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Le pamplemousse de Maude Bergeron

Certains ou certaines d’entre vous auront probablement déjà eu l’occasion de tomber sur les illustrations féministes et inclusives de Les folies passagères, projet tout droit sorti de la tête de Maude Bergeron. Pour ma part, c’est en suivant cette dessinatrice engagée que j’ai eu vent de Pamplemousse, son premier roman, qu’on pourrait aussi qualifier de livre illustré.

Des sujets sensibles

La curiosité et l’envie de soutenir dans son travail la talentueuse illustratrice m’ont poussée à acheter, avec ma sœur, ce petit bouquet de feuilles auto-publié et en vente sur Etsy. Je l’ai reçu quelques jours après ma commande avec une dédicace, ainsi qu’un signet représentant la diversité des corps féminins. Quoi demander de mieux comme préambule?

Il n’est pas étonnant de constater que Maude Bergeron sait écrire sur les tabous sociétaux qui sont souvent aussi des enjeux féministes (les menstruations, les problèmes mentaux, la pilosité du corps, les relations amoureuses malsaines, etc.), puisque des textes sont souvent joints à ses illustrations publiées sur les réseaux sociaux.

Cette fois-ci cependant, le propos devient très intime, très personnel à l’autrice.

En effet, elle s’inspire de son vécu et met sur papier une courte histoire retraçant les étapes d’une période charnière dans sa vie. Une période qui a peut-être façonné sa sensibilité au féminisme et aux enjeux du rapport au corps, des relations sexuelles consentantes et saines, de la dépendance affective…

Le pamplemousse dans le parcours de Maude Bergeron

Évidemment, les images sont à l’honneur et on reconnait le style du projet Les folies passagères que Maude Bergeron fait d’ailleurs apparaître sur la page couverture du livre.

Pamplemousse, c’est le gros pépin dans le parcours de Maude Bergeron qui grossit en importance au fil du petit livre. Il prend toute sa vérité à travers les illustrations évocatrices de l’autrice et son vocabulaire cru.

Mon dedans n’est qu’un melting pot de putrides fruits abîmés.

Pas de grandes fenêtres, de pièces éclairées.

Juste un dérisoire trou noir où se perdent les mal-aimés. 

Pour celles et ceux ayant vécu des moments difficiles dans des relations amoureuses antécédentes ou actuelles, je vous suggère d’aborder Pamplemousse tranquillement, car les sujets abordés ne sont pas gais et peuvent réveiller d’anciennes blessures. La brièveté du roman le rend toutefois moins intimidant!

Petit bijou

Brillant livre, Pamplemousse anime la fibre de la sensibilité et de la compassion pour les épreuves des autres, aborde des sujets intenses qui font réfléchir sur nos parcours personnels et donne une liberté aux lecteurs et lectrices dans l’interprétation des images. Vraiment un bijou.

Et vous, quel est le dernier roman engagé que vous avez lu?

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N’essuie jamais de larmes sans gants : quand l’amour transcende la mort

Rares sont les livres qui font l’unanimité. J’ai pourtant l’impression que celui-ci fait partie de cette catégorie, la catégorie des livres qui marquent chaque et unique lectrice et lecteur qui a le bonheur et le privilège de se faire raconter cette histoire. Par l’universalité qui transcende l’oeuvre et qui la fait briller, un peu plus fort, dans les bibliothèques et les cœurs, je crois que ce roman, N’essuie jamais de larmes sans gant, sera dans le top 5 de mes lectures marquantes de 2018.

Gagnant du prix des libraires du Québec (et d’une tonne d’autres prix aussi!), c’est chez Alto qu’il a été publié au Québec. Cette lecture m’aura fascinée du début à la fin et m’aura donné envie de ralentir le temps, de rester encore un peu plus longtemps dans ce récit qui pourtant n’est pas court. C’est plus de 800 pages que nous offre l’auteur avec ce roman et sincèrement, j’en aurai pris plus. Je me suis tellement attachée aux personnages que j’ai refermé cette brique le coeur pilé et les yeux humides.

« Je veux dans ma vie pouvoir aimer quelqu’un qui m’aime »

Avant tout, ce roman est une grande histoire d’amitié et d’amour. On y suit un groupe d’amis à Stockholm en Suède – rassemblé par le mirifique et plus que charmant Reine – au fil des (trop) courtes années de leur amitié. Or, c’est aux personnages de Benjamin et Rasmus que l’histoire s’attarde davantage. On y raconte leur rencontre amoureuse, un coup de foudre inattendu entre ces deux hommes que tout opposait.

Benjamin est un témoin de Jéhovah qui ne veut qu’aimer quelqu’un qui l’aimera en retour. J’ai beaucoup apprécié en apprendre davantage sur le monde de vie des témoins de Jéhovah pendant l’enfance et sur les cours qu’ils suivent pour apprendre à aller rencontrer les gens. C’était nouveau pour moi de lire un roman avec un personnage témoin de Jéhovah et je dois dire que j’ai appris de nombreuses choses à ce sujet.

Rasmus, quant à lui, quitte son petit village et se rend à Stockholm, endroit où il se permet réellement d’être lui-même. Élevé dans une famille aimante et traditionnelle, Rasmus ressent rapidement le désir de s’éloigner de sa petite vie de famille tranquille pour aller à la rencontre de celui qu’il est réellement.

C’est lors d’une soirée chez Reine que les deux garçons se rencontrent. Ils ne se quitteront plus, et ce, jusqu’à ce que la mort les sépare. Le soir de leur rencontre, ils partent, sous la neige, se perdre dans Stockholm, ensemble. C’était une douce scène qui m’a touchée par sa finesse et sa sensibilité.

Et c’est le sida – «le cancer des gais», comme on le nommait à l’époque – qui vient tout détruire chez ce groupe d’amis, chez ce couple d’amoureux et dans des sociétés entières. C’est aux balbutiements de cette maladie que se plonge le roman, à l’époque où on n’en savait rien, où on en mourrait en l’espace de quelques mois et à l’époque où certains médecins refusaient de traiter les patients atteints. J’ai donc appris de nombreuses choses concernant le sida, des choses révoltantes qui m’ont chavirée et m’ont fait prendre conscience de la résilience de ces hommes vivant l’horreur.

Toutefois, il y a de la beauté dans ce roman et ce ce qui en ressort, à mon sens, c’est la force des relations. La grandiose force des amitiés et de l’amour. Mais, cela n’éloigne et n’enlève pas la grande haine, la violence et la tristesse qui traversent ce roman.

Révoltant, enrageant, voilà les mots qui me viennent à l’esprit en écrivant ces lignes. Il est impossible de lire ce livre sans en être changé. L’auteur a réalisé un travail exceptionnel en réussissant à nous informer et nous éduquer par rapport au sida, aux témoins de Jéhovah, à la discrimination vécue par les homosexuel.les en Suède dans les années 70 et 80, etc.

Ces familles qu’on se choisit

On sait d’emblée que la mort se fracassera dans la vie des personnages. La force du roman est de nous donner envie de voir évoluer les personnages – principalement Benjamin et Rasmus qui auront tous deux des relations conflictuelles avec leurs familles – et ce, même si on sait rapidement que la mort les divisera. Du côté de Rasmus, ses parents qui l’aiment énormément essaieront d’accepter l’homosexualité de leur fils, sa maladie et son amoureux. Il y a quelque chose de touchant dans cette relation et en même temps, quelque chose de tellement révoltant. Pourquoi tant de peur et de haine entremêlées à tant d’amour ? Et pour Benjamin, ses parents, eux aussi témoins de Jéhovah, prendront la décision d’abandonner leur fils, et ce, même si celui-ci continue à leur écrire. Comme c’était difficile de constater la douleur que vivaient ces hommes à cause de la maladie oui, mais aussi de l’homophobie dans la société. Benjamin qui, après son coming-out, n’aura plus de contact avec sa famille est un bon exemple de cette homophobie ambiante qui était bien présente dans la Suède des années 70 et 80.

Il y a toutefois une nouvelle famille qui se crée autour de ce groupe d’amis: eux. Ils deviennent la famille qu’ils n’ont pas ou plus. La famille qui les laisse être ceux qu’ils sont librement et simplement. Cette famille qu’on se choisit et qui nous permet de s’épanouir. Il y avait tellement d’humour et d’amour entremêlés à ce groupe d’amis vivant dans la douleur et la violence et c’est ce qui m’a fait tomber sous le charme de ce groupe qu’on sait bien condamné à exploser. Les dernières pages du roman en sont d’ailleurs l’exemple parfait de cette famille soudée remplie d’amour qui transcende la mort.

Bref, j’ose espérer que vous ressentez dans mes mots l’affection que je porte à ces personnages et à ce roman. Fresque sociologique et puissant roman présentant des personnages que je ne peux oublier et que je ne veux pas abandonner, je vous encourage à offrir votre temps à cette belle brique qui en vaut fortement la peine.

Avez-vous d’autres suggestions de romans qui abordent les débuts de la pandémie du sida?


Le fil rouge tient à remercier les Éditions Alto pour le service de presse.

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L’étreinte des vents: un récit de liens et d’amour

Des êtres de liens

« Nous portons en nous la capacité de nouer des liens, de créer des correspondances et, par là, nous avons aussi la possibilité de les rompre. » L’étreinte des vents d’Hélène Dorion est un récit introspectif qui nous emporte dans un retranchement ultime, aux confins d’une île terre-neuvienne.

L’autrice, à la suite d’une rupture amoureuse, sonde et descend au sein de ses bouleversements intérieurs pour nous proposer un récit profondément humain et universel qui résonne par sa vérité. Elle explore les failles des humains, êtres liés, lieurs et «liables», et les possibilités créatrices de celles-ci.

« On ne peut pas renoncer. L’appel de la vie est trop puissant, au-delà de la souffrance, au-delà du vide qui se déploie devant nous à perte de vue, on ne peut renoncer à ce monde. On en éprouve soudain la force de la vie comme on en éprouve la faille, cette zone de rupture qui est aussi la marque d’une vulnérabilité d’une imperfection par laquelle les possibles se manifestent. » 

Quand les vies chavirent, qu’arrive-t-il?

Nul n’a besoin d’avoir vécu une rupture pour être percuté par ce récit poignant de justesse et de vérité. Hélène Dorion sonde les sentiments humains avec une attention incomparable, ce qui lui permet d’atteindre une universalité incommensurable. Ce récit mérite d’être lu par quiconque. Je ne vous cacherai pas que de le lire à la suite d’un tel événement, ça chavire.

« Tout est là, au bout de mes doigts, de mon âme, le plus petit instant contient l’univers entier, sa force et sa vulnérabilité. Manger, dormir. Aller vers le vivant, vers l’aube qui perce le ciel, laisser le vent effleurer doucement ma peau, écouter le silence qui remue. Recommencer. »

Ça fait un petit bout que je n’ai pas écrit. J’en ai profité pour faire plein de choses, découvrir mon nouveau quartier, ses rues, ses boutiques et ses parcs, rencontrer de nouvelles personnes et des amis, m’habituer à mon nouvel emploi, approfondir les amitiés. Un temps et un espace instropectifs pour trouver la fin d’un cycle, afin de faire de cette faille, une création, un recommencement.

« Aujourd’hui, sachant ce que j’ai choisi, je suis – comme jamais encore je ne l’avais été – jetée dans ma propre vie tel un oiseau dans son vol. » 

Au sein de cette nouveauté ambiante et personnelle, je suis tombée sur ce livre au moment même où je souhaitais me remettre à lire, à écrire. Bref, un moment de synergie comme on les aime.

« Les mots sont de parfaits lieurs, ils appellent à eux les fragments du monde pour créer des passerelles, précaires certes, mais qui font surgir une phrase, une page, bientôt tout un livre qui tissera une toile, et l’on y entendra battre un coeur, on verra la pensée aller d’un fil à l’autre. On écrit pour lier les choses ensemble, lier les êtres, les vies. » 

L’étreinte des vents est à lire plusieurs fois afin de le laisser résonner à différents endroits en soi. Un récit introspectif qui témoigne d’un chemin, celui d’Hélène Dorion, qui permet de changer une boucle ou un cycle en spirale pour découvrir une autre part de soi, avec, en poche, une connaissance accrue de l’humain que nous sommes.

Avez-vous déjà trouvé exactement le bon livre pour le sentiment vécu? Cette synergie, ça vous est arrivé déjà? Vive les livres qui font du bien…!

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Livres-mystères à la librairie l’Exèdre

Dans le cadre de la journée des librairies indépendantes qui se tenait le 2 juin dernier, la Libraire L’Exèdre de Trois-Rivières proposait à ses clients l’achat de livres-mystères : des livres emballés dans du papier kraft et identifiés en fonction des thèmes qu’ils abordent, sans indices suffisants pour découvrir un titre ou un auteur. Il s’agissait d’achats à l’aveuglette! L’idée m’a immédiatement charmée et je me suis dit que l’occasion était parfaite d’enfin découvrir cette librairie dont j’entendais parler depuis mon arrivée en Mauricie.

L’endroit est chaleureux et il me surprend agréablement avec sa grande sélection de livres d’occasion. J’ai l’impression de découvrir une mine d’or! Je n’ai pas encore jeté un œil à la corbeille qui contient les livres-mystères que déjà, je sais que je ne pourrais pas résister à la tentation de prendre autre chose. Après avoir analysé et sous-pesé le contenu de la corbeille, je choisis finalement 4 livres-mystères. Le premier est identifié : « Œuvre majeure de la littérature mondiale parue en 1857. Roman d’amour qui questionne la maternité, la vie conjugale et la vie bourgeoise. » Sur l’emballage du second, on retrouve : « Un roman sur la beauté des mots et le pouvoir de la lecture. Écriture magnifique. Par un auteur phare du Québec. » Le troisième est décrit brièvement : « Prix Goncourt. Un coup de cœur! Un magnifique roman sur l’amitié et l’enfance. » Alors que le sur le dernier, il est écrit : « Un des meilleurs romans de l’auteure. Suscite une réflexion. Une suggestion de notre libraire Audrey. » Comme pressenti, j’ajoute quelques nouveautés et un livre usagé à mes achats après avoir flâné dans les allées. Mine de rien, je m’assure de ne pas manquer de lecture pour la période estivale qui débute.

De retour à la maison, je déballe mes livres avec un certain plaisir, presque avec fébrilité. J’avais réellement l’impression de recevoir un cadeau! Sous les emballages, je découvre :

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Le premier livre que je déballe est un classique de la littérature, Madame Bovary de Gustave Flaubert. Il s’agit d’une œuvre qui aborde la maternité, la vie conjugale et les conditions des femmes. Il s’agit d’une édition contenant le texte intégral ainsi qu’un dossier historique et littéraire sur l’œuvre, question de pousser les réflexions plus loin. Je suis vraiment contente de me retrouver avec cette œuvre entre les mains, puisque, même si ça me gêne de le dire, je ne l’ai toujours pas lue. Elle est dans ma liste de lecture depuis belle lurette, et je n’ai maintenant plus aucune raison de la remettre à plus tard.

Le deuxième livre que je déballe est L’anglais n’est pas une langue magique de Jacques Poulin, l’auteur du fameux Volkswagen blues. Instantanément, le titre m’attire : je dois dire que j’étudie en traduction et que mon rapport à l’anglais est multiple. Je suis donc vraiment intriguée et emballée par la quatrième de couverture qui me parle de lecture et des pouvoirs thérapeutiques des mots, de la langue française aussi, de sa présence. Je comprends qu’on retrouve, dans ce livre, des personnages campés dans celui qui l’a précédé et dont le titre est La traduction n’est pas une histoire d’amour. Je n’arrive pas à le croire et je me dis que ce livre-mystère m’était pratiquement destiné! Il ne m’en a pas fallu plus pour que je fasse une brève recherche sur Jacques Poulin et que je confirme qu’il est non seulement un auteur culte, mais aussi un traducteur et que cette profession teinte plusieurs de ces œuvres. Ce deuxième livre-mystère est vraiment une belle découverte et j’anticipe déjà le plaisir de sa lecture!

Le troisième livre-mystère se révèle être La vie devant soi de Romain Gary, publié sous le pseudonyme Émile Ajar, qui a reçu le prix Goncourt en 1975. Il s’agit d’une autre œuvre marquante parlant d’amitié, de différences culturelles d’enfance et de vieillesse, dans laquelle je me replongerai avec joie. Le dernier titre que j’ai déballé avec empressement est Attentat d’Amélie Nothomb, une autrice belge très prolifique. La description sur le papier kraft était plutôt vague et j’avoue que je ai choisi ce titre parce qu’il était identifié comme une suggestion d’Audrey, l’une des deux libraires copropriétaires dont j’ai commencé à suivre les suggestions grâce à des activités littéraires qu’elle anime à la bibliothèque près de chez moi. Comme j’y trouve toujours mon compte, je me suis dit que ce livre-mystère ne ferait pas exception.

Au final, l’expérience de « l’achat à l’aveuglette » s’est avérée très positive pour moi et je suis emballée par les lectures à venir! J’ai hâte de voir si la façon dont je vais lire et recevoir ces livres sera influencée par la façon dont ils ont été achetés. Je dois aussi dire que je vois ces livres-mystères comme une belle marque de confiance que l’on peut accorder à nos libraires. Pour ma part, je sais que je n’attendrai pas les prochains livres-mystères pour faire des achats à l’aveugle; les libraires de l’Exèdre ont gagné ma confiance et je suivrai leurs recommandations sans hésiter!

Et vous, quelle est votre librairie indépendante coup de cœur?

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le fil rouge, le fil rouge lit, mode, design, suggestions littéraires, Alexa Chung, Garance Doré

L’univers de la mode et les livres: des suggestions

Au sein de mes articles précédents, j’ai toujours réussi à inclure ce que j’aimais, mes intérêts (la botanique, les pays scandinaves, des ouvrages/bande dessinées portant sur l’introversion, l’Histoire, le design etc.) ou certains traits de ma personnalité pouvant s’inclure facilement dans le monde du livre. Bref, j’aime toujours inclure des petites parcelles de moi-même à travers des livres que j’ai bien aimés! Ce mois-ci, mon choix s’est donc porté sur le domaine de la mode, un univers qui m’intéresse depuis le début de l’adolescence, mais que j’ai toutefois toujours délaissé lorsqu’il est temps de faire mes choix d’articles. Lorsque je tombais sur des livres portant sur le sujet, ces derniers s’avéraient être bien souvent des ouvrages de collection créés par de grandes maisons de couture, qui présentent des images de leurs œuvres/créations présentées sur d’anciens défilés/collections. Bien que magnifiques, j’ai toujours tendance à ne plus les rouvrir et les laisser de côté après ma première lecture.

Or, depuis quelques années, de nombreux ouvrages furent rédigés par des personnalités influentes dans le milieu: on peut notamment penser aux ouvrages dédiés à la fameuse philosophie de la «parisienne», écrits en autres par Caroline de Maigret,  Inès de la Fressange et Jeanne Damas, qui me rejoignent d’avantage.

Voici donc deux suggestions que j’ai particulièrement aimées!

It- Alexa Chung 

Qui est Alexa Chung? Mannequin,  égérie, DJ à ses heures, ancienne animatrice de télévision, journaliste mode,  fondatrice de la marque «ALEXACHUNG»… Celle-ci possède de nombreux atouts! Reconnue pour son style impeccable, Alexa Chung est une référence et une source d’inspiration de la part de nombreux designers, stylistes et journalistes: cette dernière apparaît fréquemment au premier rang des défilés et ses «look du jour» (ou ce qu’on appelle dans le jargon «OOTD») se retrouvent régulièrement au sein des sites internet/revues consacrés au milieu de la mode/design.

alexa-chung-at-met-gala-2018-in-new-york-05-07-2018-1           51LcQ32D9dL._SX324_BO1,204,203,200_ (Alexa Chung au gala annuel du Metropolitan museum of New-York en mai dernier. Sources: Glamour UK et Amazon). 

Et son livre?

Publié en 2013, It retrace des petites parcelles de la vie d’Alexa (qui touchent de près comme de loin à la mode): celle-ci nous présente donc ses inspirations, les personnalités de l’industrie du cinéma ou de la musique qui l’ont particulièrement influencée (Chung est notamment une grande admiratrice de Jane Birkin), des anecdotes sur le début de sa carrière, ses goûts littéraires (son roman préféré est Lolita de Vladimir Nabokov), des souvenirs de son enfance, ses pièces vestimentaires préférées (chacune ayant une histoire bien particulière), etc. Notre lecture est également accompagnée de nombreuses photographies personnelles et d’illustrations qu’elle a réalisées elle-même. Teinté d’humour, écrit sans prétention quelconque, avec une pointe d’autodérision, It est parfait pour les «admirateurs» d’Alexa qui désirent en connaître d’avantage sur sa carrière, sa vision de la mode et son style. Bref, j’ai trouvé ma lecture légère, agréable, et j’y ai même fait quelques découvertes culturelles!

Love X Style X Life – Garance Doré 

Qui est Garance Doré? Active sur la blogosphère depuis 2006, Garance Doré est blogueuse (et fondatrice ) d’Atelier Doré. Elle est également photographe et illustratrice. 

Ce qui a fait (en autre) la renommée de son blog? Ses très jolies illustrations qui accompagnaient ses articles (ça faisait changement des photos habituelles des défilés, des collections ou événements mondains se retrouvant habituellement sur les blogs du même genre!). Sympathiques et drôles, les billets de Doré comportent des sujets diversifiés (mode, esthétisme, entrevues, voyage, soins de la peau/cosmétiques, coiffures etc.) qui attirent des milliers de lecteurs. On y retrouve aussi régulièrement des photos des meilleurs «looks» prises sur le vif dans les rues de New-York! Garance Doré est souvent considérée comme étant une personnalité «démocratisant» le milieu la mode.

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(Garance Doré et son livre. Source: C-Oui by Lucie). 

Et son livre? Love X Style X life est un guide pratique pour tous les amoureux de la mode, de la photographie et du design (le concept de la «parisienne»: mythe ou réalité?, les essentiels dans la garde-robe de Garance, etc.). Certes, le concept du livre n’est pas nouveau, mais ce que j’ai particulièrement apprécié de celui-ci c’est:

  • Les conseils «non patronisants» offerts par Doré: lorsque je lisais des ouvrages réalisés par certains(es) de ses pairs, je remarquais beaucoup de catégories du type «do and don’t» ou des phrases ressemblant à «tu DOIS absolument porter cette pièce X» ou «les leggings noirs, c’est franchement un gros  »non »» qui avaient tendance à profondément m’irriter. Dans le cas de Love X Style X Life, Garance Doré nous offre bien sûr une variété de conseils (beauté/mode etc.) en plus de partager les pièces préférées au sein de sa garde-robe, mais le «ton» de ses commentaires ou de ses suggestions est complètement différent de ce que j’avais l’habitude de voir. Bref, c’est dans son livre que j’y ai puisé le plus d’idées et d’inspirations. Il s’agit d’un guide pratique parfait, sans toutefois être une bible que l’on doit suivre à la lettre, comme le prétend (enfin, je crois?) certains autres ouvrages dédiés à la mode.
  • La diversité des sujets abordés: en plus d’un volet mode/beauté, Garance Doré nous offre également des conseils pertinents sur le milieu/marché du travail (qui peuvent s’appliquer dans n’importe quel domaine, ce n’est pas seulement propre au milieu de la blogosphère/journalisme mode). Aussi, celle-ci aborde également des sujets plus intimes sur sa vie personnelle (son enfance, quelques anecdotes sur ses histoires amoureuses, sa définition de l’élégance, ses inspirations, etc.).
  • Le graphisme superbe du livre (normal de la part d’une illustratrice et d’une photographe!)

Envie d’autres suggestions? Une autre fileuse a fait également un article portant sur le sujet (ça vaut le coup d’y jeter un œil!)

Et vous, avez-vous des livres «mode» en tête que vous avez appréciés? (ma prochaine lecture sera probablement À Paris de Jeanne Damas!)

Petite note : l’illustration est une réalisation d’Élodie Trudel, étudiante en graphisme à Montréal. Pour jeter un œil à son univers, ses illustrations et ses photographies (charmantes et super jolies!), c’est par ici : instagram.com/oh.elo 

 

 

 

Konbini; Sayaka Murata; livre; bibliothérapie; le fil rouge; Denoël

Konbini : La vie en dehors des normes fixées par la société

Saviez-vous que, au Japon, le mot konbini désigne un commerce de proximité ouvert 24/7 où l’on vend principalement des aliments de consommation rapide? Ce terme vient de la contraction des mots anglais « convenience store », en japonais.

J’ignorais ce fait avant ma lecture du roman de l’autrice japonaise Sayaka Murata ayant ce mot pour titre. Konbini est un court livre qui pourrait s’apparenter à une nouvelle. Il nous plonge dans l’univers de ces supérettes japonaises par l’entremise du personnage de Keiko Furukura, une femme de 36 ans qui occupe un emploi à temps partiel dans un konbini depuis près de dix-huit ans.

Faire sa place

Au départ, Keiko devait occuper cet emploi dans un konbini le temps de ses études universitaires. Or, étant depuis son enfance une personne ayant de la difficulté à s’adapter aux normes de la société, Keiko trouve un certain confort dans ce travail où elle se sent enfin normale.

En cet instant, pour la première fois, il me sembla avoir trouvé ma place dans la mécanique du monde. Enfin, je suis née, songeai-je. C’était, à n’en pas douter, le premier jour de ma vie en tant que membre normal de la société. 

Faire face aux jugements des autres

Plusieurs années après la fin de ses études, Keiko travaille toujours dans le même konbini et elle n’est pas mariée. Sa situation est perçue négativement par les membres de son entourage qui ne comprennent pas pourquoi elle ne se trouve pas un autre emploi et encore moins pourquoi celle-ci n’a jamais eu de relation amoureuse. Ceux-ci ne semblent aucunement prendre conscience que la vision du bonheur n’est pas nécessairement la même pour tout le monde.

C’est donc dans ce quotidien régulé au quart de tour que Keiko trouve son réconfort. Or, ce quotidien prendra un drôle de virage lorsqu’elle fera la connaissance de Shiraha, un nouvel employé du konbini où elle travaille. Elle y verra l’opportunité d’échapper aux jugements de son entourage quant à sa vie professionnelle et personnelle.

Faire réfléchir

Bien qu’il s’agisse d’un court roman, j’ai trouvé que l’histoire de Keiko amène plusieurs réflexions très intéressantes sur la société et sur le poids des attentes que cette dernière fait porter à chaque individu. Ce roman met en lumière à quel point la difficulté de s’adapter ou de se conformer aux normes de la société peut faire souffrir. Ce qui semble encore plus vrai au sein de la société japonaise.

Un court roman à lire pour s’imprégner du Japon et de l’atmosphère des konbini ainsi que réfléchir sur les normes sociétales qui nous gouvernent sans même que l’on s’en rende parfois compte.

Et vous, est-ce que la littérature japonaise vous attire?

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Mon défis d’écriture : Un haïku par jour pendant un an

À la fin de l’année 2015, j’ai souhaité me fixer un objectif d’écriture pour l’année suivante. Je ne savais pas encore comment, mais je sentais en moi un besoin urgent de réaliser quelque chose, de créer. Avec trois enfants à la maison, je ne dispose que de brefs moments pour moi, souvent sollicitée, souvent interrompue. Je trouve du temps, mais il est souvent morcelé, comme des petits bouts de papiers que j’ai bien du mal à mettre bout à bout parfois. Je perds souvent le fil de mes pensées…

De ce constat est apparue l’idée du haïku. Ces petits instants de vie pris sur le vif, tels des clichés photographiques de nos émotions.

Et si je faisais de mes petits bouts de papier une page entière, voire un carnet tout entier?

J’avais mon fil (rouge): un haïku par jour pendant 365 jours!

De la rigueur et de la constance

Le principe était simple. Tous les soirs, avant de me coucher, j’écrirai sur une page de mon carnet un haïku résumant ma journée, ou du moins mon ressenti par rapport à cette journée. J’essaierai de trouver des moments positifs et gratifiants, de voir le beau autour de moi.

Trois vers seulement. J’en étais capable. J’étais loin des trois pages du matin préconisées par Julia Cameron!

Oui, mais pourtant… Combien il m’a été difficile parfois de trouver ces trois vers-là! Combien il m’a été difficile de puiser le beau à travers une journée éprouvante, voire douloureuse. Bien calée contre mon oreiller, je restais là, un long moment, la mine en l’air et l’air de rien, rien ne venait.

Et d’autres soirs, les mots et leurs images venaient plus facilement.

Et puis vient le vent
La pluie sur le carreau
Me pique le cœur

Avancer à petits pas

Haïku après haïku, mon carnet se remplissait. Un jour à la fois, une page à la fois. J’avais le sentiment de construire quelque chose, une pierre après l’autre. Lorsque je regardais devant moi, je me disais que c’était bien trop long 365 jours! Mais plus j’avançais, et plus j’étais fière de moi. Comme lorsque l’on est sur un sentier de montagne et que le sommet nous semble inatteignable. Pourtant on continue de marcher, d’avancer, un pas après l’autre. Et ces pas, mis bout à bout, nous conduisent vers notre objectif.

J’étais sur mon chemin.

La route est libre
Le chemin dégagé
Avance!

Et comme tout chemin que l’on arpente, il est semé d’embûches. Je me souviens d’avoir oublié, certains soirs, trop épuisée ou parce que je n’étais pas chez moi. Il me fallait alors reprendre le fil de mon existence, celle de la veille ou encore du jour d’avant. Je me retrouvais à écrire non pas un mais deux voire trois haïkus, chacun témoignant d’un état émotif différent.

J’aurais pu laisser faire. Mais je tenais à cette constance. Je tenais à reprendre le fil de mon écriture.

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Capter l’instant

Parce que le haïku est un petit poème très court (17 syllabes en 3 vers seulement), il va à l’essentiel. Il nous dit «ce qui se passe à un instant donné» comme l’écrit Bashô. À une époque où tout semble aller de plus en plus vite, où nous sommes sans cesse sollicités par les médias, la publicité prônant le meilleur du meilleur et le désir de l’homme d’aller toujours plus vite, toujours plus loin, l’écriture de haïku permet de reprendre contact avec soi et de vivre pleinement l’instant présent.

Cette année d’écriture m’a permis de capter tous ces moments auxquels je ne prêtais pas toujours attention et qui rythment pourtant ma vie, comme des rayons de soleil. Cela m’a donné l’occasion de voir au-delà des apparences, d’apprendre à être attentive, reconnaissante, à l’écoute et de reconnaître le Beau autour de moi.

Même pourchassé
Le papillon
Ne semble jamais pressé
(Garaku)

Et si nous cherchions le beau autour de nous tout en cultivant notre processus d’écriture? Et si nous prenions le temps de photographier ces instants dans nos carnets plutôt que sur les réseaux sociaux, en étant présent, pour nous-même?

Pour découvrir le haïku et ses formes, voici quelques ouvrages qui m’ont inspirée:

  • Petit manuel pour écrire des haïku, Philippe Costa
  • Mon livre de haïkus, à dire, à lire et à inventer, Jean-Hugues Malineau et Janik Coat
  • Haïkus du chat, Minami Shinbô
  • Haïkus du temps présent, Mayuzumi Madoka

Ainsi que l’article de Louba-Christina Michel, sur notre site !

 

 

 

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Curieuses histoires d’apothicaires, pour le plaisir de découvrir toutes ces anecdotes

Pendant plusieurs de mes années à l’université, j’ai mis la lecture de côté. L’étude prenait tellement de mon temps en dehors de mes cours que la dernière chose que j’avais envie quand je m’accordais une pause, c’était d’ouvrir un livre. En plus, j’étais obsédée par le fait que si je lisais autre chose que mes notes de cours, je devais en retirer des connaissances utiles. On peut donc dire que de lire des bons romans, simplement pour le plaisir de décrocher et de me détendre, ça ne faisait pas partie des options. Heureusement, j’ai fini par me reconnecter avec le plaisir de lire et ainsi recommencer à varier mes lectures.

Malgré tout, j’ai toujours gardé un faible pour les livres qui me permettent d’approfondir des connaissances sur des sujets variés et d’élargir ma culture générale. Pour ma part, je considère les livres de vulgarisation comme des ouvrages clés pour quiconque désire s’initier à des sujets plus complexes. Un bon ouvrage de vulgarisation est rigoureux puisqu’il doit être appuyé par la littérature scientifique mais il doit surtout être accessible, éviter les lourdeurs et traiter le sujet de façon intéressante et captivante. C’est exactement toutes ces qualités que j’ai retrouvées dans le récit historique Curieuses histoires d’apothicaires écrit par Gilles Barbeau, professeur émérite de l’Université Laval et ancien doyen de la faculté de Pharmacie.

Curieuses histoires 

Cet hiver, pendant que le froid montrait encore tout son savoir-faire, j’ai vu passer le titre dans la liste de livres de la rentrée du printemps. Avec du recul, je sais pas si c’est le sujet qui m’a attirée ou bien le fait qu’inconsciemment il était relié au mot printemps, mais j’avais noté sa date de sortie pour me le procurer. Et ce fut réellement une superbe découverte! Ce livre illustré regorge d’histoires et d’anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je vous invite sincèrement à le découvrir.

Dès l’introduction, l’auteur nous parle de sa démarche afin de mettre en oeuvre ce livre.

« Après plus de 30 ans de recherches historiques sur l’histoire de la pharmacie et enseignant cette histoire à la fois aux étudiants en pharmacie et aux étudiants du troisième âge de Québec, je me propose donc de vous faire connaître les curieuses histoires de ces héros de la santé, l’histoire de quelques savants apothicaires et pharmaciens. Cette histoire est curieuse parce qu’elle est peu connue parce qu’elle nous fait découvrir des apothicaires ou des pharmaciens de tous les milieux […] qui ont marqué non seulement leur temps par leurs découvertes, mais aussi le nôtre, puisque leurs « inventions » ont encore une influence sur notre vie et notre qualité de vie. »

Une question d’humeur 

Êtes-vous de « bonne ou mauvaise humeur» aujourd’hui ?

Vous arrive-t-il quelques fois d’avoir des «sautes d’humeur» ?

Vous êtes «d’une humeur noire» ?

Vous vous faites «du mauvais sang» pour quelqu’un ?

À priori, ce sont des expressions que l’on entend souvent! Mais connaissez-vous leur origine ? Personnellement, j’ai été très surprise d’apprendre que celles-ci proviennent des premières avancées de la médecine et des soins de santé. En effet, il faut connaître la  théorie des humeurs pour qu’elles prennent tout leurs sens!

«Selon cette théorie, nous avons dans notre organisme quatre humeurs ou liquides : le sang, la bile jaune, la bile noire ou l’atrabile et le flegme. Ces liquides sont nécessaires et doivent être en équilibre pour que nous soyons en santé. Si l’une de ces humeurs est en excès (ou pléthore) ou en déficit, s’il y a un déséquilibre, nous devenons malade. Pour corriger ce déséquilibre, il faut saigner le malade, le purger, le faire suer, lui donner un lavement (clystère). »

Malgré que ce résumé de la pratique semble simple, détrompez-vous. Au cours de votre lecture, vous serez étonné de constater la complexité de cette théorie mais surtout, vous remercierez les avancées dans les connaissances de la médecine qui nous ont permis de nous libérer de celle-ci ! (Maintenant nous savons que des saignées n’aident en rien à la guérison d’une fracture du tibia et on peut éviter une amputation !  YÉ!)

La veuve noire 

Connaissez-vous l’histoire de Marie Becker, surnommée la veuve noire ? Cette femme a empoisonné onze femmes causant leur mort. Elle fut appréhendée le jour où elle était sur le point de commettre son douzième meurtre.  Elle utilisait une plante nommée la digitale pourpre, qui est magnifique et utilisée pour soigner les maladies cardiaques. Par contre, à forte dose, elle est aussi très toxique!

Les fascinantes histoires d’apothicaires

Au cours des chapitres vous découvrirez l’histoire du père de la pharmacie et du premier apothicaire de la Nouvelle-France, Louis Hébert. Vous en saurez davantage sur des vieilles croyances, des anciens remèdes et d’autres toujours utilisés aujourd’hui. Vous pourrez également en connaître plus sur les différentes plantes et leurs propriétés médicales. Croyez-moi, vous n’avez pas fini d’être impressionné par ces histoires méconnues racontées par l’auteur Gilles Barbeau, mais également par toute la complexité de la Nature qui nous entoure présentée dans ce livre.

Avez-vous des livres coup de coeur qui vous ont permis d’élargir votre culture générale ?

 

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Gump & cie, Forrest court toujours

Lorsque j’ai vu l’exemplaire du roman de Winston Groom à la bibliothèque de mon quartier, je pensais qu’il s’agissait d’une nouveauté. Intriguée et déjà charmée par l’univers de Forrest Gump, j’ai décidé de replonger dans les aventures d’un des plus charmants personnages de l’histoire du cinéma et de la littérature, à mon avis.

Comme je ne lis pas en anglais et, je l’avoue, m’informe très peu de ce qui est publié dans cette langue, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une nouveauté. Toutefois, j’ai découvert que la suite des aventures de Forrest Gump a été publiée en anglais pour la première fois en 1995, et qu’il a fallu attendre 2017 pour avoir une version traduite dans la langue de Molière, publiée aux éditions Le Cherche Midi.

Le premier tome s’intitulait simplement Forrest Gump et fut publié pour la première fois en 1986. Après la réalisation du long métrage du même nom, mettant en vedette Tom Hanks, 1,4 million d’exemplaires du roman furent vendus à travers le monde.

Les années 1980 à l’honneur

Nous retrouvons donc Forrest Gump dans les années 1980, où, une fois de plus, il influencera à sa manière divers événements politiques et sociaux de l’époque pour marquer l’histoire avec un grand H. D’un point de vue plus personnel, Forrest cherchera un emploi stable pour subvenir aux besoins de son fils. Évidemment, ses aventures rocambolesques et ses gaffes l’obligent à recommencer le processus quelques fois. À cette quête, s’ajoute le grand besoin de gagner le respect et l’amour de son fils, qui croit malheureusement que son père n’est qu’un bon à rien.

Le ton est semblable à ce que nous avons connu dans le premier film, avec un humour situationnel invraisemblable, tirant sur l’absurde. Forrest est toujours aussi incroyablement naïf et sympathique, difficile de ne pas retomber sous son charme.

Forrest ne court plus aussi vite qu’avant 

Par contre, je dois avouer que je me suis rapidement lassée de la trame narrative, quelque peu répétitive. Forrest se met les pieds dans les plats, s’en sort in extremis, réussit à tout arranger, puis réussit à tout gâcher une fois de plus. L’histoire progresse lentement et devient rapidement quelque peu prévisible.

La nostalgie est très forte et nous revoyons plusieurs personnages du premier tome, qui ne cadrent toutefois pas toujours avec l’époque et les nouvelles aventures de Gump. Pour ceux qui aiment les clins d’œil au passé, c’est toutefois agréable de savoir ce qui est advenu de nos personnages secondaires préférés.

Mais Forrest court toujours!

Malgré tout, j’ai bien apprécié cette lecture, parfaite pour se détendre et s’amuser. Il ne faut pas s’attendre à ce que l’auteur ait réinventé la roue, mais c’est toujours aussi drôle et charmant.

La suite au grand écran a déjà été mise sur la table par Eric Roth en 2001, mais les attentats du 11 septembre ont mis le projet sur la glace encore jusqu’à ce jour. Voici les explications de ce dernier à ce sujet ici!

Avez-vous lu le premier roman de Forrest Gump et seriez-vous intéressé à lire la suite?

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Libres! un anti-guide nécessaire

Lors de mon dernier passage à Paris, j’ai bien sûr pris le temps de visiter une librairie! J’ai fait un tour à la sublime librairie Jousseaume, dans le passage Vivienne du 2ème arrondissement, fondée en 1826! Mais c’est à la FNAC que j’ai trouvé Libres! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, écrit par Ovidie et illustré par Diglee.

Se voulant comme un anti-guide, cet ouvrage franc, cru et nécessaire aborde plusieurs sujets essentiels et intimes tout en conservant une simplicité rafraîchissante. On y parle de sperme, de rapports homosexuels, de poils, de statistiques, du couple, des relations ouvertes et de sadomasochisme. J’ai particulièrement apprécié le ton direct et déculpabilisant de l’autrice, en plus de la page de bande dessinée terminant chaque chapitre.

Ovidie et Diglee, un duo d’enfer

Ovidie, féministe engagée et française, milite depuis l’âge de 15 ans. Elle s’est d’abord intéressée à l’homophobie et le sexisme, puis se concentre maintenant sur le féminisme et la libération sexuelle. Elle est également l’une des seules femmes à avoir réalisé des films pornographiques, principalement destinés à un public féminin. Elle réalise également plusieurs documentaires et reportages pour éduquer le public adulte sur divers sujets touchant la sexualité. Pour en savoir plus sur son travail, c’est ici!

Diglee, de son vrai nom Maureen Wingrove, est également féministe, engagée et Française. Elle a publié plusieurs bandes dessinées, dont Forever Bitch et Autobiographie d’une fille Gaga. Illustratrice populaire en France, elle a collaboré avec plusieurs magazines et autres artistes français et internationaux. Pour consulter son blog personnel, c’est ici!

Ensemble, elles ont décidé d’allier leurs forces et leur passion du féminisme pour proposer un anti-guide à leur image, jumelant texte et illustrations, en plus d’une planche de bande dessinée à chaque fin de chapitre.

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Libération!

L’analyse de nombreux doubles standards qui affectent les femmes autant que les hommes est un thème récurant, que ce soit en lien avec le sperme, la sodomie, les rapports homosexuels et même le rapport personnel au corps. On y parle également des pressions sociales liées à l’apparence et aux performances sexuelles, l’impact de la pornographie sur les pratiques sexuelles et les relations de couple à l’ère du numérique et de l’instantané. Peu importe son orientation et son identité sexuelles, Libres ! peut nous apporter quelque chose.

J’ai particulièrement aimé la grande variété de sujets et la manière dont Ovidie les aborde, tout en simplicité et sans censure. Par exemple, elle parle dès le premier chapitre du rapport inégal des hommes et des femmes avec le sperme. Elle y parle aussi des règles et du sang menstruel qui constituent l’un les derniers tabous en matière de pornographie. Elle intègre des statistiques et des exemples tirés des médias en citant ses sources, tout en maintenant une écriture fluide avec une touche d’humour. Cela en fait un ouvrage accessible qui convient à tout le monde; je vais définitivement le prêter à mes amies!

Les dessins de Diglee sont l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai acheté ce livre. J’ai toujours apprécié son style et son humour en tant que bédéiste et j’ai retrouvé tout cela dans Libres ! Chaque planche permet de clôturer le chapitre en nous rappelant qu’il s’agit d’un anti-guide et nous laisse souvent un sourire aux lèvres. Seul bémol: j’en aurais pris un peu plus !

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Pour conclure, je crois que cet anti-guide est nécessaire de nos jours. Il reprend plusieurs sujets tournant autour de la sexualité, de l’intimité et des relations intimes d’une manière amusante et légère, ce qui le rend très accessible. Je crois que tout le monde peut en tirer quelque chose de positif.

Êtes-vous intéressées par cet anti-guide?