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31 jours de bibliothérapie, jour 6 : Pour surmonter ses peurs, ou du moins essayer

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour surmonter ses peurs, ou du moins essayer

 

Promets-moi que tu reviendras vivant de Danielle Laurin. Suggestion de Léonie.

Mange, prie, aime d’Élizabeth Gilbert. Suggestion de Anne-Marie.

Le Nénufar et l’araignée de Claire Legendre. Suggestion de Marjorie.

Découverte : Yumi Sukugawa

C’est sur Pinterest que j’ai découvert Yumi Sakugawa, grâce à son petit dessin de poumons « sometimes it’s ok if the only thing you did today was breathe ». Je suis tout de suite tombée en amour avec le message qu’elle veut faire passer et le médium par lequel elle s’exprime.

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Je me suis donc procuré deux de ses trois livres (sans compter les zines) en espérant y retrouver tout le confort et l’originalité de ce qui m’avait charmée sur le web.

Your illustrated guide to becoming one with the universe

14699494_10209002185585823_2030776485_oCe livre, entièrement illustré en noir et blanc, nous guide de manière un peu métaphysique à travers la vie et les façons de connecter avec l’univers, ou de manière un peu moins spirituelle, avec soi.

À travers douze « lessons », l’auteure propose des façons de mieux gérer son stress, ses maux quotidiens et les démons qui prennent trop de place dans nos têtes. Tout ça en parlant de l’univers, de connexion et d’unicité. Ça vous semble un peu trop spirituel? Ce serait une erreur de s’arrêter à cela en feuilletant ce livre. Oui la prémisse n’est pas des plus pragmatique, mais les conseils et idées qui y sont véhiculés n’en sont pas moins terre à terre pour autant.

Pour reprendre les mots de la quatrième de couverture, Your illustrated guide to becoming one with the universe est à la fois un chemin dessiné — à la main — pour atteindre la paix intérieure et un voyage visuel à la découverte de soi.

C’est le type d’ouvrage auquel on revient, mille et une fois. Pour les images, les mots et tout ce qui se trouve entre les deux.

Yumi Sakugawa met en mots et en images le besoin de se connaître, de se reconnaître et de connecter avec soi, avec les autres, avec l’univers et tout ce qui nous entoure. Elle met l’accent sur l’importance d’être soi, d’explorer son monde intérieur et d’accepter tout ce qui s’y trouve.

Oui, on pourrait classer ce livre dans la section « self help », mais c’est tellement plus que ça. Visuellement, c’est magnifique. Les détails, les thèmes et l’univers proposés par l’auteure et illustratrice sont ce qui donne toute la beauté à l’œuvre. Les mots pourraient être trouvés ailleurs sans avoir le même effet, c’est l’amalgame entre les deux qui crée l’explosion de beau et de bien qu’est Your illustrated guide to becoming one with the universe.

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There is no right way to meditate and other lessons

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Ce petit livre, axé sur la méditation, est à la fois différent et semblable à son prédécesseur. Côté forme, il est plus petit, un format poche parfait pour le balader dans son sac. Contrairement à Your illustrated guide to becoming one with the universe, on se retrouve face à une explosion de couleurs. Elles fusent de partout et apportent une ambiance différente à l’oeuvre.

Dans There is no right way to meditate and other lessons, Yumi Sakugawa reprend quelques-unes des lessons de son précédent livre et les applique de manière plus concise à l’art de la méditation. On y retrouve conseils et trucs pour méditer, partout, de différentes façons. Nous avons une fois de plus affaire à un petit bijou, contemplatif, même s’il ressasse un peu les mêmes enseignements que Your illustrated guide to becoming one with the universe. N’en reste pas moins que c’est un magnifique petit ouvrage qui ouvre les portes au monde de la méditation de façon unique.

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En somme, ces deux livres sont, à mon avis, de petites trouvailles contemplatives et propices à l’introspection auxquelles il vaut la peine de s’attarder, ne serait-ce que pour la beauté des illustrations.

Découvrir Yumi Sakugawa fut une de mes belles découvertes de 2016. J’adore son art, son message et cette manière bien à elle de tout mélanger si brillamment.

Pour en savoir un peu plus sur Yumi, voyez cette entrevue réalisée par le magazine web Rookie.

Pour dénicher quelques bons livres sur la méditation, j’ai écrit un article sur le sujet il y a un petit moment de cela.

Fanie nous parle aussi de méditation dans cet article, parfait si vous cherchez à amorcer une pratique.


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31 jours de bibliothérapie, jour 5 : Pour faire le point sur notre vie

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour faire le point sur notre vie

Un matin je suis partie d’Alice Steinbach. Suggestion de Martine.

« Dans ce roman, on suit une journaliste divorcée qui décide justement de ne plus se définir selon ses statuts sociaux, elle veut revenir à la base de son identité, être elle-même tout simplement. C’est ainsi qu’elle prend la décision de partir en voyage, seule et entière. Il s’agit d’un magnifique journal d’une femme indépendante qui décide de prendre du temps pour réfléchir et faire de l’introspection, c’est rassurant et inspirant à faire de même. »

Je vais mieux de David Foenkinos. Suggestion de Léonie.

Le terrorisme expliqué à tous

« Oui, non seulement [le terrorisme] sème la peur, mais il est terrifiant parce qu’il est imprévisible, je veux dire invisible, on ne sait pas où et quand il va frapper. C’est ce qui s’est passé le 13 novembre 2015 à Paris au Bataclan et dans les cafés et les restaurants du quartier. [] Le 13 novembre, les terroristes se sont attaqués au mode de vie des gens civilisés, des gens qui vivent ensemble malgré leurs différences et leurs diversités. » (page 24)

À mi-chemin entre l’essai et le roman, Le terrorisme expliqué à nos enfants de Tahar Ben Jelloun est un ouvrage fort pertinent. Publié en août dernier, le bouquin présente une conversation entre l’auteur et sa fille. Cette dernière s’avoue apeurée par la violence qui fait rage dans les dernières années et elle s’interroge sur les fondements de l’islam, qui semble être un danger mondial. Français d’origine marocaine, Tahar Ben Jelloun semble en bonne position pour défendre les distinctions entre les extrémistes islamistes et ceux qui sont nés musulmans (et qui, parfois même, font preuve de laïcité).

Je dois avouer que j’ai été flouée par le titre de l’oeuvre, je m’attendais vraiment à une vulgarisation simpliste, tel un discours présenté à de jeunes enfants. Au contraire, nos enfants fait référence à sa progéniture directe et je dois dire que sa fille semble être une personne très allumée, curieuse et passionnée. J’ai donc fait face à une lecture plus ardue que prévu, le contenu est plutôt dense et je devais parfois relire des passages pour être sûre d’avoir bien compris. Mais je dois avouer que je n’ai pas énormément de connaissances sur la culture musulmane, c’est peut-être cela qui m’a ralentie. J’ai malgré tout beaucoup apprécié ce moment d’apprentissage.

J’avais lu Tahar Ben Jelloun dans le cadre d’un cours au cégep, son roman La nuit sacrée m’avait ouvert les yeux sur la culture maghrébine, que je connaissais à peine. Étrangement, je n’étais jamais retournée vers cet auteur, qui a pourtant écrit une quarantaine de romans, de recueils de nouvelles, d’essais et d’hybrides de romans-essais, si je peux me permettre d’inventer cette catégorie, dans laquelle je place Le terrorisme expliqué à nos enfants.

On sent qu’il connait bien son sujet, qu’il a longuement étudié la psychologie des djihadistes, de l’islam, il connait le Coran par coeur (du moins il y était obligé à l’enfance), rien ne lui échappe, et pourtant il en fait un portrait nuancé avec ses yeux de laïc occidental.

« Toute religion contient une charge de violence. La croyance n’est pas du domaine de la raison, alors la passion l’emporte souvent, et au cours de l’histoire, nous savons que bien des gens se sont battus au nom de Dieu. Aucune religion n’a pu éviter que des guerres ne soient menées en son nom. » (page 61)

Il s’agit de la troisième publication du genre que l’auteur nous offre, après Le racisme expliqué à ma fille et L’Islam expliqué aux enfants (et à leurs parents), et je crois bien que je vais aller me procurer ces précédents ouvrages, car le style à la fois narratif, mais explicatif m’a beaucoup rejointe, j’avais l’impression d’assister à une conférence très enrichissante (Jelloun fait d’ailleurs fréquemment des conférences sur une foule de sujets, dans les pays du Maghreb comme en Europe).

C’est également un bon moyen de se rappeler que le terrorisme ne date pas de l’an passé et que la religion et la société ne forment pas souvent un bon ménage, mais qu’il faut continuer de s’informer, de s’intéresser aux autres cultures et de profiter de notre privilège de liberté d’expression, un privilège trop souvent enlevé au peuple.


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Un duo des plus merveilleux ; Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Il y a de ces lectures qui marquent l’imaginaire et qui restent en nous longtemps, Jane, le renard et moi en fait partie. Il a eu longtemps une place de choix dans ma maison, sur ma cimaise où je prenais souvent le temps de m’immerger dans l’atmosphère si tendre de cette bande dessinée, la lire était tel une médiation pour moi, j’en ressortais ressourcée, chavirée et toujours entièrement comblée. Rares sont les bijoux littéraires qui me font cet effet, des années passées, mais Jane le renard et moi, c’est mon chouchou. (Et celui de bien d’autres gens, bien heureusement, les livres tels que celui-là méritent d’être partagés, lus, et relus.)

Alors, vous devinerez que j’avais le coeur serré d’apprendre que le merveilleux duo d’Isabelle Arsenault et Fanny Britt retravaillait ensemble de nouveau. J’étais heureuse, mais inquiète aussi. Et si je restais sur ma faim, et si Jane, le renard et moi, n’était pas égalable ? Des soucis de lectrice un peu intense me direz-vous, mais c’était un réel conflit dans mon coeur. Lorsque j’ai reçu Louis parmi les spectres, j’ai lâché un petit cri aigu parce que je savais déjà en touchant le bouquin que l’expérience serait comparable. Premièrement, c’est l’épaisseur de la bande dessinée qui m’a attirée. Un gros 160 pages de bonheur.

Louis parmi les spectres, c’est l’histoire de deux frères, Louis qui a onze ans et son petit frère. Les parents des garçons viennent tout juste de se séparer, car le père a un problème grave d’alcool. Louis est aussi amoureux fou de Billie et il tentera tout au long du bouquin de trouver du courage pour aller lui parler.

Le personnage de Louis est incroyablement sensible et allumé. Il comprend toute la maladresse et la complexité qui englobent la relation entre ses parents. Il comprend la douleur de son père, son problème et la fatigue de sa mère. J’ai beaucoup aimé le fait que ce soit des personnages masculins, car j’ai réalisé en le lisant que c’est très rare qu’on donne la parole à des jeunes garçons. Leur sensibilité, leur vulnérabilité et la justesse avec laquelle ils perçoivent la réalité m’ont beaucoup émue.
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Le trait de crayon d’Isabelle Arsenault est magnifique, tout comme le jeu des couleurs. Comme dans Jane, le renard et moi, la couleur prend tout un sens dans le récit. On y voit de la lumière lors des scènes plus joyeuses, par exemple lorsque Louis parle de Billie. Tandis que lorsqu’on voit son père pleurer un soir d’alcool, le gris et le bleuté nous démontrent toute la détresse du personnage. Le texte de Fanny Britt est toujours si intelligent, efficace et sensible. On y décèle toute la profondeur et l’intelligence des personnages en quelques phrases. Avec si peu de mots, elle en fait des personnages entiers auxquels on s’attache instantanément. Je pense au père comme à la mère. Ils sont démontrés tout en nuance et en authenticité, ils ne sont pas parfaits, mais on y perçoit toute leur bonté dans leurs qualités comme dans leurs défauts.

Je ne peux faire autrement qu’espérer avoir la chance de relire une oeuvre de ce duo des plus précieux en littérature québécoise. D’ici là, Louis parmi les spectres ira rejoindre Jane, le renard et moi sur ma cimaise, histoire de me réconforter en attendant.


Le fil rouge tient à remercier les éditions La pastèque pour le service de presse.

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31 jours de bibliothérapie, jour 4 : Pour aider à vivre un deuil, quel qu’il soit

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Pour aider à vivre un deuil, quel qu’il soit

In between de Marie Demers. suggestion de Marjorie.

«Ici, il est question de deuil, de voyage, de famille et de tout ce qui se trouve dans les entre deux. Au début, le personnage essaye plutôt de fuir son deuil. Je pense que, dans cette fuite, on peut en apprendre beaucoup sur le deuil et sur les mille et une façon de vivre un évènement aussi tragique que la mort d’un parent. C’est un roman de “coming of age” qui touche à tout, qui émeut et qui nous permet d’être moins seul, à la fois dans le deuil que dans notre “in between”.  »

The five people you meet in heaven de Mitch Albom . Suggestion de Geneviève.

Extremely loud and incredibly close de Jonathan Safran Foer. Suggestion de Geneviève.

Rosa Candida d’Audur Ava Olafsdottir. Suggestion de Léonie.

 

A monster calls de Patrick Ness. Suggestion de Marie-Laurence.

 

Le roman de Sara d’Anique Poitras. Suggestion de Marion.

Les murailles : un roman qui chauffe le cœur

En avril dernier. Marjorie a lu Les murailles d’Érika Soucy. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous en reparler, parce que vraiment, c’est un des incontournables de 2016.

Paru chez VLB éditeur (2016), le roman continue de creuser des thèmes déjà abordés par l’auteure dans ses deux recueils de poésie précédents, publiés chez Trois-Pistoles : Cochonner le plancher quand la terre est rouge (2010) et L’épiphanie dans le front (2012). On y retrouve le paysage de sa Côte-Nord natale où sont dépeints des gens ordinaires. Toujours dans la même veine que ses recueils de poésie, dans son premier roman, Soucy emploie une langue crue, voire « une oralité très brute ».

Les murailles raconte le court voyage d’une jeune écrivaine (difficile de ne pas superposer Soucy elle-même à la narratrice du roman) au chantier de la Romaine. Ayant grandi avec un père absent, toujours parti travailler sur les grands chantiers du Nord, la narratrice part à la rencontre de ce monde qui lui a enlevé son père pendant tellement d’années. La fille à Mario prend donc l’avion sous un faux prétexte (elle passe pour une secrétaire sur le chantier) et va voir par elle-même l’autre vie de son père. Autre but du voyage : écrire des poèmes sur l’expérience, faire de la poésie pour chauffer les cœurs.

« Je fais de la poésie qui chauffe le cœur un peu, parce que ça fait vingt ans au-dessus qu’à chaque fois que mon père revient du Nord, il traîne un grand vent avec lui, un grand vent frette de février qui t’engourdit la gueule pis t’empêche d’ouvrir les yeux » p. 32.

Ainsi, avec une voix forte, Soucy raconte cette semaine où elle côtoie tant d’hommes (son père, son oncle, son cousin et son frère, parmi d’autres), et quelques femmes, qui font le sacrifice de leur vie familiale en allant gagner leur vie sur les grands chantiers, dehors, au froid intense en hiver, à couper des montagnes en deux. Bien que plusieurs personnages soient présentés, Les murailles, c’est avant tout sur la relation difficile que la narratrice entretient avec son père. Une relation qui est très bien rendue à travers leurs échanges maladroits qui témoignent de leur amour malgré leur incompréhension réciproque. Une écriture crue ne veut pas pour autant dire une écriture complètement dénuée de tendresse. Par exemple, un après-midi, assis dans son baco, le père de la narratrice est tellement fier de finalement lui montrer ce qu’il fait. Il y a dans ces moments une grande sensibilité dans l’écriture.

Voici un bel extrait qui décrit le vol de la narratrice au tout début du roman :

« Au sol, c’est pas encore la toundra, mais c’est l’idée que je m’en serais faite. Les mêmes petites épinettes que par chez nous dans une terre plus vaseuse. C’est correct. Je veux dire, c’est ben correct; c’est pas laid ni déprimant ni majestueux tant que ça. C’est pas ordinaire non plus, ça me fait pas rien de voir ça » p. 12.

Sauf que, même si ça ne lui fait «pas rien» de voir la toundra, le territoire n’est jamais idéalisé chez Soucy. Plutôt, elle participe à ce que Mathieu Arsenault a appelé une «ruralité trash» dans un article qui a fait grand bruit dans Liberté en 2012. Elle décrit un territoire beau, certes, mais avant tout un territoire d’une région en déclin, pas le grandiose terroir des auteurs régionaux du début du siècle dernier. D’ailleurs, Soucy participe à cette vision poétique un peu marginale en dehors de sa propre pratique; elle est aussi la fondatrice de l’Off-Festival de poésie de Trois-Rivières.

Bref, je vais continuer de suivre cette Érika Soucy qui fesse dans l’dash pour nous émouvoir et nous dire le monde.


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31 jours de bilbiothérapie, jour 3 : Pour se réconforter après une mauvaise journée

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Pour se réconforter après une mauvaise journée

 

Zoothérapie de Catherine Lepage. Suggestion de Marjorie.

« Zoothérapie, c’est simplement un petit baume sur nos coeurs. C’est le type de livre qui peut vraiment réconforter, faire sourire et aider à passer au travers d’une mauvaise journée. C’est doux, c’est beau, ça fait du bien. S’inspirant du culte de la performance, de nos vies qui vont à 200 km à l’heure, Zoothérapie va à l’encontre de tout cela. On y prône le vrai, le ralentissement, le fait de prendre son temps, le tout accompagné d’illustrations d’animaux trop mignons. »

Paroles de Jacques Prévert. Suggestion de Alexandra G.

: « Paroles, c’est un recueil de poèmes empreint d’espoir qui pointe la vie quotidienne dans sa beauté et dans sa laideur, mais avec légèreté. On se libère d’un lourd poids lorsqu’on lit ces vers magnifiques et francs qui marquent par leur force évocatrice : “Les histoires de cercueils/C’est triste et pas joli/Reprenez vos couleurs/Les couleurs de la vie”, that’s it. »

Ce dont je suis certaine d’Oprah Winfrey. Suggestion de Caroline.

Harry Potter à l’école des sorciers de J.K. Rowling . Suggestion de Laurence L.

La BD Hyperbole de Allie Broch. Tiré du blogue “Hyperbole and a half”. Suggestion de Gabrielle.

Les histoires sont hilarantes, mais elles font parfois aussi réfléchir.

Northanger Abbey de Jane Austen. suggestion de Anne-Marie.

Les petites choses d’Anabel Roy. Suggestion de Marie-Laurence.

La BD La célibataire d’India Desjardins. Suggestion de Vanessa.

Les BD La plus jolie fin du monde, Zviane et Le quart de millimètre de Zviane . Suggestions de Marion.

Raconter comme Manu Militari

D’abord connu comme rappeur depuis plusieurs années déjà, Manu Militari sait manier la plume. En 2010 à l’ADISQ, il s’est vu récompensé en gagnant le Félix pour l’album hip-hop de l’année. C’est qu’il sait raconter et ne se contente pas de rimer sur des sujets futiles. Ses sujets abordés sont souvent dénonciateurs d’inégalités, lourds et empreints de lucidité. Pour ma part, je ne l’ai découvert que récemment et ses chansons me font, depuis, tendre l’oreille chaque fois. Comme une histoire qu’on me récite. Voir ceci pour vous convaincre.

Quand j’ai su qu’il sortait son premier livre en octobre dernier, sous les Éditions Stanké, j’étais évidemment enthousiaste à l’idée de mettre la main dessus. Je savais que j’allais apprécier me replonger dans son univers, cette fois version écrite. Le sourire de Leticia est un récit de voyage de l’auteur. Il s’est fait plaisir en s’évadant pour atterrir ailleurs et heureusement qu’il a écrit ses expériences, puisqu’elles se sont soldées par une première publication écrite.

Et voici ce que Manu Militari y a écrit à propos du bonheur qui ne semble pas se tenir très loin d’un passeport :

« […] c’est peu de choses, un moment arraché à la routine, une tranche de vie où l’on redevient enfant, s’extasie devant tout et rien, sens en éveil, on apprécie simplement. C’est des rencontres, des musiques, et des odeurs, des saveurs et des paysages, en un mot, c’est le voyage. »

Il s’agit d’une décision prise à la dernière minute. Celle de partir avec sa solitude et un seul bagage à main. Manu se pose plus précisément à Leticia, une ville de Colombie située près de la frontière du Brésil et du Pérou. Où il fait chaud et humide. Il ne voyage pas 5 étoiles. Se loger dans des endroits rustres ne lui fait pas peur. Il fait connaissance avec des locaux, des compatriotes, et se lie d’amitié avec des gens d’ailleurs. Pas nécessairement des personnes qui nous apparaîtront extraordinaires, mais des gens vrais. Comme ceux que l’on croise un peu partout autour du globe. C’est justement ce petit détail qui permet que l’on puisse s’imaginer lire le récit de voyage d’un de nos propres amis. Ça donne envie de poursuivre la lecture. Dès les premières pages, ma curiosité avait été piquée.

Et en cours de périple, Militari a même poussé le goût de l’aventure en se payant la traite avec ses comparses voyageurs : un séjour dans la jungle amazonienne et ce qu’elle comporte d’hostilités. Voici un des passages qui nous fait sortir de notre zone de confort :

« Parfois, je me fie aux voix des autres pour m’orienter. Si je me perds ce soir, je ne verrai pas demain, c’est tout ce que je sais. Le terrain est traître, glissant, il ne faut pas s’agripper aux branches, certaines ont des pics tranchants, d’autres sont toxiques ou abritent le diable sait quelle bête. Crapauds venimeux, scorpions noirs, salamandres, mygales errantes, mille-pattes, Hainer nous éclaire la mort au moins une fois la minute. »

Tout au long du roman, j’entendais presque la voix de Militari me raconter son temps qui passe et ses péripéties. Par moments, il nous fait replonger dans son passé, au temps où il se trouvait au Caire. Il est quand même allé 5 fois en Égypte, notamment durant la période marquante de la révolution ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak. Alors ça marque. Et il le dit lui-même, il a la mélancolie facile. Il nous fait donc, à quelques moments dans son récit, décoller de l’Amérique du Sud pour nous faire atterrir en Afrique du Nord-Est. Avec ses talents de conteur, on se sent encore une fois transporté ailleurs et ce n’est pas qu’avec du beau. Une altercation violente décrite par une plume habile donne des passages comme ceci :

« Ce matin-là, brumeux comme d’habitude, alors que je vais rejoindre mes deux affreux, un homme sort de nulle part et se rue violemment sur moi. Avant que je ne puisse réagir, il m’attrape par le collet et me jette contre un mur. J’ai les omoplates en mille miettes. Sa carrure fait deux fois la mienne, son regard trois fois ma haine, son haleine dix fois ma misère, je n’ai d’autre choix que de l’écouter. »

Tout au long du livre, les descriptions appuyées de ses sens éveillés de voyageur nous font ressentir l’air étranger, l’odeur du lointain et l’envie de partir prendre l’avion. Autres lieux, autres mœurs, l’auteur nous dépayse. C’est chaud et humide sur le bord du fleuve Amazone. Manu Militari conserve à peu près le même style d’écriture que dans ses chansons. Ce qu’il voit et ressent, c’est ce qu’il dit. Pas de dentelle, que du brut. Et c’est une formule gagnante à mon avis. Des détails de rencontres, de lieux, de moments parfois banals, mais qui étoffent, sans que ses descriptions viennent alourdir le récit. Le sourire de Leticia nous amène en voyage en 182 pages, sans toutefois que l’on se fasse dévorer par les mini-Dracula ailés.

 Le fil rouge tient à remercier Stanké pour son service de presse

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31 jours de bibliothérapie, jour 2 : Pour revivre l’innocence des enfants

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour revivre l’innocence des enfants

 

 

Le monde est rond de Gertrude Stein. Suggestion de Raphaëlle M.

Anne… la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery.

Matilda de Roald Dahl. Suggestion de Karina.

La série Le petit Nicolas de René Goscinny . Suggestion de Raphaëlle B

un classique d’enfance qui fait bien rigoler, qui rappelle l’ambiance de la cour d’école et qui nous fait replonger dans ce que c’est que d’être un enfant, avec tout ce que ça implique!

La série de BD Calvin et Hobbes de Bill Watterson. Suggestion de Raphaëlle B.

Les mésaventures de Calvin et de son toutou vivant, Hobbes, sont hilarantes et divertissantes, que l’on soit un enfant ou un adulte! Évidemment, chacun n’en retiendra pas les mêmes éléments, mais tous y trouveront leur compte. Un hommage à l’imaginaire débridé de l’enfance et aux réflexions, parfois très poussées, qui peuvent en découler.

Les aventures d’Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. Suggestion de Geneviève.

Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry . Suggestion de Caroline.

N’importe quel roman de la Courte Échelle!. Suggestion de Gabrielle.

Reine du fleuve d’Eva Ibbotson, ou tous les livres jeunesses de cette auteure!! Suggestion de Anne-Marie.

Série BD Max et Lili de Dominique de Saint-Mars. Suggestion de Marie-Laurence.

La BD Mafalda de Quino. Suggestion de Vanessa.

L’Arbagan de Jacques Goldstein . Suggestion de Camille.