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Bouquins et caféine au Café Sfouf

Capture d’écran 2015-09-25 à 15.11.58Suite à cet article article, Marjorie et moi sommes allées au Café Sfouf sur la rue Ontario. On voulait acheter la passe Indie Coffee Passeport, mais malheureusement, il en avait plus! Ce n’est que partie remise, parce qu’on habite toutes les deux dans le quartier. Ce n’est pas la première fois qu’on y allait, nous étions allées la première semaine de l’ouverture (on l’avait présenté dans le calendrier local de l’avent). La déco nous avait déjà charmées dès la première semaine, surtout le beau mur turquoise ombré.

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On s’est donc rendues au Café Sfouf par un beau dimanche matin automnal assez occupé, dans une ambiance toujours aussi conviviale que familiale. L’endroit est parfait pour étudier, venir discuter ou, bien sûr, lire un bon roman. La place est hyper illuminée, le décor est tout en verdure et les accents de jaune (comme la petite pâtisserie libanaise, Sfouf, qui a inspiré le nom du café) nous ont inspiré chacune une lecture à l’image de l’ambiance de l’endroit.

Marjorie a bu un Americano et moi un Latté. Les deux succulents. Nous avons toutes deux pris des tartines et confiture. La mienne était aux bleuets et framboises et était très miam! Marjorie a pris celle à la fraise et à la mangue!

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Le bouquin conseillé par Marjorie : 

Parce que je trouve que le café Sfouf est le café de quartier parfait, que l’ambiance est à la fois fraîche et réconfortante, j’ai choisi (tout comme Martine) un roman à saveur familiale, soit Traders, hippies et hamsters de Marina Lewycka dont j’avais déjà fait la critique. C’est le type de roman léger et un peu absurde qui nous donne envie de sourire et qui se lit très bien par un beau dimanche ensoleillé sur une des grandes tables du Sfouf. On se retrouve plongé dans une histoire de commune, de famille attachante et de réflexions sur les différentes générations, sur la trisomie, sur le capitalisme, le tout saupoudré d’histoires rocambolesques. En plus, le livre est jaune !

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Le bouquin conseillé par Martine :

J’aime beaucoup le café Sfouf. Dès qu’on y met les pieds on se sent la bienvenue, la gentille propriétaire et les baristas sont toujours souriants et nous donnent envie de rester plusieurs heures à bouquiner. J’aime le brouhaha de l’endroit, des gens parlent, d’autres travaillent et il y a même des enfants qui jouent. La section Le petit Sfouf est super jolie et permet aux enfants d’aller s’amuser pendant que les parents dégustent un délicieux Latté. Autre petit plus aussi, la bibliothèque au fond du café, entourée de sofas, on a envie de s’y lover et de lire pendant des heures. Voilà donc ce qui m’a inspirée un roman épais, lumineux et familial. Il s’agit de La haine de la famille de Catherine Cusset. Ce roman autobiographique raconte le quotidien d’une famille normale, folle à ses instants, habitée d’un passé lourd et d’un espoir pour le futur. Catherine Cusset nous présente les membres de sa famille, selon son regard d’enfant et d’adulte et réussit à créer un tableau émouvant de ce que c’est d’être une famille, la balance entre le le chaos et l’amour inconditionnel.

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Indie coffee passeport : parce que les gens heureux lisent et boivent du café

Café Parvis, crédit Martine

Photo prise au magnifique Café Parvis par moi-même

Inspiré du roman d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café (dont je vous parlerai peut-être sous peu), Marjorie et moi avons décidé de lier deux activités qu’on adore faire, ensemble et séparées : visiter des cafés montréalais et lire. Nous allons donc débuter cette nouvelle série d’articles où on visitera des cafés tout en vous faisant des suggestions littéraires à lire dans ces dits cafés. Pour les intéressés, Marjorie vous avait parlé ici de ce que sont les cafés de troisième vague.

Et puis, nous avons pensé acheter l‘indie coffee passeport de Montréal. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s’agit d’un passeport café qui permet de découvrir 29 cafés montréalais, en 7 mois, pour seulement 30$. Ainsi, on va pouvoir découvrir des nouveaux cafés, les déguster, faire des rencontres de blogue où on discutera de nos nombreux futurs projets!

J’ai déjà hâte!

Dans le top de mes activités préférées, j’avoue que déguster un bon latté avec des amies à discuter du Fil rouge et de littérature, c’est pas mal difficile à battre.

Voici donc certains des cafés que nous allons visiter et pour lesquels on fera des articles en lien avec notre expérience et bien sûr, en vous conseillant des livres qui collent à l’endroit. De cette manière, la prochaine fois que vous irez dans ces cafés, vous aurez une idée parfaite de quel bouquin trainer dans votre sac.

PS : Gabrielle nous avait déjà fait son Top 5 personnel de ses cafés préférés.

Avez-vous des suggestions de cafés montréalais à découvrir et des bouquins à y amener ?

La petite fille qui lisait Gabrielle Roy

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Située d’un côté dans Outremont et l’autre dans le Mile-End, la rue Hutchinson est le reflet miniature d’une société. Abla Farhoud y vit depuis plus de 30 ans et ce fut, sans aucun doute, le point central de son inspiration lors de l’écriture de son roman Le sourire de la petite juive, paru en 2011.

Si vous lisez le blogue régulièrement, vous vous doutez bien que c’est suite à ma lecture de Toutes celles que j’étais, sa dernière parution, que je me suis intéressée à l’oeuvre de Farhoud. Comme je l’avais écrit dans l’article commun du mois dernier, une de mes amies m’avait dit à quel point elle avait adoré Le sourire de la petite juive et j’ai enfin pu comprendre les raisons pour lesquelles cette oeuvre d’Abla Farhoud est un petit bijou, tout comme Toutes celles que j’étais.

La narratrice de l’oeuvre, Françoise Camirand nous raconte son parcours d’écriture où elle écrit sur ses voisins de la rue Hutchinson. Le lecteur a donc accès aux réflexions de la narratrice et aussi, à ses écrits. Un point qui m’a réellement plu de l’oeuvre est justement le fait qu’on entre dans la tête de Françoise, mais aussi dans son monde créatif, car le roman se divise en petites parties indépendantes qui nous font découvrir différents personnages.

Il y a Chawki, Isabelle, la petite fille juive et plein d’autres. La rue Hutchison, qui depuis plusieurs années est devenue un lieu mythique des juifs hassidiques, devient le centre multiculturel de l’intérêt de la narratrice. Cette dernière devient extrêmement attirée et inspirée par les juifs qu’elle tente de comprendre et de découvrir. Elle y fait la connaissance de la petite juive qui lit Gabrielle Roy et à mon sens, c’est la plus belle histoire du roman. Nous avons accès au journal intime de la jeune fille et cela nous permet de comprendre le dilemme entre la culture familiale de la petite fille et celle de la société. À l’image de Toutes celles que j’étais, on fait la connaissance d’une jeune fille créative et sensible.

Bien évidemment il y a des rapprochements à faire avec le parcours d’Abla Farhoud, dont le fait qu’elle vit sur la rue Hutchinson depuis 30 ans et qu’elle est écrivaine, mais il ne faut pas tomber dans l’attente autobiographique. Le roman est une fiction et nous entraîne dans un monde créé entièrement.

J’ai toujours aimé les romans qui se déroulent dans les villes parce que cela nous entraîne dans un monde paradoxal, celui de la proximité et de la solitude. Farhoud nous fait découvrir des personnages pourtant si près en distance, mais si loin en réalité. Combien de personnes connaissent réellement leurs voisins? Si peu. Et pourtant, nous vivons collés les uns sur les autres. Cette solitude des grandes métropoles permet un vrai regard critique sur la distance qui unit les gens, et ce, peu importe l’origine. Dans Le sourire de la petite juive, il y a autant des Québécois pure laine, comme on dit, que des immigrants. Les gens qui nous entourent ne sont pas seulement des figurants croisés à l’épicerie du coin, ce sont des gens qui peuvent nous en apprendre tellement. Il suffit seulement d’ouvrir les yeux et le coeur pour s’intéresser à l’autre. Et voilà ce que réussit à merveille ce roman, s’ouvrir à l’autre, dans toute sa différence comme dans sa plus grande simplicité, celle de n’être qu’humain.

 

Ça aussi, ça passera de Milena Busquets

« Peut-être partons-nous tous avec un voyage en suspens, envisageons-nous des voyages lorsqu’ils sont déjà impossibles, comme si nous essayions d’acheter du temps, même si nous savons que le nôtre s’est épuisé et que personne ne peut nous faire cadeau d’une seule minute de plus. Ce qui doit être intolérable: avoir les yeux encore ouverts et penser qu’il y a des lieux que vous ne reverrez plus jamais, que les possibilités se ferment avant vos yeux. »Ça aussi, ça passera – Milena Busquets 

Ce paragraphe vous touche ou vous parle directement? Alors c’est que vous devez lire le roman dont je vais vous parler.

Dernièrement, j’ai lu le livre de Milena Busquets, Ça aussi, ça passera. Une phrase que moi-même j’utilise souvent dans différentes situations de ma vie et que j’ai même déjà vue tatouée sur quelqu’un tellement c’est une phrase porteuse de sens. Ça aussi, ça passera est un livre sur le deuil de la perte d’un parent et dans ce cas-ci, celui de perdre sa mère. Pour être honnête avec vous, j’ai trouvé le livre difficile à lire voire assez long par moments et je dois vous avouer qu’au départ, mon attirance pour celui-ci était dûe uniquement à l’ensemble des critiques élogieuses qu’on peut trouver un peu partout sur le web et dans les magazines. Cependant, je me suis demandée par instant si j’avais bien lu le même roman que tous le monde?

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Certes, le livre est bon et bien écrit avec sa double narration et sa touche autobiographique, et l’auteure réussit parfaitement à nous faire ressentir comment Blanca, l’héroïne du roman, se sent face à la perte de sa mère qui, elle le dira elle-même, était l’amour de sa vie. Cependant, celui-ci est aussi empreint d’une lourdeur avec le besoin d’évasion trop grand de l’héroïne dans les bras de tous les hommes présents dans l’histoire et tombe hélas trop souvent dans des clichés un peu trop « bobo » à mon goût. Est-ce vraiment la meilleure façon de vivre son deuil que de se lancer dans les bras de tout le monde ou de tenter de vivre comme une adolescente un peu superficielle à 40 ans? Je ne sais pas, mais je ne crois pas.

Voici brièvement l’histoire du roman: pour tenter d’apprivoiser sa nouvelle solitude causée par la récente perte de sa mère qu’elle vient d’enterrer, Blanca choisi de quitter Barcelone pour Cadaqués (qu’elle nous donne vraiment envie de visiter!), ville de son enfance, où elle vient d’hériter de la maison familiale, accompagnée de ses meilleures amies, ses enfants, ses 2 ex-maris, la gardienne, son amant (et sa famille) et sa mère, très présente, qui dort paisiblement dans le cimetière tout près dans la ville. Elle y passera un été rempli de souvenirs, de baignades, de promenades, de longues discussions autour de soupers bien arrosés, de beaucoup de « farniente », de beaucoup de joints aussi et de sexe avec tous les hommes de la maison. Le livre est cru, il dit ce qu’il a à dire et oui, par moments, tombe dans la lourdeur, mais il est également rempli d’une belle lumière et d’espoir face à la tragique perte d’un parent. On peut donc dire que l’auteure a bien réussi à faire passer son message, soit que ça aussi, ça passera, mais j’ignore si c’est comment j’aurais expliqué le deuil de la perte d’un être aussi cher à mes yeux comme elle le prétend.

Les 3 pages de la fin, soit l’épilogue, sont à mon avis le meilleur bout du roman. Si ces pages avaient pu teinter davantage le reste du livre, probablement que ma critique serait plus élogieuse également.

Bref, un livre qui fait du bien quand on vit un deuil semblable à celui de l’héroïne ou que l’on se reconnaît en celle-ci, sinon ce n’est hélas pas ma meilleure lecture cette année et je risque fort de l’oublier rapidement.

Et vous, vous avez pensé quoi de Ça aussi, ça passera ?

Le nouveau Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie

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Le livre que j’attendais de la rentrée littéraire, c’était lui. D’après une histoire vraie, ce nouveau titre de l’auteure française Delphine de Vigan, est sortie le 2 septembre dernier et je me suis fait le plaisir de le lire un weekend, emmitouflée dans une confortable couverture. Je suis sortie du lit en fermant le livre, c’est pour dire à quel point l’histoire m’a obnubilée. 

J’aime Delphine de Vigan d’amour, honnêtement. Rien ne s’oppose à la nuit a été une lecture charnière pour moi, je l’ai relue à trois reprises et j’ai même choisi de faire mon travail de fin de session sur lui, la session dernière. Je trouve que Delphine de Vigan a une écriture simplement vraie, elle nomme sans chichi les émotions et surtout, j’adore la réflexion qu’elle apporte sur l’autofiction, l’autobiographie et sur le processus créatif qui vient avec l’écriture.

Dans D’après une histoire vraie, j’avoue que de Vigan a réussi à me surprendre, mais de manière positive. Elle joue entièrement avec la mise en abîme tout au long du roman, on se demande souvent si l’histoire décrite est vraie, racontée par qui et surtout, motivée par quoi. L’histoire raconte celle de Delphine, l’auteure elle-même (ou bien l’image d’elle-même?), suite à la publication de son dernier roman qui mettait en scène une histoire familiale et la mort de sa mère (on ne peut faire autrement que de voir Rien de s’oppose à la nuit). En ayant lu son dernier roman, on reconnait les émotions de la narratrice, la difficulté d’écrire, de nommer les souvenirs familiaux et de mettre son intimité sur papier. Ainsi, au premier abord, on a l’impression de retrouver Delphine elle-même, or le roman sème des doutes et ce, jusqu’à la toute fin.

De Vigan, ayant de la difficulté à se remettre à l’écriture suite au succès de son dernier roman, fait la rencontre de L, avec qui elle développe une grande amitié très fusionnelle et intime. Elles se voient énormément et passent beaucoup de temps ensemble, ainsi se crée une tendre amitié où mutuellement elles semblent vouloir s’apporter. Or, plus l’oeuvre avance, plus la relation est louche. On se met littéralement à se méfier de la fameuse L, extrêmement agressive et intense face à l’écriture de Delphine. Elles auront à plusieurs reprises des discussions sur l’écriture et la nécessité de dire du vrai. L sera convaincue entièrement que les romans d’aujourd’hui se doivent à tout prix d’être vrais pour attirer les lecteurs et être littéraires. Delphine, de son côté, considère le vrai et l’intime comme des matériaux de création et non comme une finalité en soi. Ces discussions frôlant souvent la manipulation du côté de L sont toutefois extrêmement intéressantes à lire vis-à-vis les pensées et les réflexions de Vigan concernant la création littéraire. En connaissant ses plus récentes oeuvres, certaines autobiographiques et d’autres complètement fictionnelles, on fait des liens dans ses propos et surtout, on reconnait l’importance de l’intime dans son oeuvre.

Les pages passent et on a l’impression, réellement, de changer de roman. Le ton devient méfiant et dramatique, l’amitié entre L et Delphine prend une tournure différente et c’est pour cette raison que je peux dire que j’ai été surprise par D’après une histoire vraie. Je me suis retrouvée en plein coeur d’un roman policier, je ne pouvais refermer le bouquin sans réellement savoir ce que voulait cette fameuse L et surtout, je voulais savoir comment allait Delphine.

J’ai, comme vous avez pu le constater (!), adoré ma lecture, simplement parce que le roman a plusieurs couches, soient celle de l’histoire, celle de la narration, de l’écriture, le réel se fond dans le fictif. Les personnages en sont-ils vraiment? Les références sont-elles vraies? Le lecteur est confronté à tout moment aux thèmes même du roman. Les discussions de Delphine et de L deviennent les nôtres ; est-ce que cela est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? En quoi il est nécessaire de savoir ce qui est vrai et ce qui est faux, inventé ou juste inspiré d’un fait vécu? D’où vient l’inspiration? Il faut se laisser mener par le récit, par l’écriture toujours aussi magnifique et simple de De Vigan et apprécier ce récit si passionnant.

Avez-vous eu la chance de lire ce dernier De Vigan ? Et si oui, comment l’avez-vous trouvé?

Je ne suis pas une littéraire

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Ça m’aura bien prise un baccalauréat en littérature dans ma poche pour m’en rendre compte; je ne suis pas une littéraire.

Du moins, pas au sens « universitaire » du terme. J’ai vaguement pensé à faire une maîtrise, très vaguement puisque mes notes ne me le permettaient pas de toute façon. Pas que j’étais une mauvaise étudiante, mais je n’avais pas l’intérêt ni le goût d’aller plus loin.

En plus, j’ai lu Twilight quatre fois entre l’âge de 14 et 18 ans.

J’ai arrêté de lire Harry Potter au quatrième tome et, en réessayant, je n’ai pas passé à travers le premier tome.

J’ai trop de livres de psycho pop et pas assez de « vrais/bons » romans.

Je n’ai pas de genre favori, j’essaie encore de découvrir ce qui me plaît vraiment, même après avoir exploré plusieurs genres.

Je n’ai pas d’auteur(e) favori non plus.

Je commence tout juste à être à l’aise avec l’idée de faire des critiques littéraires et pourtant, j’ai quand même co-fondé ce blogue.

Je ne suis donc pas une littéraire, mais selon qui?

Est-ce qu’on doit vraiment définir ce qu’est l’amour des livres? Est-ce vraiment nécessaire de se mettre de la pression inutile pour entrer dans un moule imaginaire? L’important n’est-il pas de lire, de se sentir bien, peu importe quelle lecture nous fait sentir bien?

À chacunEs ses goûts, à chacunEs ses envies.

Ici, chez Le fil rouge, on cherche à promouvoir des livres qui font du bien, les lectures  qu’on aime, qu’on a le goût de partager et c’est une mission qui, à mon avis, permet justement de déconstruire, à sa façon, cette idée de « vraie » littérature… de para-littérature… qui n’est pas entièrement fausse, en théorie, mais qu’il ne faut pas non plus prendre à la lettre, ni encarcaner.

Lire des livres qui nous font du bien, ni plus, ni moins.

En bout de ligne, pas besoin d’être littéraire pour aimer lire, pas besoin d’un baccalauréat, pas besoin d’avoir tout lu ou bien de se vanter d’avoir lu les frères Karamazov, suffit de beaucoup d’amour pour les mots et voilà.

Malgré tout, vous ne me prendrai jamais à lire La justicière dans le métro, j’ai mes limites, mes choix, mes goûts (encore vagues, mais quand même) et quand un livre n’est écrit que dans le but de faire de l’argent (ce ne sont pas mes mots, mais ceux de l’auteur), j’ai de la misère à y voir l’amour pour les mots, c’est une question de respect.

 

Autour des livres : Rencontre avec Marjorie Belisle, rédactrice professionnelle

Crédit : Instagram @marjoriebelis

Connaissez-vous le questionnaire de Proust ? Il s’agit de questions posées par l’auteur Marcel Proust, principalement connu pour sa majestueuse oeuvre À la recherche du temps perdu. Celles-ci permettent de mieux comprendre ou connaitre quelqu’un. Dans ce questionnaire, on y trouve des questions telles que La fleur que j’aime ou Mes héroïnes préférées dans la fiction. L’animateur littéraire Bernard Pivot s’est inspiré de ce questionnaire pour créer le sien, qu’il faisait passer à ses invités à son émission Bouillons de culture. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un questionnaire Le fil rouge où on pourrait en apprendre davantage sur une personne, et ce, au sujet de ses habitudes de lecture, de création, d’organisations et au niveau de ses préférences littéraires.

C’est donc avec plaisir qu’on vous présente dans cette première édition les réponses de Marjorie Belisle, rédactrice professionnelle. Nous avons découvert Marjorie à coup de like sur Instagram. Le style de ses photos et surtout, ses choix littéraires nous ont amenées à se suivre mutuellement et à découvrir par le biais de ses photos plein de lectures potentielles. Marjorie travaille avec les mots à tous les jours, nous étions donc curieuses d’en connaitre davantage sur ses habitude d’écritures et de lecture.

1. Quel est ton premier souvenir en lien avec la lecture?

À 3 ou 4 ans, les matins très tôt, à feuilleter des livres alors que la maisonnée est encore endormie. Et un peu plus tard, les nombreuses visites à la bibliothèque du quartier avec ma mère.

2. Avais-tu un rituel de lecture enfant ou un livre marquant? Et maintenant, as-tu un rituel de lecture?

Enfant, je lisais partout, n’importe quand. J’étais fascinée par Anne… la maison aux pignons verts et je me suis plongée tête première dans la série du Club des Baby-sitters et les bouquins de la Courte Échelle. Puis, j’ai découvert La lumière blanche d’Anique Poitras et les livres de Judy Blume qui m’ont aidée à faire mon entrée dans l’adolescence. Maintenant adulte (ah!), aucun rituel particulier sinon qu’il doit y avoir un bruit de fond lors de mes lectures! Je lis encore partout et n’importe quand.

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Source : Instagram @marjoriebelis

3. As-tu une routine d’écriture, des rituels? Dans quel état d’esprit dois-tu être pour écrire?

J’écris de façon professionnelle et personnelle.

En tant que rédactrice à la pige, je tente le plus possible de suivre l’horaire de bureau de mes clients. C’est un contexte plus restrictif, mais qui me permet tout de même d’être créative au quotidien.

De façon plus personnelle, ça se passe spontanément sans que je m’y attende. Je traîne toujours un carnet au cas où. Eh oui, je trouve que j’écris mieux et que je suis plus inspirée quand je suis d’humeur nostalgique ou mélancolique, heureusement ou pas, ça arrive assez souvent!

4. Quels sont les livres qui t’ont donné envie d’écrire?

Bizarrement, ce sont les films et la télé qui m’ont donné envie d’écrire. Je me souviens d’avoir vu Le Jardin secret (basé sur le roman) et d’être montée en vitesse dans ma chambre pour écrire non-stop en spécifiant bien à ma mère qu’elle devait faire jouer son vinyle du Canon de Pachelbel à tue-tête pour me garder dans le mood. Je devais avoir 8 ou 9 ans. C’est là que j’ai compris que j’écrirais toute ma vie.

5. Quel est le livre qui t’a le plus fait cheminer personnellement et pourquoi?

Je considère que l’acte d’écrire est ce qui me fait cheminer le plus. Cependant, j’ai eu une adolescence en dents de scie où tout se passait à l’intérieur de moi, je bouillonnais. J’ai lu Edgar Allan Poe et j’avais l’étrange impression d’être comprise. Ça paraît intense, mais j’avais le sentiment que ça posait un baume sur mon incompréhension face à ce que je vivais et la solitude que je ressentais.

6. Si tu pouvais vivre dans un monde littéraire, ce serait?

Boston, à l’époque de Poe. Cette ville a connu son lot de grands auteurs et de poètes. Aussi, le Plateau du temps de Tremblay pour son bruit, son odeur et ses couleurs.

Crédit : Instagram @marjoriebelis

7. Quel livre relis-tu constamment sans même te tanner?

Toute l’œuvre de Dany Laferrière.

8. Quel est ton mot préféré de la langue française?

En ce moment, j’aime bien jarnigoine et barbe à papa!

9. Quel livre aurais-tu aimé avoir écrit?

Pas de livre en particulier. J’apprécie plutôt les styles et les façons de faire. La manière qu’a Annie Ernaux de se raconter sans heurter. J’ai enfin lu Delphine de Vigan et je suis demeurée fascinée. J’aime les auteurs qui se livrent et qui sont capables de tout déballer en maintenant une certaine sobriété.

10. Si tu écrivais ta propre biographie, quel serait le titre?

Sans fin.


Le fil rouge tient à remercier Marjorie pour sa participation à la série Autour des livres.

Pour la contacter, visitez son site web de rédaction (où vous apprendrez plein de trucs intéressants sur la langue française !) http://www.marjorieb.ca et suivez la sur Instagram/twitter @marjoriebelis

L’éléphante, la poésie et des paillettes

Je me suis glissée à l’intérieur des pages du Document 6, publié chez Nouveau projet, La vie habitable de Véronique Côté, comme je l’ai fait à quelques reprises dans la mer durant l’été. Bien qu’un article ait déjà été consacré à cet essai https://chezlefilrouge.co/2015/01/11/rechercher-la-poesie-dans-le-quotidien/, j’ai besoin d’y répondre moi aussi et de vous partager la place importante que tient la poésie dans ma vie.

La poésie comme une façon de voir, de respirer, d’être et d’aimer.

Je savais, depuis sa sortie en librairie (2014), que ce livre allait me parler à moi, directement. J’ai tout de même attendu avant de l’inviter chez moi. Jusqu’au moment où j’avais à nouveau besoin de sentir que j’appartenais à un tout et que cette petite voix qui me guide, mon instinct, ne s’est pas encore totalement évaporée dans un vent brumeux.

Les mots de Véronique Côté (et des auteurs invités) ont filé en moi comme une écharpe vaporeuse, réconfortante et pleine de voies possibles par où tricoter, par où m’exprimer.
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Nous avons tous une façon unique de parler de Dieu, du bonheur, du temps, de la vie et de tous ces autres sujets de l’existence humaine.

À l’intérieur de ma création visuelle et littéraire (artistique), je suis présentement en recherche de mots et d’images pour définir, à ma manière, les fondements de mon monde, de mon univers singulier. Je nous représente tous et toutes comme de grandes îles mouvantes à découvrir où, même avant notre arrivée, le territoire avait déjà une histoire, que nous poursuivons désormais. Je cherche des réponses (subjectives, personnelles et mobiles) sur l’existence, le bonheur, le temps et sur ma place en ce monde. Entre A et Z, toutes les nuances, les étendues, l’infini des possibles. Chaque jour, je change, je me recommence, tout en évoluant.
*
La vie habitable donne à mon cœur un souffle de plus, attache sur mes épaules des ailes pour me sentir à nouveau un peu plus légère. Que la fatigue et l’ennui se retirent et me laisse vivre un peu, à ma manière.

Dans la vie, quand ça va moins bien, j’intercepte quelques souvenirs qui flottent dans ma mémoire et je m’y accroche, comme cette enfant que j’ai déjà été, les pieds balans, les mains serrées, accrochées aux poutres de métal sur l’un des modules au parc du quartier. Je reste soudée à ces moments où je me suis sentie complète, pleine ou en harmonie avec le monde, ces moments où il m’est apparu comme clair que j’avais le droit à un instant d’une grande beauté, à quelque chose de particulier, ou même à un cadeau du ciel. Je parle de moment présent, de pure méditation ou de quelque chose comme une transe. Je ne suis pas très fanatique du terme Dieu, même si je ne suis pas vide de croyances et même si je ne suis pas certaine de savoir ce qu’elles sont réellement. L’art est ma religion. Pour et par elle, je m’accroche au monde qui se dissipe, s’éparpille, se brouille, s’agglutine.
*
Je suis revenue en Gaspésie parce que j’étais déshydratée. La poésie manquait trop à ma vie. Je n’avais ni le temps, ni le cœur à lui accorder. Ici aussi, bien sûr, le monde se brûle, il y a l’enfer à l’intérieur du paradis. Les humains étant souvent la cause même de leurs propres malheurs. Mais j’arrive à me garder plus de plages de silence, de paysage, de temps de contemplation, de longues étendues encore intouchées, de champs vides, espace de tous les possibles.
En ville, j’étouffais. Je ne savais plus par où commencer, où regarder et où était ma place. C’était trop chargé déjà. Il me fallait revenir à la base, au tout début. Qui suis-je? Où vais-je? Quoi? Pourquoi? Ici, il y a tellement de ressources et de possibilités, qu’un autre problème quasi similaire se pose à moi. Et une seule et même réponse me vient alors, celle d’oser et de croire en moi.

Essayer. Investir le monde.
*
Je suis à la fois une femme de lettres (impossible de vivre sans les mots, sans l’écriture et la lecture) et une femme d’émotions. Je vis les choses sans toutefois savoir comment les exprimer ou encore les expliquer. Je suis une émotive. C’est pas un corps humain que j’ai là, c’est une île volcanique! Et donc, je ne sais toujours pas écrire la poésie. Je ne sais que la vivre et la lire à haute voix, pour qu’elle puisse me pénétrer de toutes parts.

Mais un jour, un jour, j’aimerais savoir l’écrire.

Véronique Côté vient habilement mettre des mots sur la plus abstraite partie de mon être. Je suis poésie. Elle vit à travers moi comme le vent de passage dans mes cheveux.

Les moments qui me suivent sans fin, ceux-là empreints de poésie qui continue de me permettre de croire que ça vaut encore la peine de me lever le matin, d’espérer, de rêver. Ils sont nombreux. En voici quelques-uns.

Avant même de savoir écrire, je dessinais des histoires. Mes animaux en étaient les héros, Cannelle, Blouffon et Gros-Minet, les courageux de l’Anse-aux-canards. Quand le dessin n’a plus suffit pour documenter ma vie, je gribouillais une sorte de hiéroglyphe, traçant des lignes et des points qui allaient dans toutes les directions, avec une frénésie folle. Puis je courrais vers maman pour la supplier du regard de me féliciter d’avoir su écrire des lettres, des vraies, pour qu’elle me dise qu’enfin, j’étais parvenue à élucider le grand mystère de l’écriture.

Je me souviens aussi très clairement du moment où j’ai compris que je savais lire. La phrase m’échappe, mais je sens encore, sous mes doigts, la texture de la page du petit livre jaune. C’était à ma première année de primaire. J’étais restée après la classe. L’enseignante, Ginette, m’avait récompensée avec un cornet à la guimauve.
*
La poésie s’invite en moi comme l’univers tout entier, l’univers qui, tout à coup, n’est plus si grand, si épeurant. Il devient quelque chose de tangible. C’est encore mystique. C’est toujours divin. C’est comme la mer qui s’ouvre devant moi sans autre fin que le début du ciel. Quand je crée et que je touche à mon essence, c’est là que tout se passe.

Je parle d’équilibre. Mais c’est bien plus que ça. Ça reste une sensation.

C’est beau. C’est pur.
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Un certain 22 mai 2012, avec un couple d’amis, nous sommes allés manifester à Montréal. Cette marche reste à ce jour le moment le plus puissant de toute ma vie. Parfois durant une représentation musicale, lorsque les musiciens et le public s’offrent l’un à l’autre sans compromis, j’arrive à sentir l’énergie, que dis-je la poésie me traverser, mais jamais comme les frissons qui m’ont parcouru tout le corps lors de ce grand rassemblement d’humains qui marchaient dans une seule et même direction. 500 000 personnes qui avançaient dans le bonheur, la fierté et la conviction qu’un monde meilleur est bien possible si on se serre les coudes, si on ose se regarder dans les yeux, si on décroche enfin de nos vies virtuelles.

Une facette de moi est née en 2012. Elle s’essouffle parfois, mais elle est forte. Bien plus forte que tout le reste. Et c’est par la création, les échanges, le rire, la folie que je la regagne petit à petit et que je parviens à la garder en vie.
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J’ai passé tout l’été à contempler la poésie de l’espace qui m’entourait. Et je n’en ai jamais assez.
Je suis assoiffée. Encore. Toujours.

Quand je regarde le vide profond des commerciaux à la télé, l’inertie des téléspectateurs, les nouvelles superficielles qui prennent toute la place des nouvelles importantes, pressantes, je me sens agressée. Je suis loin, très loin d’être indifférente face à la souffrance du monde. Même qu’elle m’écrase, me brûle, me donne le tournis (et je n’aime pas les manèges). Pour ma survie et pour celle de la «flamme» qui tente à tout prix de rester allumée en moi, je choisis mes combats, je choisis de rayonner avec mes forces, mes aptitudes. Je donne par la création, l’écoute. Je ne suis jamais perdante. Jamais on ne peut totalement m’écraser. Tout ça, c’est trop fort. Je suis une éléphante et personne ne m’arrête, pas même les chasseurs d’ivoire, pas même les consommateurs d’huile de palme, pas même les maladies ou le temps. J’ai tout en moi. Toute cette poésie sans cadre. Et sur mon passage, ce n’est pas de la poussière de terre sèche que je laisse mais de la poussière d’étoile, de la poussière de monde à faire et à refaire. Des paillettes de toutes les couleurs. De la lumière.

L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner

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Depuis que je vis seule, j’essaie tant bien que mal de mieux gérer mon épicerie. C’est vraiment facile d’acheter en trop grosse quantité et de faire du gaspillage sans s’en rendre compte. En plus, je finis toujours avec des restants à ne plus finir et après avoir mangé la même chose trois soirs de file, ça devient redondant.

C’est pourquoi j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai entendu parler du livre L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner. Hybride entre livre de recettes et guide culinaire, il est le compagnon parfait pour faire de bonnes recettes sans gaspiller ce qui se trouve déjà dans notre réfrigérateur.

Ce guide est divisé en 8 chapitres, débutant par des trucs pour économiser et planifier son épicerie, suivi de trucs et astuces pour utiliser les bases (farines, beurre… et ce qui se trouve sous notre main).  Ensuite, chaque page est dédiée à un « comment cuisiner » tel ou tel aliment, avec trucs, astuces et recettes. On passe par les légumes, les fruits, les viandes, les grains, plus moyen de faire du gaspille, tout y passe.

Ce que j’aime particulièrement de ce livre, outre sa composition et sa philosophie, c’est la simplicité et la gourmandise des recettes.  Comme quoi il n’est pas toujours nécessaire de se compliquer la vie pour bien manger. Bien qu’il n’y ait parfois qu’une seule recette par aliment, les astuces d’achats, de conservation et de cuisson complètent bien le tout et permettent d’éviter le gaspillage. C’est vraiment une bible d’idées et de solutions pour ne pas perdre vos fruits, vos légumes ou bien pour savoir par quoi remplacer vos aliments de base et utiliser le maximum de ce que vous avez déjà. En plus, on y retrouve même des recettes de « touski » aka tout-ce-qui-ce-trouve-dans-le-fridge.

À mon avis, L’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner, est un ouvrage de type « référence » qu’on prend plaisir à feuilleter et à lire et qu’on ne garde pas bien loin, peut-être bien avec Sauver la planète une bouchée à la fois.

Paul à Québec, de la BD au grand écran

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J’aime d’amour la série Paul de Michel Rabagliati. Ce serait vous mentir que de dire que je l’ai toute lue, mais chacune de mes lectures a été un réel coup de coeur, un petit moment de pause et de bonheur dans mon quotidien. Parce que c’est ça, Paul, une immersion des plus simples dans un monde des plus communs, mais qui fait tant de bien.

Quel talent de Rabagliati, de nous présenter un monde ordinaire où le quotidien côtoie la simplicité et de nous donner envie toujours et encore de se plonger dans les aventures de Paul. Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce du film Paul à Québec, j’avais déjà les larmes aux yeux, c’est vous dire!

Au cours des mois qui ont précédé sa sortie au cinéma, j’allais la réécouter simplement parce qu’elle me donnait tellement envie d’aller voir le film et qu’elle me faisait sentir bien, tout simplement. Émotive vous direz? Et bien oui. C’est donc la semaine dernière que je me suis rendue au cinéma avec mon amoureux, peut-être un peu tanné de m’entendre parler de Paul à Québec (!), et j’en suis sortie les yeux boursouflés, mais le coeur joyeux.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout Paul à Québec, il s’agit de l’histoire de Roland, le beau père de Paul, qui est atteint d’un cancer et qui n’a que quelques mois à vivre. L’histoire nous amène donc dans la famille de Lucie, avec ses soeurs, au chevet de Roland. Au fil de l’histoire, on continue d’en apprendre un peu plus sur l’enfance de Roland et sur la vie familiale de Paul, de sa blonde Lucie et de leur petite Rose. Sous les yeux de Paul, on observe des scènes jouées cent fois, mais il y a ce je-ne-sais-pas de Paul qui vient rendre TOUT si tendre et empreint de poésie. La poésie du quotidien et de la vie, tout simplement. Je suis persuadée que tous les gens qui ont perdu un membre de la famille pour des raisons médicales seront touchés par ce film. On y présente la mort dans toute sa beauté, sa dureté et sa si confrontante simplicité. J’avoue que personnellement, je n’ai pas pu faire abstraction du décès de mon grand-papa et de faire des liens avec le deuil, un peu incompréhensif, naïf et tant saisissable de la jeune Rose.

Les ressemblances entre la BD et le film sont criantes. J’avais l’impression par moment que je pourrais simplement mettre certaines planches de la BD sur l’écran et qu’il aura un reflet de miroir! Bien entendu, certains petits détails ou dialogues ont été coupés au grand écran, mais je dois dire que l’adaptation a été très réussite. Michel Rabagliati travaillait attentivement avec les réalisateurs et était un de deux scénaristes (avec François Bouvier), pour que l’essence de l’oeuvre soit respectée et je dois dire : mission accomplie.

En ce qui concerne les acteurs, j’ai trouvé que tout le monde était excellent. J’ai particulièrement eu un coup de coeur pour la petite Rose jouée par Shanti Corbeil-Gauvreau et pour Brigitte Lafleur que je trouve toujours si pétillante et drôle. Au final, cette première adaptation au grand écran d’une bande dessinée québécoise est un succès et je ne peux que souhaiter que le mois d’octobre arrive rapidement pour pouvoir mettre le grappin sur Paul dans le Nord, la nouvelle BD de Michel Rabagliati.