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Du livre au film : Ghost World

Comme vous le savez probablement tous, la semaine passée avait lieu le Salon du livre de Montréal. Mes attentes étaient très hautes et elles ont été comblées, j’ai même déniché la bande dessinée Ghost World que je voulais depuis un moment, en fait depuis que j’avais visionné le film de Terry Zwigoff avec Thora Birch et Scarlett Johansson.

C’est donc l’histoire de deux meilleures amies qui viennent tout juste de finir l’école secondaire. Elles sont très différentes des autres jeunes de leur âge et c’est ce qui nous charme dès les premiers instants de lecture. Il y a Enid, une fille un peu rebelle, très ironique qui sacre beaucoup, proche de ses émotions et au look marginal. Et il y a sa meilleure amie, Rebecca qui est physiquement complètement différente de son amie, mais elles partagent relativement les mêmes goûts. Elle est un peu plus sérieuse, mais n’hésite pas à embarquer dans les idées farfelues de son amie, comme poursuivre un couple fataliste ou faire des heures d’autobus pour manger dans un diner aux allures kitch des années 50.15281279-_sx540_

C’est rare que l’on se retrouve face à une œuvre cinématographique inspirée d’une bande dessinée et ce que je trouve remarquable dans ce cas-ci, c’est que le film garde l’essence même que l’on retrouve dans la BD ce qui selon mon avis personnel est un très grand exploit. Bien sûr les idées ont été changées pour le film, mais il reste que certaines scènes sont exactes à la lecture de l’œuvre graphique, il y a des séquences reproduites parfaitement, jusqu’aux dialogues qui restent inchangés.

Dans le film, Enid doit repasser un cours d’arts plastiques pour obtenir son diplôme de secondaire, elle se noue d’une relation avec un homme plus âgé un peu loser, et elle et Rebecca veulent déménager en appartement, mais la situation semble toujours compliquée. Bref c’est l’histoire d’une jeune femme qui vit les duretés de l’entrée dans le monde adulte avec une attitude punk style.

Dans la BD, l’homme un peu loser croise souvent son chemin, mais la relation est complètement différente que dans celle du film. Dans celui-ci, une réelle amitié va naître entre Enid et Seymour, tandis que dans la BD ce n’est pas le cas. Elle développera une relation avec Josh, et vivra quelques aventures loufoques avec Rebecca. Les duretés du monde adulte sont tout de même présentes avec la même attitude.

This Cinematic Life

This Cinematic Life

Bref, c’est une excellente BD et un très bon film. C’est le genre de film et de lecture réconfortante qui font sourire, en plus d’être très originaux. Les dialogues sont crus, mais dans le cas des personnages ça marche tellement bien, ça leur donne une attitude de rebelles et de féministes à la fois, le tout exploité implicitement. Je vous recommande cette excellente BD qui ne coûte pas très cher et qui ne se lit pas si vite que ça, malgré son petit volume, le plaisir est donc prolongé.

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31 jours de bibliothérapie, jour 11 : Pour soigner les coeurs brisés

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour soigner les coeurs brisés

Les grandes marées, Jacques Poulin. Suggestion de Clara.

J’ai un grand faible pour l’univers de Jacques Poulin. Amoureux récidivistes, ses personnages sont toujours empreints d’une grande tendresse qui peut vraiment aider à soigner un cœur brisé. Les grandes marées présente un monde insulaire où se côtoient plusieurs personnages invraisemblables et où naissent des histoires d’amour et d’amitié. C’est un roman qui permet de s’éloigner de son propre tracas amoureux en se réfugiant sur l’île avec les autres personnages, en outre grâce à l’écriture douce et mélancolique de Poulin.

Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage de Martine Delvaux. Suggestion de Martine et Anne-Marie.


« Un ouvrage qui fait du bien quand ça fait mal. À lire le coeur déchu pour apprendre tranquillement à accepter ce coeur brisé qui prendra le temps qu’il faut pour se reconstruire. Un roman touchant, cru et franchement salvateur. »

Hiroshimoi de Véronique Grenier. Suggestion de Alexandra G.

 « Hiroshimoi, avec ses images fortes, sa grande sensibilité et ses phrases coup-de-poing, met les mots justes sur ce déchirement qu’est la fin d’une histoire entre deux êtres humains. Ce roman frappe par sa lucidité, aide à voir plus clair, fait pleurer par ses bouts de vérité et laisse entrevoir des parcelles de lumière. »

Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert. Suggestion de Alexandra G.

« Un roman qui, par les périples du personnage, inspire inévitablement à découvrir le monde, à vivre pleinement, à écouter ses plus grands désirs et à comprendre que l’on ne dépend de personne, sauf de soi-même. Mange, prie, aime est un livre qui aide à passer à l’action, à ne plus s’apitoyer sur son sort et à regarder devant soi, pour soi. »  

Milk and Honey de Rupi Kaur. Suggestion de Geneviève.

La tendresse attendra de Matthieu Simard. Suggestion de Caroline.

Douleur Exquise de Sophie Calle. Suggestion de Gabrielle.

Triangle poétique – Pasternak, Tsvétaïeva et Rilke

<<Ils ont oublié que la seule chose qui soit encore en notre pouvoir, c’est de savoir ne pas déformer la voix de la vie qui résonne en nous. >> Pasternak

Correspondance à trois s’inscrit dans la liste des livres que j’ai lus pour une première fois il y a quelques années (soit pour l’école ou pour le plaisir, ici c’est dans le cadre d’un cours) pour lesquels j’avais ressenti une grande vague d’émotions et que j’étais curieuse de retrouver (le livre et les émotions). Correspondance à trois signe l’échange épistolaire entre trois grands écrivains du siècle dernier, soit Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak et Marina Tsvétaïeva.

Boris Leonidovitch Pasternak, né le 10 février (29 janvier) 1890 à Moscou et mort le 30 mai 1960 à Peredelkino, près de Moscou, est un poète et romancier russe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1958.

httpwww-ledevoir-comculturelivres445305pasternak-et-son-troublant-jivagoMarina Ivanovna Tsvetaïeva est une poétesse russe née à Moscou le 8 octobre (26 septembre) 1892 et morte à Ielabouga le 31 août 1941.

httpswww-franceculture-fremissionsles-nouveaux-chemins-de-la-connaissanceles-forcats-de-l-absolu-14-marina-tsvetaevaRainer Maria Rilke, né René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke, est un écrivain autrichien, né le 4 décembre 1875 à Prague, mort le 30 décembre 1926 à Montreux, en Suisse. Il vécut à Veyras (Valais) de 1921 à sa mort. Il est surtout connu comme poète, bien qu’il ait également écrit un roman, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre.

httpfondationrilke-chrainer-maria-rilkelieux-valaisans-lies-a-la-biographie-du-poete<<La Correspondance à trois de Rilke-Tsvétaïeva-Pasternak constitue non seulement un fait littéraire exceptionnel, mais un fait tout court, surprenant par sa grandeur et par son intensité tragique. Tragique dans sa brièveté (quatre mois du milieu de 1926), interrompue qu’elle fut par la maladie et la mort de Rilke, tragique dans l’exaltation des passions qui s’y expriment. >>

Il m’était resté de ma première lecture, datant de 2009, l’image de la poésie-vie illustrée par Marina Tsvétaïeva. Pour moi, elle symbolise l’être-poète. Il n’y avait aucun compromis à faire contre sa poésie et elle ne voyait aucune différence entre sa vie et sa poésie. Elle était poésie, elle vivait en poésie. Il ressortait de cette relation entre la poétesse et sa poésie un élan violent envers la vie, mais aussi envers la mort. Mais pour elle, la mort était une manière d’accéder à une poésie pure. Je me souvenais aussi de l’amour de Tsvétaïeva envers Rilke, de l’amour de Pasternak envers Tsvétaïeva et de l’admiration de Pasternak envers Rilke.

<<Il y a des coïncidences qui jouent dans la destinée un rôle surprenant. >>

<<Le poète vit non aujourd’hui, mais toujours; non dans l’Histoire, mais dans le temps; non dans le monde contemporain, mais dans l’éternité : tel est le thème de ce quatrain (Rilke à Marina (extrait) au bas de l’article) à la lumière duquel il convient d’entendre sa conclusion : de l’homme qui porte la charge du don poétique, du <<poète>> dans l’<<homme>>. >>

Léonide Pasternak (artiste peintre et père de Boris Pasternak) apprend avec bonheur que son vieil ami Rilke est toujours vivant (après un silence de vingt ans), il lui écrit une lettre pour lui faire part de sa joie et il en profite pour lui parler de son fils Boris qui s’illustre par ses écrits. Rilke lui répond. Léonide partage son bonheur avec son fils : <<Je vais vous faire plaisir : je viens de recevoir une lettre de Rilke, une très précieuse lettre qui va vous combler […] >>  <<Pour Boris Pasternak, l’effet fut foudroyant. Il traversait, sur le fond de désorganisation de la vie pratique qui sévissait alors à Moscou, une période d’insatisfaction de soi aiguë et d’angoisse; la nouvelle que Rilke était vivant et connaissait son existence fut comme la voix du destin clamant que, même après la chute de l’Europe d’avant-guerre, la vie de l’esprit demeurait intacte dans ses manifestations les plus hautes et que dans le monde partagé, le fonds commun capable d’engendrer la poésie comme quelque chose de vivant, de naturel, demeurait entier. >>

Pasternak n’écrit à Rilke qu’une seule fois, pour lui demander d’entrer en contact avec Tsvétaïeva. <<Maintenant, c’est comme si j’étais né de nouveau. Grâce à deux hasards. J’ai déjà parlé du premier. Il me rend muet de reconnaissance; tout ce que j’en écris n’est rien mesuré à ce que je ressens. Permettez-moi de parler aussi de l’autre, d’autant plus que j’ai éprouvé les deux comme liés ensemble, et qu’il s’agit d’une poétesse […] Cette poétesse est Marina Tsvétaïeva, une poétesse-née, un grand talent […] Permettez-moi de considérer l’exaucement de ma prière pour Tsvétaïeva comme une réponse de vous, le signe qu’il me sera permis de vous écrire à l’avenir. D’une réponse directe, je ne puis seulement rêver. >>

Tout au long des échanges, nous ressentons une forte tension. Rapidement, une grande inquiétude se fait ressentir chez Pasternak, lorsqu’il se sent exclu de la relation qu’il a lui-même créée, celle entre Marina et Rilke. Il éprouve une immense affection pour Marina, Boris appuie à plusieurs reprises sur l’idée qu’il aimerait la revoir. Ils entreprennent d’aller tous les deux à la rencontre de Rilke. Marina ne fait rien pour accélérer sa rencontre avec Pasternak, mais elle aimerait être avec Rilke, bien que pour elle, les échanges au niveau de l’âme valent plus que celles des corps.

<<Quand je mets les bras autour du cou d’un ami, c’est naturel; quand je le raconte, ça ne l’est plus (même pour moi!). Et quand j’en fais un poème, cela redevient naturel. Donc, l’acte et le poème me donnent raison. L’entre-deux me condamne. C’est l’entre-deux qui est mensonge, pas moi. >> Tsvétaïeva

À travers les poèmes, les échanges sur la vie et sur la poésie, ressort de cet ouvrage dense et riche une émotion palpable. On s’attache aux personnages, aux fictions qui se créent dans les lettres, tellement que l’annonce de la mort de Rilke, (j’ai lu ce passage au milieu de la nuit) m’entraîne dans un deuil de quelques jours, en support à Marina et Pasternak (qui réagissent tout à fait différemment l’un de l’autre).

Dans une lettre de Tsvétaïeva adressée à Pasternak : <<Tu es le premier à qui je mentionne cette date. Boris, il est mort le 30 décembre, non le 31. Encore un coup manqué de l’existence. La dernière et mesquine vengeance de la vie contre le poète. >>

Je vous conseille 1000 fois la lecture de cette correspondance unique, on trouve rarement une force poétique aussi vive que dans le bref échange de ces trois êtres. J’espère avoir éveillé votre curiosité. Si vous ne connaissez pas déjà Marina, Rilke et Pasternak, Correspondance à trois est toute une entrée en la matière pour saisir l’étendue de leur dévouement à l’écriture et à la pensée poétique.

Rilke à Marina (extrait)

Nous nous touchons, comment ? Par des coups d’aile,

par les distances mêmes nous nous effleurons.

Un poète seul vit, et quelques fois

vient qui le porte au-devant de qui le porta.

 

Correspondance à trois, Rainer Maria Rilke, Boris Pasternak, Marina Tsvétaïeva, Recueil établi et préparé par Constantin Azadovski, Eugène et Hélène Pasternak, Éditions Gallimard, 1983, pour la traduction française.

Biographiees tirées de Wikipédia.

Photographie de Marina Tsvétaïeva : franceculture.fremissionsles-nouveaux-chemins-de-la-connaissanceles-forcats-de-l-absolu-14-marina-tsvetaeva

Photographie de Rainer Maria Rilke : fondationrilke.chrainer-maria-rilkelieux-valaisans-lies-a-la-biographie-du-poete

Photographie de Boris Pasternak : ledevoir.comculturelivres445305pasternak-et-son-troublant-jivago


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31 jours de bibliothérapie, jour 10 : Pour prendre le temps d’être, tout simplement

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Pour prendre le temps d’être, tout simplement

Tropismes de Nathalie Sarraute. Suggestion de Raphaëlle M.

L’éloge de la lenteur de Carl Honoré. Suggestion de Martine.


« Dans cet essai, Carl Honoré nous incite à prendre le temps et ce, dans toutes les sphères de notre existence : travail, famille, alimentation, etc. Ce livre est une bible pour tout ceux qui ne se retrouvent pas dans le train-train quotidien et dans cette société de performance, il m’a non seulement rassurée de ne pas être seule et m’a démontré toute la beauté de s’arrêter pour prendre le temps d’être soi. »

Méditer, jour après jour, Christophe André. Suggestion de Raphaëlle  B.

“Il s’agit d’un magnifique livre de méditation, qui présente, à l’aide de tableaux de maîtres, les bases pour comprendre en profondeur ce que sont la pleine conscience, la douleur, le pardon, le moment présent… En prime, un cd de méditation permet de s’y atteler! Un beau livre à offrir, et à s’offrir!”

Pensouillard le Hamster: petit traité de décroissance personnel de Serge Marquis. Suggestion de Camille.

L’art presque perdu de ne rien faire, Dany Laferrière. Suggestion de Caroline.

Le Salon du livre 2016, amours et traditions

Une fois de plus, je suis allée au Salon du livre de Montréal.

J’attends ce moment avec impatience chaque année, comme un enfant qui attend Noël, je compte les dodos dès le début de novembre. Voici les trois choses qui font, selon moi, un événement culturel incontournable.

Ma routine 

Pour moi, aller au Salon du livre, c’est comme rentrer à la maison. Avant même que je ne sache marcher ou lire par moi-même, ma mère avait l’habitude de m’y amener. Puis, dès que j’ai eu l’âge de prendre le métro toute seule, je tenais à y aller toute seule. Les livres ont toujours été importants pour moi, tout comme ce salon. Avec les années, j’ai fini par me découvrir des habitudes, des rituels. Je ne suis pas particulièrement attachée aux traditions, mais celle-là, elle me tient spécialement à cœur.

J’achète toujours le passeport, c’est une manière non seulement d’encourager les organisateurs, mais aussi de m’offrir la liberté d’y retourner quand je veux. J’y vais habituellement au moins une fois seule, et une fois accompagnée. Seule, je me permets de bouquiner, de lire une centaine de quatrièmes de couverture pour le plaisir, d’errer dans les rangées sans but précis et même parfois de discuter avec de nouveaux auteurs. En compagnie d’une amie, j’aime échanger, partager mes découvertes et écouter les siennes, c’est une belle occasion de découvrir les affinités littéraires de ses proches.

J’achète habituellement trois choses : un roman québécois, une bande dessinée et un livre pour enfant que je donne à la fondation luttant pour l’alphabétisation.

Cette année, à cause d’un budget trop serré, je me suis permis qu’une chose : Déterrer les os, de Fanie Demeule.

La foule

Détrompez-vous, ce n’est pas le fait de me retrouver coincée dans une foule compacte qui m’allume!

C’est plutôt de voir autant de gens se rassembler autour du même intérêt qui me touche profondément. Il y a toute sorte de gens, des jeunes, des adultes, des têtes grises ou blanches… C’est une foule vivante, hétérogène, qui varie selon le jour et l’heure. Comme quoi, il y a des livres pour tous les goûts. J’ai été particulièrement touchée par ces adolescentes faisant la file pour faire dédicacer leur exemplaire de Ouate de Phoque, ou encore ces enfants avec un sourire s’étendant d’une oreille à l’autre en voyant Géronimo Stilton arriver à son kiosque. L’avenir est là, et il est radieux.

Dans une Ère de livres électroniques, de fermetures de librairies indépendantes et de mondialisation, c’est rassurant et réconfortant de voir encore tant de gens se rassembler autour du dernier ouvrage de Michel Tremblay ou de Marie Laberge.

Je tends l’oreille entre chaque kiosque, les gens échangent, se regroupent, créent des ponts. Ils recommandent leur coup de cœur personnel et écoutent attentivement ceux des autres, la curiosité paie.

Ce que je souhaite surtout, c’est que cet amour du livre québécois perdure sur une année entière, que les gens conservent cette curiosité intellectuelle et l’envie de découverte.

Les auteurs

Qu’ils soient connus ou non, les auteurs présents au Salon du livre ne demandent qu’à tisser des ponts entre eux et leurs lecteurs. Ils s’ouvrent parfois avec une franchise et une simplicité étonnante.

J’aime aborder les auteurs encore à découvrir, seuls à leur table, qui regardent les passants avec un sourire pur et sympathique. Ils sont ce que j’aspire à être d’ici quelques années, c’est motivant et inspirant pour de futurs auteurs ou pour ceux qui, comme moi, en on fait leur principal passe-temps.

Parfois, je marche dans la Place Bonaventure en imaginant mon nom, écrit dans la liste des auteurs en dédicace ou sur l’une des immenses affiches. Ça doit être un peu la même sensation qu’une jolie fille a en se promenant sur Hollywood Boulevard, en espérant être repérée par un producteur ou un designer.

Une fois de plus, le Salon du livre aura été mon rendez-vous de novembre. Je continue d’espérer qu’un jour j’irai en tant que participante et non simplement comme visiteuse! Une autre édition réussie, j’ai déjà hâte à l’an prochain!

Et vous, quelles sont vos routines lors du Salon du livre? Y allez-vous chaque année? Et surtout, que croyez-vous qu’il faudrait faire pour que l’amour des livres perdure toute l’année?
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31 jours de bibliothérapie, jour 9 : Pour les jours où l’anxiété prend le dessus

31 jours de bibliothérapie c’est notre  calendrier de l’avent, c’est 31 thématiques et bien plus que 31 suggestions de livres qui font du bien.

Pour les jours où l’anxiété prend le dessus

 

La place d’Annie Ernaux. Suggestion de Raphaëlle M.

Fines tranches d’angoisse de Catherine Lepage. Suggestion de Martine.


« Dans ce magnifique petit livre, Catherine Lepage explique ce qu’est l’anxiété de façon honnête et magnifique avec ses illustrations qui font du bien. La lecture de ce petit guide fait du bien, permet de respirer un peu mieux et de se sentir comprise et pas si seule »

Adulthood is a myth de Sarah Andersen. Suggestion de Alexandra G.

 « Une bande dessinée, aux dessins naïfs et candides, qui pointe avec justesse les struggles que peuvent vivre et ressentir les personnes anxieuses. D’une main de maître, Sarah Andersen réussit à illustrer avec humour des sentiments si difficiles à décrire. Au tournant de chaque page, on rit de nous, de nos détresses non fondées et, avec un sourire bienveillant, on dédramatise nos grands moments d’angoisse. »

En cas de doute, je vais lire du Jane Austen. Suggestion de Anne-Marie.

Owen Hopkins, Esquire : Les cicatrices qui blessent ne partent jamais

Avec Owen Hopkins, Esquire, Simon Roy signe un deuxième roman d’une plume habile et magnifique où chaque phrase devient un bijou littéraire qu’on pourrait lire et relire pour le simple plaisir du beau.

Au-delà de ces mots qui s’agencent avec fluidité les uns aux autres, l’auteur propose le récit d’un drame familial, d’une filiation brisée et d’une trainée de blessures qui restent à jamais. Il s’agit de l’histoire d’une relation en péril, entre un père et un fils, qui s’effiloche jusqu’à n’être que poussières vides. L’atmosphère est douloureuse et lourde, mais d’une belle lourdeur, angoissante et intrigante, qui pousse à tourner frénétiquement les pages à la recherche de ce qui a bien pu décomposer la famille de Jarvis, personnage principal.

Roy présente ce récit qui semble trouver écho dans Ma vie rouge Kubrick, son premier roman paru en 2014 et lauréat du Prix des libraires du Québec en 2015, où il est question également d’un passé familial dont les cicatrices sont indélébiles. Jarvis vient tout juste d’apprendre que son père est mourant. Celui qui, précisément, a abandonné sa mère sur le bord de la folie, un drame irréparable entre les mains. Suivant à contrecœur les conseils de sa marraine Lila Roman, entouré des doux bouquets de la boutique Lila et Galantha, fleuristes, il décide de se rendre à la chambre 213 des soins palliatifs de la Hull Royal Infirmary, au East Yorkshire. Voilà qu’après un vol Montréal-Manchester, Jarvis se trouve face à cet homme, Owen Hopkins, son père, qui se meurt d’un cancer des poumons.

Mais, rien. Nada.

Tout est vide.

Il n’a aucune pitié pour cet homme qui a tout gâché, même sur son lit de mort. Aucun sentiment d’amour pour cet imposteur, ce menteur, ce fourvoyer, ce clown qui a préféré fuir par égoïsme.

« J’aurais dû mieux apprendre à cultiver le jardin des convenances pour, le moment venu, éviter de passer pour un sociopathe vide de toute émotion. »

Et, au début, ce manque d’empathie d’un fils vis-à-vis son paternel qui s’éteint à petit feu choque, dérange, percute nos valeurs. Puis, au fil des pages, de l’intrigue qui se déploie de façon magistrale, on comprend. On saisit, tout. On saisit cette haine qui anime Jarvis. On est frappé par cette animosité totalement justifiée par une confiance qui s’est brisée, par un trop plein de promesses non tenues et par une absence incurable.

« Ce chagrin insondable puisait sans doute sa source dans la solitude et la vulnérabilité du petit garçon que j’étais. Comme si à dix ans je sentais déjà, sans pouvoir l’exprimer avec des mots précis, que ma vie ne serait qu’une succession d’abandons, de pertes amères et de regrets. »

Pour Jarvis, ce n’est pas un père mourant qui est devant lui, sur ce lit d’hôpital, mais un mythomane qui vit dans ses délires. Même sur le point de trépasser, il trouve le moyen de raconter des bobards, des conneries pour embellir cette vie qu’il a ratée en ne pensant qu’à lui. Pour tenter d’oublier cette fois, fatidique, où il a n’a pas su être présent pour empêcher ce drame qui allait changer à jamais leur existence. Roy nous offre un récit sur la culpabilité, sur ce qui ne peut être effacé, sur ce qui reste. Un récit d’un père qui tente de se repentir, mais qui sera, même jusqu’à son dernier souffle, un menteur ingrat.

« Fuir était la seule option qu’il me restait, en dehors de la mort. Même la distance d’un océan n’arrive pas à effacer le traumatisme. I should have known… Même plus de deux longues décennies n’y peuvent rien. Le mal, c’est au tréfonds de notre foutue conscience qu’il loge. Elle est là, la vraie prison. »

Décembre, de la neige, du froid, une atmosphère sombre qui serre notre cage thoracique, mais surtout une intrigue qui s’agence petit à petit, avec habileté.

Owen Hopkins, Esquire est un magnifique puzzle qui pique la curiosité jusqu’à la fin. D’un épisode à l’autre, les morceaux se placent tranquillement pour qu’on saisisse toute l’ampleur du drame.

Pour que l’on comprenne que, parfois, les cicatrices qui blessent ne partent jamais.

Le fil rouge tient à remercier les éditions du Boréal pour le service de presse. 


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31 jours de bibliothérapie, jour 8 : Pour grandir

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Pour grandir

Louis parmi les spectres et Jane le renard et moi de Fanny Britt et Isabelle Arsenault. Suggestions de Martine.

« Dans ces deux bandes dessinées de Fanny Britt et Isabelle Arsenault magnifiques et incroyablement bien écrites, on y suit des enfants et des adolescents qui nous donnent envie d’être soi, de s’assumer et de faire ce qu’on a vraiment envie. Grandir comme enfant, oui, mais comme adulte aussi, car ces parcours restent universels et nous donnent envie de mieux vivre et d’être bien. »

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky . Suggestion de Raphaëlle B.

“Un récit touchant, parfois drôle et parfois troublant, qui montre l’évolution et le développement d’un adolescent marginal alors qu’il tente d’apprendre à surmonter ses démons et à trouver sa place dans le monde. Un bel hommage à la littérature et au pouvoir des mots, également!”

Vi de Kim Thuy. Suggestion de Anne-Marie.

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Suggestion de Camille.

Laurie Bédard : poésie noctambule

Paru en octobre 2016 aux éditions Le Quartanier, série QR, Ronde de nuit est le premier recueil de la jeune auteure montréalaise Laurie Bédard, que j’ai eu la chance de connaître au département de littérature de l’Université de Montréal. Elle propose dans cette incursion poétique des textes à la fois évocateurs et d’une grande précision. Dans une déambulation noctambule en demi-teintes, elle parle de latence et d’état en suspension. Au centre de ces espaces voilés, peut-être même feutrés, se déplient les corps et leurs limites, leurs fonctions et leurs frictions bien anatomiques. Prenant les allures d’une expérience évanescente, cette lecture s’est avérée pour moi d’une sensorialité physique assez percutante, que je tenterai de mettre en mots.

C’est au « tu » presque sentencieux que s’adresse cette voix d’outre-tombe qui ouvre le recueil et installe ces corps. Il faut souligner d’abord la rythmique particulière, que l’on sent intuitive et qui nous attire dans cette ronde. Entre flot et retenue, l’oscillation surprend et trouve son souffle dans l’entre-mot, déliant les remparts interprétatifs. Le vocabulaire vif brille de sa banalité et tire vers soi les forces primaires de mots.

ce n’est pas une course

c’est la plus ordinaire

continuité du monde

qui se joue

dans tes pas

(« 2. Au commencement il n’y a rien », p. 36)

Le style est tout sauf mirobolant, plutôt d’un fini mat, lisse et profond, comme celui d’un ciel à défaut d’étoiles. C’est la rue, la maison, le corridor. Pourtant la nature frissonne toujours non loin, envahissant les creux, s’intégrant même parfois à la matière humaine ainsi qu’en témoigne particulièrement « 5. Dors figure sauvage » (59). Si la nuit règne, ce n’est pas parce qu’il fait sombre que la vie s’est arrêtée. L’une des forces de l’auteure est d’ailleurs sa capacité à révéler la présence des choses non vues. De son regard oblique porté vers des relations et des mouvements métaphysiques qui nous habitent sans qu’on ne le sache, émerge comme un traité de l’invisibilité aux droits acquis.

Cyclicité et retour du même traversent ces chorégraphies nocturnes, en attente d’une finalité. Dès le départ, les temps semblent déjà usés, fatigués. On arrive ici au milieu d’une ritournelle, d’une ronde qu’il est impossible de quitter. Une danse à laquelle nous avons l’étrange sentiment d’avoir déjà participé, sans pouvoir identifier la source de cette impression.

la nuit l’iris se retourne dans tes yeux

tu te souviens d’une toupie folle

aucune image pour s’arrêter dedans

tes souvenirs se regroupent aléatoirement

creusent un ravin chaque côté de ton passage

événements, visages

tu visites pour la première fois toutes tes maisons

tu t’agenouilles dans chaque recoin

refais l’index des sensations probables

marches en somnambule sur tes chemins de perdue

 

(« 1. Tu danses » p. 18)

Les six tableaux composant le recueil suggèrent des doubles fonds funestes, exhumant la décrépitude de toutes choses à la manière d’une vanité. C’est aussi la nuit comme une bouche béante devant laquelle il vaut mieux danser que de rester figer, et c’est peut-être cette mobilité anxieuse qui m’aura le plus troublée et fascinée dans Ronde de nuit. Laurie Bédard convoque un retour à un ordre organique puissant, un règne possédant ses propres lois et ignorant les nôtres, pour y jeter ses vers lucides empreints d’une mélancolie savoureuse qui nous contamine. Et à l’auteure, j’ai envie de demander : cette voix qui nous accompagne et nous tutoie sans cesse, serait-ce donc celle de la mort?

Bédard, Laurie. Ronde de nuit. Le Quartanier, 2016, 76 p.

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31 jours de bibliothérapie, jour 7 : Pour quand vous avez envie de tout abandonner

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Pour quand vous avez envie de tout abandonner

La vie habitable de Véronique Côté. Suggestion de Martine.

« Ce court essai de Véronique Côté nous ramène à l’essence même de la vie : la poésie des petits plaisirs et l’importance d’insurgés dans son existence de la couleur et de la poésie. Cette lecture motive à reprendre le contrôle sur sa vie et à redéfinir la façon dont on veut vivre »

Véronika décide de mourir de Paulo Coelho. Suggestion de Raphaëlle B.

Le récit d’une femme qui n’a plus le goût de rien, qui n’a probablement jamais été satisfaite de sa vie, et dont l’internement à la suite d’une tentative de suicide lui donnera une furieuse envie de renaître… et de vivre, enfin!

Dépasser l’horizon de Mylène Paquette. Suggestion de Caroline .

Une chambre à soi de Virginia Woolf. Suggestion de Anne-Marie.

Wild de Cherly Strayed. Suggestion de Camille.