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« Les fleurs, ce sont les poèmes de la nature »

La littérature jeunesse est une façon délicate d’aborder avec les enfants et les adolescents des sujets plus difficiles et complexes. En lisant des histoires abordant des thèmes tels que le racisme, l’homosexualité, le terrorisme et dans ce cas-ci, la vie dans un camp de réfugiés, les enfants apprennent à parler de ces sujets plus sensibles, développent leur sens critique et par le fait même, leur compassion, leur empathie et leur ouverture d’esprit. L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher est l’histoire d’une petite fille, Samia, qui comme le titre l’indique, n’a jamais vu une fleur de sa vie. Elle est née et habite avec ses parents dans un camp de réfugiés situé entre deux pays en guerre. Son quotidien n’est pas composé de couleurs, de fleurs, de nature. C’est son voisin Mayi qui lui dira cette phrase d’une telle beauté et poésie pour lui décrire ce que sont les fleurs et c’est aussi à ce moment qu’il décidera que Samia doit voir une fleur, une fois au moins dans sa …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

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Le charme évident des écrits d’Amélie Panneton

Les blocs appartements sont pleins de vide. De mystère. On entend souvent le voisin d’au-dessus marcher sur nos têtes, mais on ne l’a jamais vu. On croit savoir que les gens qui vivent à côté se chamaillent beaucoup parce que leur voix transpercent souvent les murs, mais peut-être que ce sont des acteurs qui pratiquent une pièce, au fond. On connait souvent bien peu les gens qui nous entourent lorsque l’on vit en appartement. Ces gens qui partagent nos pas mais desquels on n’aperçoit souvent que l’ombre. Avec Le charme discret du café filtre, Amélie Panneton tente une percée réussie dans cet univers qu’est celui de locataire. Étage par étage, elle nous convie à la découverte des résidents d’un immeuble rue St-Joseph, dans le quartier St-Roch de Québec. Et si on tentait de découvrir qui sont les gens qui nous entourent? En faisant défiler les résidents de l’immeuble, on découvre des récits à la fois banaux et uniques, des récits de gens comme tous les autres. Des gens qui pourraient être nos voisins, voire nous-mêmes. On …

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Un univers canadien à travers la plume d’Alice Munro

Il y a quelques années, je me suis aperçue que mis à part Lucy Maud Mongmery avec Anne la maison aux pignons verts et Émilie de la Nouvelle Lune, je ne connaissais absolument rien à la littérature canadienne. Des auteurs québécois oui, bien sûr j’en avais lu plusieurs, mais je pouvais difficilement nommer un auteur d’une autre province. Alors, lorsque la Canadienne Alice Munro a gagné le prix Nobel de littérature en 2013, je me suis empressée d’acheter un de ses recueils de nouvelles et je l’ai ajouté à ma longue liste de « à lire ». C’est trois ans plus tard que j’ai finalement ouvert le livre, prête à plonger dans l’univers d’Alice Munro. Au moment où j’ai commencé son recueil Amie de ma jeunesse, je venais de lire plusieurs romans américains et je m’attendais à rester dans le même ton avec le même genre de références socioculturelles. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver dans un univers si proche et pourtant si différent du mien. Ni littérature québécoise, ni littérature américaine, j’avais l’impression de plonger …

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Dear Ijeawle : petit manifeste en 15 suggestions

C’est lors de la journée internationale des droits des femmes, une journée après sa sortie, que je me suis retrouvée en librairie avec la ferme intention de me procurer le nouvel essai de l’auteure Chimamanda Ngozi Adichie. Dans la même veine que Nous sommes tous des féministes, elle  nous revient avec une autre petite plaquette ; Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions.   Sous forme de missive, elle prodigue 15 conseils et suggestions  à une amie, nouvellement maman d’une petite fille.  Tout en nuances, Chimamanda offre son opinion sur les possibles marches à suivre pour élever une fille forte et indépendante dans une société qui valorise plus souvent qu’autrement  le contraire. La perspective d’Adichie est intersectionelle, racisée et bien évidemment féministe. Elle crée un espace pour discuter des stéréotypes de genres, des standards de beauté, de la sexualité, en remettant le tout dans un contexte bien ancré dans la culture de son pays d’origine, le Nigéria. D’à peine 80 pages, ce petit essai est rempli de bon sens. Je dois avouer avoir eu, …

Jane Eyre, Les Hauts du Hurlevent et La Recluse de Wildfell Hall : les bris de conventions des soeurs Brontë

On m’a souvent demandé de dresser de petites listes exhaustives de mes œuvres littéraires préférées (n’est-ce pas la pire tâche à accomplir pour tout bibliophile de ce monde?). Si la réalisation de ces petits « tops 5 » ou « tops 10 » s’avère complexe devant l’immensité des romans lus et aimés, les œuvres des sœurs Brontë (Charlotte, Emily et Anne) arrivent, en revanche, toujours en tête de liste. Bercée depuis fort longtemps par leurs univers, j’avais hâte de vous partager les multiples raisons (qui pourraient s’allonger bien au-delà d’une page en entier, il va sans dire!) rendant compte de mon admiration à leurs égards. Laissant derrière elles un héritage littéraire hors du commun, les sœurs Brontë fascinent et marquent l’imaginaire, que ce soit pour l’originalité, l’avant-gardisme (les aventures et la personnalité de leurs protagonistes viendront chambouler les mœurs de l’époque victorienne), la richesse et la complexité de leurs œuvres respectives. Voici donc un résumé de mon appréciation générale sur leurs trois ouvrages principaux! Les Hauts du Hurlevent (Emily Brontë)  Tragédie et amour impossible sont au rendez-vous au sein …

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La séparation des corps : ruptures, incendies et renouveau

La séparation des corps raconte l’histoire d’amour entre Christina et Marie-Ange. Ces deux femmes vivent une passion dévorante et habitée d’un désir inépuisable d’amour, de tendresse, de durabilité, et ce, malgré tout ce qui les sépare.  Marie-Ange, qui a 42 ans, l’âge exact où sa mère est décédée, est la cuisinière de Marina, la mère de Christina, qui a tout nouvellement 20 ans. Ces années qui les séparent, ces passés qui les rattraperont viendront miner cette passion qui ne pouvait pas éternellement durer. 20 ans les séparent, mais c’est leurs milieux qui les différencient le plus. Fascinée par le feu, par les braises que font les fins de relation, Marie-Ange est un personnage complexe que je n’ai pas réussi à tout à fait cerner. Elle est la mère d’un garçon de 20 ans qui a des besoins spécialisés et qui, selon ses dires, restera toujours un enfant à ses yeux. Son fils âgé du même âge que Christina tombera sous le charme de cette dernière… ce qui viendra causer les premiers déchirements de cette relation …

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À combustion lente : Les corps extraterrestres

Quand Stella est arrivée avec ses bordées de neige invraisemblables, à la mi-mars, j’ai repensé au deuxième roman de Pierre-Luc Landry. Dans Les corps extraterrestres, le récit alterne entre les mondes de deux personnages, Hollywood et Xavier, qui ne communiquent qu’en rêve. Pour l’un d’entre eux, la planète suffoque de chaleur; pour l’autre, la neige n’arrête jamais de tomber. Je lisais les comptes rendus catastrophistes des médias, au lendemain de la tempête du 14 mars, et tout d’un coup j’ai pensé à Xavier, dont tous les déplacements sont ralentis par un hiver ininterrompu et lourd de précipitations. Je me suis souvenue de la ouate qui l’enveloppe et qui, un peu comme la neige quand elle tombe, assourdit pour Xavier les bruits du monde. Je me suis sentie replonger dans la nébuleuse de cette histoire, faite de rencontres impossibles et de grandes fatigues. Les corps extraterrestres est paru en 2015; je l’ai lu au tout début 2017. La vie publique des livres, celle des critiques et des chroniques, des listes de fin de saison et des …

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Ton histoire est aussi la mienne – Le Mur mitoyen de Catherine Leroux –

J’avais besoin de lire quelque chose qui me plairait sans détour et qui me rassurerait; un livre qui me prendrait longuement dans ses bras. La dernière fois que j’avais vécu cela, c’était avec le premier ouvrage de Catherine Leroux, La marche en forêt. J’ai donc amorcé avec beaucoup d’espoir la lecture de son deuxième roman, Le mur mitoyen.

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Le maître des livres: la littérature qui soigne

Amadouer la bête Mis à part quelques Dragon Ball lus dans ma jeunesse, je n’avais aucune expérience en matière de manga. Alors quand j’ai nommé le titre de la série que je cherchais, Le maître des livres de Umiharu Shinohara, au libraire et qu’il m’a demandé si c’était un «shhhyenihusfggen» (je vous jure que le mot n’évoquait rien de plus pour moi à cet instant), je me suis abstenue de répondre autre chose que «?!?». Grâce à mon solide sens de la déduction (oui, mais non), j’ai pu comprendre que ce mot mystère évoquait un type du manga. En fait, le terme est défini selon le lectorat ciblé par le magazine dans lequel les premières planches ont été publiées. Le maître des livres a été prépublié dans le Weekly Manga Times, un magazine ciblant principalement les jeunes hommes adultes âgés de 15 à 30 ans. (Ah!) Le seinen manga (parce que c’est un seinen, finalement) présente des histoires un peu plus sérieuses et complexes. La lecture du premier tome fut une expérience plutôt ardue pour …