Derniers Articles

Tout est possible

Je me rappelle lorsque j’étais en secondaire 5 et que je constatais la panique chez tou-te-s mes ami-e-s lorsqu’il était question de se choisir un métier pour plus tard. Les questions comme qu’est-ce que j’aime?, qu’est-ce qui va me plaire toute ma vie? Je me rappelle que la panique était au rendez-vous, comme si changer de programme à cette époque était impossible. De mon côté, j’ai eu beaucoup de chance, parce que la vie a toujours su m’emmener dans des métiers et/ou études que j’ai aimés. Le hasard a toujours fait en sorte que je me retrouve avec les enfants, malgré que j’ai tenté de les fuir. Aujourd’hui, j’adore mon travail, qui m’apporte beaucoup de bonheur. Cependant, ce n’est pas toujours le cas pour tout le monde. Nos choix de vie ou d’études peuvent nous faire beaucoup réfléchir. Surtout lorsque nous sommes dans le milieu artistique.

C’est ce qui arrive au personnage de Vetille dans la bande dessinée de Lucile Gomez «Tout est possible, mais rien n’est sûr». L’histoire est inspirée du vécu de l’auteure et illustratrice, vivant en France, où la plupart des jeunes adultes se retrouvent au chômage. Vetille tente par tous les moyens de se construire, de trouver sa voie dans ce monde de consommateur. Elle devra faire des choix qui ne plairont pas toujours à son entourage pour tenter de survivre dans la jungle qu’est la vie.

Photo : Karina

Photo : Karina

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans cette BD, c’est qu’on peut facilement se retrouver dans le personnage de Vetille, puisqu’on tente tous et toutes de trouver son chemin dans la vie et d’essayer d’accomplir ce qui nous plaît et de rester toujours dans nos valeurs. Ce n’est malheureusement pas toujours facile. Après avoir son diplôme depuis un an et faire une job d’hôtesse (un milieu très sexiste envers la femme), Vetille essaie de garder espoir. Elle tente également de combattre l’industrie du capitalisme avec son copain, mais si elle veut réussir et se faire reconnaître; elle doit faire des sacrifices et souffrir. Ainsi, cette BD m’a permis aussi d’avoir une conscience sur ma consommation. Vetille et son copain feront plusieurs actions à ce niveau et certaines sont réussies. Malgré tous les efforts, on ne voit pas de changements directs chez la population parisienne même, cependant on constate des changements chez les personnages. Son copain décide, par exemple, d’aller vivre loin de la société.

Bref, je vous invite à lire cette BD, parce que d’une manière ou d’une autre vous allez vous reconnaître. Puis, plusieurs dessins valent le détour. Car malgré l’allure «chick-litt» de la BD, il n’est aucunement question de «mecs» ou de vêtements. Ce fut une agréable surprise.

DSCN1318

Photo : Karina

Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté : Lecture d’octobre du défi littéraire

je_ne_tiens_qua_un_fil_couv

C’est le temps des potages, des chocolats chauds et des bas de laine! Honnêtement, plus je vieillis, plus j’apprécie l’automne et le fait de me blottir au chaud, spécialement pour lire. C’est donc avec joie que le mois d’octobre se présente à nous, une raison de plus pour découvrir un roman québécois. Suite au sondage sur la page Facebook du groupe, Un livre québécois par mois, nous lirons Ma vie ne tient qu’à un fil mais c’est un très bon fil de Sylvie Laliberté. Le vote a toutefois été ultra serré, la deuxième option étant L’année la plus longue de Daniel Grenier.

Bonne lecture, on se retrouve vers la fin du mois pour la critique commune de ce roman. 


Petit descriptif du roman

Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu’à aujourd’hui, alors qu’elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l’identité, du bonheur, de l’amour, et de toutes ces grandes et petites choses du quotidien.

Pour en savoir plus sur l’auteure :

s.laliberte_crop_0Sylvie Laliberté est une artiste montréalaise qui fabrique des vidéos, des gravures, des photographies et des installations. Elle écrit aussi des chansons qu’elle chante à la maison et sur la scène. Elle a produit deux albums : Dites-le avec des mots et Ça s’appelle la vie. En 1999, elle reçoit le Prix Louis-Comtois, pour les artistes à mi-carrière, décerné par la Ville de Montréal et l’Association des Galeries d’Art de Montréal. Plusieurs de ses vidéos lui ont valu des prix, dont deux en Allemagne. Je ne tiens qu’à un fil mais c’est un très bon fil est son troisième livre.

Source : Site des éditions Somme toute
ISBN-13: 978-2-924606-00-1
Prix: 19,95$, 152 pages

Critique commune de « Veiller la braise » de Sara Lazzaroni


Capture d’écran 2015-09-25 à 23.18.24

Ma critique

La description m’avait, déjà en lisant les premiers mots, charmée. J’avais envie de me laisser entraîner dans une histoire d’amour comme on n’en écrit plus. Et puis, il y avait le titre aussi, Veiller la braise. La braise de l’amour, y porter de l’attention, la couvrir, la protéger, la veiller. La beauté du titre m’indiquait a priori un roman poétiquement éblouissant et ce fût le cas. La jeune auteure, Sara Lazarroni, a une maturité et une vision si pure des relations amoureuses, j’en étais chavirée. Rares sont les romans d’amour si près du vrai, si près de mon quotidien en tant qu’amoureuse. Je me retrouvais dans cette histoire emplie de tendresse, de douceur, d’amour vrai et de complicité. J’ai été émue à plusieurs reprises lors de ma lecture, j’ai même versé quelques larmes à quelques moments en réalisant la justesse des émotions décrites et surtout, en espérant que ma relation amoureuse sera par moment en connivence avec celle des deux personnages.

Point intéressant, nous ne savons jamais le noms des amoureux. Le récit nous entraîne dans une écriture à deux voix, le lecteur a donc accès aux réflexions de l’Une et ensuite de l’Autre. On se laisse entraîner dans leurs pensées, leurs émotions, leurs façons bien à eux de vivre cet amour et cette aventure. Ces amoureux, ils n’ont pas de noms. Ils restent anonymes et pourtant si concrètement réels. Je sentais l’amour qu’ils se portaient dans chacune de leur pensée. Je pense sincèrement que Veiller la braise est un des plus beaux romans d’amour qu’il m’ait été donné de lire, rien de moins. Marjorie m’a prêté le roman pour ma première lecture, mais je peux assurer que je vais me procurer MA propre copie simplement pour y replonger parfois, en période plus difficile.

Et l’écriture ?

Nous avons accès à des multitudes de phrases plus belles les unes que les autres. À plusieurs reprises, je me suis dis que j’aurai dû lire avec des post-it, en même temps, je pense humblement que presque chaque page était propice à s’arrêter pour réciter une phrase. Le propos, tout comme la justesse des émotions décrites, témoignent d’une si belle maturité littéraire comme personnelle pour Sara Lazarroni. Je vous conseille fortement ce livre qui se lit rapidement. À découvrir un soir d’automne au fond du lit, je vous promets que tous croiront, un peu encore, à l’amour, on ne peut faire autrement en refermant le bouquin. Et pour moi, je me souhaite de me plonger le plus rapidement possible dans Patchouli, la première oeuvre de l’auteure.

 Ce que Marjorie en a pensé

Je ne saurais quoi ajouter à la critique de Martine, qui met en mots tout ce que je peux penser de ce merveilleux roman.  En le lisant, je me suis dit que toutes les phrases feraient de si belles citations. L’entièreté de ce roman est poétique et romantique. Une romance et un amour à saveur de quotidien, de petites attentions et de vrai, beaucoup de vrai.

Je ne sais pas pourquoi, mais à un moment j’attendais simplement la rupture, la cassure, la brèche. Jamais elle n’est arrivée, on a plutôt droit au portrait d’elle et lui, en alternance, à travers les années, jusqu’à leurs vieux jours, et c’est ce qui fait la beauté de ce roman. Tout est si vrai, on s’y reconnait, on comprend, on se demande comment Sara Lazzaroni a fait pour mettre des mots si justes sur tous ces sentiments et ces nuances qui composent l’amour.

C’est un roman que je conseille à tous, pour l’entièreté de l’oeuvre, que ce soit pour le récit lui-même ou bien pour l’écriture, tout y est si poétique et juste, ce serait une perte que de ne pas le lire.

 Ce que Karina en a pensé

Veiller la braise nous réchauffe le cœur. C’est une belle petite surprise que l’auteure nous offre. En lisant le roman, je me suis laissée emporter par l’histoire de ce jeune couple. Lors de ma lecture, j’avais vraiment le sentiment de veiller à ce que le feu de leur amour ne s’éteigne pas totalement. Parce que nous faisons la rencontre de la passion, des peurs, des ambitions de chacun des deux personnages. Ainsi, tout au long du roman, ils tentent de garder leur couple en vie. On vit également avec eux toutes les aventures qu’un couple peut vivre. Première séparation, premier doute, première maison, premier bébé, etc. Les habitudes et la passion se font moins présentes, mais on apprendre à vivre avec et surtout à aimer l’autre comme il est. Ensemble ils grandissent et se redécouvrent. L’auteure réussit parfaitement à interpréter le rôle de la femme raisonnable et de l’homme rêveur. Puisqu’à chaque chapitre (environ), on change de personnage. Parfois, j’étais un peu perdue à savoir qui était qui, mais je finissais toujours par me retrouver. Bref, Veiller la braise est une petite douceur que je vous conseille !

Lekhaim! aperçu d’un quotidien hassidique

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand j’ai vu ce tout petit livre en librairie, je n’ai pu faire autrement que de l’acheter. Il y a déjà quelques années que je suis fascinée par les communautés religieuses qui, de par leurs croyances, vivent en marge de la société. Que ce soit les juifs hassidiques ou bien les anabaptistes – plus communément appelés les amish- je saisis toutes occasions d’en apprendre un peu plus sur leurs modes de vies, croyances et coutumes.

Depuis quelques années, il faut dire que ces types de communautés sont de plus en plus médiatisés, souvent sous un oeil voyeur- et extérieur- qui dépeint très mal la réalité. Dans Lekhaim! Chroniques de la vie hassidique à Montréal, l’auteure Malka Zipora fait partie intégrante de sa communauté. À la base, ses chroniques furent publiées dans un petit journal distribué dans sa communauté hassidique, mais finirent par capter l’attention d’un oeil extérieur, résultant en ce petit recueil de 140 pages.

140 pages, divisées en 22 récits, sur la modeste vie de mère et de femme de Malka Zipora. À travers son écriture et ses chroniques, on perçoit tout le dévouement, tout l’acharnement et tout l’amour quelle porte à ses enfants, pour les traditions et les pratiques hassidiques. Il n’est pas ici question de remises en questions, de secrets bien gardés ou de révélations, on se retrouve bien loin des émissions et documentaires à caractère sensationnaliste. Pour reprendre les mots de l’auteure,

 » Je suis une épouse et la maman d’une famille hassidique nombreuse. Nous vivons, si je puis me permettre cette métaphore, les rideaux fermés sur le monde extérieur. La lumière qui nous éclaire émane de l’intérieur. Pour nous, le chez-soi est sacré, et toutes nos valeurs en découlent. En publiant ces textes, c’est comme si j’avais entrouvert les rideaux de ma maison »

C’est exactement ce à quoi il faut s’attendre en lisant ce livre, des parcelles de vie, une porte entre-ouverte sur une réalité qui est à la fois si commune et si différente. Il y a, bien évidement, quelques choses dans lesquelles tous lecteurs peuvent se reconnaître. Ne serait-ce que l’amour de Malka pour ses enfants, son dévouement envers ceux-ci. Par contre, on se rend aussi compte que ce dévouement sans borne est ce qui a toujours été attendu d’elle, qu’elle en est fière et que sa vie entière tourne autour de cela.

Il est évident que, à quelques moments, j’ai été un peu prise de court par le discours et l’omniprésence des pratiques hassidiques dans les chroniques, mais j’ai apprécié la petite immersion que nous offre l’auteure. Une immersion vraie, paisible et même instructive dans laquelle la religion est la pierre angulaire autour de laquelle Malka Zipora et sa famille érigent leurs vies .

 

 

«Flexitarisme» ou le besoin de tout étiqueter

Un peu à la manière de Fanie, la fille végétale, et de Marie-Ève, la végane autrement, j’avais envie de partager les détails de mon mode de vie alimentaire. Pourquoi? Je ne sais pas trop… Parce que les gens ne comprennent souvent pas trop où je me situe dans la chaine omnivore de la vie, je pense. Je me demandais comment introduire mon article, lorsque je suis tombée sur un article du Nutritionniste urbain, qui a plus ou moins rapport à mon sujet, mais dont le passage suivant m’a fait réagir :

Derrière cette phrase [Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.] reprise ad nauseam, se cache un fait qui m’a toujours fasciné. L’alimentation est liée à l’identité. Ce qu’on décide de mettre en bouche nous définit, et ce, d’une façon aussi importante que la musique qu’on écoute, les vêtements que l’on porte, la langue que l’on parle ou notre origine culturelle.

Et voilà, c’est ça! J’ai besoin de parler de mes habitudes alimentaires parce que les gens veulent comprendre qui je suis. Mon identité et la perception des autres dépendent de ce que je mets dans mon assiette. Alors voici : selon les terminologies de la nourriture, je serais flexitariste. Ce mot peu agréable à écrire et à prononcer veut dire que la personne, aussi appelée semi-végétarienne, se conforme à un régime végétarien, sauf lorsque c’est impossible. C’est pour ça que je mange de la viande quand je vais chez maman, au lieu de lui imposer mon végétarisme. Genre. Je serais donc une végétarienne qui tient plus ou moins à ses convictions…

Ma relation amour-haine avec la viande

Je me souviens, quand j’étais petite, j’ai eu un moment où je refusais de manger de la viande « parce qu’il y a du gras ». La vue des lanières graisseuses me coupait l’appétit, apparemment. Ma mère enlevait alors les petits bouts de gras, les retirait de mon assiette et me redonnait ladite assiette afin que je termine mon repas. N’ayant plus de barrière visuelle, je mangeais mon morceau de viande. Mais il me semble que c’était tout de même à contre coeur… À moins que ma mémoire ne soit trafiquée.

Beaucoup plus tard, à 17 ans, je suis allée en appartement. Loin de maman, je devais me faire à manger toute seule, mais aussi faire l’épicerie toute seule. Chaque fois, j’achetais de la viande, souvent une poitrine de poulet ou du boeuf haché. Par habitude. Parce que j’en avais vu dans le réfrigérateur depuis toujours. À la longue, je me suis tannée. J’ai réalisé que je ne connaissais pas tant de recettes que ça et que refaire toujours les mêmes m’ennuyait. J’en suis même venue à en jeter, inévitablement, presque à chaque fois. J’ai donc décidé d’arrêter d’en acheter. Non, je ne connaissais pas grand chose en alimentation, en nutrition ni, pour ainsi dire, en santé. Mais je ne pense pas avoir manqué de protéines ou de vitamines, parce que j’ai continué de manger de la viande au resto, chez des amis et chez mes parents et j’ai aussi continué de me payer du poisson ou des fruits de mer lorsque mon budget me le permettait. C’était normal d’avoir de la viande dans mon assiette et j’imaginais mal 3 repas par jour sans elle.

Puis, à la fin de 2012, mon amie Arianne a décidé de perdre du poids. N’étant pas quelqu’un qui fait les choses à moitié, elle s’est intéressée à toutes sortes de régimes/modes de vie différents, en se questionnant également sur les répercussions sur sa santé physique et mentale. Je l’ai accompagnée dans son cheminement, par curiosité et surtout parce que je suis such une bonne amie! Au travers de ses expérimentations, l’une des approches qu’Arianne a préférée (et moi aussi, je dois l’avouer) a été la nourriture crue et végane. Le point de départ, pour elle, a surtout été un atelier donné par Audrey Sckoropad. Pour moi, ça a été les brownies raw. 😉

Guidée par Arianne la Gourou (j’en mets un peu trop), je me suis intéressée aux smoothies verts, au lait d’amande (même si je buvais du lait de soya depuis déjà longtemps) et aux options végétaliennes. Comme j’étais dans une situation financière plutôt précaire, le tofu était définitivement un achat plus sensé que n’importe quel bout de viande. Mais ce ne sont pas que mes habitudes de consommation qui ont changé. J’ai commencé à m’interroger sur l’impact des choix que je faisais au quotidien sur l’environnement, l’économie locale et sur mon propre corps.

Aujourd’hui, j’habite avec mon copain. Zach a été élevé par des parents végétariens. Il n’avait aucune idée de ce que la viande goûte avant ses 16 ans. Inutile de vous dire que pour lui, le comfort food est toujours végé. Et c’est pas mal tout le temps lui qui fait à manger! Mais cela me rend heureuse. Je n’échangerais aucun de ses plats délicieux pour un pâté chinois. Il n’y a jamais de viande dans notre panier d’épicerie, mais on se laisse parfois tenter par quelques tranches de jambon au resto de déjeuners. Et c’est parfait comme ça. Oui, c’est vrai, on doit parfois passer un peu plus de temps à élaborer notre souper afin de trouver comment y intégrer des protéines. Mais ce moment de réflexion nous amène toujours à être encore plus enthousiastes à l’idée de manger ce délicieux repas (on est un peu trop fans de bouffe).

Je vais vous dire ce que je mange, vous déciderez qui je suis

Je l’avoue, lorsque je fais l’épicerie et que je vois quelqu’un avec un panier rempli de viande et contenant seulement un poivron et un paquet de pommes de terre, je le juge. Non, si vous m’invitez à souper chez vous je ne cracherai pas sur votre nourriture parce qu’elle contient de la viande (qui refuse de la bouffe gratuite, vraiment?). Oui, il m’arrive de commander une poutine au porc effiloché au restaurant. Non, je ne demanderai pas à ma mère de changer ses bonnes recettes qu’elle fait depuis des dizaines d’années pour en retirer les produits d’origine animale. Oui, lorsque je lis un menu, je spot les repas végétariens en premier. Si vous ouvrez mon réfrigérateur, il y a du lait d’amande et jamais de lait de vache, mais il y a du yogourt et du fromage. J’avoue préférer le gout des végé-burgers à celui des boulettes régulières et me demander pourquoi le bacon est aussi populaire. Mais je donnerais n’importe quoi pour une énorme assiette de sushis! Et oui, lors d’un événement spécial où le repas est fourni, je choisirai toujours l’option végé. Si l’on se demande où aller souper ce soir, il y a de bonnes chances que dans le lot de propositions, j’y glisse des restos vegan. Les quelques fois où je mange de la viande, j’aime bien celle qui ne goûte pas un animal en particulier. La saucisse, par exemple, ou encore la viande qui baigne dans une sauce délicieuse qui cache le goût initial.

Appelez-moi flexitariste si ça vous chante, semi-végétarienne, omnivore incertaine ou encore hippie qui se pense au-dessus du reste de la société. Le fait est que je mange what ever I want, whenever I want it. C’est juste que what ever I want, c’est plus souvent une salade qu’un steak saignant. Ou des biscuits, c’est bon les biscuits.

Trois destinations, trois lectures

Vous l’aurez peut-être remarqué, les collabos du Fil rouge aiment voyager. Alexandra et moi sommes allées à San Francisco au mois de mai, Martine est partie un mois en Grèce, en France et en Espagne, Karina est allée au Maroc et Florence est partie explorer l’Asie du sud-est le temps d’un été, ainsi de suite.

Martine et Karina ont toutes deux eu l’idée d’écrire des articles sur les livres à lire en lien avec les destinations qu’elles ont visitées. Idée qui, à mon avis, est vraiment géniale. Puisque je n’ai pas vraiment lu durant mon voyage à San Francisco (je n’y étais qu’une semaine) et que j’ai plusieurs destinations sur ma liste, j’ai décidé de m’imaginer à travers trois voyages sac-à-dos en solo, en y associant un livre que j’aimerais lire durant ces trois hypothétiques destinations.

J’ai choisi trois titres dont le contenu est relié aux voyages non seulement parce que j’en ai plusieurs dans ma bibliothèque, mais parce que rien ne dit voyage en solitaire comme un récit de voyage pour nous accompagner et même nous épauler durant ladite aventure.

L’Islande et Into the wild de Jon Krakauer

Depuis quelques mois, j’ai une grandissante obsession envers l’Islande. Les paysages scéniques, la nature à perte de vue, Reykjavik – la culture du café et un peu le film Walter Mitty aussi-  dans ma tête, c’est l’endroit parfait pour faire un voyage en solo, passer du temps seule avec soi-même et faire le point au beau milieu de la nature et des aurores boréales. Outre l’aspect nature, il n’y a pas grand chose qui rejoint l’histoire de Christopher McCandless et celle d’un potentiel voyage en Islande, surtout pas le côté anti-conformiste/anti-capitaliste de couper ses cartes de crédits avant de partir, l’Islande étant réputé pour être l’une des destinations des plus dispendieuses.

En fait, j’ai pensé à Into the wild pour toute la réflexion sur le bonheur, sur la société, sur les rencontres. L’esprit de McCandless, à travers l’écriture et la récollection de Jon Krakauer, se prête bien à un road trip (ou sur le pouce dans mon cas) sur les routes de l’Islande, seule avec soi-même et l’immensité des terres.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La côte de l’Orégon et Volkswagen Blues de Jacques Poulin.

Je n’ai pas lu Volkswagen Blues, il traîne impatiemment dans ma bibliothèque depuis des années, attendant d’être choisi. Un road trip sur le côte ouest américaine (ou bien un treck sur la Oregon coast trail, pour me la jouer à la Wild)  semble être le parfait type de voyage pour se plonger dans l’univers de Jacques Poulin. Découvrir et lire  l’Amérique à travers l’un des récits  de route québécois les plus mythiques me semble être un bon OLYMPUS DIGITAL CAMERALa Thailande  et La frousse autour du monde de Bruno Blanchet

Parce que la Thaïlande est devenue son pays d’adoption, je ne peux m’empêcher de penser à La frousse autour du monde comme livre de choix lors d’un voyage dans ce pays. Dans ma tête, un voyage en Asie du sud-est en solo résonne avec aventures et découvertes. Avec La frousse autour du monde (mais pas les quatre, parce que ça pèse dans le sac a dos), j’aurais l’impression d’avoir une vue de l’intérieur beaucoup plus vraie et moins touristique qu’avec un guide, en plus d’être avec un « ami » qui me pousse à m’embarquer dans de folles aventures.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Alors voilà, trois hypothétiques voyages, trois lectures d’aventure pour les accompagner. Et vous, quels seraient vos lectures idéales pour accompagner vos futurs voyages ?

Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, par Christiane Singer

«Impossible d’extirper de la vie de l’autre, comme on le ferait de tiques dans le pelage d’un chat, les rencontres qui importent pour lui. Par un mystère, impossible à élucider, ce sont précisément toutes les rencontres d’une vie qui nous font peu à peu advenir. Chaque rencontre me livre d’étrange manière, tantôt une lettre, tantôt un mot, tantôt une virgule, un blanc qui, peu à peu, mis bout à bout vont composer le libellé d’un message à moi seul adressé. Ou mieux encore : chaque rencontre ardente détient une pièce biscornue du puzzle qui finira par me composer une vie et qui, avec la multiplication des pièces disposées, va lentement, dans un dégradé de couleurs, laisser apparaître les grands contours, les grands thèmes de ma destinée. Et ce sont les autres qui me livrent – souvent à leur insu – la clef de mon énigme.»

J’aurais pu choisir n’importe quel autre passage du livre pour introduire mon article, parce que chaque phrase de l’essai de Singer est d’une grande justesse et d’une beauté vaste et brillante.

11992090_626294834180155_671220317_n (2)
*
Son nom résonnait déjà vaguement dans ma mémoire, pour en avoir entendu parler à quelques occasions, mais Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies signe ma première rencontre avec l’auteure Christiane Singer.
Et c’est fort probable que ce ne soit pas un hasard s’il s’est retrouvé entre mes mains à ce moment-ci de ma vie. Un ouvrage discourant sur l’amour, le couple, l’engagement… Me voilà seule depuis un temps et je cherche à apprivoiser le monstre à nouveau. Je dis le monstre, mais c’est plutôt une montagne que je souhaite visiter une autre fois encore, comme si c’était là mon tout premier voyage en hauteur.
*
À une époque où engagement ne rime plus nécessairement à quelque chose, les écrits de Singer me poussent, sans dogme, sans parti prix et sans légèreté, à réfléchir pour transformer certaines idées fausses ou plutôt fermées que j’ai sur le sujet. Je cherche alors à mettre des mots sur ce que je désire pour une relation future et comment je peux aborder plus sainement la chose.

Ok! On s’entend pour dire que lorsque les émotions et les sentiments se mêlent à la bonne volonté ou à la logique, ça crée une sorte de grande salade de fruits qui tourne et tourne dans un bol immense et on ne finit par percevoir qu’un mélange de couleurs et de parfums un peu vagues. Bref, on s’y perd. Totalement. Du moins, en partie.
J’ai tout de même la certitude d’être habitée, encore longtemps, par les idées captées dans ce livre.
*
Comme je le disais un peu plus tôt, l’ouvrage est écrit d’une façon admirable. J’ai cette impression d’être plongée dans le livre et de pouvoir et de vouloir y rester longuement. Je danse, je dors, je rêve, je réfléchis, je soupire (!) et je souris entre chaque ligne et même entre les mots, choisis avec finesse.

Je lis et je relis. Et je lis chaque phrase pour la première fois avec ce que je suis au moment de la lecture.

               11998252_626294837513488_1278413226_n (2)                                                   11998676_626294820846823_770081624_n (2)

«Si seulement tu savais toi-même qui tu es, qui tu héberges et qui t’habites, ce serait du moins un début. Mais n’est-il pas plus honnête d’en convenir : celui ou celle que tu prétends être, et dont le nom est pour mémoire sur ta porte et tes papiers d’identité, n’existe encore que de façon rudimentaire.»
*
Outre le sujet principal, qui semble légèrement atténuant, cette crainte de l’engagement, il y a l’idée des relations au sens très large, au sens humain, au sens marquant et au sens grandiose de la chose.
*
Les réflexions de l’auteure sont traversées par des contes, composés d’une façon si singulière, qui nous permettent de méditer longuement en regardant la mer et son infinité.
*
Vous n’avez besoin de lire que le chapitre premier, La traversée de l’impossible, pour comprendre toute l’étendue de cet ouvrage. J’y repense et les poils sur mes bras reprennent la direction du ciel et les larmes emplissent mes yeux.
*
«Il y a des «appels» dans l’ordre du quotidien (un besoin de solitude – un désir de voyage, de repli, de recul, de retraite – une amitié ardente) qui signalent à l’autre :
«Tu m’as aimé pour cette vie qui m’habitait. Elle menace de tarir. Pour la refaire jaillir, je dois faire ce pas qui peut-être t’effraie; mais je dois le faire par respect pour moi et pour toi.»

Exiger de celui qui parle ainsi qu’il fasse taire cet appel, c’est mettre en chantier la lente transformation du foyer en maison de morts.

Celui ou celle qui a été appelé à se mettre de quelque manière en mouvement et qui a été retenu – tant pour de bonnes raisons que par peur, par convention – ne pardonnera pas dans son for intérieur à celui (celle) qui d’un seul mot peut-être a scellé à son pied un boulet. Il reste. Elle reste. Mais qui reste au juste? Et quelle part s’éloigne ou s’éteint en catimini? Et si c’était précisément la part vibrante pour laquelle nous nous sommes aimés?»
*
«Vouloir me perdre en toi, me jeter en toi, corps et biens, avec tous mes meubles et mes trésors. T’envahir. Te combler. Te faire gardien de mes propriétés! Il n’est pire cruauté.

Car tu as une vocation, unique, une œuvre à mener à bien.
Toi-même.
Et pour cela, il te faut tout l’espace qui est en toi.»


*
«Christiane Singer est née à Marseille en 1943 et décédée le 4 avril 2007 à Vienne en Autriche, à 64 ans, est une écrivaine, essayiste et romancière française. Son père était d’origine juive hongroise et sa mère moitié russe et moitié tchèque. À cause de la persécution des juifs, ses parents fuient la Hongrie, puis l’Autriche, et s’installent en France, à Paris, en 19351. Elle naît huit ans après, en 1943, à Marseille.

Elle est lycéenne et élève du conservatoire de diction et d’art dramatique à Marseille, puis suit des études de lettres à Aix-en-Provence, où elle obtiendra un doctorat de Lettres Modernes. En 1968, elle rencontre le Comte Georg von Thurn-Valsassina, architecte, qui deviendra son mari, et s’installe en 1973 dans son château médiéval de Rastenberg (Autriche), non loin de Vienne, et y élèvera ses deux fils. Ce château lui inspirera l’œuvre romanesque éponyme en 1996 Rastenberg. Elle organise également sur son domaine des séminaires de développement personnel, dans une maison qu’elle a conçue, et que son mari architecte a construite. À la fin des années 1970 elle fonde avec l’éditeur Victor Trimondi le Dianus-Trikont-Verlag à Munich. Elle a suivi l’enseignement de Karlfried Graf Dürckheim (disciple de C.G. Jung). Elle fut notamment, en Suisse, lectrice à l’université de Bâle, puis chargée de cours à l’université de Fribourg. Son œuvre et sa réflexion personnelle sont tout entières centrées sur la prise en compte nécessaire du spirituel qui couve dans le cœur de chacun. Elle est un écrivain relativement prolifique, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, qui s’abstient de donner des leçons de morale et exclut tout dogmatisme. Elle a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix des libraires pour La Mort viennoise en 1979, le prix Albert-Camus pour Histoire d’âme en 1989, et le prix de la langue française en 2006 pour l’ensemble de son œuvre.

Elle dira à la radio : « J’ai écrit un livre sur Les Âges de la vie. J’ai tenté de montrer ces métamorphoses de l’être au cours de la vie. Il est évident que tout cela ne vaut que si l’on a appris en cours d’existence à mourir. Et ces occasions nous sont données si souvent ; toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous. La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste. Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer.»

En septembre 2006, lorsque son médecin lui annonce qu’il lui reste six mois à vivre, à la suite d’un cancer, elle écrit un journal au cours de ses derniers mois, qui sera publié sous le titre Derniers fragments d’un long voyage. Christiane Singer est décédée en avril 2007, à l’âge de soixante-quatre ans.»
Source : Wikipédia

Entrevue avec Martine Delvaux : écrire l’absence dans Blanc dehors

C’est le 14 septembre dernier, sur les ondes de l’émission radiophonique littéraire Les herbes folles (CISM 89,3), que j’ai eu la chance de m’entretenir avec l’auteure montréalaise Martine Delvaux au sujet de son dernier roman Blanc dehors, paru aux Éditions Héliotrope le 8 septembre. Un chaleureux lancement a eu lieu à la librairie Zone libre pour souligner l’arrivée de ce livre troublant, intime et bien vivant.

Featured image

Professeure à l’UQAM au département d’Études littéraires, voix féministe importante au Québec, Martine Delvaux est romancière avec C’est quand le bonheur? (Héliotrope, 2007), Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage (Héliotrope, 2012) et Rose amer (Héliotrope, 2012), pour ne nommer que ceux-ci. Elle est aussi essayiste, signant entre autres Nan Goldin. Guerrière et gorgone (Héliotrope, 2014) et Filles en série. Des Barbies aux Pussy Riot (Remue-ménage, 2013).

Featured image

Blanc dehors est le récit disloqué, colmaté et démultiplié, fabriqué à partir d’une figure de père sans visage et sans histoire. Un récit spéculaire se déroulant en spirale infinie. Roman autobiographique, il dépasse toutefois la quête du père pour plonger dans la question des origines et de l’absence : « Ce n’est pas un récit sur ma mère. Ce n’est pas non plus un récit sur mon père. C’est un récit qui parle de l’absence de récit. » (p. 150). Je propose un aperçu de notre discussion autour de ce roman énigmatique et étrangement lumineux…

Fanie Demeule : Blanc dehors met en scène une narratrice, qui est une auteure. On la retrouvait aussi dans ton précédent roman Rose amer.

Martine Delvaux : Oui, c’est un peu toujours le même « je » qui parle partout, je pense.

FD : On y suit et on y développe la trame narrative du père absent qui était développée dans tes autres récits, «l’absent de l’absent» pour reprendre tes mots. J’avais entendu Brisac dire en entrevue «Je crois qu’on écrit des livres parce qu’on ne se souvient pas. Parce qu’on a oublié. On écrit parce qu’en écrivant, on se ressouvient. On écrit pour attraper la vie». Je pense que c’est un peu ce qu’on retrouve avec Blanc dehors, même si ce n’est pas tout à fait la même chose; on est pas dans la ressouvenance, puisqu’on ne se souvient de rien. Ce serait plutôt «on écrit avec ce qu’on ne sait pas». Comme une peinture à numéros avec les cases vides, sans trace.

MD : Oui, ou un mot caché, mais où il n’y aurait pas de mot caché en fait, pas de mot encodé. La citation de Brisac est tout à fait juste. Aussi, je lisais une entrevue de Marguerite Duras, Passion suspendue, où elle dit qu’on écrit toujours à partir d’un trou, il y a toujours une blessure. Enfin, on dit toujours ça des écrivains et ça devient un lieu commun un peu bête, mais ce n’est pas tant la blessure au sens d’une douleur ou d’une vraie souffrance, mais au sens où il y a un trou, un truc qui manque. Et Duras disait, moi c’est mon père, père qui est mort quand elle avait cinq ans. Évidemment ça résonnait avec moi, mais elle donnait aussi d’autres exemples. Elle disait qu’il y a toujours une absence ou un absent et c’est toujours autour de cela qu’on écrit. C’est toujours autour de ça qu’on travaille.

Catherine Emmanuel Brunet : Est-ce que ce serait pour la combler?

MD : Je ne sais pas si c’est pour combler. C’est une bonne question, parce qu’on peut avoir l’impression, comme sur la page couverture, de vouloir tirer un trait entre des points pour qu’une image apparaisse, mais il n’y a pas d’image qui peut apparaître et c’est ça qui est intéressant, et c’est ça la difficulté d’écrire pour moi ce livre-là. C’est que, au fond, il ne s’agissait pas de remplir, mais d’écrire le trou. Et écrire un trou, écrire le manque, écrire l’absent, c’est contre-productif, c’est un peu à rebours de ce qu’on a l’intention de faire quand on écrit : de raconter une histoire, de déballer quelque chose. Ici, il s’agit de déballer quelque chose qui n’est pas là.

FD : Comme tu le laisses entendre dans ton roman, c’est un éternel recommencement, une « histoire sans début ni fin ». Tu écris : « Je ne sais pas si cette fois-ci est la bonne une fois pour toutes les autres fois puis, plus jamais. » (p. 150). En même temps on ne le sait pas vraiment…

MD : C’est comme un éternel retour, c’est très difficile d’arriver au bout de quelque chose qui n’existe pas. Et de raconter un secret, dans les faits, est impossible; puisque ça ne nous a pas été dit, alors on ne peut pas le raconter. Puis, ce que je dis toujours, et c’est même la première phrase de C’est quand le bonheur? (2007), c’est que je n’ai pas d’imagination. Et ce que ça m’a montré, c’est qu’au fond la fiction, l’imagination, se met à la place du blanc. Donc, ce que l’on remplit, ce n’est pas avec du réel et du savoir, mais avec ce qu’on invente. Au fond, c’est peut-être cela que Duras voulait dire; au départ il y a un trou que l’on comble, mais on le comble avec une autre forme de vide qui est ce que l’on image.

FD : Sur la question de l’aboutissement, je me posais justement une question à propos du blanc. Dans Blanc dehors, la métaphore du blanc est partout; blanc de la mémoire, de l’absence, la couleur de la neige, mais aussi le blanc réel de la page, le texte est très aéré, le blanc est là et circule. Je me demandais donc, et cela rejoint ton point, si en fin de compte en écrivant, on éclaircit, on fait «du blanc», ou on obscurcit encore d’avantage?

MD : Je pense que c’est les deux. Pour moi, le blanc était délibéré, c’était la figure de départ. Au départ, il y avait une chambre blanche, et puis il y avait la neige. Inconsciemment et consciemment, j’ai travaillé à partir de cette idée du blanc, et c’était très important pour moi que le blanc apparaisse sur la page, c’est-à-dire qu’il fallait que les lecteurs puissent se référer au blanc. S’il n’y avait pas de blanc, alors la page était pleine, et ce n’était pas physiquement ce que mon texte disait. Il fallait qu’il y ait une sensation corporelle rattachée à ce que pouvait être ce blanc-là. Des passages à vide, ces moments où il n’y a plus rien, où on ne comprend plus rien. Alors c’est les deux, c’est le blanc et le noir, en alternance.

FD : C’est un peu l’impression que j’ai eue, une sorte de clair-obscur. On fait la lumière par moment, dans les moments de ressouvenance, dans les élans inventifs.

MD : Pour moi, c’est un peu comme le livre du chagrin. Ça ne l’est pas au sens où je n’ai pas écrit sur la tristesse comme telle, mais j’avais envie de mettre en mot une sorte de peine. Mais en même temps, il y a quelque chose de lumineux, parce que le blanc est entre les deux; il efface tout, donc on pourrait dire qu’il est noir, et pour moi le chagrin est quelque chose d’assez obscur, mais en même temps, il y a du lumineux dans les larmes. Il y a la réverbération de la lumière, il y a quand même une sorte de joie ou de frénésie dans le chagrin, et je pense que c’est ce que j’essayais de trouver, ou d’attraper.

FD : Il y a une forme de beauté qui émane de tout ça, même si on imagine que c’est douloureux.

CEB : C’est peut-être aussi libérateur en quelque sorte…

MD : Je ne suis pas sûre si c’est vraiment libérateur, en tout cas pas au sens psychologique du terme. Mais c’est libérateur pour l’écriture, parce que c’est là que ça se passe. On dit souvent que l’écriture est cathartique, pour d’autres écrivains peut-être, mais pour moi, pas forcément, je ne pense pas. Je ne pense pas qu’il y ait une dimension psychologique si définie, si nette, mais pour l’écriture il y a quelque chose de ludique malgré tout. Et c’est là qu’il y a une sorte de libération

CEB : Je pensais au chagrin qui nettoie, qui libère une forme de tension.

MD : Qui enlève la tension, oui tout à fait.

FD : Sur le plan des tensions, ton roman est assez physique. Il y a beaucoup de références au corps, aux effets de l’écriture sur corps, je te cite : « J’écris à la manière d’un potier qui fait tourner la glaise pour la modeler, jusqu’à ce qu’au fil des caresses surgisse un objet. » (p. 154). Mais on a aussi la dimension souffrante de l’écriture : « J’écris en automate, je fais tomber les phrases et c’est mon corps qui absorbe le choc, mon corps qui abandonne, qui ne peut plus tenir le coup, mon dos noué brûlant, mes muscles endoloris, mes doigts froids, engourdis. » (p.102)

MD : C’est ça le jeu de l’écriture, c’est un peu une coïncidence. C’est-à-dire qu’au moment où j’écrivais ce livre, j’avais physiquement très mal, et donc je l’ai intégré au livre. Est-ce que c’est écrire qui faisait mal, en fait j’avais mal tout le temps. C’est là où j’ai joué, où j’ai décidé de me laisser emporter par ce que cette douleur pouvait signifier par rapport au livre que j’étais en train d’écrire. Alors que si j’écrivais un article à côté j’avais tout autant mal, et bien je ne me posais pas la question du qu’est-ce qui fait mal. Mais en écrivant le roman, tout à coup il y avait une telle coïncidence. Et je jouais avec les mots : « en avoir plein le dos », « avoir les bras qui m’en tombent ». Tous ces mots-là devenaient importants, toutes ces figures-là devenaient importantes pour essayer de saisir ou de donner un corps à la douleur. Et là, littéralement mon corps faisait mal, alors ça me permettait de faire coïncider les choses. Il y a comme un truchement à travers la fiction, on joue avec les éléments du réel, dans le sens où je ne peux pas dire que, littéralement, écrire le roman me faisait mal. Ce raccord-là est comme faux, parce que c’est moi le fait, parce que j’ai envie de le faire au moment où j’écris. Mais c’est pratique pour le roman que de l’insérer.

FD : D’un autre côté, parlant de raccord, comme tu l’as souligné au lancement, il y a beaucoup d’éléments cinématographiques et visuels, d’images; plans, travellings, zooms, termes scénaristiques. Aussi beaucoup de photographies, on observe, on invente la vie à partir de photographies, celles de ta mère entre autres. Ta narratrice/toi affirme même avoir voulu posséder le don du dessin. J’aimerais savoir que dessinerais-tu, si on te donnait un crayon et le don de dessiner? Qu’est-ce qui te viendrait comme images? Quels seraient tes thèmes, tes sujets? Est-ce que ce serait plutôt abstrait, figuratif?

MD : Je pense que pour le coup ce serait figuratif. Enfin, quand j’étais enfant, comme tous les enfants, je dessinais. Je ne dessinais pas très bien, mais je dessinais, et je dessinais toujours des visages de femmes. Et au fond, la figure du cinéma dans le roman, elle est aussi là, il y a ce personnage d’actrice au début qui se fait battre. Il y a un peu de Marie Trintignant, que j’avais fusionnée avec Katie Holmes, qui à l’époque venait de se marier avec Tom Cruise, puis j’étais fascinée par ce couple-là, il y a un truc qui va se passer, ça va mal finir. Et de fait ça a mal fini, mais bon. J’étais un peu obsédée par ces figures d’actrices; il y a elle, il y a Marilyn Monroe, qui était aussi une fille bâtarde, une fille sans père. Donc j’étais un peu prise par ces figures d’actrices, et je pense, pour répondre à ta question, que si je dessinais, je dessinerais des femmes. Enfin, j’étais entourée de toutes ces photos, toutes ces reproductions de tableaux où il y a des femmes de dos, et je pense que pour le coup je retournerais la femme et représenterais son visage.

Parce qu’au fond dans ce roman, il y a un grand absent, le père, mais la grande absente c’est la mère, parce que c’est une mère qui est fantasmée. On me dit que j’ai écrit sur ma mère, mais la mère qui est dans ce roman, c’est la mère que je n’ai pas connue, c’est la femme d’avant la mère, la fille-mère, c’est la mère en train de devenir une mère. Donc ce n’est pas la mère que j’ai connue, c’est celle que j’imagine à partir de toutes ces photos que j’ai retrouvées. On est déjà dans la fiction, on n’est pas dans l’autobiographie au sens propre du terme.

FD : Une dernière question : est-ce qu’il y aurait une œuvre en particulier qui aurait orienté ton écriture, qui aurait trouvé un écho, un dialogue avec Blanc dehors?

MD : Bien, je me suis entourée – enfin quand j’écris je m’entoure d’un certain nombre de choses. Il y a une époque où je lisais beaucoup Hervé Guibert, en écrivant C’est quand le bonheur?, par exemple. Il n’y a pas forcément de lien, mais c’est mon univers à moi. Et pour Blanc dehors, c’était l’Amant (1984) de Marguerite Duras que j’ai relu, parce que c’était d’abord un album de photos, et puis j’ai voulu revoir comment elle avait travaillé. C’est aussi Nathalie Léger, Supplément à la vie de Barbara Loden (2012), et un documentaire de Sarah Poley, Stories We Tell (2012), qui a justement à voir avec ce mystère entourant sa naissance. Et il faut revoir ce film, car quand on le voit, on ne se rend pas compte et on a l’impression qu’elle prend des films d’époque où on voit sa mère, mais en fait Paley les a reconstitués. Ce sont de faux vrais films, ou de vrais faux films. J’ai tout regardé, les entrevues avec sa famille. J’ai vu ce film, et vous savez quand on voit quelque chose et c’est comme une gifle, une révélation : on peut faire ça voyons, ça se fait, c’est comme fou! À ce moment j’étais déjà en train d’écrire, j’étais très loin dans mon propre roman, mais il y a eu des œuvres comme celles-ci qui ont ponctué mon travail comme des « œuvres sœurs », si on veut, qui font en sorte qu’on ne sent pas tout dans notre processus d’écriture.

Par ici pour écouter l’entrevue en version intégrale!

L’esthétique de la laideur et les feuilles d’automne

Je fais dans le dégoûtant. L’être humain se meurt dans son besoin absolu de décrire le beau. Et c’est dans notre obsession de vouloir le définir que nous en perdons les repères. C’est qu’ils sont personnels ces repères.

Je me plais dans le laid. Parce que la laideur est relative. Tout comme la beauté.

Qu’est-ce que la vie sans pourriture?

Qu’est-ce que le magnifique sans l’horrible?

Le culte de l’esthétique du beau est archi-faux. L’espèce humaine apprend autant dans la décrépitude de son prochain que dans l’épanouissement de celui-ci.

On naît avec cet amour de l’affreux, de l’étrange et du mystérieux. C’est une envie bien ancrée qui se développe en l’être qui veut bien l’abriter. Comme la fleur, nous l’aidons à croître en l’arrossant de curiosité, d’ouverture et de réalisme. La différence est que nous ne craignons pas de voir la tige se courber l’échine sous le poids de la vie. Nous observons avec autant d’excitation ce rite, par lequel nous passerons tous tôt ou tard, qui s’avère être aussi splendide que la naissance.

Lorsque l’on adopte ce point de vue sur l’esthétique de la laideur, nous pensons bien souvent être les seuls à adhérer à une telle philosophie. Peut-être est-ce plus une théorie qu’une philosophie. Peu importe… La solitude fait partie du processus.

 J’ai été fortement froissée lorsque j’ai fait la rencontre de Mme Amélie Nothomb et de son oeuvre.

Amélie Nothomb Photo : Jean-Baptiste Mondino Droits cédés 2 ans à partir du 04/2007

Amélie Nothomb
Photo : Jean-Baptiste Mondino
Droits cédés 2 ans à partir du 04/2007

Avant même que mes yeux frôlent les premières lignes de ses mots, elle séjournait déjà comme une ombre dans l’entrée de ma demeure. J’avais à l’époque une colocataire qui vouait un amour sincère à la femme de lettres. Cette amie, qui était également artiste, avait tracé le portrait de l’auteure et lui avait offert le hall d’entrée comme royaume.

Je ne pensais jamais que son fantôme allait toujours me hanter deux ans plus tard. Sa peau blanchâtre, ses longs cheveux couleur de jais et son regard perçant m’auront marquée bien avant que ses romans ne le fassent.

J’ai entamé la Métaphysique des tubes avec un enthousiasme certain. Bien trop vite, je m’y suis reconnue.

Les phrases courtes murmurées comme un secret. L’aspect naïf et pourtant menaçant de l’enfant dieu et de son pouvoir absolu. Ces répliques vives entrecoupées de passages philosophiques auront fini de m’achever, moi et mon genre:

La délectation rend humble et admiratif envers ce qui l’a rendue possible, le plaisir éveille l’esprit et le pousse tant à la virtuosité qu’à la profondeur. C’est une si puissante magie qu’à défaut de volupté, l’idée de volupté suffit. Du moment qu’existe cette notion, l’être est sauvé. Mais la frigidité triomphante se condamne à la célébration de son propre néant. (p.34)

J’avais l’impression qu’on me dérobait mes idées. Elle avait trouvé les mots exacts. Peut-être étais-je jalouse de son niveau de compréhension.

Comme elle, je pensais que tout découlait de l’enfance. Un petit être fragile et malléable à sculpter comme de l’argile. Petit soldat de demain sous les doigts d’un système vieux comme le monde.

Jamais… ce n’était pas pour nous.

Le tube se fout de tout. Exception faite de tout ce que les autres se balancent. Nourrir les carpes par exemple.Couverture-Metaphysique-Des-Tubes-Amelie-Nothomb

Dans mon cas, il s’agit de la mue du serpent.

Ce fut mon premier dégoût. C’est étrange. Je me souviens, avant l’âge de trois ans, d’avoir contemplé des grenouilles écrasées, d’avoir modelé de la poterie artisanale avec mes déjections, d’avoir détaillé le contenu du mouchoir de ma soeur enrhumée, d’avoir posé mon doigt sur un morceau de foie de veau cru – tout cela sans l’ombre d’une répulsion, animée par une noble curiosité scientifique.

Alors pourquoi la bouche des carpes provoqua-t-elle en moi ce vertige horrifié, cette consternation des sens, ces sueurs froides, cette obsession morbide, ces spasmes du corps et de l’esprit? Mystère.

Il m’arrive de penser que notre unique spécificité individuelle réside en ceci: dis-moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es. Nos personnalités sont nulles, nos inclinations plus banales les unes que les autres. Seules nos répulsions parlent vraiment de nous. (p.137)

Je ne pouvais être plus d’accord. Notre individualité se construit tout d’abord de ce qui nous exècre. Lorsque nous connaissons bien ce que nous avons en aversion, nous sommes en mesure de définir ce qui nous plaît. La beauté et la laideur entretiennent une relation fusionnelle.

On prétend que c’est en faisant l’expérience du monde qu’il nous est possible de distinguer le bien du mal et le beau du laid. La nature du langage est parsemée de conventions sociales qui nous imposent ce qui devrait être beau et bien et ce qui se doit d’être laid et mal.

Rappelons-nous un instant du dialogue entre Socrate et Hippias qui tentent de définir le beau et comment cette belle discussion se termine par une aporie puisque l’illustre philosophe admettra qu’il est tout simplement impossible de décrire le beau de façon universelle. « Les belles choses sont difficiles», nous avait-il prévenus.

Durant notre jeunesse, l’être en construction que nous sommes cherche à tenter des expériences. Jouer à des jeux dangereux. Enfreindre les règles et les interdits. Il arrive donc bien souvent que le désir de mort et de vie s’entrelacent étroitement (détrompez-vous, cela se produit chez les adultes également. La différence, c’est que l’enfant, lui, ne comprend pas encore les conséquences de certains comportements qui lui paraissent anodins.)

On agit donc en voyou par moment et on y prend un malin plaisir. On s’influence les uns et les autres. On pense que cela est tout à fait normal. Bref, on est des gamins.

L’héroïne dans Le sabotage amoureux est en plein dans cette période de son existence. Tâter le pouls de la vie. Avec sa bande, pic_1elle fait régner la terreur sur le ghetto San Ti Lu à Pékin. Vulgarités entre compagnons, mélange de yaourt et de substances venant de l’organisme humain servi aux soldats allemands et punitions d’imbibition d’urine et d’encre de Chine pratiquées sur les ennemis illustrent parfaitement le monde dans lequel la protagoniste âgée de sept ans vit au quotidien. Et elle adore cela.

L’ignominie de cette manoeuvre nous faisait éructer d’extase. Nous nous disions que nous étions immondes. C’était grandiose. (p.25)

Et, une fois de plus, pour prouver la cohésion du laid et du beau, cette existence dans l’abjection sera habitée par un désir ardent de la jeune fille pour Elena, celle qui représente «le centre du monde», l’absolue beauté.

Son corps résumait l’harmonie universelle, dense et délicat, lisse d’enfance, aux contours anormalement nets, comme si elle cherchait à se découper mieux que les autres sur l’écran du monde. (p.33)

C’est que l’un sans l’autre, les concepts de beauté et de laideur ne sont que vide. Il faut qu’il y ait un éclat majestueux de beau pour que le laid s’en empare. Depuis toujours, l’être humain est déchiré, ambigu et contradictoire. Certains plus que d’autres.

Mon questionnement sur le sujet a vu le monde avec la découverte de Baudelaire. Je reviens souvent à lui. Lorsqu’en si peu de pages La beauté côtoie La charogne. Pendant que Hymne à la beauté valse avec La mort des amants. Une jeune fille s’interroge. Peut-il émerger de la beauté une laideur absolue? Et l’inverse?

Et le ciel regardait la carcasse superbe

Comme une fleur s’épanouir

La puanteur était si forte, que sur l’herbe

Vous crûtes vous évanouir.

Des mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,

D’où sortaient de noirs bataillons

Les larves, qui coulaient comme un épais liquide

Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague

Ou s’élançait en pétillant

On eût dit que les corps, enflé d’un souffle vague,

Vivait en multipliant. (p.34)

bosch_10

Le jardin des délices, Jérôme Bosch

Il est intéressant de voir qu’à plusieurs siècles d’intervalle les penseurs se rallient sur certains concepts. Nothomb éveillait en moi les mêmes questionnements.

Je me trouvais dans un tableau de Jérôme Bosch: de toute part la laideur, la monstruosité, la souffrance, la déchéance- et là, soudain, un îlot de pureté intacte. (p.117)

L’obsession de la beauté peut rendre fou, celle de la laideur également. Dans Mercure, un homme dérobe la beauté en la faisant passer pour affreuse. Comme quoi les deux sont interchangeables. Au diable les standards, la norme et les conventions! Je m’octroie le droit sur le néologisme beaulaid.

Après tout, il est bien pire de n’être ni laid, ni beau. La neutralité est absente de plaisir. Elle est invisible.

Rien ne se fait dans le simple. Bien entendu, il est possible de se satisfaire d’un rien et que la simplicité nous donne l’air libre. La complexité de la vie demeure tout de même le déclencheur de la curiosité humaine. Et n’y a-t-il pas plus belle complexité que la complicité entre le beau et le laid?

Et dans cet automne qui tarde à se pointer le bout du nez, j’attends avec impatience de voir les feuilles se décomposer au rythme des mots de ma sorcière bien-aimée.

Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb. Albin Michel, 2000. 157 pages.

Le sabotage amoureux, Amélie Nothomb. Albin Michel, 1993. 186 pages.

Les fleurs du mal, Charles Baudelaire. Librio, 1996. 162 pages.

Mercure, Amélie Nothomb. Albin Michel 1998. 226 pages.

5 façons de classer sa bibliothèque

Il y a quelques semaines, j’ai publié une photo sur Instagram où je montrais le Avant et le Après de mes bibliothèques. J’ai commencé il y a de cela très longtemps, déjà 7 ans, à classer mes livres en ordre alphabétique, simplement parce que j’ai travaillé dans des librairies et que c’était la façon de faire. Mon oeil aguerri me permet de trouver rapidement ce que je cherche dans ma bibliothèque et c’est parfait pour moi, mais je sais qu’il existe beaucoup d’autres méthodes. J’ai donc eu envie dans cet article de vous faire découvrir 5 façons pour ranger, classer ou simplement mettre vos livres! Sur Instagram, j’ai eu droit à beaucoup de réponses telles que : par genre, par couleur, par grandeur, par préférence, et même aléatoirement! Ça prouve que toutes les manière sont bonnes pour classes ses livres!
Capture d’écran 2015-08-20 à 16.19.54

  1. ABC. À la façon des libraires et des bibliothécaires, c’est, je vous l’avoue, la méthode la plus classique ! C’est aussi la mienne simplement par habitude! Je sais pourtant que cela demande quand même de la rigueur, quand on prend un livre, on doit tout de suite le remplacer et parfois se chanter la petite chanson, Abcdefg... Simplement pour être certain de ne pas classer Huston avant Jardin.
  2. Par couleur, je suis certaine que les bibliothèques classées par couleur sont les plus belles visuellement, mais à mon sens pas tant pratique. C’est clair que lorsque la bibliothèque devient un réel décor dans une pièce, ça donne beaucoup de prestige! Je trouve aussi que beaucoup de livres francophones et publiés au Québec ont la même structure visuelle, qui est souvent blanche! Chanceux sont les américains qui ont réellement droit à des couvertures colorées et originales. C’est de cette manière qu’on peut se faire une bibliothèque vivante. Avec mes centaines de livres de folio, je pense que la mienne serait bien terne.
  3. Par genre! Je trouve que cette manière est vraiment intéressante, dans le sens qu’on se rapproche encore des classements classiques, comme à la bibliothèque. Je peux dire que je fais un peu la même chose avec les miens, car je mets les romans en premier et ensuite les essais et les livres de voyage. Bon, comme 90% de ma bibliothèque est faite de roman, c’est sûr qu’on ne le remarque presque pas. Toutefois, les gens qui ont un style plus varié, au niveau de leur lecture, je pense que c’est un choix vraiment intéressant.
  4. Par grandeur! Du plus grand au plus petit ou pourquoi pas le contraire, ce type de classement donne un beau coup d’oeil visuel! Je sais que le look de nos bibliothèques est vraiment important pour les fous de livres comme nous, par exemple, je connais une amie qui ne peut acheter un format de poche et ensuite un format régulier pour une même série de livres, simplement par souci d’unité et de conformité! Je dois avouer qu’avec la série 1q84 d’Haruki Murakami, j’ai aussi attendu de trouver le troisième tome simplement pour avoir la couverture identique aux deux derniers! Ah l’amour des livres, ce que ça nous fait faire! On comprend un peu plus comment les livres papiers procurent un si grand bonheur!
  5. Pas de classement! Allez, soyons fous, ne rangez pas vos livres, mettez-les où vous voulez. Dans le bain, le salon, la chambre d’ami, la salle de bain, la table de chevet, où ça vous dit! Et ainsi, vous aurez toujours un livre à vous mettre sous le nez peu importe votre emplacement ! Sans blague, cette méthode est la plus facile et la plus libératrice. Ne pas classer ses livres et juste les laisser ensemble ou séparés dans son appartement est moins pratique quand on cherche à retrouver un roman à prêter à une amie, mais je suis certaine que les gens qui vivent de cette manière s’y retrouvent. Des fois pas de classement, c’est le classement!

Bon, la vérité c’est que la manière dont vous décidez de classer vos livres n’est pas vraiment importante, car il faut seulement qu’elle vous convienne personnellement. J’ai décrit les méthodes les plus classiques, mais je sais qu’il en existe beaucoup d’autres. Certaines personnes divisent leur piles en deux. Il y a la PAL, plus communément appelée Pile à lire. Dans celle-ci, on y met les livres pas encore lus! J’avoue que je suis bien tentée d’expérimenter cette méthode parce que ça nous permet de savoir ce qui reste à lire. Ça m’est déjà arrivé d’acheter un livre en double, oui oui!

Je vous invite à prendre une photographie de votre bibliothèque et de me dire de de quelle manière vous classez vos livres. Utilisez le mot-clé #Lefilrougelit sur Instagram ou partagez votre photo sur notre page Facebook!