All posts tagged: Bibliothérapie

S’appartenir(e) au féminin, sous toutes ses formes

S’appartenir(e) est une petite plaquette qui me faisait de l’oeil depuis un bon moment déjà. Publiée dans la collection « pièces » chez atelier 10, s’appartenir(e) se décrit ainsi ; Jouissif et décomplexé, «S’appartenir(e)» rassemble les paroles de neuf auteures. On y parle de notre façon d’être moderne et préhistorique à la fois. De notre rapport à l’éducation. De cette foutue question du pays qui se pose encore bizarrement. De nos paradoxes si multiples. De l’Histoire. Celle qui s’écrit. Celle qui nous échappe parce que trop peu enseignée. Celle des peuples autochtones encore mal comprise. Celle qui nous définit. On y parle des nuances qui s’évaporent dans les brumes de l’inconscience collective. C’est le thème de l’appartenance à soi-même, d’abord et avant tout, qui est venu me chercher. C’est ce jeu entre politique et privé tout comme ce jeu entre les formes et styles utilisés, qui a par la suite su garder mon attention. Le collectif. Avec le temps, force est d’admettre que je suis de plus en plus fan de collectifs. J’aime la pluralité des voix, …

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Littérature et incarcération: les clubs de lecture pour se reconstruire

J’ai participé à deux reprises à des clubs de lecture; une fois avec Le fil rouge et l’autre avec un groupe d’amies féministes. À chaque mois, ces rencontres arrivaient juste à temps, elles étaient pour moi un répit nécessaire qui passait par la littérature. À propos de ces clubs, je dois dire que j’aime autant l’idée en soi de se réunir autour de lectures communes que le pouvoir émancipateur qui se dégage de pouvoir échanger sur celles-ci. Un peu comme si ces moments donnaient un second souffle aux œuvres, elles prenaient vie parmi nous et bénéficiaient d’un prolongement possible par la parole. Mais j’éprouvais également, lors de ces soirées, un plaisir indéniable à formuler des opinions à brûle-pourpoint, quitte à me mettre à rire en réalisant l’incohérence de mes propos. Au travers de ces discussions sur la littérature, je me surprenais surtout de l’aisance avec laquelle nous partagions nos vies. J’y ai souvent ressenti un fort sentiment de solidarité et de bien-être : un safe space en tout point. C’est à l’émission de radio Médium large …

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Le sexe selon Boucar

C’est en tentant de répondre à l’incontournable question « Papa, comment on fait des bébés? » — posée par Anthony, alors âgé de six ans — que Boucar Diouf a décidé d’écrire un spectacle et un livre au sujet de la reproduction humaine. Se basant sur les réactions de ses étudiants en physiologie de la reproduction, l’ex-enseignant remet en question la métaphorique éducation sexuelle du passé et désire mieux outiller les parents qui seront un jour confrontés à la « grande question » : Pour ma part, je suis convaincu qu’on sous-estime l’intelligence des enfants et qu’il faudrait, à partir d’un certain âge, leur dire la vérité sans l’enrober de substantifs enfantins. Si on continue à dire aux enfants que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses, il y a de fortes chances qu’à l’âge adulte, ils ne fassent pas la différence entre sexe et jardinage. Aussi préoccupé par la culture du viol, il plaide pour le retour des cours d’éducation sexuelle décomplexés, basés sur « la vérité scientifique, la mesure et le respect » : Si …

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Je voudrais qu’on m’efface : on ne choisit pas sa famille

Le 12 août passé a eu lieu la journée « j’achète un livre québécois ». J’en ai donc profité après le travail pour me réfugier en librairie, histoire de participer à cet événement initié par Patrice Cazeault et Amélie Dubé, il y a quatre ans. Mon choix s’est arrêté sur deux œuvres québécoises, Filles de Marie Darsigny et Je voudrais qu’on m’efface d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Je voudrais qu’on m’efface est le premier roman de l’auteure de La femme qui fuit, que tout le monde a adoré (je n’ai pas encore rencontré à ce jour quelqu’un qui n’a pas aimé ce livre). Ayant moi-même été particulièrement touchée par la lecture de ce dernier, je me suis rapidement emparée de sa première œuvre littéraire et l’ai lue en quelques jours seulement. Une complicité non assumée De sa petite taille de 145 pages, le livre a la capacité de faire chavirer le lecteur dans diverses émotions fortes qui brûlent en dedans. L’auteure dresse le portrait triste mais juste de trois familles qui vivent dans la misère et la pauvreté d’un immeuble résidentiel, à …

Club de lecture Le Fil rouge : Sainte-Famille

Samedi matin 23 septembre 2017 Pour notre première séance du club de samedi, on se retrouve au café Sfouf, sur la rue Ontario. C’est assurément l’un de nos endroits favoris où faire les clubs de lecture. Non seulement le café est bon, mais la magnifique lumière et les grandes portes/fenêtres apportent certainement un petit plus aux séances qui s’y déroulent. C’est notre groupe le plus diversifié à date et nous sommes bien contentes d’y accueillir notre premier participant masculin. Les âges varient et on y retrouve un bel équilibre entre nouvelles et anciennes participantes. C’est toujours un plaisir de voir que les gens ont aimé l’expérience au point de se réinscrire, tout comme c’est rassurant de voir que de nouveaux visages s’ajoutent aux groupes. On commence les 4 lectures de la session de manière plutôt difficile avec la lecture de Sainte-Famille, un roman sur la violence conjugale, le viol et les difficultés — voir l’incapacité — à se sortir de ce cercle vicieux. Dire que l’ambiance lumineuse et joyeuse du café contrastait avec la noirceur …

Marie-Aude Murail École des loisirs Littérature jeunesse Oh, boy! Sauveurs & fils Miss Charity

Lire et aimer Marie-Aude Murail

Hochelaga, mon quartier. Une surprise qui pointe le nez alors que je ne l’avais jamais même espérée. Un matin, une librairie jeunesse voit le jour à quelques pas de chez moi. Et moi, vous savez, la littérature jeunesse, j’en mange. Mais surtout, j’y crois. Parce qu’il faut leur proposer des ouvrages de qualité, aux jeunes, des livres qui les transporteront ailleurs, qui leur donneront envie de lire toujours plus, de découvrir le monde, les mots, le bonheur d’une phrase bien tournée, d’une histoire menée avec talent. Et il me semble que de s’y plonger, aussi, ne fait aucun tort. Pour voir ce qui peut animer et émouvoir les cœurs des petits. Ou nous toucher, nous aussi. La librairie Bric à brac vit donc au coeur d’Hochelaga, avec ses portes grandes ouvertes, ses vitrines vives et attrayantes, ses livres qui débordent des étagères, mais surtout, avec ses amoureux des livres. Rarement on ne m’aura partagé des découvertes littéraires avec autant d’enthousiasme. La plus récente à ce jour: l’autrice Marie-Aude Murail. C’est en me disant que tout …

Club de lecture féministe : Lady B

Dimanche après midi, le 24 septembre. Pour une deuxième fois, Martine et moi avons choisi d’offrir un club de lecture à thématique féministe. Tous les clubs sont une partie de plaisir – parfois on ne peut pas croire que ça fait véritablement partie de notre métier- mais on doit avouer que le club féministe, c’est un peu un cadeau qu’on se fait à nous-même. Si vous nous suivez depuis un moment, vous savez certainement que nous sommes féministes et que nous essayons de mettre de l’avant les écrits de femmes sur le blogue. Nous ne parlons évidemment pas que d’auteures, mais nous faisons un effort conscient pour qu’elles aient une grande place sur le blogue, tout comme dans nos lectures. Ça allait donc un peu de soi de faire un club féministe. La première session c’était très bien passée et avait engendré de superbes discussions. Nous avons donc décidé de relancer le club pour l’automne. On s’est donc rejoint, en pleine canicule de fin septembre, au café coop Rond-Point, dans Hochelaga-Maisonneuve, pour parler du premier livre choisi;  Lady …

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Un peu de brut et de frais : Autobiography of Red

J’avais deux petites semaines de vacances en juillet et une cabane pas d’Internet qui m’attendait sur le bord du fleuve. Deux pièces, la cabane : une cuisine et une chambre. Une grande cour ensoleillée, un recoin d’ombre sur la galerie, quatre poules rousses comme voisines immédiates. J’y suis arrivée un mardi après-midi, toute seule avec mon sac à dos et mes provisions. Je traînais huit livres dans mes bagages. J’avais mis beaucoup de temps à les choisir, avant de partir : je cherchais des histoires particulières, de celles qui donnent envie de raconter les nôtres. Parce que c’était pour écrire, la cabane. La cabane, le fleuve, les poules : un moment soigneusement découpé dans l’été. Je voulais avoir les bons livres. Je voulais lire pour pouvoir mieux écrire. Quelque part dans le lot, il y avait Autobiography of Red. Anne Carson y met en scène, de façon merveilleusement troublante, le personnage de Geryon, jeune garçon puis jeune homme, qui cache une grande paire d’ailes rouges sous ses vêtements. Élevé par une mère qu’il adore, très tôt victime des …

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Bad Girls Throughout History, parce que les femmes font définitivement l’Histoire

Mon premier vrai cours d’Histoire au secondaire fut une véritable révélation pour moi, j’étais avide de savoir et de comprendre comment le monde s’était bâti et qui étaient ceux et celles qui en avait été les maîtres d’oeuvre. Il était facile de connaître les grands hommes de l’Histoire, mais la tâche était plus complexe pour ce qui est des grandes femmes. Si mes intérêts personnels m’ont poussée à aller chercher plus d’informations sur les pionnières de différents domaines, les résultats restaient quand même limités. Comment chercher de l’information sur quelqu’un dont le nom n’est jamais nommé? Parfois, j’avais l’impression que les femmes avaient été entièrement restreintes à la procréation et aux tâches domestiques jusqu’au XIXe siècle. Elles ne faisaient pas l’Histoire. Avec le recul et les connaissances que j’ai acquises depuis, je sais que c’était absurde! Les femmes ont toujours fait l’Histoire, elles sont seulement très peu présentes dans nos manuels scolaires. C’est pour cette raison que j’étais si intéressée par le livre d’Ann Shen et je n’ai pas été déçue. Shen présente évidemment des …