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Encabanée ou retrouver un sens à sa vie dans les bois

Parfois, juste avec le titre et un paragraphe de résumé, je me fais de grandes idées sur un roman. Il me le faut tout de suite. Je me dis qu’il a été écrit juste pour moi. Qu’il va me révolutionner ! En quelques secondes, j’ai construit dans ma tête toute l’histoire d’amour que je vivrai avec ce livre et il me le faut tout de suite. Quand les éditions XYZ ont annoncé la sortie du livre Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba sur leur page Facebook, j’ai tout de suite été interpellée. On aurait dit que j’attendais ce roman depuis des mois, alors que je n’avais pourtant aucune idée de qui était l’autrice (c’est sa première parution). Gabrielle Filteau-Chiba y raconte l’histoire d’Anouk, qui a décidé de quitter sa vie montréalaise et professionnelle pour s’installer, seule, dans une minuscule cabane au Kamouraska. Le récit est inspiré de son propre fait vécu et est présenté comme un petit journal de bord. Elle y relate précisément quelques jours en janvier ou le mercure a chuté drastiquement, qu’il n’y avait plus …

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Quand le roman aide à accepter la maladie mentale d’un proche

La santé mentale est un thème qui m’interpelle particulièrement dans la littérature. Ayant un proche qui vit avec une maladie mentale, les romans qui traitent de ce sujet ont souvent eu un grand effet thérapeutique sur ma personne en m’aidant à mieux comprendre les symptômes d’une maladie mentale et à conserver un regard humain sur cette réalité, sans jamais sombrer dans la haine ni la colère. Parmi mes découvertes littéraires des dernières années, quelques ouvrages abordant ce thème m’ont apporté beaucoup de bien, notamment Borderline (2000) de Marie-Sissi Labrèche, Pivot de Marie-Ève Cotton (2017), La cloche de détresse (1963) de Sylvia Plath, Demain j’étais folle (2014) d’Arnhild Lauveng, Matricide (2017) de Katherine Raymond, et Profession du père (2015) de Sorj Chalandon. Aucun ne m’a toutefois autant ébranlée que Neurotica (2014) de Mélanie Gélinas. L’innocence de l’enfant, la douleur de l’adulte Dans la première partie de ce roman fragmenté, on suit l’histoire d’Anna Ouellet, âgée de huit ans, dont la mère souffre d’une « maladie des émotions », comme le dit la jeune narratrice. Le récit débute avec l’automutilation d’Anna, qu’elle réalise …

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Une chose très précieuse : voir et lire J’aime Hydro

Au tout début du mois de mars, j’ai pris la 40 déjà picotée de son trafic de milieu d’après-midi et je suis montée jusqu’à Trois-Rivières. J’avais manqué toutes les représentations montréalaises de l’intégrale de J’aime Hydro et il restait encore des places au balcon de la salle J. Antonio-Thompson, sous le doré et le faste d’un plafond Art Déco. J’ai coincé mes longues jambes dans l’espace qui m’était réservé (de biais, pour ne pas accrocher les épaules de la madame devant moi) et j’ai passé les quatre heures suivantes à regarder Christine Beaulieu parler d’enjeux énergétiques, de biens collectifs et d’amour. J’ai tout aimé de la pièce: la belle folie de s’engager dans une représentation de quatre heures, justement; l’idée d’une enquête citoyenne menée par une non-initiée; le procédé de mise en abîme, par lequel la construction de la pièce fait aussi partie de la pièce; les illustrations de Mathilde Corbeil projetées sur scène. Et j’ai aimé le texte, que j’ai eu envie de lire aussitôt ressortie sur la rue des Forges. Des réponses qui …

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Calamine : un baume poétique pour l’âme

Tout le monde connaît la calamine, cette petite crème rosée qu’on applique pour soulager des piqûres. Le recueil de poésie de la Youtubeuse Mélanie Jannard porte bien son nom, Calamine, puisqu’il apporte un peu d’apaisement dans nos vies, du réconfort. L’autrice, que j’ai découverte sur le web par ses vidéos portant sur les livres, a tout de suite attiré mon attention. Elle est assez directe, parfois un peu trash et elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense. Si on la suit aussi sur les réseaux sociaux, on réalise que ce qu’elle écrit est très proche d’elle. Une découverte Je n’ai jamais eu un réel intérêt pour la poésie, j’en lis très peu et je ne suis pas attirée naturellement vers ce genre de lecture. Pourtant, j’ai eu un coup de cœur juste à la vue de la couverture et je me suis dit : ceci est pour moi! En lisant ce recueil, je me suis sentie hautement interpellée. Écrite en prose, la poésie de Mélanie Jannard nous donne l’impression d’avoir accès à ses réflexions, …

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Les marées d’un continent à l’autre

Capucine se sent tellement différente de sa famille. Entre sa mère esthéticienne qui ne cesse jamais de parler et son père toujours parti en voyage d’affaires, elle a beaucoup de difficulté à trouver sa place. Puis un jour, sa mère cesse de jacasser. En menant ses recherches et en posant des questions auxquelles ses parents n’osent pas répondre, Capucine découvre qu’elle a une soeur aînée, que sa mère avait mise en adoption en Angleterre. C’est ainsi que débute le grand voyage de Capucine. Elle part seule à la rencontre de cette sœur inconnue, pour qui elle a pourtant déjà un attachement puissant. C’est sur l’île de Jersey, entre les journées à la plage et les soirées sur la terrasse, qu’elles se découvriront. Un vent marin Le roman Les marées de Brigitte Vaillancourt est une véritable vague qui nous enveloppe et nous rafraichit. Ce court récit de la littérature jeune adulte réussit à ne pas tomber dans les clichés et le déjà-vu. La rencontre des deux personnages principaux se fait sans artifices, comme dans la vraie …

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Avant, après : La Scouine

Il y a quelques temps, une réécriture de La Scouine a été proposée par la maison d’éditions La Peuplade. Récit marquant, qui a dépassé les époques, je n’avais pourtant jamais mis la main sur une copie de cet ouvrage. Avant de me lancer dans ma lecture du roman de Gabriel Marcoux-Chabot, j’ai tenté l’exercice intrigant de faire une double lecture de La Scouine, celle d’avant et celle du moment. Je me suis donné deux jours (et il faut dire qu’ils étaient amplement suffisants pour traverser ces deux minces ouvrages) pour parcourir les récits. Le premier jour, je me suis attaquée au texte de Laberge. Puis, dès le lendemain, c’est sa réécriture qui m’a tenu compagnie. Un exercice fascinant pour comprendre le cheminement de l’auteur dans son écriture. Roman paru en 1918 mais longtemps oublié, La Scouine, d’Albert Laberge, fait état d’une période sombre, mais également lucide de l’histoire, d’un passage où la vie des habitants, des agriculteurs, était dure et impitoyable. Au lieu de glorifier, comme le faisait bien des ouvrages de l’époque, la vie …

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Hunger: laisser les corps se raconter

Roxane Gay est une auteure qui répond à la plupart de mes dialogues intérieurs. Lorsque mes questions prennent des proportions incontrôlées jusqu’à en devenir étouffantes, j’ouvre un de ses livres et plus rien ne tombe à plat. Ça avait été le cas avec Bad feminist, ce l’est une fois de plus avec son essai Hunger.  Dans ce dernier livre, elle nous raconte l’histoire d’un traumatisme qu’elle a vécu. Gay aborde comment cet événement a morcelé sa vie et a drastiquement changé son rapport à son corps. À partir de son expérience personnelle, elle pose la question du corps en général : comment celui-ci est disséqué sous l’œil de la caméra et enfermé dans des statistiques. Roxane Gay rappelle que malgré tout ce qu’occultent préjugés, tous les corps ont une histoire. Et en partie à cause de tout ce qu’elle remue, je considère la parole de son livre comme incontournable. À travers les courts chapitres qui constituent Hunger, c’est un peu plus d’humanité et d’empathie, envers soi et envers l’autre, qui peuvent naître. Ici, la forme du livre sert absolument bien …

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Sauvage par nature de Sarah Marquis ou l’aventure d’être soi

Il y a quelques semaines, je suis partie à l’aventure, en quête de moi-même, de mes forces et de mes faiblesses. Je suis partie seule plusieurs jours, sac au dos, sans grande prétention, avec dans l’idée de toucher du doigt ce côté «exploratrice» qui sommeille en moi, juste pour voir de quoi j’étais capable. Je voulais sortir de ma zone de confort et aller chercher ce côté «sauvage» et libre au fond de moi. Avant de m’envoler, j’ai donc sondé quelques amies pour savoir quels livres les inspiraient et prenaient place dans leur backpack. J’ai eu beaucoup de retours et de références sur des récits de voyage. Un titre, particulièrement, m’a interpellé : celui de Sarah Marquis : Sauvage par nature! Explorer son côté sauvage Avec Sarah Marquis, on ne part pas seulement en expédition à l’autre bout du monde, non. On part explorer ses propres limites, on s’aventure bien au-delà de sa zone de confort, je vous assure! On sort littéralement du cadre pour sauter à pieds joints dans un monde peuplé de dangers …

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Terre-Neuve comme lieu d’épanouissement personnel

Opa, mon grand-père, était dans la marine militaire et a fait plusieurs fois le tour du monde sur son bateau. J’ai passé mon enfance à écouter ses histoires de voyage (la guerre en moins). Quand il nous parlait de cette période de sa vie, il nous décrivait Terre-Neuve comme le plus bel endroit qu’il ait jamais vu.  Il nous a quittés il y a deux ans maintenant. Bien que je n’aie jamais été aussi proche physiquement de cette île merveilleuse, je ne me sens pas encore prête à aller la voir de mes propres yeux. Au détour d’une discussion avec un de mes collègues qui va à Terre-Neuve chaque année, il m’a conseillé la lecture de ce livre d’Annie Proulx. Alors laissez-moi vous présenter Quoyle, le personnage principal : il est mou, peureux, a constamment honte de lui-même et de son menton proéminent, et sa plus grande préoccupation est de tenter de se faire oublier. Il a ainsi pris l’habitude de se contenter de ce qu’on lui donne (du mépris le plus souvent), considérant qu’il …

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L’heure mauve, quand la réalité rattrape la fiction

J’étudie en gérontologie sociale et je travaille dans une résidence pour personnes âgées en tant que responsable des loisirs. Lorsque Michèle Ouimet a sorti son deuxième roman L’heure mauve, publié chez Boréal en 2017, plusieurs personnes de mon entourage m’ont encouragée à le lire. Ce roman d’environ 365 pages se passe dans une riche résidence pour aînés d’Outremont, où Jacqueline Laflamme, ancienne journaliste atteinte d’un cancer de la langue, mène un combat effrené contre la direction qui souhaite séparer les « atteints » des « bien-portants ». Jacqueline monte aux barricades en clamant la ségrégation inhumaine et dégradante, malgré que plusieurs résidents encore en santé aimeraient être séparés des malades. La réalité versus la fiction Lorsque j’ai entrepris la lecture de ce roman, mon premier réflexe fut de tout comparer avec mon milieu. Comme un médecin qui regarde Grey’s Anatomy, j’ai dû effectuer un grand travail de lâcher-prise avant de pouvoir apprécier ce roman à sa juste valeur et me rappeler qu’il ne s’agit que d’un divertissement, une fiction. Le combat principal de Jacqueline était …