle de Marcel, qui n’est pas racontée par le narrateur.

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N.B.: Le lancement de ce livre aura lieu demain, soit le samedi 14 mars à 14h, dans une charmante librairie du quartier Ahuntsic à Montréal, La Maison de l’Éducation! Elle est située tout près de la station de métro Henri-Bourassa, au 10840 avenue Millen! (Pssst! L’événement Facebook, c’est ici!)

[1] Le mystère est levé! Ou l’est-il vraiment? Vous ne le saurez jamais!

Histoire d’une fille (pas toujours) végétale

Mars étant le mois de la nutrition, je vous brosserai un petit portrait diptyque de ma relation avec le végétalisme, qui répondra peut-être à quelques interrogations sur ce mode de vie encore assez méconnu; un bref historique aujourd’hui suivi d’un inventaire de mes essentiels la semaine prochaine. N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences, questions ou réflexions alimentaires, qu’elles soient végés ou non!Featured image

Il y a deux ans, après quelques allées et venues dans le végétarisme, après maintes tribulations à travers choucroutes et escalopes, je décide de devenir végétalienne. L’un de mes choix qui s’avérera les plus libérateurs de ma vie. En effet, déjà enfant, je répugne à manger viande, œuf, lait, fromage, yogourt, poisson (surtout le poisson); tsé, les fameux enfants «difficiles », j’avais ma réputation! Déjà enfant, quelque chose clochait dans ma tête avec ça. C’était au-delà du dédain, une véritable incohérence à mes yeux. Mon imaginaire en puissance restait fixé sur l’image de l’animal et n’arrivait pas à décoller de celle-ci. Je buvais le lait en me pinçant le nez car ce liquide goûtait la vache, le pis de la vache.

Ceci dit, j’ai quand même, à la longue, fini par manger sans trop de problèmes ce que l’on mettait dans mon assiette, chez moi, chez les amis. Toujours avec un peu de réserves, à grands renforts de refoulement et de politesse.

Puis, je le dis ici sans gêne, j’ai commencé à sortir avec mon copain en 2009 et là, j’ai carrément commencé à bouffer de la viande. Pis j’ai aimé ça pour vrai, beaucoup, pis j’en mangeais pas à peu près. Juste pour vous dire, pendant un moment, suite à un voyage en Alsace, j’ai eu une grosse passe choucroute. Avec les saucisses pis toute. Ça a duré environ deux ans et demi, la viande big time. Jusqu’au jour où je me suis retrouvée face à moi-même et que je me suis dit que ça ne me ressemblait pas, que ça ne me correspondait plus. Comme en décalage horaire avec moi-même. J’avais pu de fun à manger de cette façon, me sentait lasse et surtout effrayée face à l’éthique animale. Bref, ce n’était pas moi et ce n’était pas ainsi que je voulais nourrir mon corps et mon esprit.

On me demande souvent si je regrette d’avoir mangé de la viande. Ma réponse est que je ne regrette pas ces moments carnivores. Ils font partie intégrante de ma vie.

C’était durant la grève du printemps érable, j’avais du temps devant moi. Je l’ai fait d’abord pour les animaux, pour l’environnement, pour ma santé. Pour mes papilles gustatives. J’ai lu sur le sujet, ratissé YouTube, réfléchi, j’ai essayé des trucs. J’ai d’abord cessé de manger de la viande, puis le fromage, longtemps après. Le yogourt a été le plus difficile à couper. J’ingurgitais alors beaucoup de yogourt, style un grand pot par jour, au déjeuner. Puis, un jour, sans le savoir, j’étais complètement végétalienne.

Depuis, je ne regrette rien. Ne m’ennuie de rien. Je le jure.

Parallèlement, mon chum était devenu végétarien. Et il en était malheureux comme une pierre. Ça n’a pas duré, cinq ou six mois, et il n’a d’abord pas osé me le dire quand il a recommencé à manger de la viande. Il avait peur de ma réaction, que je sois fâchée, déçue. Ce n’était pas le cas et ne le sera jamais. Que quelqu’un soit végétarien (ou végane) ou non ne m’importe guère, même s’il s’agit de mon copain, de ma meilleure amie, de ma famille. C’est un choix totalement personnel, comme tous les autres choix dans la vie d’ailleurs, selon moi. Et les choix méritent le respect, même s’ils sont différents ou complètement inverses aux nôtres. Si quelqu’un respecte mes choix alimentaires, alors je me dois de respecter les siens, et c’est ce qui fait en sorte que je suis végétalienne et que mon chum ne l’est pas et que tout est bien ainsi. Critiquer en dévaluant est le contraire de respecter, contrôler est le contraire d’aimer.

Le végétalisme est mon choix, celui que j’ai fait avec mon cœur d’enfant, celui qui me rend heureuse, me fait sentir vivante. Et honnêtement, je me sens mieux et plus en forme que jamais, à plusieurs niveaux. Toutefois, je ne prêcherais pas ici en faveur du végétalisme en disant que c’est le meilleur mode de vie, la recette magique et que tout le monde devrait l’adopter sur le champ pour éviter de mourir dans d’atroces souffrances; c’est un monde à explorer, mais un monde qui ne convient ou ne plaît peut-être pas à tous et encore moins instantanément. Je pense que chacun doit découvrir son propre bonheur et que celui-ci est protéiforme et peut évoluer au cours d’une vie, ce dont je peux témoigner de par ma propre expérience. Je ne crois pas à la solution unique et totalitaire, l’expérience de la vie est plus complexe, plus riche et mystérieuse que cela. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de s’alimenter, il n’y a que des gens qui se sentent bien ou mal par rapport à leur choix (citation de mon chum :)). Il faut savoir explorer, se tromper, parfois, rester ouvert d’esprit, s’informer par soi-même et pas seulement à travers ce que disent les autres. C’est primordial de rester à l’écoute de soi. Et de rester indulgent envers les autres, mais aussi envers soi-même.

Et vous, votre manière de manger vous comble-t-elle? Vous fait-elle apprécier chaque jour ce que vous portez à votre palais et dans votre bedon? Est-elle en accord avec vos valeurs, avec votre vision de la vie? Qu’appréciez-vous le plus? Pour ma part, ce sont les fruits. Je trippe sur les fruits, ils me procurent un bien-être indescriptible. Un prochain article vous présentera mes grands favoris et essentiels comestibles. Je vous souhaite de vivre dans un coup de foudre culinaire perpétuel, quels que soient vos choix. Comme je le vis depuis deux ans.

On m’a dit un jour que cela prenait deux ans pour que toutes les cellules de notre corps se renouvellent entièrement. J’aime penser que je suis maintenant une fille végétale.

Stéphanie L’Heureux, le cercle, la forme et le fond…

Indigo, 2014 | Encre et acrylique sur toile, 81 x 109 cm

Indigo, 2014 | Encre et acrylique sur toile, 81 x 109 cm

J’ai eu l’occasion de visiter l’atelier de l’artiste Stéphanie L’Heureux, membre du regroupement Pied Carré. Essentiellement peintre et photographe, elle explore aussi la porcelaine et la broderie. Je suis fascinée par ses toiles minimalistes et ses recherches sur le cercle. L’artiste engage son corps, le mouvement de son bras dans toute son amplitude et dans ses limites. Sur les grands formats le cercle dépasse parfois de la toile, il s’agit du plus grand cercle que son bras soit capable de former. Ses toiles sont une recherche d’équilibre entre la forme, le vide, le support et le geste. «Je cherche à revenir à la simplicité, à l’essence du geste, explique-t-elle. Mon approche vise à susciter l’émotion avec un langage minimaliste.»

Recherches, teinture sur tissus

Recherches, teinture sur tissus

Je trouve remarquable qu’elle n’ait pas seulement utilisé la peinture pour le fond, mais qu’elle soit allée chercher son bleu en utilisant de la teinture pour tissus. Après de longues recherches, du pigment sur la fibre, elle trouve son bleu parfait, mat et profond et la toile est enfin prête à recevoir son geste. La démarche est très poétique, calme, inspirante…

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Son travail questionne l’essence de la peinture et du geste, les composantes élémentaires du médium: le vide, l’équilibre, le jeu entre le fond et la forme, le mouvement et la ligne.

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La peinture de Stephanie L’Heureux a quelque chose d’intemporel, de profond et d’essentiel. Une fois tracé, le cercle ne peut être retouché. Il n’y a pas de seconde chance. Ses recherches illustrent l’éphémérité de la vie et arrête dans un moment, un geste, un souffle: le temps.

BIO

Stéphanie L’Heureux, née en 1968 à Ottawa vit et travaille à Montréal. Après des études collégiales en arts plastiques, elle obtient un baccalauréat en histoire de l’art (Université Laval, Québec, 1991) et une maîtrise en esthétique sur la sculpture du Kasaï (Université de la Sorbonne, Paris, 1993). Elle poursuit ensuite des études de doctorat sur la sculpture olmèque (Université McGill, Université de Montréal, 1995-2000). Par la suite, elle est directrice du centre d’artistes Diagonale (Montréal, 2002-2013).

stephanielheureux.com