Month: août 2017

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Ciels Transitoires, une poésie salvatrice

Ciels Transitoires est un recueil de poésie écrit par Clara Brunet-Turcotte, paru chez la maison d’édition Poètes de Brousses. Il m’a tout de suite intéressée par sa première de couverture (oui je sais, on ne doit pas uniquement se fier à celle-ci, mais quand elle est aussi belle, c’est difficile de ne pas se laisser influencer), d’ailleurs, cette œuvre est signée Sam Ectoplasm. C’est le deuxième ouvrage que je découvre de cette maison d’édition qui se consacre à la poésie québécoise contemporaine, le premier étant Amélia de Laurence Veilleux, et je suis à nouveau conquise. Ciels Transitoires est un petit bijou de poésie libre et est superbement écrit. Le titre Transitoire est ce qui ne dure pas, les bonheurs, mais surtout les malheurs. Chacun développe sa propre interprétation en poésie. Pour moi, la poésie est subjective, on peut soit essayer d’imaginer ce que l’auteur.e pouvait penser ou bien créer notre propre interprétation selon nos besoins ou envies. Pour moi, Ciels Transitoires signifie ce qui ne dure pas. C’est un livre qui m’est tombé dans les …

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Le deuil tardif des camélias: jeunesse désabusée

C’est le joli visuel du roman Le deuil tardif des camélias qui a attiré mon attention au premier abord. Il ne manquait plus que je prenne connaissance que l’auteur était Daniel Leblanc-Poirier, dont j’avais apprécié la plume dans son recueil de poésie Le naufrage des colibris, pour me convaincre de le lire. L’histoire Le roman nous présente la vie d’Étienne et Laurent, deux amis et colocataires partis de Gatineau Beach pour venir étudier (en théorie plus qu’en pratique) à Montréal. Par la voix d’Étienne, nous les suivons dans le désordre tumultueux de ce moment de leur vie, comme suspendu, entre l’adolescence et l’âge adulte. L’histoire tournant autour de la relation toxique que Laurent entretient avec Florence nous trace le portrait d’une génération désillusionnée, d’une bande d’amis, d’amoureux, d’ex-amoureux et d’amants. Amitié, amour, ruptures, infidélité, deuils, drogues, trahison, manipulation : à première vue, rien de jamais vu. Vous vous demandez ce qui m’a plu à lire les (més)aventures de presqu’adultes agissant comme s’il n’y avait pas de lendemain? J’y ai reconnu, en partie, ma génération, fin vingtaine-début …

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Bec-de-lièvre d’Annie Lafleur, ou comment dévorer le poème

Les taons sifflent, le lièvre se fait dévorer par le chien, l’hirondelle écoute, l’âne obéit, la bête s’évanouit, le cheval s’observe et le pigeon cache le soleil. Bienvenue dans l’univers d’Annie Lafleur, un univers poétique peuplé d’animaux et dépeuplé d’humains, dans lequel les mots s’entrechoquent à une vitesse folle. Dans Bec-de-lièvre, tout un bestiaire se meut avec le sujet poétique, c’est le spectacle de « la marche des animaux en lisière du monde » (p. 31). « J’essore l’oiseau du ciel les digues éclatent en vieux sang je remonte dans l’arbre à l’écart des hommes souffle sur la vermine qui ronge ma veine je vole au soleil sa boue jaune » (p. 51). Quatrième recueil de la poète montréalaise, il a été finaliste au Prix des Libraires 2017, dans la catégorie Poésie. Divisé en trois parties composées de courts poèmes sans titre, préfacés par un plus long poème « On a quitté la région », le recueil de Lafleur, Bec-de-lièvre (Le Quartanier, 2016) suit la voracité du sujet poétique alors que cette dernière se promène en forêt, dévorant et rapiéçant tout …

Le syndrome de la vis… lecture d’une insomniaque!

Ça fait quelque temps que les livres de Marie-Renée Lavoie me font de l’œil et, fait cocasse, c’est à cause de son prénom peu commun que j’accrochais toujours sur ses romans quand je les croisais en librairie. Une de mes meilleures amies que j’aime beaucoup se nomme Marie-Renée, et j’ai cru pendant des années qu’elle était unique à avoir ce prénom (allô Marie!). Donc chaque fois que je croisais les livres de mademoiselle Lavoie, impossible de ne pas penser à ma Marie-Renée à moi. Bref, récemment j’ai vu le dernier roman de Marie-Renée en magasin, Autopsie d’une femme plate, et j’ai bien ri en voyant le titre. Par contre, c’est son petit voisin tout près qui m’a interpellée, un roman un peu plus vieux de l’auteure, Le syndrome de la vis… Le syndrome de la vis, rapidement, ça raconte l’histoire de Josée, une terrible insomniaque, et comme j’en suis moi-même une et que je me plais à dire que je ne dors jamais, quel plaisir ce fut pour moi de me reconnaître dans ce personnage …

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Tomber amoureuse d’une ville, est-ce possible ?

Êtes-vous déjà tombé(e) amoureuse ou amoureux d’une ville ? Vous êtes-vous déjà senti à la maison dans un endroit totalement à l’opposé de votre lieu de résidence ? Est-ce que c’est dans un autre lieu, dans une autre ville, que vous avez réussi à sentir la pure et tendre liberté d’être simplement vous ? Dans son essai Ceci n’est pas une ville, Laure Murat s’intéresse à son propre rapport à Los Angeles, où elle vit depuis plusieurs années. Elle affirme être tombée amoureuse de L.A., de sa lumière et en la lisant, on comprend qu’elle est tombée amoureuse des possibilités que la ville lui offrait, de l’espace que ce lieu de résidence créait pour elle. « J’ai aimé Los Angeles tout de suite, dès la sortie de l’avion. Tout m’a plu, la lumière, l’horizon, les palmiers, les voitures, l’urbanisme improbable, la langueur du paysage, la couleur d’or rose de l’atmosphère. Los Angeles, cité dépourvue de centre et de monuments, propice à l’errance et à la rêverie, défaisait d’un coup tous mes préjugés et m’offrait ce …

Les gens fidèles ne font pas les nouvelles Nadine Bismuth Titre de transport Alice Michaud-Lapointe Nu Stéphane Dompierre Ce que les hommes ne savent pas Le sexe vu par les femmes Lucia Etxebarria Le fil rouge le fil rouge lit bibliothérapie littérature lecture livres les livres qui font du bien

4 recueils de nouvelles à lire cet été

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé lire des nouvelles. Je trouvais cela frustrant. Cela finissait toujours trop vite. Depuis, j’ai appris à les apprécier. C’est agréable de pouvoir lire une histoire jusqu’au bout pendant le peu de temps que j’ai chaque jour pour lire. Une petite nouvelle pendant mon trajet de métro. Une autre petite nouvelle avant de me coucher. Avec un roman, on a souvent envie de commencer le prochain chapitre tout de suite, mais je ne peux plus me permettre de dévorer un gros bouquin en une journée! Et puis, c’est un genre parfait pour l’été qui commence. Voici donc 4 recueils qui m’ont marquée dans la dernière année! Les gens fidèles ne font pas les nouvelles de Nadine Bismuth Je déambulais dans Hochelaga lorsque je suis tombée sur une petite librairie de livres usagés en désordre total, coincée entre une boulangerie et un vieux dépanneur. Je suis ressortie avec ce merveilleux recueil de Nadine Bismuth : des petits aperçus de la vraie vie de gens banals. On a l’impression d’être dans leur cuisine, …

(Biblio)thérapie de couple, évoluer ensemble par la lecture

Tous les couples peuvent (et vont sans doute) passer par des moments difficiles. C’est ce qui nous est arrivé, à mon copain et moi : horaires de travail opposés, inquiétudes respectives, etc. Notre quotidien avait raison de nous peu à peu. Il nous fallait sauver le bateau. C’est à la suite d’une discussion autour de l’îlot de cuisine que l’idée nous est venue : il nous fallait trouver des activités communes afin de passer du temps ensemble, comme avant, et ainsi raviver la flamme. Nous sommes deux êtres très (mais très) différents. Lui : amateur de jeux vidéo, maniaque de jeux de société, sportif et surtout amoureux de bandes dessinées. Moi : amatrice de yoga, maniaque de thés, adepte de cocooning et surtout amoureuse de romans. Nous avons un intérêt qui n’est pas trop éloigné : la lecture. C’est alors que l’idée d’une bibliothérapie de couple nous est apparue comme une solution plausible. Comment exploiter cet intérêt commun afin de nous faire évoluer ensemble?  Voici certains conseils, qui sont loin d’être universels, afin de réussir …

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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

Coffret de juin : Entrevue avec Abla Farhoud

Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec Abla Farhoud, auteure du livre du mois : Au grand soleil cachez vos filles, ainsi que Le sourire de la petite juive et Toutes celles que j’étais, entre autres. Nous avons décidé de sélectionner ce roman parce qu’Abla Farhoud est une grande auteure québécoise à la plume exceptionnelle et qu’on avait envie de vous la faire découvrir. Nous avons aussi été touchées par le récit de cette famille qui se cherche, qui s’aime maladroitement, et surtout, le récit d’émancipation et d’affirmation de Ikram, un personnage féminin fort, courageux et superbe, nous a émues et inspirées. Quel effet a eu sur vous le fait de retourner dans votre passé, plus précisément à vos 20 ans, où vous retourniez dans votre Liban natal? Pendant longtemps, chaque fois que je pensais à mes années passées au Liban, j’avais beaucoup de peine, j’avais l’impression d’avoir perdu quatre ans de ma vie, et de garder une souffrance qui ne voulait pas s’en aller. En donnant la voix à plusieurs narrateurs pour écrire Au Grand …

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Cacher ses soucis dans ses poches

Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, le titre Des roches plein les poches m’a toute de suite séduite. C’est que j’ai moi-même tendance à cacher des « roches », mes soucis et mes émotions négatives, non pas dans mes poches, mais derrière la tête, là où les problèmes vont fermenter pour en ressortir plus aigres. Ce court livre de grand format est très joli et communicatif. Les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment le visuel parfait, juste assez imaginatif tout en restant dans le réalisme, pour accompagner l’histoire de Frédérick Wolfe, pertinente en tout point. L’histoire On rencontre la petite Alice, pour qui la vie n’est pas tout à fait rose. Il y a souvent des conflits à la maison dont elle est témoin malgré elle, mais elle n’ose en parler à personne. Sur le chemin de l’école, elle prend l’habitude de ramasser des cailloux et de leur raconter ses problèmes, puis elle les cache dans les poches de sa robe. À force d’accumuler les petites roches, elle n’arrive plus à courir ni à jouer …